Bayonne, chronique municipale n°4 : Le maire a peur

Pour joindre le Piment Bayonnais, proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net

Plus que jamais partiel, partial, subjectif et arbitraire

Le conseil municipal du 4 juin avait 42 points à son ODJ. Il rapide, avec de la routine administrative et le Compte Financier Unique (l’ancien compte administratif / compte de gestion) comme point central. La Loutre d’Europe s’est, de manière sympathique, invitée au conseil, pour un bien nommé « havre de paix ». Un honneur bien mérité. La surprise est venue du dérapage sécuritaire du maire, qui a fait un pont entre les incidents qui avaient suivi la victoire du PSG lors de la finale de la coupe d’Europe de football, et les risques sécuritaire des Fêtes de Bayonne : « On a peur, on a peur » a-t-il répété, fustigeant « une jeunesse qui ne cherche qu’à foutre le bazar ».

La retransmission du conseil du 4 juin est ici : https://www.youtube.com/watch?v=Xgo_1vkKhE8

Les délibérations adoptées seront disponibles avec leurs annexes sur le site de la ville, cette semaine, en principe.

Confusion pour cause de précipitation

Ce conseil débute dans la confusion. La veille, le maire avait ajouté à l’ordre du jour une nouvelle délibération « reconnaissance officielle du basque et du gascon comme langues du territoire bayonnais et affirmation de la politique municipale de revitalisation linguistique ». Pas moins. Sans doute pour accrocher la communication municipale à l’actualité nationale sur les langues régionales. Il l’avait personnellement complétée et fait envoyer aux élu.e.s. Les retours (a-t-il dit) lui ont fait prendre conscience de difficultés juridiques mal maîtrisées, du besoin de clarification et de la nécessité d’une réunion préalable… Il a donc retiré de l’ODJ cette délibération aussi vite qu’il l’avait ajoutée, et l’a reportée au prochain conseil, fin juillet.

Machisme taurin

La confusion s’est poursuivie lors de la constitution des 6 commissions extramunicipales (20 longues minutes) où coexistent élu.e.s et citoyen.ne.s. La liste des membres a du être ajustée en séance du conseil, au regard des listes envoyées aux élu.e.s, après désistements et nouvelles candidatures.

Il s’est aussi avéré que l’appel à candidatures n’avait pas atteint les élu.e.s d’opposition. Et si Bayonne Tout Simplement a pu ajouter quelques noms en direct, Bayonne en Mouvement fera les siennes par la suite, ce qui conduira à un nouveau vote lors du prochain conseil.

Ces commissions sont en général des simulacres de participation citoyenne. Elles permettent souvent de gratifier des « fidèles », sans s’y réduire. La plus nombreuse, en même temps que significative, est la commission taurine. Sur la quarantaine de membres, il n’y a guère que 5 citoyennes. Corrida et machisme sont deux traditions archaïques inséparables, cultivées dans cette commission.

Fonds de dotation

C’est une délibération qui revient régulièrement dans les conseils. Elles sont toujours adoptées sans débat et à l’unanimité. Il ‘agit de conventions de mécénat entre des entreprises (ou particuliers), la ville, des associations et un « fonds de dotation » pour subventionner des initiatives culturelles (en majorité). Cela permet aux entreprises de bénéficier de réductions fiscales.

Yves Ugalde, l’adjoint à la culture, s’est félicité de l’augmentation de ces contributions, estimant qu’il s’agissait d’une « stratégie de communication intelligente » de la part des entreprises (en général des PME) : selon lui, cela se substitue aux tables VIP moins remplies lors des évènements. Il a plaidé pour le développement de ce système. On pourrait ajouter que c’est financièrement intéressant pour les entreprises. Et surtout que cela permet à la ville de piloter une partie des aides culturelles de manière opaque.

Ce système est-il profitable aux associations ? N’est-ce pas simplement un glissement d’une subvention directe (qui existait régulièrement pour des initiatives de quartier notamment) vers un système où le retour financier l’emporte… avec davantage de sélection par la ville ? Certaines associations sont inquiètes. Le Collectif des Associations Citoyennes organise le 16 juin une table ronde sur ce sujet à Paris. J’aurais l’occasion d’y revenir dans un billet spécifique d’ici quelques semaines

Honneur à la loutre d’Europe et aux Barthes de la Nive

Deux délibérations concernant la protection de la Loutre d’Europe et le système hydraulique des Barthes de la Nive ont été introduites par Lionel Sévilla, « conseiller délégué à la biodiversité, la ville nourricière et au projet de réserve naturelle nationale des Barthes de la Nive ».

Il s’agissait d’abord de la création d’un « havre de paix », avec la signature d’une convention avec la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM).

Une fois n’est pas coutume sur ce genre de sujet, la lecture aride et formelle de la délibération a été complétée par des explications détaillées sur le développement de la présence de cette espèce menacée (12 minutes). On peut écouter ce débat pédagogique entre les minutes 44 et 55 de la retransmission du conseil.

D’autres espèces protégées ont trouvé refuge dans les Barthes de la Nive, une zone humide qui s’étend sur 400 ha, au-delà de la plaine d’Ansot, jusqu’à Villefranque.

Une remarque quand même : Les aménagements voisins réagissent sur les zones naturelles sensibles comme la plaine d’Ansot, et leur biodiversité. Et ce, même si des couloirs écologiques subsistent. Pourquoi maintenir le projet d’urbanisation des domaines de Lana et Piquessary, avec plusieurs centaines de logements au voisinage immédiat de la plaine d’Ansot ?

Une seconde délibération concernait l’amélioration du réseau hydraulique. On peut trouver plus d’explications ici : https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/bayonne_64102/pays-basque-un-enorme-chantier-va-etre-engage-au-coeur-de-ce-site-naturel-d-exception-cet-ete-voici-pourquoi_64359075.html

Accueil des forains pour les Fêtes

Une délibération est votée sans débat unanimement pour la mise à disposition de la Pièce Noyée (terrain appartenant à la CAPB) pour que les forains dont les installations sont présentes dans les Fêtes de Bayonne, et autres évènements de la ville. Jusqu’à présent, les forains devaient dormir sur leurs stands ou dans leurs voitures, faute de terrain adapté. Il s’agit de les « sortir de l’espace public », selon Yves Ugalde, adjoint aux évènements. Ce sera désormais interdit.

La Pièce noyée (vue partielle) en août 2024

Il a fait également une mise en garde : ce terrain serait complètement réservé aux forains participants aux Fêtes et donc interdit aux « voyageurs ». Il faut rappeler que l’aire d’accueil du chemin du Moulin de Pey, a été fermée suite à l’annulation de la DUP du Préfet en décembre dernier. Et que la ville ne respecte pas ses obligation en matière d’accueil des voyageurs.

CFU et budget vert

Cela occupe presque la moitié du conseil. La première délibération concerne le « compte fiscal unique » (CFU) qui met en chiffres l’exécution réelle du budget de l’année précédente, 2025. La 2e délibération concerne son annexe, dite «  budget vert », qui vise à analyser ces chiffres en fonction de leur pertinence quand à la transition énergétique. Deux autres concernent les CFU pour les budgets annexes, stationnement et Fêtes traditionnelles / temporada. La séquence se termine peu après le « j’ai peur » (bis).

Avant même la présentation du budget vert, David Ospital se saisit du CFU pour mettre les pieds dans le concret de la canicule qui vient de sévir. Il souligne le retard dans l’adaptation, principalement des écoles, quant aux effets des fortes chaleurs. Il demande une planification claire et ambitieuse pour 2026, ce qui n’apparaît pas dans le CFU 2025. Laurence Hardouin, maire adjointe en charge de la transition, puis Jean-René Etchegaray, répondent en mettant en avant l’importance (selon eux) de l’arrachage de béton, notamment dans les cours d’école, l’achat d’une centaine de rafraîchisseurs.

Une ou deux écoles comme vitrine, et les brumisateurs de la place de la Liberté font-ils vraiment une politique offensive d’adaptation au changement climatique ? Il faut dire aussi que le maire s’est approprié, pour faire consistance, les rénovations thermiques faites par HSA dans ses HLM.

En ce qui concerne le budget vert, Laurence Hardouin le présente comme un moyen de prioriser les dépenses. Selon l’analyse faite, 70 % du budget serait tourné vers la transition. Et 52 % des investissements ont un « impact positif ». Elle souligne la progression du pourcentage des investissements avec impact favorable, voire très favorable, ce qui est le cas notamment de la Médiathèque et du Musée Bonnat.

Pour Bayonne en Mouvement, Jean-Claude Iriart souligne plusieurs points : l’obligation du budget vert concerne le budget principal et ses annexes, ce qui n’est pas fait. Un filtre « impact sur la biodiversité » est aussi obligatoire, mais n’a pas été fait. Il y a décalage entre les 70 % du budget tourné vers la transition, et le fait que seul 14 % des investissements figurant au CFU ont eu un ilact favorable. Il soulève aussi l’exemple d’une association dont le budget entier est pris en compte dans les 70 %, alors que le volet environnemental de son action est très secondaire.

Laurence Hardouin ne répond que sur le décalage des chiffres, même si « elle ne les a pas tous en tête » : selon elle, cela vient des critères différents utilisés. Elle cite l’exemple du verdissement de la flotte automobile municipale, qui entre dans les 70 %, mais comme il peut s’agir de véhicules thermiques (même verdis), ils ne sont pas pris en compte comme investissement favorable.

Une ambigüité sur les chiffres qui fait écho à la proposition faite par Jean-Claude Iriart dans la seconde partie de son intervention : le budget vert prendra de plus en plus d’importance, et va devoir s’élargir à l’adaptation climatique, la biodiverdsité, l’économie circulaire, la prévention des polluttions.. Se pose la question de se limiter à en faire un outil technique de reporting et de communication (voir les décalages remarqués ci-dessus), ou bien, ce qui a bien sûr sa préférence, un outil de pilotage. Il propose donc un « comité de pilotage » du budget vert où figurent des élu.e.s de toute sensibilité.

Sur cette proposition, c’est Etchegaray qui répond directement plutôt que Hardouin : pourquoi pas, mais il se défausse en renvoyant à une discussion lors de la commission municipale compétente.

La jeunesse ne cherche qu’à foutre le bazar. On a peur, on a peur.

L’occasion de la présentation du CFU pour le budget annexe « fêtes traditionnelles et temporada » donne lieu à des passes d’armes entre Joe Mendes et le maire ou Sylvie Durruty concernant le coût du dispositif des fêtes payantes, en raison de chiffres contradictoires entre 2024 et 2025, malgré l’affirmation d’une stabilité (finalement, en fin de la séquence, Durruty renvoie à un changement du mode de calcul…).

Mais c’est un long plaidoyer du maire (qu’on peut écouter entre 2h09 et 2h19 dans la retransmission) en faveur du bracelet payant qui a marqué cette partie. Le coût des Fêtes avoisine les 4 millions d’€, et on ne peut demander aux Bayonnais d’en payer l’intégralité, alors que les participants viennent en grande majorité de l’extérieur de la ville. C’est un modèle économique qui assure la pérennité des Fêtes. Près de 3 M€ sont consacrés à la sécurité. C’est ce que couvre le bracelet. 4 compagnies de CRS et entre 400 et 600 agents de sécurité privée. Etchegaray le rappelle, « on a eu des drames ! »

Peut-être justement qu’il faut questionner ce modèle des Fêtes, qui n’est pas seulement économique, et qui débouche sur une fuite en avant sécuritaire. Comment peut-on défendre un modèle où le contenu même passe au second plan ? Sans parler de la place des traditions basques versus la « disneylandisation touristique ». Les évolution des deux dernières années ont conduit à moins de participation, et c’est heureux, et davantage (un peu) de sécurité. Mais ce ne sont que des pansements superficiels qui ne traitent pas le problème de fond de ces Fêtes.

A partir de là (2h14’40’’), Etchegaray se lance dans un discours tout-sécuritaire : sa responsabilité de maire, les drames passés, les risques courus, un casse-tête sans nom. Et il se branche sur l’actualité : « On ne sait jamais comment cela va se passer. Quand on voit ces drames intervenus après le foot, cette folie qui finit par gagner une forme de jeunesse qui ne cherche qu’une chose de foutre le bazar ». Suit une incise, sans autre relation avec le sujet discuté que d’accentuer le discours dramatisant : le jet (sans dégâts) de cocktails Molotov devant la sous-préfecture la nuit précédente. Et la péroraison (2h15’54’’) : « on n’est à l’abri de rien. Quand on permet un spot devant la mairie qui va rassembler beaucoup de monde, on a peur, on a peur ». On se serait cru sur CNews.

Etchegaray a peur à cet instant (2h 16′ 25 »)

Il conclue en justifiant les fouilles systématiques : les gens viennent car ils sont rassurés. Les Fêtes restent un exutoire, mais surtout une magnifique tradition et un moment de partage.

46 quai Bergeret

Les anciens locaux du SDIS au 46 quai Bergeret sont désormais inoccupés. Ils se composent de dégagements, de 3 bureaux, d’une salle de réunion, d’une salle d’attente, d’un hall d’entrée, d’un

porche, d’une salle d’accueil, de 2 dortoirs, 4 WC, 2 sanitaires et 3 garages. La ville se propose de les racheter à la CAPB pour en faire un centre d’hébergement d’urgence provisoire. Par exemple pour accueillir rapidement les habitants victimes d’un incendie.

Une délibération bienvenue. Il y a une insuffisance de logements d’urgence pérennes à Bayonne, 6 seulement, dont 2 vacants, mais qui ne sont pas disponibles « à la minute ».

Maison des syndicats

Le « centre de réunion de Sainte Ursule » (terminologie officielle) fait principalement office de Maison des Syndicats. Il va avoir un nouveau règlement général de fonctionnement, qui doit entrer en vigueur le 8 juin selon un arrêté du maire en cours de publication sur le site. Le conseil municipal doit voter les nouvelles conventions de mise à disposition gratuite de locaux pour les différentes organisations syndicales ainsi que pour la FNACA. Il faut souligné par ailleurs que les locaux actuels sont très insuffisants.

Comme Bayonne en Mouvement l’avait souligné pendant la campagne électorale, cette « Maison des syndicats » est indigne d’une ville qui s’enorgueillit de son nombre d’emplois et de son dynamisme. On peut comparer les locaux de la CCI et ceux des syndicats. Bayonne a besoin d’une véritable Bourse du travail.

Le RN

Loin d’être silencieux, le conseiller municipal du RN, Pascal Lesellier, prend régulièrement la parole et adapte au contexte local les rengaines et obsessions de son parti : mise en cause des volets sociaux de la transition, défense des propriétaires contre la mesure de compensation (meublés touristiques), mise en cause du code de l’environnement trop contraignant (à propos du budget vert) par exemple. Ses interventions sont ignorées, sauf quelques piques du maire.

La Maison des syndicats ne pouvait échapper à son courroux contre les syndicats « politisés », qui se permettent d’attaquer un parti politique, qui touchent des subventions de l’État et des entreprises. Il est contre la gratuité pour les syndicats. Il vote contre la délibération (sauf pour la FNCA précise-t-il). Une diatribe qui est conforme aux politiques des municipalités RN contre les bourses du travail et les syndicats.

C’est tout, et c’est beaucoup pour un conseil relativement court (moins de 3h). RV pour le suivant, le 23 juillet

Patrick Petitjean, le 8 juin 2026

Bayonne, chronique municipale n°3 : Le petit théâtre du maire

capture d’écran, 30 avril 2026

Plus que jamais partial, subjectif et arbitraire

Plus de 4h pour ce 3e conseil municipal, le 30 avril. Encore beaucoup de temps consacré à l’installation des nouvelles instances. Le budget, tel qu’attendu, a été voté après des débats donnant l’impression du déjà vu. Au fil des interventions, ce sont des postures, autant personnelles que politiques, qui se mettent en place pour la mandature qui commence. Le maire a fait son petit théâtre, accusant même Colette Capdevielle de vouloir importer à Bayonne le « bordel » (sic) de l’Assemblée nationale.

La séance du conseil est visible ici :

Le détail des délégations et la composition des commissions municipales et extra-municipales figurent sur le site de la ville, rubrique ma mairie, ou parmi les délibérations du conseil (pas encore publiées le 6 mai).

Les délégations. Le maire a-t-il choisi son héritier ?

Elles se faisaient attendre. Elles ont été dévoilées sur le site de la ville quelques minutes avant le début du conseil, ce qui a bien sûr été relevé. Elles sont d’une grande continuité, ce qui rend particulièrement hypocrite la justification du maire pour ce caractère tardif : il aurait fallu ajuster le contenu des délégations et la composition des commissions avannt d’en finaliser la liste.

Joseba Erremundeguy, annuaire officiel des élus

Principale nouveauté : la promotion éclair de Joseba Erremundeguy comme 2e adjoint. Sans surprise, car il apparaissait déjà fréquemment dans le sillage du maire pendant la campagne électorale, voire avant pour les relations transfrontalières. Il est déjà conseiller départemental et vice-président de la CAPB. Une belle carrière bien entamée. Mais on ne l’a pas entendu de tout ce conseil

A Bayonne, sa délégation est large : aménagement urbain et des espaces publics, citoyenneté, relation à l’usager, Conseils de Quartiers. Au vu du champ couvert par Le Piment bayonnais, il ferait presque office de « correspondant » au sein de la municipalité…

Autre innovation notable, la désignation de Lionel Sevilla comme conseiller auprès du maire en charge de la biodiversité, de la « terre nourricière » et de la plaine d’Ansot.

Voeu pour l’Euskara au bac. Le maire dresse un costume à Blanquer

Le conseil commence par la présentation et le vote d’une déclaration sur le droit de passer certaines épreuves du bac en Euskara. Une déclaration déjà reprise par de nombreuses personnalités et d’autres villes. Elle est présentée d’abord en Euskara, puis en Français, le sujet faisant nécessité, par le nouveau délégué à la politique linguistique, Pantxo Etchegaray.

Commencer un conseil municipal par un sujet populaire et unanimiste, de plus non inscrit préalablement à l’ordre du jour, est un choix tactique pour instaurer autour du maire une atmosphère consensuelle, rendant plus délicates les contestations à venir.

La délibération a été l’opportunité de moult auto-félicitations sur les actions municipales pour les langues basque et gasconne. Elle a, en plus, été l’occasion pour le maire de manifester sa singularité vis-à-vis du gouvernement qu’il soutient, en désignant à plusieurs reprises Jean-Michel Blanquer comme responsable du blocage de l’Euskara au bac, l’accusant même d’influencer encore l’actuel ministre de l’éducation et le rectorat de Bordeaux. Pour charger la barque, le maire a aussi rappelé Parcoursup, une grande œuvre de Blanquer : on a été heureux d’apprendre que le maire partageait avec les étudiants et les enseignants le rejet de Parcoursup.

Le vote en faveur de la déclaration a été unanime.

Diverses délibérations. Le maire paternaliste

Avant d’en venir au plat de résistance, le budget, il a fallu égrener (29 délibérations) les nominations d’élu.e.s dans les commissions municipales et extra-municipales – j’y reviendrai dans une autre billet. Et surtout dans de multiples organismes extérieurs. Fastidieux mais incontournable, en 3/4 d’heure.

Puis, 13 autres délibérations, plus ou moins techniques, d’où on peut extraire :

– l’expo « mythologies » au Musée Bonnat, avec auto-félicitation sur la fréquentation, et convocation du Louvre de du musée du Quai Branly pour légitimer la qualité exceptionnelle de cette exposition

capture d’écran

– un protocole devant marquer la fin du contentieux avec une entreprise concernant des travaux du Musée Bonnat. A Joe Mendes Monteiro, qui a fait remarquer qu’il y avait des ambigüités dans l’écriture de ce protocole, et que cela risquait de ne pas clore le contentieux, le maire a commencé par la jouer paternaliste : lui avait une longue expérience professionnelle, et Joe Mendes Monteiro n’était qu’un jeune avocat. Pour finalement conclure en demandant quand même à son directeur de cabinet de regarder de plus près le protocole.

– l’augmentation des tarifs des spectacles à Lauga, en raison a-t-til été dit de l’amélioration de la qualité de la salle

– la prolongation des conventions de portage foncier avec l’EPFL (qui achète des biens immobiliers pour le compte de la ville), concernant des immeubles aux 3 et 5 rue Sainte Catherine, ainsi qu’au 34 place de la République. Ce portage avait été conclu en 2017 pour 8 ans, mais la ville n’ayant pas encore défini un usage pour ces biens, il a fallu rajouter quelques années à la mission de l’EPFL.

– Une délibération ramasse-tout sur les Fêtes de Bayonne, dont le pass payant d’entrée. Au nom de Bayonne en Mouvement, Joe Mendes Monteiro a regretté que, une nouvelle fois, la délibération contienne des choses très différentes, qui auraient pu être disjointes, permettant d’en voter certaines et pas d’autres. Rappelant leur hostilité au pass, il a aussi demandé de s’engager réellement vers une baisse de la fréquentation, et regretté que le débat de fond soit esquivé dans le délibération. En réponse, l’adjoint évènementiel, Yves Ugalde s’est voulu rassurant et a renvoyé vers la commission extra-municipale sur les Fêtes, sans répondre sur le caractère fourre-tout. Bayonne en Mouvement et Bayonne tout simplement se sont abstenus sur la délibération

Le budget arrive au bout de 2h. Le maire fait l’énervé et défend le gouvernement.

L’essentiel de la très longue présentation du budget par Sylvie Durruty, adjointe aux finances, se retrouve déjà dans son entretien avec le journal municipal distribué dans nos boîtes le WE dernier. On y trouve les principaux projets d’investissements, la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la bonne gestion. Oralement, il y eu aussi l’auto-congratulation sur le succès du Musée Bonnat, de la Médiathèque. Plus les critiques récurrentes d’Henri Etcheto concernant la réalité future des engagements en dehors du centre ville, la disparition de certains projets figurant dans le programme électoral (école du Sequé notamment), et la vente du patrimoine communal.

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David Ospital a émis des doutes sur la fragilité de la structure de la dette, au-delà de son montant total, raisonnable : il a une part importante d’emprunts à un taux variable, ce qui est un risque dans une période instable où les taux d’emprunts sont à la hausse. A quoi il fut répondu que les banques faisaient confiance à la ville, qu’elles se précipitaient toutes à chaque levée de fonds. Soyons donc rassurés, ayons confiance dans les banques.

Un enjeu nouveau est venu à la discussion : la baisse importante des recettes provenant de la Taxe Foncière sur les Résidences Secondaires (TFRS). Sylvie Durruty a annoncé une baisse de 1,3 millions d’euros, à la suite de la sortie de 600 logements de la base des résidences secondaires, transformées en résidences principales. Avec suspicion de fraude. Un travail d’enquête est nécessaire pour comprendre le phénomène, rendu compliqué par l’accès aux données et l’implication obligatoire des services de l’État. C’est un effet pervers de l’exigence d’une compensation nécessaire pour permettre la transformation d’un logement à l’année en un meublé de tourisme. Les villes qui ont le plus fort taux de résidences secondaires (Anglet, Biarritz…) sont beaucoup plus touchées.

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David Ospital a insisté sur l’importance de l’enquête lancée par la CAPB sur ce sujet, et appelé à la vigilance. Colette Capdevielle a rappelé la proposition de loi déposée par elle-même, Peio Dufau et Inaki Echaniz, proposition bloquée par Renaissance. Elle a également critiqué le gouvernement de s’attaquer davantage à la fraude sociale qu’à la fraude fiscale, comme celle des fausses résidences principales. Elle a déploré que les services fiscaux manquent de moyens.

Une provocation insupportable, si l’on en juge par le degré d’énervement et d’agressivité manifesté par le maire à son encontre, l’accusant de faire de la politique nationale et l’interrompant sans cesse. « Vous n’êtes pas à l’Assemblée nationale », qui serait « devenue un véritable bordel », accusant Colette Capdevielle de vouloir l’importer « dans une petite ville du fond de l’hexagone » : « restez à Bayonne » ! (entre 2h 56’ et 3h 1’ dans la retransmission).

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Elle a rappelé que les taux de logement social calculés pour la loi SRU se faisaient sur les résidences principales et non sur la totalité des logements : la transformation de résidences secondaires en fausses résidences principales entrainait une sorte de double peine, avec la baisse des taux SRU et la baisse des recettes fiscales. En réponse, elle est accusée par le maire d’être « à côté de la plaque »

A noter que, cette année et contrairement aux années précédentes, il n’y a pas eu d’élu.e pour demander la dissociation entre les corridas et les fêtes traditionnelles, regroupées dans un même budget annexe.

Les élu-e-s d’opposition ont voté contre les différentes délibérations budgétaires.

Les indemnités pour les élu.e.s. Le maire auto-sacrificiel, mais muet

A la fin du budget, on en était à 3h35 de conseil. Les 17 dernières délibérations ont été expédiées en 1/2 heure. La question des indemnités pour le maire, les adjoints et les conseillers a occupé 25 minutes.

Le maire a commencé par quelques (brèves) explications techniques sur les textes qui régissent le calcul des indemnités. Ce qui n’a pas satisfait l’opposition. Juliette Brocard a demandé des explications sur la hiérarchisation de ces primes. Joe Mendes Monteiro, tout en reconnaissant la légitimité de l’indemnisation des élu.e.s, s’est enquis également sur l’augmentation des indemnités, qui est, de plus, hiérarchisée selon les différentes catégories (maire, adjoint.e.s, délégué.e.s, élu.e.s de base), beaucoup plus importante en pourcentage pour le maire (+ 45%) que pour la base. Globalement, l’augmentation est de 34 %.

La réponse du maire est alors un modèle du genre. Sous prétexte de pédagogie, il livre une avalanche de détails techniques sur le maxi auquel le maire et les différentes catégories peuvent prétendre avec le nombre d’habitants de Bayonne, sur les majorations possibles (comme ville touristique, ville en politique de la ville, chef lieu d’arrondissement), etc. La conclusion qu’il en tire, après avoir « noyer le poisson » pendant 1/4 d’heure, est que les indemnités sont en-dessous de ce qui était possible, et surtout (il y revient plusieurs fois) que lui-même touchera moins de la moitié de ce à quoi il aurait pu prétendre. Il compare avec Pau, Anglet et Biarritz, où les indemnités sont plus élevées, reste évasif sur la hiérarchisation, et ne dit mot des éventuels cumuls d’indemnités possibles en cas de cumul des fonctions.

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Dernier intervenant, Jean Claude Iriart souligne encore la légitimité des indemnités, admet que le maire touche plus que les adjoint.e.s, qui légitimement aussi touchent plus que les autres élu.e.s, reconnaît que la somme reste faible (0,8 % du budget de fonctionnement), mais s’interroge quand même : pourquoi 34 % d’augmentation globale du volume d’indemnités, alors que les subventions aux associations stagnent. Cette somme aurait pu être mieux employée.

Réponse du maire ? Rien. Il passe au vote (l’opposition s’est abstenue).

Conseil suivant : le 4 juin

Patrick Petitjean, 6 mai 2026

Bayonne, chronique municipale n°2 : développement durable sans transitions

Deuxième chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.

A posteriori, cette 2e séance du conseil, le 9 avril, apparaît comme un peu surréaliste. Les enjeux immédiats étaient absents, et les interventions dans le registre attendu. Les adjointes intérimaires en attente de leur délégation officielle, Laurence Hardouin-Torre, Deborah Loupien-Suares et Sylvie Durruty, ont présenté les 3 principales délibérations, montrant avec autorité qu’elles étaient plus que jamais candidates à se succéder. La 3e, notamment, a délivré une longue introduction pour le débat sur les orientations budgétaires, et a pris en main de la discussion, le maire restant plus discret que d’habitude.

Surréaliste, parce que deux jours après, le 11 avril, Jean-René Etchegarray, candidat à sa succession, échouait à conserver la présidence de la CAPB, à la surprise générale. Un scénario non prévu, qui remet en cause les rapports de pouvoir entre Bayonne et la CAPB. Il va falloir ajuster ses projets de métropolisation de Bayonne face à une présidence favorable à de nouveaux équilibres entre le développement de la côte versus celui de l’intérieur du Pays basque.

Plus encore, cela va provoquer une redistribution du pouvoir au sein de la majorité bayonnaise et en remettre sans doute en cause les équilibres politiques. A ce jour (samedi 25 avril) l’arrêté définissant les délégations des adjoint-e-s n’a toujours pas été publié, contrairement aux délais habituels dans les autres communes.

Jean-René Etchegarray s’est fait désigner comme référent du pôle territorial « Côte Basque Adour ». A ce titre, il reste membre du conseil permanent de la CAPB. Un peu riquiqui pour les ambitions du maire de Bayonne, mais un positionnement qui peut lui permettre de mettre des grains de sable dans la présidence d’Alain Iriart.

Les délibérations adoptées et la vidéo du conseil sont accessibles sur le site de la ville. Il y a eu 4 séquences dans un conseil qui a duré près de 4h. La plus formelle, à savoir la nomination de représentants de la ville dans différents organismes extérieurs a néanmoins pris près d’une heure. Puis ont été présentés le rapport annuel sur le développement durable et celui sur l’égalité femmes/hommes, encore près d’une heure. C’est une obligation légale, et cela doit précéder le débat sur les orientations budgétaires, lequel a occupé la dernière moitié du conseil.

Pour ce billet, on se concentre sur le rapport « développement durable », … mais je commence avec l’annonce surprise du tout début du Conseil

Le maire choisit son chef de l’opposition

La séance débute avec l’annonce par le maire de la constitution d’un groupe « Bayonne tout simplement » par Henri Etcheto. Ce n’est pas vraiment une surprise. Mais il s’agit d’une décision unilatérale dont il a informé le maire en premier. Ce n’est pas une décision commune des deux composantes de la gauche. Cela interroge sur leur alliance entre les deux tours et semble valider les dénonciations entendues sur le caractère factice de la fusion.

Jean René Etchegaray lors de son installation

La suite de la mandature dira quel sera le degré de coopération entre les deux groupes de gauche. Cet « unilatéralisme » n’a pas empêché leur concertation pour préparer le Conseil. Lors de cette séance, ils ont présenté une liste commune de candidat.e.s (en général un binôme titulaire / suppléant) pour les organismes extérieurs où la loi leur garantissait une place : commission « appel d’offres », avec Juliette Brocard (Carole Ternois) ; CCAS, aveec Iker Etchepare (Jean-Claude Iriart) ; « territoire énergie du 64 », avec Carole Ternois (Joe Mendes Monteiro) et Cathy Liousse (Iker Etchepare) ; Musée Basque, avec David Ospital (Henri Etcheto) ; régie de stationnement, avec Cathy Liousse (Jean Claude Iriart) ; comité pour les dérogations scolaires, avec Joe Mendes Monteiro ; office du commerce et de l’artisanat, avec Colette Capdevielle (Iker Etchepare).

Pendant la campagne électorale, Henri Etcheto était souvent présenté dans la presse comme le « chef de file de la gauche » au conseil municipal. Une posture qui n’était pas pour déplaire au maire, cen continuité avec les mandatures précédentes. Jean-Claude Iriart, abertzale, était un adversaire plus déstabilisant pour le maire sortant, qui l’avait ciblé en priorité au cours de la campagne.

Jean-Claude Iriart lors de son intervention sur les orientations budgétaires

Arrivé en tête de la gauche au 1er tour, Jean-Claude Iriart a hérité du qualificatif de « chef de file ». Mais pas aux yeux du maire semble-t-il. Outre la mise en lumière, au début du conseil, de la constitution du groupe par Henri Etcheto, le débat sur les questions budgétaires a fait apparaître que le le maire avait un interlocuteur privilégié, le sujet facilitant sans doute la reproduction des mêmes échanges que les années précédentes, entre les mêmes. Un petit jeu politicien habituel du maire.

Rapport sur le développement durable

Laurence Hardouin présentant la délibération sur le développement durable

La présentation annuelle d’un rapport sur le développement durable est une obligation depuis plusieurs années. Il prend maintenant la forme, à Bayonne, d’un bilan de l’exécution du « Projet de Transition Ecologique et Sociale » (PTES). Ce bilan figure en annexe de la délibération.

C’est le 2e bilan du PTES, adopté en décembre 2023 pour 5 ans. Il comporte 30 actions, selon 3 axes : « Une ville sobre pour la transition énergétique, une ville nature pour la transition environnementale, et une ville solidaire pour accompagner les transitions sociétales ».

Avec la tentative de donner sens politique et cohérence, on y recycle sous le vocable « transition » beaucoup d’anciennes actions sur l’environnement, on les complète significativement par la lutte contre le réchauffement climatique et son cortège de mesures énergétiques. Et puis, selon l’esprit du développement durable (cela date de 1992 à Rio), on y ajoute des actions dans le domaine de la culture (la médiathèque), le social, la démocratie participative…

Cela fait quand même très fourre-tout, et ce 2e bilan mériterait une revue de détail, comme cela avait été fait au début 2025 après le 1er bilan dans le cadre de la préparation de la liste bayonne en Mouvement.

La nouveauté cette année est d’avoir croisé ces actions avec les 17 objectifs de l’ONU en matière de développement durable (datant de 2015…), pour montrer en quoi cela fait de Bayonne un bon élève onusien. Un registre d’autosatisfaction encore plus présent dans la deuxième partie du rapport est l’état d’avancement de chacune des 30 actions, et de leur globalité, selon une échelle à 5 niveaux, de « non engagée » à « aboutie » Ouf, on a avancé. Tout est engagé, et cela progresse dans toutes les catégories.

capture d’écran

Mais… Que mesure exactement ces tableaux ? Les 30 actions traduisent des politiques municipales, l’état d’avancement mesure la réalisation de ces politiques, pas plus. Il ne dit rien de rien sur la pertinence de ces politiques au regard des enjeux du réchauffement climatiques, de la biodiversité ou de la justice sociale.

Ainsi, l’action n°21 porte sur le logement « rendre l’habitat accessible pour la population locale », et la présente comme « au stade avancé » de sa mise en oeuvre. Ce dont il est question, c’est de la « mixité sociale » (c’est écrit) : moins de HLM et une priorité pour les classes moyennes. Le nombre de demandes de HLM ne figure pas dans les indicateurs retenus dans ce bilan…

6 actions (de la n°14 à la n°19) rentrend dans la « transition écologique » pour une Ville nature. Aucune n’est à un stade avancé, et iln’y a eu que très peu de progression entre 2024 et 2025. Les micro-opérations de re-végétalisation (comme dans le quartier Saint-Esprit) sont mises envant comme « structurantes ». La biodiversité est présente dans la n°17 « fonctionnalité écologique des différents milieux ». Il y est question de la plaine d’Ansot, des Barthes d’Ilbarritz, d’un inventaire de la biodiversité et d’actions de sensibilisation. Très bien, mais la poursuite de l’artificialisation et la protection des zones humides, dont la portée est autrement plus conséquente pour la biodiversité, sont aux abonnés absents.

Ce travail d’auto-analyse des politiques suivies est évidemment indispensable et utile, mais ne peut déboucher que sur de l’auto-satisfaction, de la communication, sans rien dire sur leur pertinence.

Une telle discussion globale est difficile lors d’un conseil municipal : mode de présentation du document avec des bilans très éclatés, sans explicitation du pourquoi des indicateurs. Peu d’élu.e.s ont le temps et les moyens d’aller au-delà de la délibération synthétique.

Du côté de l’opposition, Carole Ternois (Bayonne en Mouvement) a rappelé des dispositions réglementaires nationales, pas toujours respectées, ou qui vont s’appliquer prochainement, notamment sur l’évaluation des politiques publiques ou la rénovation énergétique des bâtiments communaux. Elle a rappelé les engagements pris par la majorité lors de ces élections en signant la charte de Bizi, l’obligation de réduction de la consommation d’espaces naturels fixée par le SCoT en vigueur depuis le début de l’année. Elle a demandé une cartographie des friches et l’inventaire des bâtiments vacants.

Carole Ternois (Bayonne en mouvement) pendant son intervention

Cathy Liousse (Bayonne tout Simplement) a demandé davantage d’ambition quant à la lutte contre les inondations et la réduction de l’émission des gaz à effet de serre. Elle trouve les résultats insuffisants dans la réduction nécessaire du trafic automobile, malgré l’appui sur le stationnement. Enfin, elle a plaidé pour la poursuite de la commission extramunicipale sur les mobilités qui avait existé les deux dernières années.

Cathy Liousse (Bayonne tout simplement) pendant son intervention

En réponse, le maire s’est emparé de la question des mobilités pour mettre en avant bayonne et taper sur les villes voisines, avec son discours bien rodé : on a fait des progrès considérables pour les transports publics au niveau de l’agglomération, la fréquentation a fait un bond surtout à l’intérieur du Pays basque, on est sur la bonne voie, il y a des progrès à faire, on est en retard sur les agglomérations semblables, et tout cela, c’est la faute de Biarritz qui ne veut pas de transports en site propre, et de la politique de stationnement pas assez restrictive dans les villes voisines.

Répondant à une demande de David Ospital (Bayonne en Mouvement) sur la rupture en cours avec RATP dev (annoncée dans la presse) gestionnaire du réseau sur la CAPB, le maire a confirmé que ce dernier voulait rompre la convention avec le syndicat des mobilités. Le gestionnaire n’arrivait pas à remplir toutes les missions sur lesquelles il s’était engagé, ayant des problèmes de rentabilité. Il a demandé un financement supplémentaire pour ces missions, ce qui n’est ni légal ni possible. Il y a donc rupture, et il y aura un nouvel appel à Délégation de Service Public.

Patrick Petitjean, 26 avril 2026

Bayonne, chronique municipale n°1 : une installation sans relief

Première chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.

Le nouveau conseil municipal de Bayonne a été installé ce samedi 28 mars, avec l’élection du maire et de ses adjoints. Ces premières séances sont souvent formelles, administratives. Elle l’a été à Bayonne. Mais ce déroulement froid n’est pas une obligation légale comme le maire l’a laissé entendre. Dans nombre d’autres villes, et pas seulement à Biarritz où la municipalité a changé, les nouveaux maires ont tenu des discours politiques mobilisateurs : ce fut le cas à Marseille, Lyon ou Paris, comme on a pu le lire dans les journaux. Faire le choix d’un formalisme fastidieux, apolitique en surface, est un choix politique du maire, et cela engage mal la suite de cette mandature.

Dès cette séance inaugurale, on a l’impression d’être dans un non-évènement. Les foules ne sont pas précipitées pour acclamer les nouveaux élus et le maire. Les séances du conseil sont publiques, mais le petit nombre de sièges à l’intérieur de la salle officielle est réservé aux journalistes et à de rares invités. La population est reléguée à regarder la séance dans un petit salon, avec quelques dizaines de places, à peine occupées ce matin-là. Plus de monde quand même que d’habitude : familles de nouveaux élus, rares militant.es, membres de clubs de séniors…

Le salon pour les habitants voulant assister à la séance publique du conseil

Mais la séance étant publique, une porte reste ouverte entre la salle du conseil et ce salon, pour pouvoir admirer nos représentants.

le Conseil, vu de la porte entre le salon pour habitants et la salle officielle

Le conseil est ici : https://www.youtube.com/watch?v=_alVLYokcJ0

L’impression d’étouffoir est renforcée par le fait que le président de la séance est le maire sortant lui-même, en tant que doyen de l’assemblée. Le discours introductif du nouveau maire est lénifiant : il se félicite des conditions de la campagne, qu’il a jugée sereine, respectueuse, sans dérapages, et souligne l’importance du rôle de l’opposition.

Capture d’écran. Le maire. Une partie du spectacle est donnée par le directeur de cabinet, derrière le maire, qui s’agite en permanence

On verra à l’usage : le respect de l’opposition n’était pas le mode de fonctionnement pendant la mandature précédente.

Ce minimum syndical du maire n’incitait guère à chercher à lui répondre sur un autre ton. Pour l’opposition, Jean-Claude Iriart, tradition républicaine oblige, a salué l’élection du nouveau maire et a affirmé que l’opposition jouera tout son rôle dans la « primauté du pacte démocratique », terminant par quelques mots en Euskara.

Capture d’écran. Jean-Claude Iriart

Après l’élection du maire, ce fut l’élection des adjoints. Pour une ville de la taille de Bayonne, le nombre maximum est de 13. Mais, lorsqu’il y a des conseils de quartiers, on peut en élire 4 supplémentaires (au maximum pour une ville cette taille), baptisés adjoints de quartier : il y en a donc 17.

Contrairement à la séance inaugurale de 2020, il n’y a pas eu de discussion sur ce point. Il y a 6 ans, une autre délibération créait 4 conseils de quartier, alors qu’il était jusqu’alors admis que Bayonne comportait une douzaine de quartiers historiques. La réduction à 4 conseils fut donc contestée par l’opposition.

Comme à l’époque, le choix de 4 adjoints supplémentaires n’est qu’une gratification (symbolique, financière, relationnelle) pour 4 élu.e.s. Il n’y a aucune nécessité pour que la responsabilité des différents quartiers (même en plus grand nombre) ne soit pas assumée par des déjà-adjoints ou des conseillers délégués.

Cette année, la réduction des quartiers à 4 étant considérée comme acquise, il n’y a pas eu de contestation, on a juste pu deviner quelques mimiques désabusées dans l’opposition, compte tenu du caractère factice de l’argumentation du maire.

Capture d’écran. Le Conseil

La liste des adjoints ne révèle pas de surprise : 14 des 17 adjoints l’étaient déjà entre 2020 et 2026, pour le renouvellement, on passera. Pire, il y a eu peu de promotions ou de déclassements dans l’ordre protocolaire. Les 3 disparus sont Christian Millet-Barbé, ex-2e adjoint délégué à la sécurité, et Xabier Parillon-Etchart, qui ne figuraient pas parmi les candidats sur la liste du maire en 2026 ; et Agnès Duhart qui était déjà reléguée en fin de liste des candidats. Deux des nouveaux adjoints font partie des 4 supplémentaires : Serge Arcouet et Jennifer Mothes.

La seule nouveauté est Joseba Erremundeguy, bascophone, qui était conseiller délégué aux conseils de quartier entre 2020 et 2026, qui figurait déjà en 5e position sur la liste en 2026, omniprésent dans la campagne électorale. Il fait non seulement son entrée comme adjoint, mais il est promu directement comme 2e adjoint, grillant tous ses collègues. En marche pour 2032 ?

Comme il se doit, l’opposition n’a pas participé à l’élection du maire et de ses adjoints, et elle a approuvé la charte de l’élu municipal. Un seul point a suscité un débat, et un vote contre par les élu.e.s d’opposition.

Il s’agit de la délibération traditionnelle pour déléguer directement au maire certaines décisions qui relèvent légalement du conseil municipal. Il s’agit en général de décisions mineures, dont le conseil municipal se dessaisit au profit du maire pour alléger ses réunions, ce qui se justifie. Mais figure dans ces délégations aussi la possibilité pour le maire de signer des marchés publics jusqu’à un montant de 5 M€. C’était un point important de la liste Bayonne en Mouvement dans son chapitre « gouverner autrement » de mieux contrôler ce pouvoir discrétionnaire du maire, notamment en partageant ce pouvoir avec un petit groupe d’adjoints.

Capture d’écran David Ospital

Au nom de l’opposition, David Ospital est intervenu pour remettre en cause ce pouvoir exorbitant du maire, trouvant excessive élevée la limite des 5 M€ : « ce n’est pas raisonnable ». En réponse, le maire n’a pas justifié cette limite, et a évacué la question, en disant que cela existait pour le précédent mandat, et que toutes les villes, de gauche, de droite, écologiste, faisaient pareil. Evacuer une question plutôt que d’y répondre est une tradition bien ancrée chez le maire.

A noter, pour l’anecdote, qu’à Lyon, sur ce même sujet, la même remarque a été faite par les élus LFI, pourtant alliés du maire écolo.

Ce premier conseil a été expédié en 1h12. Le prochain aura lieu le 09/04 pour voter, notamment, sur les nombreuses délégations dans les organismes extérieurs et pour débattre des orientations budgétaires. Le suivant, principalement consacré au vote du budget, aura lieu le 30/04.

Un premier conseil pesant, sans vie, soporifique même. On respire toujours mal à Bayonne.

A suivre

Patrick Petitjean, 31 mars 2026

Voici les élus nommés adjoints au maire de Bayonne: Sylvie Durruty, Joseba Erremundeguy, Laurence Hardouin, Yves Ugalde, Christine Lauqué, Cyrille Laiguillon, Déborah Loupien-Suarès, Nicolas Alquie, Christine Martin-Dolhagaray, Loic Corrégé, Sophie Castel, AlainLacassagne, Françoise Brau-Boirie, Serge Arcouet, Sylvie Meyzenc, Jérôme Aguerre, JenniferMothes.

Bayonne : Encore raté pour la gauche au 2e tour des municipales

La gauche a pris une claque retentissante lors du 2e tour de l’élection municipale de Bayonne. La réélection du maire sortant a douché les espoirs de la gauche, mais n’est pas une surprise. Lors du 1er tour, les deux listes de gauche étaient en recul global sur les élections de 2020 (où LFI n’était pas présente). Mais leur regroupement pour le 2e tour (au contraire de 2014 et 2020) avait fait naître l’espoir que cette année, c’était la bonne : la gauche allait enfin mettre un terme à des décennies de pouvoir de la droite à Bayonne. Et bien non, la défaite fut amère.

Dans ce billet, je propose quelques premières pistes de réflexions sur ce 2e tour, encore à chaud. Le bilan est encore à faire par tous les protagonistes. Le résultat, qui n’était pas à la hauteur des ambitions, au 1er tour de la liste Bayonne en Mouvement – que j’ai soutenue – fera l’objet d’un autre billet, une fois la discussion lancée sur ce bilan spécifique dans l’association qui portait cette liste.

Les résultats

Au 1er tour. Il y a eu 19 060 suffrages exprimés.

La liste Etcheto recueille 4 074 voix, soit 21.37 % des suffrages exprimés. En 2020, Elle avait fait 29.77 %. Donc, un recul de 8.6 % entre 2020 et 2026.

La liste Iriart recueille 4 191 voix, soit 21.99 % des suffrages exprimés. En 2020, la somme des deux listes regroupées cette année dans Bayonne en Mouvement, avait fait 24.33 %. Donc un recul 2.33 % entre 2020 et 2026

Si l’on ajoute les 726 voix de LFI en 2026, soit 3.8 %, cela monte le total des voix de gauche à 8 951. Le cumul des pourcentages de 2026 reste inférieur à celui de 2020. La gauche était en recul et non dans une dynamique positive en 2026.

De son côté, la liste Etchegaray a recueilli 8 026 voix au 1er tour, soit 42.11 %. En 2020, elle avait fait 40.33 %. Donc une progression de 1.78 %, malgré la présence cette année d’un candidat d’extrême-droite recueillant 2 043 voix, soit 11.35 %. La dynamique était plutôt du côté de la droite après le 1er tour.

Au 2e tour, il y a eu 19 481 suffrages exprimés, une progression limitée de 421 voix. Une analyse plus détaillée des registres de votes permettra de prendre en compte les votants devenus abstentionnistes, et l’inverse, bureau par bureau.

Etchegaray, avec 50.7 % et 9 876 voix, en gagne 1 850. Iriart, avec 41.01 % et 7 990 voix, en perd 961 sur le total des 3 listes de gauche. L’extrême droite, avec 8.29 % et 1 615 voix, en perd 428. Les dynamiques, positive et négative du 1er tour sont donc amplifiées. En première analyse, on peut supposer une forte mobilisation des abstentionnistes à droite face au risque d’une victoire de la gauche, et, inversement, un abstentionnisme accru d’électeurs de gauche, peu convaincus par la fusion opérée.

Rêver l’impossible…

Malgré ses résultats médiocres du 1er tour, le peuple bayonnais de gauche s’est pris à rêver d’une possible victoire au 2e tour, mettant fin au règne d’un maire qu’on supposé usé. Il s’agissait aussi de s’inscrire dans une dynamique d’alliance entre les Abertzale d’EH Bai et le PS qui avait permis l’élection de Colette Capdevielle comme députée lors de la législative de juillet 2024.

Certes, il n’avait pas été possible de concrétiser un tel rassemblement dès le 1er tour. Une partie du PS, avec ses anciens alliés de BVO en 2020, avait voulu tenter sa chance en solitaire, arguant de sa plus grande représentativité potentielle dans les élections précédentes. Certes, LFI avait ajouté, in extremis, une 3e liste de gauche.

Mais la concurrence entre « Bayonne en mouvement » et « Bayonne tout simplement » s’était faite dans un respect mutuel apparent. Elle avait même sans doute entraîné une forte mobilisation militante des deux côtés. Mis le dos au mur par l’identité des résultats, les deux listes avaient du, et su négocier leur fusion pour le 2e tour. Repartir séparément était le choix de la réélection facile d’Etchegaray. Une telle fusion n’avait pas eu lieu en 2014 ou 2020, le désir d’hégémonie l’emportant. Personne ne pouvait penser à l’hégémonie cette année.

Comme toujours, dans une fusion négociée en quelques heures, la composition de la liste est plus cruciale que le projet commun. Les scores du 1er tour obligeaient, derrière 1ère place pour la liste arrivée devant, à un répartition paritaire des places. Postuler la proximité globale des projets était aussi crédible, à quelques « détails » devant être clarifiés par la suite.

La fusion, jugée improbable par le maire sortant, s’est faite dans de bonnes conditions, l’engagement des deux listes de gauche dans la campagne pour le 2e tour a été sincère, même LFI avait aussi appelé à faire obstacle à la réélection d’Etchegaray, l’espoir était là. Il a été vain.

… et tomber de haut

Nul doute le contexte national n’était pas favorable à la gauche, cela s’est vu dans les résultats nationaux de ces élections. Le choix de se mettre sans le sillage du succès du NFP avait été fait dès l’été 2014 : mais un an après, le NFP avait crashé et la gauche était embourbée dans des polémiques, cela n’avait plus rien de porteur.

Sans doute, les alliances tardives sont rarement des gages de dynamique victorieuse. Rassembler toute la gauche était la base du projet de « Bayonne en mouvement ». Le groupe d’Etcheto au PS avait joué les faux fuyants pendant plus d’un an avant de lancer sa propre liste, et de proclamer qu’il était le plus en mesure de rassembler. Cette impossibilité de partir ensemble, dont chaque liste renvoyait la responsabilité à l’autre, a fini par pesé sur les dynamiques de chacune, et un renvoi dos-à-dos par une partie des électeurs. Les résultats du 1er tour ont montré que la dynamique était du côté du maire sortant, pas des 3 listes de gauche.

Sans dynamiques antérieures, la crédibilité d’une alliance tardive reste faible. L’équilibre entre les deux listes de gauche a été vécue comme un échec tant par chacune des listes. La fusion était une obligation, elle s’est faite, mais elle n’est pas née sous une bonne étoile. La question « pourquoi en 2026 et pas en 2014 et 2020 » a pesé.

Pour faire face à la gauche, Etchegaray a su porter ses coups là où cela faisait mal, là où il y avait des zones d’ombres, et parfois avec une totale mauvaise foi.

Il n’a pas hésité, dans le débat entre candidats organisé par Sud Ouest, à brandir le spectre de l’extrémisme (le nationalisme basque) envers EH Bai, comme nationalement la droite brandissait le spectre de LFI. Même en se distinguant de Brisson qui renvoyait EH Bai à l’extrême gauche comme LFI.

Il a mis en doute la crédibilité d’un accord entre les Abtertzale et l’aile « jacobine » de la gauche, incapables de s’entendre en 2014 et 2020, mais subitement réconciliés en 2024. Il a aussi sur le refus initial de la CAPB par cette partie de la gauche, n’hésitant pas à mettre en cause nominalement Etcheto pour son absence dans les séances du conseil de la CAPB : une belle élégance.

On peut supposer que les tacles du maire sortant ont eu un certain impact : la peur du rouge mobilise toujours les électeurs de droite. Il y a pu y avoir une perte d’électeurs abertzale, soit dans la partie centriste du mouvement, soit dans le secteur le plus anti-jacobin, comme en 2020 : Etcheto ne passe toujours pas, malgré son acceptation d’une évolution de la CAPB vers davantage de pouvoir. Mais inversement, la fusion a pu entraîner la perte d’électeurs de la gauche jacobine, dite républicaine, aussi peu de gauche en fait que le « Printemps républicain » au niveau national

Enfin, vu le peu de mixité sociale des deux listes de premier tour, l’absence du terrain en dehors de la période électorale, et certaines lacunes du programme (sur les discriminations par exemple), on peut douter que la liste fusionnée ait été en mesure d’entraîner un recul de l’abstention dans les quartiers populaires de Bayonne. La liste LFI s’est heurtée aux mêmes obstacles.

Sans parler de la liste des logos, du plus mauvais effet pour une liste qui se présentait comme citoyenne.

L’abstention n’est pas naturelle dans les milieux populaires

Sans surprise, les bureaux où l’abstention est supérieure à 50 % au 2e tour sont situés dans les quartiers populaires, sans que ces bureaux soient obligatoirement socialement homogènes :

* Maison des associations (Prissé, Belharra) : 52.3 % avec Etchegaray en tête.

* Maternelle Arènes, bureau 17 (Balichon) : 50.7 % avec Etchegaray en tête.

* Citadelle : 59 %, avec Iriart en tête.

* Aristide Briand (Habas) : 50.8 % avec Etchegaray en tête.

* CCAS (Gascons) : 57.1 % avec Etchegaray en tête.

* Malegarie (Breuer) : 64.4 % avec Iriart en tête.

Cette indifférence des quartier populaires est le reflet d’une distance sociale et politique. Distance sociale : où étaient les jeunes et les personnes racisées sur nos listes ? Le meilleur programme ne rend pas une liste attractive pour les électeurs des quartiers populaires si les candidats ne leur ressemblent pas. Distance politique aussi, qui se traduit par dans un vocabulaire géographique : « je vais à Bayonne » dit-on dans les quartiers périphériques, et même à Saint-Esprit, pour aller au centre ville…

L’abstention n’est pas une donnée intangible, abstraite. Elle ne se combat pas avec seulement du porte-à-porte lors des échéances électorales. Il y a 6 ou 7 ans pour changer de cap.

Bayonne ville de droite ?

Comme dans beaucoup de villes, Bayonne a connu une mobilisation des électeurs de droite contre la gauche compte tenu de la menace risque d’une victoire de cette dernière. Le score d’Etchegaray est sans bavure, même avec un faible report de l’extrême-droite. Cela suffit-il à en faire une ville de droite ?

La politique de logement menée à Bayonne, avec la diminution de la part de HLM, commence-t-elle à avoir une traduction électorale, comme à Anglet ? Les nouveaux arrivants viennent davantage des couches moyennes et supérieures, avec peut-être plus d’embourgeoisement que de gentrification. Bayonne n’est d’ailleurs pas vraiment une ville universitaire. Certains nouveaux arrivants peuvent être aussi moins sensible à la dimension basque de Bayonne. Ce sont des hypothèses à travailler.

Mais fondamentalement, se poser la question de savoir si Bayonne est une ville de droite, c’est se poser surtout la question de la faiblesse intrinsèque, localo-locales, de la gauche bayonnaise, qui semblent s’aggraver : faible présence sur le terrain, faible enracinement dans un tissu associatif par ailleurs confronté au clientélisme, chaos local d’un PS fortement marqué par le « républicanisme » ou le « hollandisme », l’absence politique des écologistes (alors que l’écologie est un facteur de mobilisation de la jeunesse), un certain entre-soi (non voulu) du mouvement abertzale bayonnais (dans son eco-système, ses quartiers).

Les prochaines élections municipales sont en 2032 ou 2033. Bayonne sera de droite si une autre gauche ne se reconstruit pas. Même en échec électoral, Bayonne en mouvement peut en constituer les prémisses.

Patrick Petitjean, 29 mars 2026

Corridas à Bayonne. Une tradition opaque et délétère.

Le devenir des corridas à Bayonne s’est invité lors du conseil municipal du 11 décembre. Il était question d’une modification du budget annexe « fêtes et corridas ». Comme chaque année, Mixel Esteban (ex-EELV, opposition) a demandé la séparation en 2 de ce budget, pour clarifier les finances du volet « corrida ». Et là, surprise : « bon sang, mais c’est bien sûr, on y pense depuis longtemps » a réagi Yves Ugalde, adjoint tauromachique. Que peut bien cacher ce changement de pied ? Et quel rôle joue encore Jean Lartigue, le mandataire qui commence à ressembler au sparadrap du Capitaine Haddock ?

Les corridas s’invitent au conseil municipal

Le conseil municipal du 11 décembre est ici :

La discussion est entre 3h06 et 3h11

Mixel Esteban

Quand Mixel Esteban rappelle sa position traditionnelle pour la séparation du budget des fêtes traditionnelles de celui pour les corridas, Yves Ugalde plussoie sur cette idée, d’autant plus, selon lui, que les corridas ont été bénéficiaires cette année. Invité à réagir, Esteban réaffirme l’importance de mettre les corridas à part et propose une régie de gestion spécifique. Il se félicite que les corridas soient devenues bénéficiaires en 2025 mais rappelle que c’est loin d’avoir toujours été le cas.

Sur la lancée, Ugalde révèle qu’il est le premier à vouloir une telle clarification, mais sans désengager la ville. Il récuse notamment l’idée d’une Délégation de Service Public (DSP) : selon lui, les 3 grandes arènes qui ont choisi cette option se trouvent en grande difficulté financière. Une régie permettrait de maîtriser complètement les dépenses, sans risquer de dépendre de financiers non-tauromachiques.

Puis, on passe à une séquence pré-électorale. Le maire rend un hommage appuyé au trio qui pilote les corridas : Ugalde, son adjoint dont il vante l’expertise tauromachique, Marc Amestoy, son directeur de cabinet, et Olivier Baratchart, directeur des Arènes municipales. Il vante leur compétence pour faire la chasse aux meilleurs élevages, parfois très loin de Bayonne, garantie d’avoir les meilleurs toreros.

Son discours est à la fois convenu, mettant en avant la richesse de la tradition taurine, et flatteur pour les Bayonnais « un public connaisseur ». Et d’exalter la singularité du modèle bayonnais, basé sur les Penas taurines, avec une jeunesse de plus en plus présente. Il lance un appel à maintenir cette tradition : serait-elle menacée malgré son discours apologétique ?

Ugalde s’arroge le mot de la fin : la Ville est libre de ses choix car elle n’est mariée avec personne dans le « système taurin ».

Système taurin ? On aimerait en savoir plus ce qu’Ugalde entend par là. L’appui sur un mandataire – le même depuis près de 10 ans – pour conseiller le trio en fait-il partie ? J’y reviens un peu plus loin.

Opacité et mandataire

Le mélange budgétaire avec les Fêtes rend difficile d’établir les dépenses réelles de la ville pour les corridas, directes et indirectes. Il faudrait éplucher le budget ligne par ligne, au-delà même du budget annexe qui leur est consacré. La propagande pro-corridas s’infiltre dans nombre d’opérations de communication, ou dans d’autres fêtes et spectacles : ainsi, le festival Paseo inclut dans sa brochure les corridas de la fin août. Ainsi, les fêtes de Noël comportent l’initiative « toromagique » aux Arènes, un mélange de sensibilisation des enfants à la corrida et de solidarité pour des jouets de Noël. L’aide aux Penas, pour partie, y participe aussi. Sans parler des 5 cercles taurins. Et la distribution massive de billets gratuits. Il y a un véritable « système taurin », clientéliste, municipal…

rue du Moulin à Saint Esprit

La Ville achète les toros et salarie les toreros. Cela est inscrit bien sûr dans les budgets, mais figure aussi de manière plus explicite dans des délibérations du conseil, des décisions du maire, et des marchés. Malheureusement, il ne semble pas y avoir une grande régularité dans ces actes administratifs. Pourquoi une année, et pas l’autre ? J’ai pu avoir communication de certains, dont je reproduis des extraits ci-dessous.

Au fil de ces documents, on relève des explications fantaisistes pour des marchés sans concurrence, y compris avec des engagements seulement oraux. Et toujours l’omniprésence de Jean Lartigue et de la Tomefra, dont la Ville affirmait pourtant il y a 3 ans vouloir se débarrasser. Cela sera-t-il le cas pour 2026 ? Pour la première fois, la Ville a lancé un marché avec appel à concurrence, en décembre dernier. Résultat à venir.

La Tomefra est une société de droit espagnol, basée à Bilbo, constituée en juin 2011. Elle possède aussi une adresse à Anglet. Son président est Jean Lartigue. La Tomefra est intervenue, et intervient encore, comme mandataire pour l’organisation de corridas dans de nombreuses villes du Sud-Ouest, directement ou par son président. Ce fut le cas de Soustons, Mont-de-Marsan ou Orthez. En 2025, en partenariat avec une 2ème société, la Tomefra a repris des mains de la ville d’Eauz (Gers) l’organisation des corridas de cette ville.

Jean Lartigue

Mais surtout, on en apprend beaucoup sur ses relations avec la ville e Bayonne dans un article datant du 2 janvier 2023, que l’on trouve ici :

https://presselib.com/article/corridas-un-comite-municipal-aux-commandes-a-bayonne

Selon cet article, Lartigue a déjà été mandataire pendant 7 ans pour Bayonne. Il continuera comme conseiller technique en 2023.

D’après la facture de l’achat des toros en 2024, il l’était encore. En 2014 encore. Même chose por 2025, en dépit de l’annonce par la Ville de sa volonté de rapatrier les compétences du mandataire en décembre 2024 dans sa décision d’attribution du marché. L’appel à concurrence pour 2026 se fixe le même objectif.

Alors, Lartigue, un sparadrap collant sur les mains de la Ville, tel celui que le Capitaine Haddock promène dans les aventures de Tintin ?

2024

Un arrêté a été pris le 4 juillet 2024 pour l’achat de toros pour les corridas de 2024. J’en avais déjà parlé dans un billet à l’époque : https://lepimentbayonnais.fr/2024/08/17/a-bayonne-on-a-lhumour-tauromachique-sanglant/

On peut y lire « Le marché a pour objet la création ou l’acquisition d’une oeuvre d’art ou d’une performance artistique unique » ; et encore : « chaque taureau participe à l’exécution d’un spectacle » (il faut oser présenter une mise à mort comme cela) et « chaque taureau a des caractéristiques qui le rendent unique » conséquence, selon l’arrêté, le marché peut être passé sans publicité ni mise en concurrence préalables. Merci les taureaux.

On y a aussi la confirmation que Lartigue est toujours le mandataire pour assister la ville dans les négociations d’achat, et que ces négociations « se déroulent traditionnellement de manière orale et non écrite ». Si l’on fie à la facture (squelettique) de la société Tomefra pour ce marché, il s’est monté en 2024 à 26 000 €.

2025

Pour 2025, on peut se reporter à la décision du maire en date du 9 décembre 2024, attribuant le marché de mandataire à la Tomefra, toujours sans publicité et sans mise en concurrence, mais cette fois « au regard du montant du marché ». L’article référencé pour ce « gré-à-gré » vient du code de la commande publique et non do Code général des Collectivités territoriales comme pour l’arrêté de juillet 2024.

Comme dans le Cahier des clauses techniques particulières (CCTP )(1 page), il est fait état de l’engagement de la Tomefra de transférer à la commune ses connaissances et compétences comme mandataire afin que « la Ville de Bayonne puisse à court terme effectuer directement les missions » du mandataire. Le CCTP définit avec précision la fonction du mandataire, notamment tour du salariat des toreros par la Ville, charges sociales incluses. Le marché pour 2025 est encore de 26 000 euros, sans les toros.

2026

Cette fois, il y a publicité et mise en concurrence. Le marché a été lancé au début de décembre 2025, avec une échéance le 26 décembre. Le marché reste sous les 90 000 €. On attend les résultats. Le marché est très précis sur la répartition des fonctions entre la Ville et le futur mandataire. Le mandataire doit assister le trio municipal qui organise les corridas, un point c’est tout. Le mandataire n’a plus les coudées franches, semble-t-il.

Le mandataire est là pour assister le comité d’organisation et la mise en œuvre opérationnelle de ses décisions. Selon 4 axes : l’assistance – le choix et transports des toros – le recrutement des toreros et leurs contrats – la commercialisation des corridas.

La clarification amenée par ce CCTP inédit est-elle un autre volet de la mise en ordre (et en conformité) du dossier « corridas » par la Ville en cohérence avec les déclarations lors du Conseil municipal ?

L’Union des Villes Taurines de France (UVTF)

Bayonne adhère à l’UVTF, ainsi qu’à d’autres associations pro-corridas. Le coût de l’adhésion n’est pas négligeable. Semble-t-il, cela n’entre pas dans le budget annexe… Il y a deux factures annuelles, l’une pour une part fixe (5 000 €) et l’autre pour une part variable indexée sur le nombre de spectateurs (plus de 20 000 revendiqués en 2024). Voir la photo de la facture variable pour 2024. J’attends communication des factures pour 2025

Le président de l’UVTF est Julien Dubois, maire de Mont-de-Marsan, récemment épinglé pour être un conducteur obstiné sans permis. Il avait donné une interview à Sud Ouest le 10 novembre 2024 pour présenter et faire le bilan de la saison tauromachique. Selon lui, 55 villes sont adhérentes, en quasi totalité dans le sud-ouest et le sud-est. C’était au moment de la discussion au Sénat de la proposition d’interdire les corridas aux mineurs, derrière laquelle il voyait le début de la fin : les organisateurs pouvant être eux-mêmes poursuivis en cas de présence de mineurs. D’où un « état de veille permanent sur tout ce qui pourrait porter atteinte aux corridas ».

Quelques mois après, le maire de Vieux-Boucau décidait de ne plus organiser de corridas dans les Arènes de la Ville, tout en continuant d’y organiser d’autres spectacles taurins sans mise à mort, comme des courses landaises. Un double sacrilège pour le président de l’UVTF : interdire les corridas, et, en même temps, poursuivre les spectacles taurins. Une dissociation impossible à admettre pour l’UVTF, qui a menacé d’exclure Vieux-Boucau. Peur de la disparition ?

Voir mon billet de mars 2025 après la décision de Vieux-Boucau.

Dans la propagande pro-corridas, à Bayonne comme ailleurs, on cherche de plus en plus à cacher le mot « corridas » (et son image souvent négative) derrière l’euphémisme de « spectacle taurin », et d’y assimiler les jeux taurins, spectacles de rue, encierros, courses landaises ou camarguaises.

Une tradition délétère

Les corridas sont interdites en France par l’article 521-1 du Code pénal, réprimant le délit de sévices graves et d’actes de cruauté envers les animaux domestiques. Mais elle n’est pas considérée comme une infraction là où existerait une “tradition locale ininterrompue”, sans que soient précisés les périmètres géographiques concernés. Elle est donc simplement tolérée, en l’occurrence dans une cinquantaine de villes.

pena taurine à Saint Esprit

La ville de Bayonne se réclame malheureusement de cette tradition délétère. Les traditions ont un début et une fin, même à Bayonne. Comment peut-on parler de nos jours d’égalité et de solidarité, parler de bien-être animal, du droits des animaux, comment peut-on vouloir défendre le vivant, et ne pas vouloir mettre fin à ce spectacle dégradant, une école de la violence et de la cruauté ? Comment prétendre « agir pour une meilleure cohabitation animal/humain en ville » (selon le plan de transition écologique et solidaire de la ville de Bayonne) et continuer à se réclamer de cette tradition ? S’il est des cultures et des traditions qui font partie de l’identité basque, les corridas n’en font pas partie. Zezenketarik Ez !

Patrick Petitjean, 8 janvier 2026

Bayonne : l’Atalante vise la rue des Graouillats

Le conseil municipal du 11 décembre – le dernier de la mandature – fut consensuel selon les journaux. Il fut surtout un pré-lancement de la campagne électorale du maire sortant et futur candidat à sa succession. Il y eu nombre de glorifications de la politique suivie, pleine de succès et d’adhésion populaire : la réouverture du musée Bonnat-Helleu, la sécurité, la médiathèque, la bonne santé financière, etc. Ce qui n’alla pas sans accrochages avec quelques élu.e.s critiques. Mais également, au fil des délibérations, on a vu apparaître de potentielles futures annonces électorales. Et notamment un agrandissement du cinéma L’Atalante.

l’entrée de la rue des Graouillats depuis le quai

Une délibération portait sur l’achat par l’Etablissement Public Foncier Local (EPFL), pour le compte de la Ville, d’un immeuble situé 3 rue des Graouillats, dans le quartier Saint Esprit. « Graouillats » vient sans doute du Gascon, pour grenouilles. C’était orthographié « Graouillet » au moyen-âge, et l’existence de cette rue est attestée depuis le XVIIe siècle. C’est un quartier anciennement marécageux, et toujours sujet à inondation. La photo ci-après a été prise au petit matin du 11 févier 2024, à l’angle de la rue des Graouillats et du Quai Amiral Sala où se situe l’Atalante.

Le conseil municipal du 11 décembre est ici :

La discussion se situe entre 2h25 et 2h29. Alain Lacassagne présente la délibération sur l’achat de l’immeuble 3 rue des Graouillats et pointe la proximité avec l’Atalante pour justifier l’opération.

3 rue des Graouillats : immeuble vendu… à l’EPFL

Le maire insiste en faisant l’apologie de l’Atalante actuelle, qui manquerait, selon lui, d’une ou deux salles compte tenu de son succès. Il souligne les bas tarifs de l’Atalante, tout en manifestant son ignorance de ces tarifs, hésitant entre 4€, 4,5€ ou 5€ pour les abonnements. Et de faire honte à l’opposition qui avait osé critiquer le dépassement du coût des travaux pour le nouvel immeuble quai Amiral Sala : le coût final étant quasiment le double des 2 à 2,5 millions prévus. Comme si la dérive des coûts était la source du succès, plutôt que la qualité de la programmation, ou l’attractivité la terrasse sur les bords de l’Adour.

En conclusion, Yves Ugalde est revenu sur la comparaison entre le GCR, avec 188 567 spectateurs dans ses 7 salles à Glain, et l’Atalante avec 171 000 spectateurs dans seulement 3 salles.

Yves Augalde adjoint à la culture et à la corrida, lors du conseil municipal du 11 décembre

La convention qui définit le portage financier par l’EPFL pour la Ville explicite les objectifs :

« – conforter l’offre en équipement culturel en lien direct avec la proximité du cinéma d’art et d’essai afin de développer l’attractivité du quartier Saint Esprit ;

produire des logements sociaux dans le cadre de la politique volontariste de la Ville ».

De l’ancienne à la nouvelle Atalante

L’ancienne Atalante était composée de trois salles : la salle historique, rue Denis Etcheverry, et deux salles (L’autre Cinéma) quai de l’Amiral Sala, de l’autre côté du Pont Saint Esprit. Devant le nombre croisant de spectateurs, la Ville, en accord avec l’association « Cinéma et culture » qui gérait ces salles, a décidé la construction d’un nouveau cinéma. La Ville a acquis l’immeuble à côté de la salle quai Sala. Le regroupement des deux immeubles permet l’existence de 3 salles à cet emplacement. La Ville est propriétaire, et l’association est locataire. Les nouvelles salles furent inaugurées fin août 2019.

Si le gain en places est minime (une vingtaine), on peut y voir un « geste architectural » en bord de l’Adour, comme la ville et friande en d’autres endroits de cette rive. On peut aimer, ou ne pas aimer ce « geste », en rapport avec son coût très élevé. Ce qui marque ce nouvel Atalante est d’ailleurs l’existence d’une terrasse en bord de l’Adour pour son bistrot, dont le succès a été de pair avec l’augmentation du nombre de spectateurs.

L’Atalante en deux immeubles quai Sala

Et l’Atalante craque de nouveau devant la fréquentation, tant des salles que du bistrot.

Pour se donner un peu d’air, pour l’administration de l’ensemble et la gestion du bistrot, l’association a acquis, en son nom propre, il y a deux ans, le rez-de chaussée du 1 rue des Graouillats, cet immeuble étant géré sous le registre d’une copropriété. Mais ce local est impropre à répondre au besoin d’une autre salle.

L’acquisition par la Ville du 3 rue des Graouillats permettra-t-il d’y répondre ? La faisabilité technique est très loin d’être évidente. Cependant, la ville dispose (3b rue des Graouillats) d’un peit parking en surface qui pourrait être utilisé. Mais peut-être, l’Atalante bis n’est-il qu’une promesse en vue des élections, dont il ne restera que du vent dans quelques années, comme tant d’autres mirages électoraux ?

Entre temps, le bâtiment de la salle historique se dégrade, de manière accélérée depuis qu’elle a été totalement murée en septembre dernier.

l’état lépreux de l’ancienne Atalante le 18.12.25

Le bâtiment avait été occupé quelques jours pendant l’été, donnant espoir d’une réouverture provisoire. Si cette occupation a permis de remettre dans le débat public la question de l’ancienne Atalante, ce fut un coup pour rien, et le silence est retombé. Début octobre, j’avais publié un billet faisant le point de la situation :

En ayant tout muré, la mairie semble jouer la dégradation progressive, et laisser la démolition comme seule perspective.

Patrick Petitjean, 19 décembre 2025

(la partie « de l’ancienne à la nouvelle Atalante » a été révisée le 20 décembre)

Gratuité électorale pour la réouverture du musée Bonnat-Helleu.

Les habitant.es de Bayonne ont trouvé ces jours-ci dans leur boîte-aux-lettres l’Echo de la Cité n°2 565 un courrier, daté du 21 août, leur annonçant l’ouverture publique du musée Bonnat-Helleu le 27 novembre. Avec un cadeau électoral : la gratuité du musée pendant un mois pour les habitant.es. Super. Le cadeau a même été validé par le conseil municipal.

Offrir des places gratuites pour un musée comme cadeau électoral, la culture y gagne, et c’est tant mieux, mais l’éthique publique ?

Rectifions, ce n’est pas le maire et candidat qui distribue ces places gratuites. La signature, dont la photo figure en Une de ce billet, n’est pas celle qui figure au bas de l’Echo n° 2 565. C’est celle du n°2 563. Comme on peut le lire sur la photo intégrale du n°2 565 ci-dessous, cet Echo est signé « le maire et le conseil municipal », sans autographe du maire.

Une délibération fixant les tarifs de l’entrée du musée a été adoptée lors du conseil municipal du 17 juillet dernier. Une disposition comportant ce mois « exceptionnel » de gratuité avait été introduite. La délibération a été adoptée avec les seules voix de la majorité. Les groupes d’opposition n’ont pas été dupes de la manœuvre électorale. Ils se sont simplement abstenus de prendre part à ce vote, ils ne pouvaient faire autrement. Bien joué. Mais ce vote suffit à valider et à « neutraliser » ce cadeau.

Bien sûr, tout le monde ne peut que se réjouir de ce mois de gratuité, un encouragement à venir visiter ce musée après 14 ans de fermeture. Il est dommage que cela ait donné lieu à une manoeuvre politicienne de plus de la part du maire.

Il aurait été plus éthique que l’annonce de cette gratuité soit faite pour un prospectus ad hoc. La ville sait faire des supports de communication spécifiques pour des évènements importants, même pour les corridas, et non par un « Echo de la Cité » qui est rarement neutre. Un prospectus ad hoc qui aurait pu être fait en commun avec les oppositions. Mais la démocratie municipale n’est pas une pratique usuelle à Bayonne.

Prudence oblige quand même : cet Echo est diffusé avant le 1er septembre, date à partir de laquelle les dépenses électorales potentielles sont contrôlées. Dès fois que le vote du conseil, et la signature qui en découle, n’auraient pas suffi comme camouflage. On ne sait jamais.

Patrick Petitjean, 28 août 2025

Gentrification et peuplement à Bayonne

Bayonne n’est pas avare en envolées lyriques « nous sommes la seule ville basque à respecter la loi SRU ». Mais cela cache de moins en moins les priorités réelles pour les classes moyennes, au détriment du logement social locatif familial. Le bailleur social de la CAPB, HSA, se lance dans un nouveau (à Bayonne) « produit » : le logement locatif intermédiaire (LLI), à destination des classes moyennes aisées. Au regard de cette volonté de gentrification, le respect de la loi SRU apparaît comme un rideau de fumée.

Note : le dessin en Une, comme celui d’une barre d’immeubles plus loin dans le billet, sont repris d’un entretien avec Jean-Baptiste Eyraud, fondateur et toujours animateur du DAL, paru dans le journal Le Chiffon.

Il y avait peu de traces de l’existence des LLI dans les opérations immobilières de HSA à Bayonne. Mais des décisions récentes, le 17 juillet, du président de la CAPB, sont venues attirer l’attention : il s’agit d’accorder des garanties d’emprunt à HSA pour deux opérations immobilières, l’acquisition en VEFA de 16 LLI dans l’opération Zura (quartier Arrousets) et de 10 LLI dans l’opération Akoya, rue Maubec (photo ci-après, prise en décembre 2024).

Les LLI chez HSA

Dans les deux cas, Bouygues est le promoteur qui vend ses appartements en VEFA. Une aide à la commercialisation ? Pour Zura, 31 chemin du Trouillet, le PC prévoyait 18 appartements et 5 maisons ; 16 logements reviendront à HSA avec le statut LLI. Pour Akoya, 121 rue Maubec , 42 appartements sont programmés, livrables fin 2025, dont tous ne sont pas encore vendus. HSA en achètera 10 pour faire des LLI. Encore une fois, merci qui ?

Les premiers LLI étaient apparus à Bayonne dans le cadre d’une modification du programme de l’opération Prissé. Les 24 LLI actuellement présents dans le programme d’HSA n’existaient pas à l’origine. Ce programme comportait 70 logement familiaux, 88 BRS et 192 logements revendus à Alday, dont 53 étaient à prix « maîtrisés » (commercialisés par Alday avec le slogan « vous ne rêvez pas », vous pouvez devenir propriétaire avec un prix écrasé). Les 24 LLI ont été pris sur le contingent d’Alday., ce qui a réduit à 44 son nombre de « maîtrisés ».

HSA a ouvert un site pécifiquement consacré aux LLI : https://locationintermediaire.habitatsudatlantic.fr/residences

En plus des trois opérations déjà mentionnées, on en trouve une 4e : Zelena, 3 chemin d’Hargous (à côté de la MVC Saint Etienne). Selon le PC, le promoteur est AFC promotion, avec 3 maisons et 7 appartements. Son site confirme que l’ensemble, 10 LLI, est vendu en bloc à HSA. Merci HSA.

Enfin, dans son rapport d’activités pour 2024, HSA indique, sans plus de détail, que des LLI seront aussi programmés dans l’opération Citadelle.

Le dispositif national des LLI

Les LLI existaient depuis 2014, mais semblent n’avoir été que peu utilisés, sauf à Paris. Les gouvernements de 2024 ont relancé ce dispositif, et veulent en faire une pièce maîtresse pour loger les classes moyennes (y compris) aisées face à la crise du logement. Certains ministres ont même plaidé pour inclure les LLI au titre du logement social pris en compte dans la loi SRU. Pour l’instant, ce n’est pas le cas, mais vigilance…

Voir : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/logement-locatif-intermediaire-institutionnel

Ce dispositif comporte plusieurs avantages fiscaux, notamment quand les LLI sont dans des « quartiers politique de la ville », ce qui est le cas d’Akoya rue Maubec.

Le dispositif est accessible à toute « personne morale » depuis la loi de finances 2024, en plus des « institutionnels ». Par exemple une SCI (2 personnes) est éligible. Ce dispositif est conseillé pour investir après la fin du « Pinel ».

Faire accéder à la propriété.

Les LLI sont un dispositif de plus qui cible les classes moyennes. Bien sûr, la crise de l’immobilier les touche aussi, et il est souhaitable que les politiques publiques du logement s’y attachent, à Bayonne comme ailleurs. Mais ce qui pose de plus en plus problème, c’est le déséquilibre qui s’accroit entre la place occupée par ce segment de la population et celle réservée aux milieux populaires.

La ville de Bayonne avait déjà, lors de la discussion du dernier PLH en 2019/2020 mis l’accent sur les logements « abordables » ou « à prix maîtrisé », amendant le projet de PLU pour faire diminuer la proportion de logements locatifs sociaux prévue sur la ville.

Les BRS

C’est un dispositif où le bâti et le foncier sont dissociés. Un futur propriétaire achète seulement le bâti, à un prix qui est de – 30% à – 40% au regard du marché libre. Mais il signe un Bail Réel Solidaire (BRS) avec un Office Foncier Solidaire (OFS), propriétaire du foncier, avec une redevance mensuelle en fonction du nombre de m2.

Le dispositif est récent et reste très controversé, même si l’unanimité existe pour louer son aspect anti-spéculatif.

Il y a des problèmes plus techniques, qui commencent à apparaître : reventes, successions,…

Il y a la question de la maîtrise du coût réel, au delà du prix d’achat : le montant de la redevance foncière et de sa durée (quand l’OFS est rentré dans ses frais).

Il y a la question de l’opacité de la sélection des candidats à l’achat, une fois constaté qu’ils sont éligibles (sous le plafond de ressources). L’attribution des logements locatifs se fait selon des critères très précis. Mais pour les BRS, c’est du commerce, donc à la discrétion des vendeurs.

Enfin, qui réellement bénéficie du dispositif ? Vu son caractère récent, on ne possède pas encore d’étude d’ampleur sur le niveau de ressources des heureux bénéficiaires, s’ils étaient locataires dans le parc public ou dans le parc privé, s’ils étaient primo-accédants ou avaient un appartement à vendre (au prix du marché actuel…).

Sont-ils vraiment accessibles aux ménages à bas revenu, et ceux-ci les utilisent-ils effectivement ? Les discours officiels l’affirment haut et fort. Mais, en même temps, le gouvernement a fortement relevé les plafonds, pour les rendre, inversement, accessibles à des revenus plus élevés.

Foncier Solidaire France, qui regroupe la plupart des OFS à l’échelon national, a constitué il y a moins de deux ans un observatoire national qui recueille les données sur les BRS, quelques dizaines il y a 2 ans et quelques milliers aujourd’hui. On en saura plus dans les prochains mois. Lors de leurs journées nationales 2025 ce mois-ci à Strasbourg, il a été confirmé qu’il y avait une grande dispersion des ressources des bénéficiaires, avec une médiane « moyenne ».

De son côté, Alda, dans l’édito de son dernier journal, affirme que les mécanismes innovants anti-spéculatifs, BRS et SCIAPP, « permettent aux ménages très modestes d’accéder à la propriété ». Espérons que ce n’est pas seulement un acte de foi dans ce dispositif.

La politique de peuplement à Bayonne

L’exemple de la rue Maubec

En parcourant le haut de la rue Maubec et les alentours du carrefour Matras pour y relever les PC affichés il y a près de trois ans, il sautait aux yeux que le logement social était quasi-absent. Tout était en accession libre, rarement avec la possibilité de PTZ. On pouvait dire cependant que deux cités populaires, Bédat et Citadelle, étaient à proximité. Pour Citadelle, c’est d’ailleurs fini, voir plus loin dans ce billet.

L’écologie est le prétexte avancé pour construire à proximité des transports « structurants ». C’est indéniable. Mais c’est une écologie pour qui ? On le voit dans la plupart des villes : la spéculation immobilière fait rage aux environs de ces lignes. Bayonne n’y échappe pas, et on ne peut pas dire que la ville cherche à contrôler le phénomène, hormi la limitation des résidences secondaires (pendant 15 ans), au contraire : sa politique de peuplement vise à attirer les classes moyennes. Voir, par exemple, ce billet antérieur :

La nouvelle citadelle

Lors du dernier conseil municipal le 17 juillet, le maire a vanté la forte proportion de logements sociaux dans le nouveau quartier citadelle à construire. Même chose pour HSA dans son rapport d’activité, qui n’hésite pas à mentionner les PLI parmi les futurs logements sociaux. En plus des logements étudiants, saisonniers, EHPAD et autres spécifiques.

Dans un précédent billet (la mort d’une cité populaire), j’avais pointé les mensonges concernant la démolition des 241 logements familiaux de cette cité, une démolition totale comme n’en fait plus l’ANRU (pourtant créée pour cela). La nouvelle citadelle est de la spéculation immobilière à l’état brut.

Les chiffres de ce billet étaient ceux donnés lors d’une réunion publique en décembre 2024. De nouveaux chiffres, plus précis, sont avancés pour la programmation de logements, toujours susceptibles d’être révisés quand les PC seront déposés : 81 PLAI (locatifs très sociaux), 107 PLUS (locatifs standards), 23 PLS familiaux (locatifs de qualité supérieure), soit un total de 211 logements locatifs familiaux; 110 PLS étudiants ; 70 BRS (accession sociale) ; 184 en accession libre. Soit un total de 575 logements, dont 68% de sociaux « officiels », toutes catégories confondues. Pour les familles par contre, la réalité est toute autre : entre l’ancienne et la nouvelle cité, on passe de 241 à 211 logements. En baisse donc : c’est bien un choix de peuplement.

27% de logements sociaux à Bayonne : un récit mystificateur et méprisant.

Il n’est pas un débat sur le logement et sur le PLUi où le maire et son adjoint ne mettent en avant les 27% de logements sociaux sur la ville, au contraire des autres villes qui ne respectent pas, et de loin, les 25% de la loi SRU. Ce récit est méprisant et doublement mystificateur.

Méprisant, car il pointe négativement le logement social comme une charge à partager avec les villes voisines, et non comme une réponse positive aux besoins sociaux. A elles de prendre leur part dans le logement des « cas sociaux »…

Mystificateur, car les logements sociaux ont été construits en grand nombre dans les années 1960 et 1970, et la municipalité actuelle vit de cette rente léguée par Grenet père. Sa politique vise à construire le minimum de logements sociaux qui permette de ne pas descendre en dessous de la barre des 25%. Selon les années, on oscille entre 26% et 28%. Et on y arrive… grâce aux BRS.

Mystificateur encore, car la définition de « logement social » a évolué au cours du temps. A l’origine, il s’agissait uniquement de logements locatifs, avec marginalement quelques PSLA. Mais, grâce à Macron en 2017, l’accession sociale de type BRS est prise en compte dans le contingent des 25% SRU. Et, dans beaucoup de villes, dont Bayonne, c’est l’explosion du nombre de BRS construits, avec la bonne conscience du « sociale » de l’accession sociale à la propriété.

Les 27% de Bayonne résultent de cette inclusion de l’accession sociale. Mais où en est le pourcentage des PLAI + PLUS et son évolution ????

Cette ruée vers les BRS se combine avec l’explosion aussi des logements sociaux spécifiques, dont l’utilité n’est pas contestable : résidences seniors et étudiantes. Cela a d’ores et déjà déséquilibré le bilan du PLH : les objectifs pour 2023 ont été remplis à 56 % pour les PLUI + PLUS, à 318 % pour les PLS (surtout des spécifiques) et 127 % pour les BRS.

Et ce, alors que les demandes de logements atteignent 14 499 au 31/12/23 sur toute la CAPB, en hausse, avec des attributions, en baisse qui représententt 12,6 % des demandes. Et ce sont des demandes de locations, et non d’accession à la propriété.

Le droit au logement, un enjeu déterminant pour les prochaines élections municipales

Le pouvoir macroniste a entrepris une politique systématique de destruction du logement locatif social et ne cherche pas à dissimuler ses choix en faveur des plus privilégiés. Cela met en difficultés des politiques publiques locales plus équilibrées en matière de logement, et encore plus les bailleurs sociaux. Il ne faudrait pas que les contraintes financières poussent les municipalités à se mettre dans le sillage des orientations nationales davantage que dans la réponse aux besoins réels des habitants.

Patrick Petitjean, 26 juillet 2025

Etchegaray à Bayonne : une gouvernance opaque

Une réponse postale en mai pour une demande de documents faite en juillet dernier par courriel, et, surtout, un débat escamoté lors du conseil municipal du 5 juin sur le futur PLUi de l’ACBA, sans documents fournis aux élu.e.s : le maire de Bayonne ne partage pas la gouvernance de la ville avec les élu.e.s. Alors, avec les habitants… Il n’y a rien à attendre d’Etchegaray ou de son équipe pour une gouvernance démocratique.

Il ne faut jamais désespérer. Ma demande de documents, faite en juillet 2024 au maire, a reçu une réponse… en mai 2025.

La demande concernait une délibération du conseil municipal en juillet 2024. Pour justifier les éléments chiffrés contenus, elle renvoyait à un document, dont j’avais demandé communication. La loi prévoit que tout document administratif ayant servi à une décision (ce qu’est une délibération du conseil municipal) est communicable à toute personne.

J’avais retracé dans un billet de blog les péripéties de la non-réponse à cette demande. Voir le billet : https://lepimentbayonnais.fr/2025/01/20/urbanisme-a-bayonne-les-cachotteries-du-maire/

Lors de ce conseil les élu.e.s de l’opposition se sont interrogés, à juste titre, sur les chiffres avancés, notamment sur la carte scolaire, sans véritable réponse. Ils-elles sont supposés voter « en connaissance de cause ». Les documents référencés dans une délibération sont supposés alimenter cette connaissance.

Mais, comme le reconnaît la lettre, et c’est en cela qu’elle est intéressante, le document référencé n’existait pas, et c’est pour cela qu’il ne pouvait pas être communiqué.

La délibération majorait la taxe d’aménagement sur une partie importante du secteur Saint-Bernard / Laharie, et justifiait cette majoration en particulier par la (re) contruction d’une école dans le quartier de la citadelle.

Si l’on comprend bien le texte de la réponse, le document référencé n’existait pas de manière formelle :

« Les études relatives au développement du trambus, à la création de polarités de quartier, à la préservation du patrimoine, au maillage piéton et à l’épanouissement paysager sont pour l’instant des documents de travail qui ne sont pas transmissibles. Elles proposent des scenarii qui vont permettre de guider les choix d’écriture règlementaire au PLUi. Ceux-ci seront exposés lors de la phase d’enquête publique ».

On a donc affaire à des études préalables au PLUi, qui servent de base à une décision du conseil municipal dès maintenant, mais qui ne sont pas encore sous la forme d’un document formalisé. C’est un manque complet de considération envers les élu.e.s et au-delà envers les habitants

Le conseil municipal de Bayonne privé du droit de débattre de son PLUi

La réponse du maire fait référence au PLUi en cours de finalisation. La coincidence temporelle avec la présentation du PLUi lors du conseil municipal du 5 juin n’est donc pas fortuite. Et l’attitude du maire de Bayonne sur ce point est beaucoup plus grave

Le 5 juin, le conseil municipal était invité à « prendre connaissance » du future PLUi, lequel concerne l’ancienne Agglo Côte Basque Adour (ACBA), dont Bayonne et 4 autres villes. Prendre connaissance, mais sans vote, puisque l’urbanisme est de la compétence de la CAPB. Encore que, même si au final la décision appartient à la CAPB, rien n’empêche le conseil municipal de donner son avis consultatif par un vote. Cela se fait en général dans des dossiers de modifications de l’ancien PLU.

La question est : quelles informations ont été communiquées aux élu.e.s, de quoi a-t-il pu prendre connaissance ?

Et bien, seulement d’un diaporama d’une trentaine de pages, déjà projeté le 23 avril lors d’une réunion publique au siège de la CAPB, puis dans une commission préparatoire du conseil. Comment prétendre qu’avec ce simple diaporama le conseil pouvait prendre connaissance du PLUi ?

Lorsqu’une élue (Demain Bayonne) lui a fait remarquer que, pour la même « prise de connaissance », les élu.e.s d’Anglet avait eu droit au même diaporama, mais que la délibération avait décliné en plus quelques points importants spécifiques du PLUi pour Anglet, l’adjoint bayonnais à l’urbanisme a consenti à annoncer en séance quelques points d’application locaux du PLUi. Tout en admettant après la séance dans les couloirs la volonté de la municipalité d’en dire le moins possible si elle n’est pas poussée à le faire.

Le PLUi, est un ensemble de documents volumineux, politiques et techniques. On peut imaginer qu’au moins une synthèse non technique soit communiquée aux élu.e.s, avec les principales décisions concernant Bayonne et qui figurent au PLUi.

Eh bien non. Comme dans l’inexistence du document référencé par la délibération de juillet 2024, c’est un mépris total envers les élu.e.s.

Les PLUi au conseil communautaire

Le PLUi de l’ACBA est à l’ordre du jour du conseil communautaire du 21 juin, pour adoption avant une enquête publique à l’automne.

Il y a 81 points au sommaire de ce conseil dont 14 concernent des PLUi ou des modifications d’anciens PLU. Autant dire qu’il n’y a que peu de temps disponible pour débattre de chacun, même des plus « gros ». Surtout, vu la complexité de chaque PLUi, et la disparité dans un conseil composé en majorité d’élu.e.s de petites communes, des discussions approfondies sont difficiles et auraient besoin d’être bien préparées. Les méthodes de l’éducation populaire seraient bénéfiques dans un tel cas…

On verra quels documents seront communiqués aux élu.e.s, et quels débats seront possibles.

Même si chacun des conseils municipaux ne sont que consultatifs, ils devraient rester le principal lieu de débat sur ces dossiers d’urbanisme.

J’aurais l’occasion de revenir sur ce PLUi après le conseil communautaire, et surtout au moment de l’enquête publique à l’automne.

Patrick Petitjean, 10 juin 2025