Les brebis rebelles occupent Marienia

Le 14 juin, un pas important a été effectué vers le retour des terres de Marienia à Cambo à leur vocation de terres agricoles. Un troupeau de « brebis rebelles » est arrivé sur le site il y a quelques jours. Et ce dimanche, en présence de 200 ou 300 manifestants, une bergerie démontable en bois a été installée pour accueillir le paysan et son troupeau. Les changements politiques survenus aux élections municipales en mars dernier peuvent conduire à l’abandon du projet Bouygues

Une longue histoire

Les mobilisations ont commencé dès 2009 contre la modification du PLU de Cambo qui rendait constructible ces terres agricoles. Bouygues, en coopération avec Office 64 pour la partie « sociale », y prévoyait 94 logements sur 3,5 ha – un chiffre actualisé en fonction de différents recours contre le PLU et contre les variantes du Permis de Construire accordé par la municipalité.

Tous ces recours ont été rejetés. Un seul et dernier appel est pendant devant le Conseil d’État.

5 associations portent aujourd’hui ces mobilisations pour pérenniser la fonction nourricière de ces terres : Lurzaindia, le syndicat ELB, le Cade, le collectif Ostia et Nahi Dugun Herria (élu.e.s abertzale à la mairie de Cambo). La défense de Marienia est devenue une lutte emblématique à l’échelle du Pays Basque, bien au-delà des organisations agricoles.

cortège le 22 octobre 2022

Le Piment bayonnais a régulièrement chroniqué les principales mobilisations

Samedi 25 mai 2024 à Cambo, un rassemblement pour la défense des terres agricoles a été organisé pour réaffirmer un engagement : s’opposer à l’artificialisation du plateau de Marienia. Ces 10h pour la défense des terres nourricières avaient débuté par des ateliers le matin et en début d’après-midi. Elles ont continué avec une déambulation de 300 personnes jusqu’au site. La journée s’est achevée par un concert.

En mai 2025, les manifestants ont prêté le « serment des makilas » en plantant des bâtons, en référence à ce qui s’était fait au Larzac en 1972 et à Notre-Dame des Landes en 2018. Un serment de revenir si Bouygues veut engager des travaux. Puis elles ont planté des pommes de terre, piments doux et courges pour concrétiser le mantien du catactère agricole du site.

La recolte des pommes de terre s’est faite en septembre 2025

Entre temps, une partie des légumes avaient été coupés ou arrachés. La riposte s’est faite par cla fabrication d’épouvantails.

Puis du blé avait été semé la mi-octobre, dans l’optique de la fabrication de pain. Mais le vandalisme des partisans de la bétonisation a alors augmenté d’un cran : « le champ de blé a été irrémédiablement ravagé par l’utilisation de produits toxiques et potentiellement rémanents, sans aucun respect ni pour la terre ni pour le travail des paysans. En tous les cas, cet acte malveillant est symboliquement proche de la politique de la terre brûlée utilisée par les vaincus qui préfèrent laisser derrière eux un champ de désolation. Il s’en est fallu de peu pour que les brebis présentes sur ce champ ne soient intoxiquées car le paysan avait prévu de leur ouvrir la parcelle de blé, conformément à une tradition ancestrale consistant à faire paître les brebis dans le blé à ce stade de maturité (tallage). » (Enbata, 27.04.26).

Tout change avec le résultat des municipales

En mars dernier, le projet a perdu son principal soutien politiques : le maire sortant de Cambo a été battu. Peio Etxeleku, le nouveau maire, est un des opposants de longue date à cette urbanisation. De même, Jean-René Etchegaray, qui cultivait l’ambiguïté (voir le billet référencé ci-dessus) a du laisser sa place de Président de la CAPB à Alain Iriart, opposant de longue date à ce projet. L’heure est donc aux négociations entre les parties prenantes : les prpriétaires, Bouygues, bénéficiaire de la promesse de vente, le maire de Cambo et le Président de la CAPB, en attendant que le futur PLUi concernant Cambo ne remettent ces terres en espace agricole.

La journée du 14 juin

En résonance, mais en décalage de quelques semaines avec les initiatives « fissurer le béton » (les Soulèvements de la Terre) et le Printemps des luttes fin mai, les 5 mouvements qui pilotent cette lutte ont organisé une journée symbolique de « retour des terres de Marienia à leur fonction nourricière » le dimanche 14 juin. L’objectif : installer une bergerie, démontable, en bois pour accueillir des brebis et un paysan.

Les jours précédents, des éléments de la structure avaient été préparés. Dès le 10 juin, une cinquantaine de brebis étaient arrivées sur le terrain.

Le 14 juin, le chantier a débuté dès 6h, et la structure, arrivée à 7h30, a rapidement pris forme.

Des éléments de la structure sont préparés sur place

A 11h, un débat est organisé sur l’avancement des luttes pour les terres et contre les différentes formes de bétonisation, avec l’association HELP (Bayonne, Lana et Piquessary), les collectifs contre la LGV et le projet e-cho, le syndicat ELB et le collectif Euskal Herria Bizkirik (Hegoalde).

A 13h, au moment des prises de parole des organisateurs, la bergerie avait pris forme, et on pouvait profiter de son ombre pour la pause repas.

La journée s’achève par un après-midi de musique, danse et chants.

Quant à elles, les brebis rebelles poursuivent l’occupation

Patrick Petitjean, 15 juin 2026

Bayonne, chronique municipale n°4 : Le maire a peur

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Plus que jamais partiel, partial, subjectif et arbitraire

Le conseil municipal du 4 juin avait 42 points à son ODJ. Il rapide, avec de la routine administrative et le Compte Financier Unique (l’ancien compte administratif / compte de gestion) comme point central. La Loutre d’Europe s’est, de manière sympathique, invitée au conseil, pour un bien nommé « havre de paix ». Un honneur bien mérité. La surprise est venue du dérapage sécuritaire du maire, qui a fait un pont entre les incidents qui avaient suivi la victoire du PSG lors de la finale de la coupe d’Europe de football, et les risques sécuritaire des Fêtes de Bayonne : « On a peur, on a peur » a-t-il répété, fustigeant « une jeunesse qui ne cherche qu’à foutre le bazar ».

La retransmission du conseil du 4 juin est ici : https://www.youtube.com/watch?v=Xgo_1vkKhE8

Les délibérations adoptées seront disponibles avec leurs annexes sur le site de la ville, cette semaine, en principe.

Confusion pour cause de précipitation

Ce conseil débute dans la confusion. La veille, le maire avait ajouté à l’ordre du jour une nouvelle délibération « reconnaissance officielle du basque et du gascon comme langues du territoire bayonnais et affirmation de la politique municipale de revitalisation linguistique ». Pas moins. Sans doute pour accrocher la communication municipale à l’actualité nationale sur les langues régionales. Il l’avait personnellement complétée et fait envoyer aux élu.e.s. Les retours (a-t-il dit) lui ont fait prendre conscience de difficultés juridiques mal maîtrisées, du besoin de clarification et de la nécessité d’une réunion préalable… Il a donc retiré de l’ODJ cette délibération aussi vite qu’il l’avait ajoutée, et l’a reportée au prochain conseil, fin juillet.

Machisme taurin

La confusion s’est poursuivie lors de la constitution des 6 commissions extramunicipales (20 longues minutes) où coexistent élu.e.s et citoyen.ne.s. La liste des membres a du être ajustée en séance du conseil, au regard des listes envoyées aux élu.e.s, après désistements et nouvelles candidatures.

Il s’est aussi avéré que l’appel à candidatures n’avait pas atteint les élu.e.s d’opposition. Et si Bayonne Tout Simplement a pu ajouter quelques noms en direct, Bayonne en Mouvement fera les siennes par la suite, ce qui conduira à un nouveau vote lors du prochain conseil.

Ces commissions sont en général des simulacres de participation citoyenne. Elles permettent souvent de gratifier des « fidèles », sans s’y réduire. La plus nombreuse, en même temps que significative, est la commission taurine. Sur la quarantaine de membres, il n’y a guère que 5 citoyennes. Corrida et machisme sont deux traditions archaïques inséparables, cultivées dans cette commission.

Fonds de dotation

C’est une délibération qui revient régulièrement dans les conseils. Elles sont toujours adoptées sans débat et à l’unanimité. Il ‘agit de conventions de mécénat entre des entreprises (ou particuliers), la ville, des associations et un « fonds de dotation » pour subventionner des initiatives culturelles (en majorité). Cela permet aux entreprises de bénéficier de réductions fiscales.

Yves Ugalde, l’adjoint à la culture, s’est félicité de l’augmentation de ces contributions, estimant qu’il s’agissait d’une « stratégie de communication intelligente » de la part des entreprises (en général des PME) : selon lui, cela se substitue aux tables VIP moins remplies lors des évènements. Il a plaidé pour le développement de ce système. On pourrait ajouter que c’est financièrement intéressant pour les entreprises. Et surtout que cela permet à la ville de piloter une partie des aides culturelles de manière opaque.

Ce système est-il profitable aux associations ? N’est-ce pas simplement un glissement d’une subvention directe (qui existait régulièrement pour des initiatives de quartier notamment) vers un système où le retour financier l’emporte… avec davantage de sélection par la ville ? Certaines associations sont inquiètes. Le Collectif des Associations Citoyennes organise le 16 juin une table ronde sur ce sujet à Paris. J’aurais l’occasion d’y revenir dans un billet spécifique d’ici quelques semaines

Honneur à la loutre d’Europe et aux Barthes de la Nive

Deux délibérations concernant la protection de la Loutre d’Europe et le système hydraulique des Barthes de la Nive ont été introduites par Lionel Sévilla, « conseiller délégué à la biodiversité, la ville nourricière et au projet de réserve naturelle nationale des Barthes de la Nive ».

Il s’agissait d’abord de la création d’un « havre de paix », avec la signature d’une convention avec la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM).

Une fois n’est pas coutume sur ce genre de sujet, la lecture aride et formelle de la délibération a été complétée par des explications détaillées sur le développement de la présence de cette espèce menacée (12 minutes). On peut écouter ce débat pédagogique entre les minutes 44 et 55 de la retransmission du conseil.

D’autres espèces protégées ont trouvé refuge dans les Barthes de la Nive, une zone humide qui s’étend sur 400 ha, au-delà de la plaine d’Ansot, jusqu’à Villefranque.

Une remarque quand même : Les aménagements voisins réagissent sur les zones naturelles sensibles comme la plaine d’Ansot, et leur biodiversité. Et ce, même si des couloirs écologiques subsistent. Pourquoi maintenir le projet d’urbanisation des domaines de Lana et Piquessary, avec plusieurs centaines de logements au voisinage immédiat de la plaine d’Ansot ?

Une seconde délibération concernait l’amélioration du réseau hydraulique. On peut trouver plus d’explications ici : https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/bayonne_64102/pays-basque-un-enorme-chantier-va-etre-engage-au-coeur-de-ce-site-naturel-d-exception-cet-ete-voici-pourquoi_64359075.html

Accueil des forains pour les Fêtes

Une délibération est votée sans débat unanimement pour la mise à disposition de la Pièce Noyée (terrain appartenant à la CAPB) pour que les forains dont les installations sont présentes dans les Fêtes de Bayonne, et autres évènements de la ville. Jusqu’à présent, les forains devaient dormir sur leurs stands ou dans leurs voitures, faute de terrain adapté. Il s’agit de les « sortir de l’espace public », selon Yves Ugalde, adjoint aux évènements. Ce sera désormais interdit.

La Pièce noyée (vue partielle) en août 2024

Il a fait également une mise en garde : ce terrain serait complètement réservé aux forains participants aux Fêtes et donc interdit aux « voyageurs ». Il faut rappeler que l’aire d’accueil du chemin du Moulin de Pey, a été fermée suite à l’annulation de la DUP du Préfet en décembre dernier. Et que la ville ne respecte pas ses obligation en matière d’accueil des voyageurs.

CFU et budget vert

Cela occupe presque la moitié du conseil. La première délibération concerne le « compte fiscal unique » (CFU) qui met en chiffres l’exécution réelle du budget de l’année précédente, 2025. La 2e délibération concerne son annexe, dite «  budget vert », qui vise à analyser ces chiffres en fonction de leur pertinence quand à la transition énergétique. Deux autres concernent les CFU pour les budgets annexes, stationnement et Fêtes traditionnelles / temporada. La séquence se termine peu après le « j’ai peur » (bis).

Avant même la présentation du budget vert, David Ospital se saisit du CFU pour mettre les pieds dans le concret de la canicule qui vient de sévir. Il souligne le retard dans l’adaptation, principalement des écoles, quant aux effets des fortes chaleurs. Il demande une planification claire et ambitieuse pour 2026, ce qui n’apparaît pas dans le CFU 2025. Laurence Hardouin, maire adjointe en charge de la transition, puis Jean-René Etchegaray, répondent en mettant en avant l’importance (selon eux) de l’arrachage de béton, notamment dans les cours d’école, l’achat d’une centaine de rafraîchisseurs.

Une ou deux écoles comme vitrine, et les brumisateurs de la place de la Liberté font-ils vraiment une politique offensive d’adaptation au changement climatique ? Il faut dire aussi que le maire s’est approprié, pour faire consistance, les rénovations thermiques faites par HSA dans ses HLM.

En ce qui concerne le budget vert, Laurence Hardouin le présente comme un moyen de prioriser les dépenses. Selon l’analyse faite, 70 % du budget serait tourné vers la transition. Et 52 % des investissements ont un « impact positif ». Elle souligne la progression du pourcentage des investissements avec impact favorable, voire très favorable, ce qui est le cas notamment de la Médiathèque et du Musée Bonnat.

Pour Bayonne en Mouvement, Jean-Claude Iriart souligne plusieurs points : l’obligation du budget vert concerne le budget principal et ses annexes, ce qui n’est pas fait. Un filtre « impact sur la biodiversité » est aussi obligatoire, mais n’a pas été fait. Il y a décalage entre les 70 % du budget tourné vers la transition, et le fait que seul 14 % des investissements figurant au CFU ont eu un ilact favorable. Il soulève aussi l’exemple d’une association dont le budget entier est pris en compte dans les 70 %, alors que le volet environnemental de son action est très secondaire.

Laurence Hardouin ne répond que sur le décalage des chiffres, même si « elle ne les a pas tous en tête » : selon elle, cela vient des critères différents utilisés. Elle cite l’exemple du verdissement de la flotte automobile municipale, qui entre dans les 70 %, mais comme il peut s’agir de véhicules thermiques (même verdis), ils ne sont pas pris en compte comme investissement favorable.

Une ambigüité sur les chiffres qui fait écho à la proposition faite par Jean-Claude Iriart dans la seconde partie de son intervention : le budget vert prendra de plus en plus d’importance, et va devoir s’élargir à l’adaptation climatique, la biodiverdsité, l’économie circulaire, la prévention des polluttions.. Se pose la question de se limiter à en faire un outil technique de reporting et de communication (voir les décalages remarqués ci-dessus), ou bien, ce qui a bien sûr sa préférence, un outil de pilotage. Il propose donc un « comité de pilotage » du budget vert où figurent des élu.e.s de toute sensibilité.

Sur cette proposition, c’est Etchegaray qui répond directement plutôt que Hardouin : pourquoi pas, mais il se défausse en renvoyant à une discussion lors de la commission municipale compétente.

La jeunesse ne cherche qu’à foutre le bazar. On a peur, on a peur.

L’occasion de la présentation du CFU pour le budget annexe « fêtes traditionnelles et temporada » donne lieu à des passes d’armes entre Joe Mendes et le maire ou Sylvie Durruty concernant le coût du dispositif des fêtes payantes, en raison de chiffres contradictoires entre 2024 et 2025, malgré l’affirmation d’une stabilité (finalement, en fin de la séquence, Durruty renvoie à un changement du mode de calcul…).

Mais c’est un long plaidoyer du maire (qu’on peut écouter entre 2h09 et 2h19 dans la retransmission) en faveur du bracelet payant qui a marqué cette partie. Le coût des Fêtes avoisine les 4 millions d’€, et on ne peut demander aux Bayonnais d’en payer l’intégralité, alors que les participants viennent en grande majorité de l’extérieur de la ville. C’est un modèle économique qui assure la pérennité des Fêtes. Près de 3 M€ sont consacrés à la sécurité. C’est ce que couvre le bracelet. 4 compagnies de CRS et entre 400 et 600 agents de sécurité privée. Etchegaray le rappelle, « on a eu des drames ! »

Peut-être justement qu’il faut questionner ce modèle des Fêtes, qui n’est pas seulement économique, et qui débouche sur une fuite en avant sécuritaire. Comment peut-on défendre un modèle où le contenu même passe au second plan ? Sans parler de la place des traditions basques versus la « disneylandisation touristique ». Les évolution des deux dernières années ont conduit à moins de participation, et c’est heureux, et davantage (un peu) de sécurité. Mais ce ne sont que des pansements superficiels qui ne traitent pas le problème de fond de ces Fêtes.

A partir de là (2h14’40’’), Etchegaray se lance dans un discours tout-sécuritaire : sa responsabilité de maire, les drames passés, les risques courus, un casse-tête sans nom. Et il se branche sur l’actualité : « On ne sait jamais comment cela va se passer. Quand on voit ces drames intervenus après le foot, cette folie qui finit par gagner une forme de jeunesse qui ne cherche qu’une chose de foutre le bazar ». Suit une incise, sans autre relation avec le sujet discuté que d’accentuer le discours dramatisant : le jet (sans dégâts) de cocktails Molotov devant la sous-préfecture la nuit précédente. Et la péroraison (2h15’54’’) : « on n’est à l’abri de rien. Quand on permet un spot devant la mairie qui va rassembler beaucoup de monde, on a peur, on a peur ». On se serait cru sur CNews.

Etchegaray a peur à cet instant (2h 16′ 25 »)

Il conclue en justifiant les fouilles systématiques : les gens viennent car ils sont rassurés. Les Fêtes restent un exutoire, mais surtout une magnifique tradition et un moment de partage.

46 quai Bergeret

Les anciens locaux du SDIS au 46 quai Bergeret sont désormais inoccupés. Ils se composent de dégagements, de 3 bureaux, d’une salle de réunion, d’une salle d’attente, d’un hall d’entrée, d’un

porche, d’une salle d’accueil, de 2 dortoirs, 4 WC, 2 sanitaires et 3 garages. La ville se propose de les racheter à la CAPB pour en faire un centre d’hébergement d’urgence provisoire. Par exemple pour accueillir rapidement les habitants victimes d’un incendie.

Une délibération bienvenue. Il y a une insuffisance de logements d’urgence pérennes à Bayonne, 6 seulement, dont 2 vacants, mais qui ne sont pas disponibles « à la minute ».

Maison des syndicats

Le « centre de réunion de Sainte Ursule » (terminologie officielle) fait principalement office de Maison des Syndicats. Il va avoir un nouveau règlement général de fonctionnement, qui doit entrer en vigueur le 8 juin selon un arrêté du maire en cours de publication sur le site. Le conseil municipal doit voter les nouvelles conventions de mise à disposition gratuite de locaux pour les différentes organisations syndicales ainsi que pour la FNACA. Il faut souligné par ailleurs que les locaux actuels sont très insuffisants.

Comme Bayonne en Mouvement l’avait souligné pendant la campagne électorale, cette « Maison des syndicats » est indigne d’une ville qui s’enorgueillit de son nombre d’emplois et de son dynamisme. On peut comparer les locaux de la CCI et ceux des syndicats. Bayonne a besoin d’une véritable Bourse du travail.

Le RN

Loin d’être silencieux, le conseiller municipal du RN, Pascal Lesellier, prend régulièrement la parole et adapte au contexte local les rengaines et obsessions de son parti : mise en cause des volets sociaux de la transition, défense des propriétaires contre la mesure de compensation (meublés touristiques), mise en cause du code de l’environnement trop contraignant (à propos du budget vert) par exemple. Ses interventions sont ignorées, sauf quelques piques du maire.

La Maison des syndicats ne pouvait échapper à son courroux contre les syndicats « politisés », qui se permettent d’attaquer un parti politique, qui touchent des subventions de l’État et des entreprises. Il est contre la gratuité pour les syndicats. Il vote contre la délibération (sauf pour la FNCA précise-t-il). Une diatribe qui est conforme aux politiques des municipalités RN contre les bourses du travail et les syndicats.

C’est tout, et c’est beaucoup pour un conseil relativement court (moins de 3h). RV pour le suivant, le 23 juillet

Patrick Petitjean, le 8 juin 2026

Bayonne : Pinède (Sequé) : urbanisation abandonnée ? Ecole envolée ?

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Pour assurer une « continuité d’urbanisation » entre les quartiers Arrousets et Sequé, nos élus et urbanistes municipaux avaient imaginé un nouveau quartier, baptisé « Pinède ». Il dormait depuis longtemps dans les cartons. Il avait fait surface en 2011 à l’occasion des premières constructions au Sequé 1. Puis, on le retrouve dans une délibération du conseil municipal de 2021, pour majorer la taxe d’équipement, avec son périmètre et le nombre de logements prévus pour construire une école. Il a été étudié comme secteur de projet dans le cadre du PLUi (enquête publique à venir). Conclusion : il devient une zone agricole. L’école s’est-elle évaporée ?

Un projet du temps de Jean Grenet

En 2011, ce sont les premières livraisons de l’opération Sequé 1. Le maire de l’époque communique autour du succès de l’opération, de la réussite des ventes… et des projets à venir. Il se confie au journal Sud Ouest du 12.9.2011. Pierre Pénin s’en fait l’écho. On peut lire :

Pinède après le Séqué

La main du public permet ces prix compétitifs pour la région. La Ville de Bayonne a acheté le foncier à des prix inférieurs à ceux du marché et les revend aux privés sans réaliser de plus value, sous conditions. Dont le plafonnement des prix de vente. « C’est le principe de la ZAC publique », appuie Jean Grenet, le premier magistrat.

Le même montage guidera un futur projet sur la rive droite de Bayonne : celui du quartier Pinède. À la différence du Séqué, c’est l’Agglomération Côte basque Adour qui achètera les terrains. « C’était déjà elle qui avait acquis ceux du quartier Arrousets », rappelle le maire. 11 hectares, pour la plupart plantés de maïs, ouvrent des perspectivescomparables au Séqué (14 hectares pour 625 logements au terme d’une deuxième phase).

Le futur quartier Pinède, lui aussi soucieux des normes environnementales, sera notamment équipé d’une crèche halte-garderie. « Un emplacement est déjà bloqué sur ce principe. Les acquisitions vont commencer. Après Arrousets, Pinède suivra le Séqué. » Pour ce dernier, la Sepa lancera dans les quatre mois des « appels à projets » à l’intention des promoteurs, afin de réaliser les logements de la deuxième phase de travaux.

photo extraite du dossier PLUi

Pour mémoire, Jean-René Etchegaray était l’adjoint à l’urbanisme de Jean Grenet de 1995 à 2008.

Interrogé sur l’existence d’un projet « Pinède » en 2023 ou 2024 lors d’une réunion publique au Sequé, l’adjoint à l’urbanisme, Alain Lacassagne dément. Pourtant, en 2021…

La délibération de 2021

Le 22 juillet 2021, le conseil municipal adopte une délibération majorant la taxe d’quipement dans les secteurs « Pinède-Sequé ». Une carte montre le périmètre des 3 secteurs concernés, Sequé 3, Sequé 4 et Pinède, sans que le détail des parcelles concernées en soit précisé.

Le principe est simple – et louable : faire payer des équipements publics aux futurs habitants de quartiers en voie d’urbanisation. Une délibération semblable avait été prise en juillet 2024 pour les quartiers Citadelle et Laharie. Voir le billet de l’époque :

Dans les deux cas, c’est la construction d’une école qui est au coeur des besoins en financement des équipements publics. Quelle que part, on comprend que pour attirer de nouveaux clients, les promoteurs ont besoin de montrer que les voiries, les établissements scolaires, seront à la hauteur.

Pour justifier l’école, il est annoncé 690 nouveaux logements, avec les 2/3 de leur surface sur le marché libre. Connaissant les nombres déjà affichés pour le Sequé 3 (190) et le Sequé 4 (269), cela en laisse 231 pour Pinède. L’école doit servir pour ces 3 quartiers, en attente d’autorisation d’urbanisme, en même temps que les quartiers déjà construits, Sequé 1 et 2, et Arrousets.

Une école serpent de mer

La construction d’une nouvelle école pour les quartiers du Sequé et d’Arrousets est une promesse électorale récurrente, au moins depuis 2014. Si son financement (partiel) ressort de la délibération de 2021, sa localisation n’a jamis été précisée, à moins d’avoir voulu la situer dans les futur quartier Pinède.

Cette année, elle est revenue à la une du programme du candidat Etchegaray. Elle figure maintenant dans le plan quinquennal d’investissement 2026-2030 (opérations engagées ou programmées) tel que présenté dans les orientations budgétaires lors du conseil municipal le 9 avril 2026. Mais elle ne figure pas au budget 2026 voté le 30 avril Cette absence a été relevée par Henri Etcheto ; il lui fut répondu que cela viendra dans les budgets suivants.

Mais la question de la localisation reste un mystère. Pinède est devenue une zone agricole. Dans tout l’Est de l’autoroute, il n’y a aucun emplacement réservé au PLUi pour un équipement public. Si l’on regarde le zonage de ces quartiers, il ne semble pas y avoir de nouvelles opérations d’urbanisme. Il n’y a pas de parcelles répertoriée comme 5c, pour équipement public… sauf celle du centre de loisirs « moulin d’Arrousets » déjà existant. L’école désirée va-t-elle se substituer au centre de loisirs ? C’est une idée fumeuse qui avait circulé pendant la campagne électorale…

Au PLUi en 2026

Dans le projet de PLUi, pour lequel l’enquête publique est à venir sous peu, des « secteurs de projet » ont été définis dans les 5 villes concernées, pour de potentiels développement de l’urbanisation. Parmi ceux de Bayonne, le secteur Pinède (aussi appelé Lartigaou) y figure sous la nomenclature BAY08.

photo dossier PLUi

Il s’étend sur 6,7 ha au Nord-Est des chemins Pinède et Sanguinat à partir du carrefour avec le chemin du Grand basque (qui franchit l’autoroute et débouche sur la D810).

Son périmètre comprend celui de la carte fournie au conseil municipal en 2021 plus une excroissance au nord du carrefour, pour prendre en compte un site industriel.

photo PPJ le 2.6.26

Dans le PLU actuel (2009), hormis l’excroissance urbanisée, le secteur est en zone dite 2AU, c’est-à-dire à urbaniser à moyen terme. Autrement dit, il était considéré comme une réserve foncière, ce qui est raccord avec les déclarations de Jean Grenet en 2011.

Zonage PLU actuel. Depuis, la zone 1AUys au nord a été convertie en logements : le Sequé 4

Pinède-Lartigaou fait partie des secteurs étudiés. Une première évaluation porte sur les critères favorables ou défavorables pour une éventuelle urbanisation. Elle estime les niveaux d’enjeux par thème du secteur : milieux naturels, agriculture, paysage, patrimoine, risques, eau, bruit, assainissement, accessibilité. Elle vise à hiérarchiser les différents secteurs de projet extension en fonction de leurs incidences environnementales. On trouve cette étude pp.54-55 de la délibération suivante du conseil communautaire du 21 juin 2025 :

OJ 16 PLUI CBA 1_RP_Livret4_EvalEnviro_Annexe_DocTravail_AnalyseSecteursExtension

Ce secteur était considéré comme suffisamment important pour faire l’objet d’une étude complémentaire « Description des habitats et de la flore rencontrés » sur le site qui se conclut par les ERC (Eviter, Réduire, Compenser) à faire. On la trouve pp.47-52 de la délibération

OJ 16 PLUI CBA 1_RP_Livret4_EvalEnviro_Annexe_InventairesEcologiques

La conclusion des études semble être l’abandon de ce projet d’urbanisation, par la proposition de classement du secteur en zone agricole. A plus forte raison, Pinède-Lartigaou ne figure pas dans la liste des OAP.

extrait PLUi à venir. En jaune clair : Agricole. En rouge hachuré : A construire, Sequé 3 et 4. En vert clair : Naturelle

Tout le secteur est classé en A. Pourquoi « agricole » et non « naturelle » ? Ce n’est pas évident, d’après la carte BAY08 figurant plus haut dans ce billet. A cause de déclivités moins importantes que dans le voisinage ? A cause des propriétaires ? A cause des deux petites prairies au sud et au nord de la zone ?

Photo PPJ, 2.6.26
Extrait dossier PLUi

Le Sequé 3 est en cours de commercialisation. On peut se demander si les acheteurs ne l’ont pas un peu mauvaise d’avoir une taxe d’aménagement augmentée pour une école évaporée. Mais c’est bon pour les finances de la ville.

Le Sequé 3 en travaux. Photo PPJ 2.6.26. Carrefour des chemins Pinède et Loustaounaou.

Ce secteur fait partie des reclassements des zones à construire du PLU (2AU principalement) vers des zones A ou N dans le PLUi. Merci la loi « Zéro Artificialisation Net » (ZAN). Il y en a plusieurs, même si la surface totale concernée est moins significative que ne le laisse à penser la communication d’Etchegaray. L’artificialisation se poursuit. J’aurai l’occasion d’y revenir lorsque le PLUi viendra à enquête publique.

Patrick Petitjean, 4 juin 2026

Le Piment bayonnais, 3 ans déjà. Stop ou encore ? Augmenté ?

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Nouveau : On peut joindre le piment bayonnais pour proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net

Ce blog, Le Piment bayonnais a été lancé en mars 2023, déjà plus de 3 ans. Alors que la ville de Bayonne est repartie pour 7 ans de pouvoir des mêmes notables conservateurs, c’est l’occasion de faire un bilan de ce que ce blog a pu apporter, et de réfléchir à sa nécessaire transformation pour l’adapter aux nouveaux contextes, locaux et nationaux. Comment le faire évoluer pour améliorer et augmenter son impact. Comment élargir son équipe de rédaction, et les sujets abordés ? On y reviendra sous peu.

A propos

Sous ce titre, le premier article publié (encore accessible sur la page du blog) présentait ainsi le projet :

« Il y a une absence à Bayonne, celle d’un media d’opinion clairement engagé du côté de l’écologie, de la démocratie et de la solidarité, un media qui prend parti sans être partisan, un media qui anime modestement la vie politique locale en rupture avec le conformisme ambiant » (…)

« Un blog pour contribuer modestement à l’information et aux débats sur la vie locale, à l’analyse et au décryptage de la politique municipale, au repérage des stratégies et dynamiques à l’oeuvre où se dessine déjà le futur préparé par notre caste dirigeante ».

« Un blog pour pimenter – c’est son titre – la « soupe politique » locale qui nous est servi par un milieu politique conservateur. « étouffe-citoyen.ne » même, où les connivences sont anciennes et nombreuses entre les différents milieux politiques, économiques, sportifs ou professionnels ».

Tous les articles publiés sont archivés sur la page globale du blog, dans l’ordre inverse de leur publication.

Statistiques

Depuis l’origine, 130 billets ont été publiés, soit une moyenne de 3,4 par mois. 10 957 personnes sont venues sur le blog, et ont consulté 15 109 articles.

On peut remonter au détail de ces chiffres pour différentes périodes : les billets les plus consultés, les modes d’accès au blog, la localisation des villes, et des pays, où s’est faite la connexion au blog.

Il y a deux modalités d’accès aux billets : soit directement avec leur adresse sur wordpress, soit par la page du blog où sont conservés tous les articles dans l’ordre inverse de leur parution. C’est pour cela que le site « lepimentbayonnais » figure au milieu des billets les plus consultés.

A chaque parution de billet, la pub en était faite en mettant l’adresse sur X et sur Facebook. Avec le boycott de X, il n’est resté que Facebook ; la consultation est donc très dépendante de l’effet amplificateur des partages. L’évolution se voit dans les modes d’accès selon les périodes. Au fil du temps, les moteurs de recherche ont pris une place de plus en plus importante (même si ma stratégie de référencement est « primaire »).

J’ai fait des saisies d’écran sur 3 périodes, dépendant de la manière dont WordPress construit les statistiques : la première année, 2023 ; les années suivantes, de janvier 2024 au 26 mai 2026 ; le dernier mois, du 27 avril au 26 mai 2026. Cela concerne un tableau avec les visites et leurs origines, et un tableau avec les villes de connexion (sauf pour 2023).

L’année 2023

1 521 visiteurs, soit un peu plus de 30 par mois en moyenne et 2 169 vues. Le lancement est poussif, avec une faible communication (Facebook et Twitter)

L’essentiel des accès au blog se fait à partir de Facebook. Les billets les plus consultés sont très divers – mais sans doute est-ce le reflet de la diversité des sujets abordés. Sur les 10 premiers, 4 concernent l’urbanisme à Bayonne, 3 les Fêtes et 2 une occupation pour la sauvegarde de terres agricoles.

Les trois dernières années, du 1.1.24 au 26.5.26

En 2024, 1 901 visiteurs et 2 622 vues, mieux qu’en 2023, mais pas tant que cela. En 2025, 4 927 visiteurs et 6 726 vues, cela décolle, on se rapproche des élections municipales. En 2026 (au 26 mai), 2 608 visiteurs et 2 119 vues.

Une dominante renforcée pour l’urbanisme (logement et aménagement), pour son traitement politique par la ville (conseils municipaux, enquêtes publiques) ou les projets eux-mêmes : au total 7 billets sur 10. L’accès au blog et aux billets se fait de manière équivalente entre les moteurs de recherche (Google) et le « guidage » via ma page Facebook (j’ai quitté Twitter).

En dehors de la page globale du blog, deux articles arrivent largement en tête : l’extension de la clinique Belharra pour un institut du sport, qui camouflait un hôtel de tourisme, avec 884 vues – une dénonciation d’Alday comme requin immobilier, avec 787 vues (billet qui continue régulièrement à être vu, au contraire du « camouflage »). Puis l’artificialisation du domaine de Lana, les « cachotteries » (augmentation de la taxe d’aménagement à Citadelle / Laharie), la mort de la cité populaire Citadelle, l’enquête publique du Sequé 4, le projet Rive Droite de l’Adour, l’occupation de l’ancienne Atalante.

Au fin fond de la liste des 130 articles, les bides, le record étant deux billets au cours de la campagne électorale, avec 4 vues chacun seulement (les droits de l’enfant et le droit d’interpellation)

Difficile de savoir où les Bayonnais.e.s voyagent ou s’exilent. Derrière Bayonne, il y a Paris, puis les principales villes de Nouvelle Aquitaine. Mais la fonction « localisation » est-elle toujours bien activée au bon endroit ?

A noter que les deux premières villes étrangères identifiées pour les connexions sont Dublin (98) et Ashburn (61) en Virginie (USA), hauts lieux des entreprises de la Tech. Ashburn est considérée comme la capitale des datas centers : cela ressemble à de l’aspiration de données pour l’IA.

Les 30 derniers jours, du 27 avril au 26 mai 2026 : la popularité persistante d’Alday

Google et facebook continuent à être les voies privilégiées d’accès aux articles.

585 visiteurs et 720 vues pour ces 30 jours, où se détachent un seul article : la chronique municipale partiale n°3, avec 270 vues (en 20 jours), la n°2 ayant moins percuté : présentation différente ? Avec toujours Alday parmi les plus vus…

Parmi les 10 premiers articles consultés, il y a 6 articles anciens, datant de 2025, voir de 2024. En premier lieu, l’article sur Alday, requin de l’immobilier, publié en août 2025. Faut-il y voir le produit d’une recherche google sur les avis concernant Alday par des personnes cherchant à acheter un logement ? Parmi les autres articles anciens consultés, on trouve Stérin et ses plus belles fêtes (août 2025), Bouygues et Nexity (octobre 2025), la forêt humide du Habas (mai 2025), la mort de la citadelle (février 2025), l’avis défavorable de l’enquête publique sur le Sequé 4 (janvier 2024). Et dans les suivants, l’enquête publique sur l’extension de Belharra (juin 2025), l’ancienne Atalante (octobre 2025) ou le débat sur le Sequé 4 au conseil municipal (février 2024).

Pas de différences notables avec le tableau « 3 ans ». Ashburn apparaît encore 7 fois

Et aussi

Pour les pays étrangers, on voit le bruit de fond du système internet mondialisé. Mais pour les USA qui émergent significativement, quelle interprétation ?

Contribuer aux débats politiques bayonnais : l’ambition initiale a été partiellement remplie, mais avec une concentration de fait sur des thèmes plus concentrés (critiques de la politique municipale concernant aménagement, logement,…). Cela semble avoir induit un socle « spécialisé » de lectorat, tout en limitant sans doute l’intérêt du blog. Pour durer, le blog va se transformer, en premier lieu en construisant un véritable comité de rédaction doté d’une charte éditoriale. Un Piment « augmenté » avec l’intelligence (collective, cela s’entend). Cela vous intéresse ?

Patrick Petitjean, 31 mai 2026

Rappel : Tous vos commentaires, toutes vos remarques et critiques sont bienvenues : lepimentbayonnais(at)riseup.net

Pentecôte : l’esprit de Stérin/Bolloré plane sur Bayonne

Screenshot

Nouveau : On peut joindre le piment bayonnais pour proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net

Depuis quelques jours le festival Luminiscence a pris ses quartiers dans la cathédrale de Bayonne. Pour un coût plus ou moins elévé, on peut voir un spectale « immersif » plus ou moins complet : projections lumineuses sur les parois internes et les voûtes de la cathédrale, récit édifiant de l’histoire de la cathédrale et du catholicisme, choeurs (ou pas), prestation de notre chanteuse nationale Anne Etchegoyen (au prix fort les WE). Ce type de spectacle se déroule dans plusieurs villes de l’hexagone, et fait l’objet de vives critiques, tant sur son contenu que sur son financement.

Pour en savoir plus sur les spectacles Luminiscence, on peut aller sur Mediapart (accès libre)

https://blogs.mediapart.fr/bettinazourli/blog/180526/pas-un-centime-pour-les-milliardaires-reactionnaires

En 2023, Romain Sarfati lance LOTCHI grâce à un apport financier massif, et pas de la part de n’importe qui : c’est Pierre-Edouard Stérin qui met la main à la poche, avec un investissement de près d’un million d’euros.

Lotchi se cache derrière l’intention de « valoriser et préserver les sites emblématiques du patrimoine mondial » Un discours déjà entendu dans la galaxie de Stérin où le catholicisme le plus conservateur imprègne les narrations « historiques »

Les Nuits du bien commun (qui soutiennent Luminescence), les Plus belles fêtes de France, ou encore les soirées du Canon Français : tout ça, c’est bel et bien Stérin. On a déjà parlé des Plus belles fêtes, et on reparlera du Canon, programmé à Biarritz en novembre prochain

Concernant Luminiscence, l’histoire ne s’arrête pas là non plus : car si Stérin a revendu ses parts (il détenait 18% du capital de l’entreprise LOTCHI) à la société Banijay Live. Ca aurait pu être une bonne nouvelle … mais un autre milliardaire réactionnaire vient s’en mêler. Vincent Bolloré, entre autres propriétaire de Canal Plus et du groupe d’édition Hachette, est actionnaire de Banijay Live.

A Rennes, un collectif de choristes a refusé de travaillé pour le même spectacle, à la fois pour les conditions d’embauche et l’ombre de Stérin.

https://splann.org/luminiscence-rennes-chanteurs

capture d’écran du site

Les soutiens bayonnais

Le journal Sud Ouest du 11 mai s’inspire largement de la communication officielle pour présenter le spectacle : « La cathédrale incarne depuis plus de 700 ans l’histoire et l’identité du territoire basque ». Laïques des 7 provinces, réveillez-vous !

Sud Ouest donne la parole à Anne Etchegoyen : « une cathédrale fière qui veille sur la ville et ses habitants ». Entre la cathédrale ainsi perçue, la citadelle de la rive droite et, entre les deux, la mairie d’Etchegaray, nous somme bien (sur) « veillés »…

Parmi les logos figurant sur cette pub officielle, Sud Oesy, les monuments nationaux, Ici, et CôteBasque.

Interdit de rire : Extraits de la présentation du festival sur le site.

La présentation du festival est sur https://luminiscence.com/bayonne/

Plongez dans la légende de monuments sacrés à travers une expérience immersive spectaculaire

Plongez dans la légende du Pays Basque ! Cathédrale Sainte-Marie Après 1 000 000 de spectateurs conquis à travers le monde, le spectacle immersif 360° s’installe enfin au cœur de Bayonne !

LUMINISCENCE À BAYONNE : Quand la lumière révèle la mémoire de la pierre

Après avoir émerveillé plus d’un million de spectateurs, LUMINISCENCE poursuit sa tournée et investit la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne.

Édifiée au cœur du centre historique et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, ses voûtes majestueuses et ses flèches gothiques offrent un écrin exceptionnel pour une expérience immersive spectaculaire.

Les projections monumentales transforment la pierre en une fresque vivante et la musique résonne sous les voûtes. Un hommage vibrant à ce joyau du patrimoine bayonnais, qui se dévoile sous un jour totalement nouveau.

La narration est au cœur du spectacle. Plongez dans la légende de Bayonne et laissez-vous emporter à travers plusieurs siècles d’histoire, guidé par la voix de la chanteuse Anne Etchegoyen, figure bien connue du Pays Basque qui incarne l’esprit gardien des lieux.

Découvrez toute la puissance de la musique live. Les voix célestes du Chœur Bayonne Pays Basque interprètent les plus grands chef d’œuvre de la musique classique avec une intensité rare. Une expérience musicale authentique, portée par l’émotion du moment présent.

Chaque weekend, avant que le spectacle commence, le Chœur Bayonne Pays Basque vous accueille avec Agur Jaunak, le chant basque par excellence, un moment intimiste qui inscrit le spectacle dans la mémoire vivante du territoire.

Leurs voix subliment ensuite la bande originale de LUMINISCENCE, portées par l’acoustique naturelle de la cathédrale. Le public ne se contente pas d’écouter : il ressent chaque vibration avec une intensité rare, dans une rencontre unique entre musique live et architecture.

LUMINISCENCE est proposé en deux formules : les soirées Musique Digitale (en semaine) et les soirées Chœur Live (vendredi et samedi).

La voix du Pays Basque : Pour cette édition bayonnaise, LUMINISCENCE a confié sa narration à la chanteuse Anne Etchegoyen. Figure familière et chère aux habitants du Pays Basque, elle prête sa voix à l’esprit gardien de la cathédrale et fait de ce spectacle une expérience profondément ancrée dans l’identité du territoire.

capture d’écran du site

Mots de l’organisateur

« Notre mission est de préserver, transmettre et promouvoir notre histoire et notre patrimoine, en valorisant des lieux emblématiques qui font partie de notre héritage commun. Nous sommes fiers de proposer une expérience artistique, immersive et inclusive qui permet au plus grand nombre de découvrir la richesse de notre patrimoine, quel que soit son âge, sa culture, sa nationalité ou sa religion. Nous espérons que LUMINISCENCE permettra aux spectateurs de poser un nouveau regard sur les monuments sacrés en créant un lien émotionnel, mémoriel et sensoriel unique. »

Romain Sarfati, Co-fondateur et Directeur général de LOTCHI.

1.000.000€ Reversés pour la conservation et la valorisation du patrimoine.

Fin des citations

Son et lumière chez l’évêque

On ne sait ce que le « récit » glorieux de l’histoire de la cathédrale doit à son premier occupant, le célèbre évêque Marc Aillet. Dans les autres villes, les gestionnaires des lieux ont été consultés, tout en se défendant être eux-mêmes les auteurs des récits. On ne sait pas non plus le montant payé à l’évêché pour la location de la cathédrale.

Wikipedia est une référence pour qui s’intéresse aux prises de positions ultraconservatrices d’Aillet, qui lui valent d’être une des cibles favorites des mouvements féministes.

Aller voir le spectacle Luminiscence, c’est donc participer à l’enrichissement d’une poignée

d’hommes anti-féministes, lgbtphobes, racistes, xénophobes, de Stérin t Bolloré à Aillet, dont l’un, au passage ne paie pas ses impôts en France et qui souhaite mettre fin à la diversité culturelle, à la liberté d’expression.

Patrick Petitjean, 25 mai 2026

Batera. Le chemin fragile vers une CTSP basque

La plate forme Batera était entrée en sommeil après la création de la CAPB en 2017. Elle en avait, en grande partie, porté le projet. Elle a été relancée, il y a un an, dans l’objectif de la faire évoluer vers une Collectivité Territoriale à Statut Particulier (CTSP) dotée de compétences plus larges, notamment dans le domaine social. Elle a tenu son assemblée générale le 9 mai. Malgré les incertitudes politiques hexagonales pour 2027, et en dépit (ou paradoxalement en raison) de l’élection d’Alain Iriart à la présidence de la CAPB, cette perspective s’est compliquée depuis un an.

Retour sur l’avant CAPB

Batera est une plate forme lancée en 2002 autour de 4 objectifs : co-officialisation de la langue basque, création d’un département Pays basque, d’une chambre d’agriculture et d’une université de plein exercice. Sa charte a été signée par 110 associations, syndicats et mouvements représentant ainsi une large partie de la société civile du Pays basque. Malgré une campagne très active, seule la chambre d’agriculture verra une avancée importante, avec EHLG.

En 2010, les départements étant en perte de vitesse, Batera fait évoluer la demande d’un département basque vers celle d’une Collectivité Territoriale à Statut Particulier, CTSP. En 2015, profitant de l’opportunité de la loi NOTRe (qui revoit les compétences des Régions et des Intercommunalités notamment), le Gouvernement contre-propose encore autre chose : la création d’une « super-intercommunalité », regroupant toutes les intercommunalités du Pays basque. Les oppositions et les réserves ont été nombreuses, à droite de l’échiquier politique, mais aussi dans la partie le plus jacobine de la gauche. Batera s’est engagée dans le processus qui a mené à la création de la CAPB en 2017.

A l’approche de son 10e anniversaire, la CAPB n’est plus remise en cause, du moins ouvertement. Mais quant à la faire évoluer avec davantage de compétences, c’est une autre affaire.

Batera en recherche d’une nouvelle dynamique

Espelette 2025 Photo de groupe

Pour la refondation de Batera le 10 mai 2025, tous les « historiques » étaient de nouveau présents. Une nouvelle démarche définie : ne pas relancer un projet de département basque, mais s’inscrire dans la continuité de la CAPB, pour aller vers une CTSP en agrégeant de nouvelles compétences. La référence majeure était la métropole de Lyon, constituée en ajoutant les compétences départementales à celles de l’intercommunalité. Une équipe pilote a été reconstituée, rassemblant toutes les sensibilités politiques.

Devant la CAPB

L’assemblée du 9 mai 2026 à Itsasu a été l’occasion de dresser le bilan d’une année intense de réactivation et de renouvellement, rythmée notamment par un forum le 22 novembre pour imaginer une future CTSP basque, et par un travail de sensibilisation auprès des candidat.e.s aux élections municipales et communautaires. Plus que jamais, cette perspective apparaît comme pertinente.

L’objectif est d’aller vers une majorité sociale et une majorité politique, en s’appuyant sur le 10e anniversaire de la CAPB

Les diapos de l’AG sont ici : https://plateformebatera.org/une-annee-de-refondation-reussie-qui-confirme-la-pertinence-du-projet/

110 personnes étaient présentes à Itsasu, presque autant qu’à Espelette l’année précédente. Le nouveau président de la CAPB, Alain Iriart était là, ainsi que les 3 députés. Mais pas son prédécesseur. Certains de ses proches, comme Martine Bisauta et Joseba Erremundeguy, pourtant membres du groupe pilote étaient aussi absents.

Itsasu 2026 Photo de groupe

Autre problème, pouvant interroger sur la dynamique : aux côtés de l’animatrice, la dizaine d’intervenants qui ont défilé à la tribune étaient tous des hommes.

Les débats ont fait apparaître une forte demande de membres de la société civile quant à la place à accorder aux structures non institutionnelles dans la dynamique pour une CTSP basque, et surtout, leur place dans la nouvelle institution, à l’instar de celle occupée par le Conseil de Développement dans l’actuelle CAPB. Il a été remarqué que la métropole de Lyon tenait la société civile à l’écart. Batera devra composer avec une certaine méfiance envers les institutions officielles.

Ce qui peut favoriser l’évolution vers une CTSP basque

L’heure était à l’optimisme, avec plusieurs éléments favorables dans la conjoncture actuelle.

En premier lieu, la question du « social » est au coeur des attentes des habitants, à tous les niveaux institutionnels. Cela s’est vu lors des élections municipales. La CAPB a peu de compétences en la matière. Les élargir, en transférant celles du conseil départemental, semble donc particulièrement pertinent : pour être plus près des habitants et plus en cohérence avec d’autres politiques publiques. Egalement, une CTSP pourra accroître ses compétences en matière de santé, d’enseignement supérieur, des enjeux climatiques et énergétiques. Enfin, elle pourra gérer les fonds européens, essentiels en matière d’agriculture et de développement rural.

Autre élément favorable, l’expérience de la Métropole de Lyon depuis 2020, construite sur le regroupement des compétences départementale et communales. Pour mémoire, la CABP était limitée, comme toute interco, au bloc de compétences communales dont elle avait pris le maximum possible.

Troisième éléments favorable, le contexte hexagonal semble propice avec ses nombreux chantiers législatifs en cours, concernant la Corse, Mayotte, le Grand Paris, et l’Alsace notamment, sans oublier la Kanaky. Des transferts sont envisagés, ou en cours entre les différents niveaux institutionnels, comme le montre le tableau ci-dessous.

Les différentes compositions de compétences selon les CTSP

Le chantier de la décentralisation et de l’organisation des collectivités est relancé au niveau parlementaire. La fenêtre politique s’ouvre pour des évolutions institutionnelles.

L’exemple alsacien en est la démonstration : discutée à l’Assemblée nationale, l’évolution du statut de la Collectivité Européenne d’Alsace montre qu’une voie parlementaire est atteignable malgré l’absence de majorité gouvernementale. Dans ce contexte, le Pays Basque Nord apparaît en retard. Il y a urgence à organiser un débat territorial impliquant l’ensemble des acteurs du Pays Basque Nord.

… Mais des oppositions qui risquent d’être plus fortes qu’en 2015

Dans un contexte où les départements semblent institutionnellement (mais pas financièrement) plus en forme qu’il y a 10 ans, l’hostilité de Jean-Claude Lasserre (MODEM), président du conseil départemental ne surprend : moins que jamais, il accepte d’abandonner des prérogatives au profit de la CAPB. D’autant plus que le « social » est un domaine propice au clientélisme. D’autant plus encore que le nouveau président de la CAPB est un abertzale.

Itsasu 2026

Nicolas Patriarche, le maire LR de Lons, s’est expliqué dans une entretien récent avec Sud Ouest sur ses multiples raisons pour rejeter la perspective d’une CTSP :

« Le basculement abertzale de l’Agglomération basque vous inquiète-t-il ? »

« Ce n’est pas un très bon signal mais ce vote est-il seulement un vote d’adhésion aux thèses abertzale ? En posant la question, j’y réponds à moitié. Il y a des ressorts qui sont peut-être plus compliqués que cela. Cette énorme intercommunalité connaît des tiraillements entre le littoral, les villes dites riches et le Pays basque intérieur. Nous verrons le fonctionnement au quotidien. J’ai vu que les équilibres étaient respectés dans la répartition des vice-présidences. Mais les revendications de certains font peser de lourdes questions sur l’avenir et l’unité des Pyrénées-Atlantiques. On a l’impression qu’au Pays basque, on franchit chaque fois un petit palier supplémentaire. Cela m’inquiète parce que je suis attaché à l’unité de notre département ».

Autre élément défavorable qui peut faire converger réticences et oppositions, la question de l’élection des membres du conseil de la CTSP au suffrage universel, obligatoire. Sous couvert de défense des petites communes, ces réticences avaient déjà été exprimées par plusieurs élus, dont Jean-René Etchegaray, attachés aux relations directes (et fortement clientélistes) entre le président et les maires. La question des relations entre les grosses et les petites communes se pose dans toutes les intercos, mais le suffrage direct (vieille revendication de la gauche) la rend plus sensible. Elle a été prise en considération dans la structuration de la Métropole de Lyon.

Il faudra suivre de près l’implication, ou non, des amis de l’ancien président de la CAPB dans le processus Batera. Leur absence le 9 mai était-elle seulement conjoncturelle ?

Enfin, si le contexte hexagonal est fait de réformes institutionnelles, jusqu’où est-ce propice pour une CTSP basque ? Le départ de l’Alsace de la région Grand Est a provoqué retour de flamme des jacobins de toute obédience. Blanquer, en particulier, qui avait sans doute oublié que l’Alsace formait une région à part entière jusqu’à la création des « grandes régions » supposées concurrencer les länder allemands, y a vu une « dérive différentialiste qui menace l’unité de la République ». Alors, pour le Pays basque, on imagine les discours enflammés pour s’opposer à une CTSP…

Avec le nouveau président de la CAPB

Quelles vont être les conséquences de l’élection d’Alain Iriart comme président de la CAPB ? Le raidissement de la droite était prévisible, comme celui de l’ancien président. Mais c’est l’agenda avancé par l’abertzale lors de sa candidature, qui va marquer, à court et moyen terme l’évolution de la CAPB dans un sens très consensuel. Très loin de l’autoritarisme vertical de son prédécesseur. Cela ressort aussi de la mise en place des instances de la CAPB, avec un équilibrisme compliqué qui a pu en décevoir certain.e.s..

Pendant la campagne électorale, les demandes de Batera envers les candidat.e.s étaient pressantes : lancer la réflexion sur l’évolution institutionnelle dès le début du mandat ; nomination d’un.e élu.e en charge de cette question ; mise en place d’une commission de travail ; des moyens pour cette politique ; et lancement d’une étude juridique et technique.

Mais pour le nouveau président, le chantier prioritaire à lancer est celui de la décentralisation du pouvoir politique et des services de la CAPB vers les 10 pôles territoriaux. Pas sûr que l’évolution institutionnelle de la CAPB relève de l’urgence pour Alain Iriart, même si, tôt ou tard, ce sera un sujet de son mandat.

Et si finalement, cela laissait un temps bienvenu pour approfondir le projet de CTSP basque et l’enraciner dans la population ?

Patrick Petitjean, 19 mai 2026

Bayonne, chronique municipale n°3 : Le petit théâtre du maire

capture d’écran, 30 avril 2026

Plus que jamais partial, subjectif et arbitraire

Plus de 4h pour ce 3e conseil municipal, le 30 avril. Encore beaucoup de temps consacré à l’installation des nouvelles instances. Le budget, tel qu’attendu, a été voté après des débats donnant l’impression du déjà vu. Au fil des interventions, ce sont des postures, autant personnelles que politiques, qui se mettent en place pour la mandature qui commence. Le maire a fait son petit théâtre, accusant même Colette Capdevielle de vouloir importer à Bayonne le « bordel » (sic) de l’Assemblée nationale.

La séance du conseil est visible ici :

Le détail des délégations et la composition des commissions municipales et extra-municipales figurent sur le site de la ville, rubrique ma mairie, ou parmi les délibérations du conseil (pas encore publiées le 6 mai).

Les délégations. Le maire a-t-il choisi son héritier ?

Elles se faisaient attendre. Elles ont été dévoilées sur le site de la ville quelques minutes avant le début du conseil, ce qui a bien sûr été relevé. Elles sont d’une grande continuité, ce qui rend particulièrement hypocrite la justification du maire pour ce caractère tardif : il aurait fallu ajuster le contenu des délégations et la composition des commissions avannt d’en finaliser la liste.

Joseba Erremundeguy, annuaire officiel des élus

Principale nouveauté : la promotion éclair de Joseba Erremundeguy comme 2e adjoint. Sans surprise, car il apparaissait déjà fréquemment dans le sillage du maire pendant la campagne électorale, voire avant pour les relations transfrontalières. Il est déjà conseiller départemental et vice-président de la CAPB. Une belle carrière bien entamée. Mais on ne l’a pas entendu de tout ce conseil

A Bayonne, sa délégation est large : aménagement urbain et des espaces publics, citoyenneté, relation à l’usager, Conseils de Quartiers. Au vu du champ couvert par Le Piment bayonnais, il ferait presque office de « correspondant » au sein de la municipalité…

Autre innovation notable, la désignation de Lionel Sevilla comme conseiller auprès du maire en charge de la biodiversité, de la « terre nourricière » et de la plaine d’Ansot.

Voeu pour l’Euskara au bac. Le maire dresse un costume à Blanquer

Le conseil commence par la présentation et le vote d’une déclaration sur le droit de passer certaines épreuves du bac en Euskara. Une déclaration déjà reprise par de nombreuses personnalités et d’autres villes. Elle est présentée d’abord en Euskara, puis en Français, le sujet faisant nécessité, par le nouveau délégué à la politique linguistique, Pantxo Etchegaray.

Commencer un conseil municipal par un sujet populaire et unanimiste, de plus non inscrit préalablement à l’ordre du jour, est un choix tactique pour instaurer autour du maire une atmosphère consensuelle, rendant plus délicates les contestations à venir.

La délibération a été l’opportunité de moult auto-félicitations sur les actions municipales pour les langues basque et gasconne. Elle a, en plus, été l’occasion pour le maire de manifester sa singularité vis-à-vis du gouvernement qu’il soutient, en désignant à plusieurs reprises Jean-Michel Blanquer comme responsable du blocage de l’Euskara au bac, l’accusant même d’influencer encore l’actuel ministre de l’éducation et le rectorat de Bordeaux. Pour charger la barque, le maire a aussi rappelé Parcoursup, une grande œuvre de Blanquer : on a été heureux d’apprendre que le maire partageait avec les étudiants et les enseignants le rejet de Parcoursup.

Le vote en faveur de la déclaration a été unanime.

Diverses délibérations. Le maire paternaliste

Avant d’en venir au plat de résistance, le budget, il a fallu égrener (29 délibérations) les nominations d’élu.e.s dans les commissions municipales et extra-municipales – j’y reviendrai dans une autre billet. Et surtout dans de multiples organismes extérieurs. Fastidieux mais incontournable, en 3/4 d’heure.

Puis, 13 autres délibérations, plus ou moins techniques, d’où on peut extraire :

– l’expo « mythologies » au Musée Bonnat, avec auto-félicitation sur la fréquentation, et convocation du Louvre de du musée du Quai Branly pour légitimer la qualité exceptionnelle de cette exposition

capture d’écran

– un protocole devant marquer la fin du contentieux avec une entreprise concernant des travaux du Musée Bonnat. A Joe Mendes Monteiro, qui a fait remarquer qu’il y avait des ambigüités dans l’écriture de ce protocole, et que cela risquait de ne pas clore le contentieux, le maire a commencé par la jouer paternaliste : lui avait une longue expérience professionnelle, et Joe Mendes Monteiro n’était qu’un jeune avocat. Pour finalement conclure en demandant quand même à son directeur de cabinet de regarder de plus près le protocole.

– l’augmentation des tarifs des spectacles à Lauga, en raison a-t-til été dit de l’amélioration de la qualité de la salle

– la prolongation des conventions de portage foncier avec l’EPFL (qui achète des biens immobiliers pour le compte de la ville), concernant des immeubles aux 3 et 5 rue Sainte Catherine, ainsi qu’au 34 place de la République. Ce portage avait été conclu en 2017 pour 8 ans, mais la ville n’ayant pas encore défini un usage pour ces biens, il a fallu rajouter quelques années à la mission de l’EPFL.

– Une délibération ramasse-tout sur les Fêtes de Bayonne, dont le pass payant d’entrée. Au nom de Bayonne en Mouvement, Joe Mendes Monteiro a regretté que, une nouvelle fois, la délibération contienne des choses très différentes, qui auraient pu être disjointes, permettant d’en voter certaines et pas d’autres. Rappelant leur hostilité au pass, il a aussi demandé de s’engager réellement vers une baisse de la fréquentation, et regretté que le débat de fond soit esquivé dans le délibération. En réponse, l’adjoint évènementiel, Yves Ugalde s’est voulu rassurant et a renvoyé vers la commission extra-municipale sur les Fêtes, sans répondre sur le caractère fourre-tout. Bayonne en Mouvement et Bayonne tout simplement se sont abstenus sur la délibération

Le budget arrive au bout de 2h. Le maire fait l’énervé et défend le gouvernement.

L’essentiel de la très longue présentation du budget par Sylvie Durruty, adjointe aux finances, se retrouve déjà dans son entretien avec le journal municipal distribué dans nos boîtes le WE dernier. On y trouve les principaux projets d’investissements, la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la bonne gestion. Oralement, il y eu aussi l’auto-congratulation sur le succès du Musée Bonnat, de la Médiathèque. Plus les critiques récurrentes d’Henri Etcheto concernant la réalité future des engagements en dehors du centre ville, la disparition de certains projets figurant dans le programme électoral (école du Sequé notamment), et la vente du patrimoine communal.

capture d’cran

David Ospital a émis des doutes sur la fragilité de la structure de la dette, au-delà de son montant total, raisonnable : il a une part importante d’emprunts à un taux variable, ce qui est un risque dans une période instable où les taux d’emprunts sont à la hausse. A quoi il fut répondu que les banques faisaient confiance à la ville, qu’elles se précipitaient toutes à chaque levée de fonds. Soyons donc rassurés, ayons confiance dans les banques.

Un enjeu nouveau est venu à la discussion : la baisse importante des recettes provenant de la Taxe Foncière sur les Résidences Secondaires (TFRS). Sylvie Durruty a annoncé une baisse de 1,3 millions d’euros, à la suite de la sortie de 600 logements de la base des résidences secondaires, transformées en résidences principales. Avec suspicion de fraude. Un travail d’enquête est nécessaire pour comprendre le phénomène, rendu compliqué par l’accès aux données et l’implication obligatoire des services de l’État. C’est un effet pervers de l’exigence d’une compensation nécessaire pour permettre la transformation d’un logement à l’année en un meublé de tourisme. Les villes qui ont le plus fort taux de résidences secondaires (Anglet, Biarritz…) sont beaucoup plus touchées.

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David Ospital a insisté sur l’importance de l’enquête lancée par la CAPB sur ce sujet, et appelé à la vigilance. Colette Capdevielle a rappelé la proposition de loi déposée par elle-même, Peio Dufau et Inaki Echaniz, proposition bloquée par Renaissance. Elle a également critiqué le gouvernement de s’attaquer davantage à la fraude sociale qu’à la fraude fiscale, comme celle des fausses résidences principales. Elle a déploré que les services fiscaux manquent de moyens.

Une provocation insupportable, si l’on en juge par le degré d’énervement et d’agressivité manifesté par le maire à son encontre, l’accusant de faire de la politique nationale et l’interrompant sans cesse. « Vous n’êtes pas à l’Assemblée nationale », qui serait « devenue un véritable bordel », accusant Colette Capdevielle de vouloir l’importer « dans une petite ville du fond de l’hexagone » : « restez à Bayonne » ! (entre 2h 56’ et 3h 1’ dans la retransmission).

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Elle a rappelé que les taux de logement social calculés pour la loi SRU se faisaient sur les résidences principales et non sur la totalité des logements : la transformation de résidences secondaires en fausses résidences principales entrainait une sorte de double peine, avec la baisse des taux SRU et la baisse des recettes fiscales. En réponse, elle est accusée par le maire d’être « à côté de la plaque »

A noter que, cette année et contrairement aux années précédentes, il n’y a pas eu d’élu.e pour demander la dissociation entre les corridas et les fêtes traditionnelles, regroupées dans un même budget annexe.

Les élu-e-s d’opposition ont voté contre les différentes délibérations budgétaires.

Les indemnités pour les élu.e.s. Le maire auto-sacrificiel, mais muet

A la fin du budget, on en était à 3h35 de conseil. Les 17 dernières délibérations ont été expédiées en 1/2 heure. La question des indemnités pour le maire, les adjoints et les conseillers a occupé 25 minutes.

Le maire a commencé par quelques (brèves) explications techniques sur les textes qui régissent le calcul des indemnités. Ce qui n’a pas satisfait l’opposition. Juliette Brocard a demandé des explications sur la hiérarchisation de ces primes. Joe Mendes Monteiro, tout en reconnaissant la légitimité de l’indemnisation des élu.e.s, s’est enquis également sur l’augmentation des indemnités, qui est, de plus, hiérarchisée selon les différentes catégories (maire, adjoint.e.s, délégué.e.s, élu.e.s de base), beaucoup plus importante en pourcentage pour le maire (+ 45%) que pour la base. Globalement, l’augmentation est de 34 %.

La réponse du maire est alors un modèle du genre. Sous prétexte de pédagogie, il livre une avalanche de détails techniques sur le maxi auquel le maire et les différentes catégories peuvent prétendre avec le nombre d’habitants de Bayonne, sur les majorations possibles (comme ville touristique, ville en politique de la ville, chef lieu d’arrondissement), etc. La conclusion qu’il en tire, après avoir « noyer le poisson » pendant 1/4 d’heure, est que les indemnités sont en-dessous de ce qui était possible, et surtout (il y revient plusieurs fois) que lui-même touchera moins de la moitié de ce à quoi il aurait pu prétendre. Il compare avec Pau, Anglet et Biarritz, où les indemnités sont plus élevées, reste évasif sur la hiérarchisation, et ne dit mot des éventuels cumuls d’indemnités possibles en cas de cumul des fonctions.

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Dernier intervenant, Jean Claude Iriart souligne encore la légitimité des indemnités, admet que le maire touche plus que les adjoint.e.s, qui légitimement aussi touchent plus que les autres élu.e.s, reconnaît que la somme reste faible (0,8 % du budget de fonctionnement), mais s’interroge quand même : pourquoi 34 % d’augmentation globale du volume d’indemnités, alors que les subventions aux associations stagnent. Cette somme aurait pu être mieux employée.

Réponse du maire ? Rien. Il passe au vote (l’opposition s’est abstenue).

Conseil suivant : le 4 juin

Patrick Petitjean, 6 mai 2026

Bayonne : une belle mobilisation pour le 1er mai

Près de 2 000 personnes (plus 1 700 selon Sud Ouest) ont participé ce matin à la manifestation du 1er mai, à l’appel des organisations syndicales (LAB, FSU, CGT, Solidaires, FO, UNSA) et de Bizi (avec Alda). Promenade en quelques photos

tête de cortège
CGT Av. Alsace Lorraine
Bizi et Alda av. Alsace Lorraine

Une belle mobilisation qui est aussi une riposte aux tentatives du gouvernement et des partis (du centre à l’extrême droite) de remettre en cause le caractère obligatoirement chômé pour toustes les travailleurs-euses de ce jour.

Les cortèges les plus nombreux étaient ceux de LAB, de Bizi, de la CGT et de Solidaires – même les mélanges étaient fluides entre les différentes parties de la manifestation.

Cette année, le cortège a abandonné les traditionnels zig-zags dans le centre ville au profit d’une montée de Saint-Esprit vers les quartiers populaires des Hauts de Bayonne. L’arrivée s’est faite place des Gascons, avec les prises de paroles et des stands associatifs et syndicaux.

CGT sur la montée vers la place des Gascons
Bizi en montée vers les Gascons
Arrivée place des Gascons
Vue d’ensemble de la place
Tribune place des Gascons
Un des stands associatifs place des Gascons

Antifascisme, internationalisme, féminisme

L’antifascisme était aussi partout dans les cortèges. Lutter contre l’extrême-droite était une motivation essentielle des manifestant.e.s.

banderole antifa places des Gascons, derrière la tribune avecune autre banderole antifa

Le 1er mai est une journée traditionnellement internationaliste, ce qui n’a pas manqué d’être souligné dans les différentes interventions dans le contexte des guerres en cours. A noter aussi la présence d’un petit groupe de Kurdes demandant la libération d’Ocalan.

Internationalisme
Le collectif transféministe

Patrick Petitjean, 1er mai 2026

Bayonne, chronique municipale n°2 : développement durable sans transitions

Deuxième chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.

A posteriori, cette 2e séance du conseil, le 9 avril, apparaît comme un peu surréaliste. Les enjeux immédiats étaient absents, et les interventions dans le registre attendu. Les adjointes intérimaires en attente de leur délégation officielle, Laurence Hardouin-Torre, Deborah Loupien-Suares et Sylvie Durruty, ont présenté les 3 principales délibérations, montrant avec autorité qu’elles étaient plus que jamais candidates à se succéder. La 3e, notamment, a délivré une longue introduction pour le débat sur les orientations budgétaires, et a pris en main de la discussion, le maire restant plus discret que d’habitude.

Surréaliste, parce que deux jours après, le 11 avril, Jean-René Etchegarray, candidat à sa succession, échouait à conserver la présidence de la CAPB, à la surprise générale. Un scénario non prévu, qui remet en cause les rapports de pouvoir entre Bayonne et la CAPB. Il va falloir ajuster ses projets de métropolisation de Bayonne face à une présidence favorable à de nouveaux équilibres entre le développement de la côte versus celui de l’intérieur du Pays basque.

Plus encore, cela va provoquer une redistribution du pouvoir au sein de la majorité bayonnaise et en remettre sans doute en cause les équilibres politiques. A ce jour (samedi 25 avril) l’arrêté définissant les délégations des adjoint-e-s n’a toujours pas été publié, contrairement aux délais habituels dans les autres communes.

Jean-René Etchegarray s’est fait désigner comme référent du pôle territorial « Côte Basque Adour ». A ce titre, il reste membre du conseil permanent de la CAPB. Un peu riquiqui pour les ambitions du maire de Bayonne, mais un positionnement qui peut lui permettre de mettre des grains de sable dans la présidence d’Alain Iriart.

Les délibérations adoptées et la vidéo du conseil sont accessibles sur le site de la ville. Il y a eu 4 séquences dans un conseil qui a duré près de 4h. La plus formelle, à savoir la nomination de représentants de la ville dans différents organismes extérieurs a néanmoins pris près d’une heure. Puis ont été présentés le rapport annuel sur le développement durable et celui sur l’égalité femmes/hommes, encore près d’une heure. C’est une obligation légale, et cela doit précéder le débat sur les orientations budgétaires, lequel a occupé la dernière moitié du conseil.

Pour ce billet, on se concentre sur le rapport « développement durable », … mais je commence avec l’annonce surprise du tout début du Conseil

Le maire choisit son chef de l’opposition

La séance débute avec l’annonce par le maire de la constitution d’un groupe « Bayonne tout simplement » par Henri Etcheto. Ce n’est pas vraiment une surprise. Mais il s’agit d’une décision unilatérale dont il a informé le maire en premier. Ce n’est pas une décision commune des deux composantes de la gauche. Cela interroge sur leur alliance entre les deux tours et semble valider les dénonciations entendues sur le caractère factice de la fusion.

Jean René Etchegaray lors de son installation

La suite de la mandature dira quel sera le degré de coopération entre les deux groupes de gauche. Cet « unilatéralisme » n’a pas empêché leur concertation pour préparer le Conseil. Lors de cette séance, ils ont présenté une liste commune de candidat.e.s (en général un binôme titulaire / suppléant) pour les organismes extérieurs où la loi leur garantissait une place : commission « appel d’offres », avec Juliette Brocard (Carole Ternois) ; CCAS, aveec Iker Etchepare (Jean-Claude Iriart) ; « territoire énergie du 64 », avec Carole Ternois (Joe Mendes Monteiro) et Cathy Liousse (Iker Etchepare) ; Musée Basque, avec David Ospital (Henri Etcheto) ; régie de stationnement, avec Cathy Liousse (Jean Claude Iriart) ; comité pour les dérogations scolaires, avec Joe Mendes Monteiro ; office du commerce et de l’artisanat, avec Colette Capdevielle (Iker Etchepare).

Pendant la campagne électorale, Henri Etcheto était souvent présenté dans la presse comme le « chef de file de la gauche » au conseil municipal. Une posture qui n’était pas pour déplaire au maire, cen continuité avec les mandatures précédentes. Jean-Claude Iriart, abertzale, était un adversaire plus déstabilisant pour le maire sortant, qui l’avait ciblé en priorité au cours de la campagne.

Jean-Claude Iriart lors de son intervention sur les orientations budgétaires

Arrivé en tête de la gauche au 1er tour, Jean-Claude Iriart a hérité du qualificatif de « chef de file ». Mais pas aux yeux du maire semble-t-il. Outre la mise en lumière, au début du conseil, de la constitution du groupe par Henri Etcheto, le débat sur les questions budgétaires a fait apparaître que le le maire avait un interlocuteur privilégié, le sujet facilitant sans doute la reproduction des mêmes échanges que les années précédentes, entre les mêmes. Un petit jeu politicien habituel du maire.

Rapport sur le développement durable

Laurence Hardouin présentant la délibération sur le développement durable

La présentation annuelle d’un rapport sur le développement durable est une obligation depuis plusieurs années. Il prend maintenant la forme, à Bayonne, d’un bilan de l’exécution du « Projet de Transition Ecologique et Sociale » (PTES). Ce bilan figure en annexe de la délibération.

C’est le 2e bilan du PTES, adopté en décembre 2023 pour 5 ans. Il comporte 30 actions, selon 3 axes : « Une ville sobre pour la transition énergétique, une ville nature pour la transition environnementale, et une ville solidaire pour accompagner les transitions sociétales ».

Avec la tentative de donner sens politique et cohérence, on y recycle sous le vocable « transition » beaucoup d’anciennes actions sur l’environnement, on les complète significativement par la lutte contre le réchauffement climatique et son cortège de mesures énergétiques. Et puis, selon l’esprit du développement durable (cela date de 1992 à Rio), on y ajoute des actions dans le domaine de la culture (la médiathèque), le social, la démocratie participative…

Cela fait quand même très fourre-tout, et ce 2e bilan mériterait une revue de détail, comme cela avait été fait au début 2025 après le 1er bilan dans le cadre de la préparation de la liste bayonne en Mouvement.

La nouveauté cette année est d’avoir croisé ces actions avec les 17 objectifs de l’ONU en matière de développement durable (datant de 2015…), pour montrer en quoi cela fait de Bayonne un bon élève onusien. Un registre d’autosatisfaction encore plus présent dans la deuxième partie du rapport est l’état d’avancement de chacune des 30 actions, et de leur globalité, selon une échelle à 5 niveaux, de « non engagée » à « aboutie » Ouf, on a avancé. Tout est engagé, et cela progresse dans toutes les catégories.

capture d’écran

Mais… Que mesure exactement ces tableaux ? Les 30 actions traduisent des politiques municipales, l’état d’avancement mesure la réalisation de ces politiques, pas plus. Il ne dit rien de rien sur la pertinence de ces politiques au regard des enjeux du réchauffement climatiques, de la biodiversité ou de la justice sociale.

Ainsi, l’action n°21 porte sur le logement « rendre l’habitat accessible pour la population locale », et la présente comme « au stade avancé » de sa mise en oeuvre. Ce dont il est question, c’est de la « mixité sociale » (c’est écrit) : moins de HLM et une priorité pour les classes moyennes. Le nombre de demandes de HLM ne figure pas dans les indicateurs retenus dans ce bilan…

6 actions (de la n°14 à la n°19) rentrend dans la « transition écologique » pour une Ville nature. Aucune n’est à un stade avancé, et iln’y a eu que très peu de progression entre 2024 et 2025. Les micro-opérations de re-végétalisation (comme dans le quartier Saint-Esprit) sont mises envant comme « structurantes ». La biodiversité est présente dans la n°17 « fonctionnalité écologique des différents milieux ». Il y est question de la plaine d’Ansot, des Barthes d’Ilbarritz, d’un inventaire de la biodiversité et d’actions de sensibilisation. Très bien, mais la poursuite de l’artificialisation et la protection des zones humides, dont la portée est autrement plus conséquente pour la biodiversité, sont aux abonnés absents.

Ce travail d’auto-analyse des politiques suivies est évidemment indispensable et utile, mais ne peut déboucher que sur de l’auto-satisfaction, de la communication, sans rien dire sur leur pertinence.

Une telle discussion globale est difficile lors d’un conseil municipal : mode de présentation du document avec des bilans très éclatés, sans explicitation du pourquoi des indicateurs. Peu d’élu.e.s ont le temps et les moyens d’aller au-delà de la délibération synthétique.

Du côté de l’opposition, Carole Ternois (Bayonne en Mouvement) a rappelé des dispositions réglementaires nationales, pas toujours respectées, ou qui vont s’appliquer prochainement, notamment sur l’évaluation des politiques publiques ou la rénovation énergétique des bâtiments communaux. Elle a rappelé les engagements pris par la majorité lors de ces élections en signant la charte de Bizi, l’obligation de réduction de la consommation d’espaces naturels fixée par le SCoT en vigueur depuis le début de l’année. Elle a demandé une cartographie des friches et l’inventaire des bâtiments vacants.

Carole Ternois (Bayonne en mouvement) pendant son intervention

Cathy Liousse (Bayonne tout Simplement) a demandé davantage d’ambition quant à la lutte contre les inondations et la réduction de l’émission des gaz à effet de serre. Elle trouve les résultats insuffisants dans la réduction nécessaire du trafic automobile, malgré l’appui sur le stationnement. Enfin, elle a plaidé pour la poursuite de la commission extramunicipale sur les mobilités qui avait existé les deux dernières années.

Cathy Liousse (Bayonne tout simplement) pendant son intervention

En réponse, le maire s’est emparé de la question des mobilités pour mettre en avant bayonne et taper sur les villes voisines, avec son discours bien rodé : on a fait des progrès considérables pour les transports publics au niveau de l’agglomération, la fréquentation a fait un bond surtout à l’intérieur du Pays basque, on est sur la bonne voie, il y a des progrès à faire, on est en retard sur les agglomérations semblables, et tout cela, c’est la faute de Biarritz qui ne veut pas de transports en site propre, et de la politique de stationnement pas assez restrictive dans les villes voisines.

Répondant à une demande de David Ospital (Bayonne en Mouvement) sur la rupture en cours avec RATP dev (annoncée dans la presse) gestionnaire du réseau sur la CAPB, le maire a confirmé que ce dernier voulait rompre la convention avec le syndicat des mobilités. Le gestionnaire n’arrivait pas à remplir toutes les missions sur lesquelles il s’était engagé, ayant des problèmes de rentabilité. Il a demandé un financement supplémentaire pour ces missions, ce qui n’est ni légal ni possible. Il y a donc rupture, et il y aura un nouvel appel à Délégation de Service Public.

Patrick Petitjean, 26 avril 2026

Verts populaires. L’écologie politique se recompose

Fin janvier dernier, un appel avait été lancé « pour une écologie de rupture », dont je m’étais fait l’écho dans un précédent billet.

Cet appel avait recueilli plus de 300 signatures, pour partie membres encore des Ecologistes, et pour beaucoup déjà non-encartés (parfois après un passage à LFI). Il reflétait le rejet de l’alliance prioritaire des Ecologistes avec le PS, au détriment tant du fond politique que d’une stratégie réellement unitaire.

Les animateurs-trices de l’appe ont participé à des listes citoyenne unitaires larges, ou en alliance avec LFI. Les élections municipales passées (il y a eu une dizaine de signataires élus), le défi est de faire naître de cet appel un regroupement structuré de l’écologie politique radicale. Un mouvement qui défende une écologie de rupture, enracinée dans les quartiers populaires, et réclame haut et fort l’union de toute la gauche pour 2027.

Le processus a été lancé lors d’une conférence presse, sous le nom « Verts populaires ». Ce lundi, Julia Mignacca, présidente démissionnaire du Conseil fédéral des Écologistes, a officiellement pris la tête de la Coordination nationale des Verts populaires. À ses côtés, Richard Marion, élu de Vaulx-en-Velin, et Jérôme Gleizes, conseiller de Paris sortant, qui avait dès fin janvier rejoint la liste insoumise de Sophia Chikirou pour la mairie de Paris.

Le mouvement est modeste pour l’instant, avec quelques centaines de membres selon ses fondateurs. Mais le signal politique, lui, est fort. L’enjeu est aussi de travailler avec les différents autres mouvements qui se réclament d’une écologie populaire et de faire exister un pôle politique entre les Ecologistes et LFI. Des « assises du communalisme et de l’écologie populaire » sont organisées fin juin à Bagnolet par plusieurs de ces mouvements.

Un programme pour 2027, et une ligne claire.

(d’après divers comptes rendus dans la presse)

Les Verts populaires défendent le programme du Nouveau Front Populaire, tel qu’il avait été construit dans l’élan des législatives anticipées de 2024.

Pour eux, la primaire lancée à l’automne 2025 par Marine Tondelier avec le Parti socialiste, François Ruffin, Clémentine Autain et Lucie Castets, et prévue pour le 11 octobre 2026, n’est qu’une coalition d’appareils sans contenu programmatique réel (personnellement, bien qu’en accord global avec les Verts populaires, je serai moins sévère. avec ce processus de primaire, même s’il paraît sans avenir)

Une critique d’autant plus lourde que Jean-Luc Mélenchon a d’emblée refusé d’y participer, rendant l’exercice orphelin de la principale force électorale de la gauche radicale.

Pour Richard Marion, la position est sans ambiguïté : le pays a besoin d’une union de la gauche, et l’écologie se doit de dire clairement qu’elle veut travailler avec toutes les forces progressistes, sans exclusive.

Les propositions prioritaires que veulent porter les Verts populaires pour 2027 sont explicitement sociales et territoriales : rénovation énergétique des logements dans les quartiers populaires, accès à une alimentation saine, création de boucliers tarifaires sur les billets de train.

Les Verts populaires maintiennent donc une distance formelle avec la France insoumise. La ligne de démarcation tient, selon leurs représentants, à l’ancrage écologiste et décroissant de leur démarche, là où la gauche radicale défend prioritairement les droits sociaux.

Les Verts populaires ne sont pas une fin en soi, ils sont une brique dans la refondation de l’écologie politique.

Patrick Petitjean 20 avril 2026