Près de 2 000 personnes (plus 1 700 selon Sud Ouest) ont participé ce matin à la manifestation du 1er mai, à l’appel des organisations syndicales (LAB, FSU, CGT, Solidaires, FO, UNSA) et de Bizi (avec Alda). Promenade en quelques photos
tête de cortègeCGT Av. Alsace LorraineBizi et Alda av. Alsace Lorraine
Une belle mobilisation qui est aussi une riposte aux tentatives du gouvernement et des partis (du centre à l’extrême droite) de remettre en cause le caractère obligatoirement chômé pour toustes les travailleurs-euses de ce jour.
Les cortèges les plus nombreux étaient ceux de LAB, de Bizi, de la CGT et de Solidaires – même les mélanges étaient fluides entre les différentes parties de la manifestation.
Cette année, le cortège a abandonné les traditionnels zig-zags dans le centre ville au profit d’une montée de Saint-Esprit vers les quartiers populaires des Hauts de Bayonne. L’arrivée s’est faite place des Gascons, avec les prises de paroles et des stands associatifs et syndicaux.
CGT sur la montée vers la place des GasconsBizi en montée vers les GasconsArrivée place des GasconsVue d’ensemble de la placeTribune place des GasconsUn des stands associatifs place des Gascons
Antifascisme, internationalisme, féminisme
L’antifascisme était aussi partout dans les cortèges. Lutter contre l’extrême-droite était une motivation essentielle des manifestant.e.s.
banderole antifa places des Gascons, derrière la tribune avecune autre banderole antifa
Le 1er mai est une journée traditionnellement internationaliste, ce qui n’a pas manqué d’être souligné dans les différentes interventions dans le contexte des guerres en cours. A noter aussi la présence d’un petit groupe de Kurdes demandant la libération d’Ocalan.
Ce samedi 28 octobre, les rues de Bayonne ont été animées par un carnaval libre et sauvage, renouant avec les traditions d’un carnaval fantaisiste, politiquement incorrect, loin d’un spectacle pour touriste. Un poteo joyeux pour se faire plaisir, se déguiser, danser, chanter. Pour porter toutes les colères et revendications. Pour fêter le printemps. Pour faire une fête d’adieu à Zanpantzar, fauteur de tous nos maux.
En quelques photos
La LGV, c’est nonOn se regroupe place de la RépubliqueOn part en défilé derrière une batucadaDanse au confluent de la Nive et de l’AdourFoule place du RéduitVive la communeLibres et sauvages en plusieurs languesSainte Soline, c’est aussi notre présentLes Papy’s Teknos au carré des HallesOn danse sur le carré des HallesDans le défiléTrump enfarinéOnn’oublie pas la crise du logement et les résidences secondairesLe maître spéculateur, ami du maire, sera achevé à coups de bâton
Les droits de l’enfant font partie des 6 mesures phares mises en avant dans le projet municipal de la liste « Bayonne en mouvement », à travers du slogan « faire de l’enfance une grande cause municipale ». Ce choix est une réponse à l’appel « pour la création d’une délégation municipale aux droits de l’enfant » et au manifeste « faire de l’enfance une priorité des politiques publiques locales ». Quand l’Unicef propose de « penser la ville à hauteur d’enfant », il s’agit d’englober des mesures éclatées, en même temps que favoriser la parole des enfants. Créer une délégation spécifique en est la traduction institutionnelle.
Poser l’enjeu de la politique municipale concernant l’enfance comme un droit, dans la ligne des conventions internationales, c’est se dégager des approches traditionnelles la ramenant à de l’action sociale (avec un renvoi vers le Conseil départemental), aux questions scolaires, à la protection de l’enfance, et plus rarement à des aménagements de l’espace public.
C’est donner de la cohérence d’ensemble à des mesures dispersées et les mettre en perspective. C’est s’adresser aux enfants comme à des personnes à part entière.
C’est lui donner un substrat politique.
Comme pour dans d’autres domaines, les droits des femmes pour lesquels nous manifestions le 8 mars, le droit des minorités : l’égalité des droits
La mesure phare : Faire de l’enfance une grande cause municipale
Faire de notre ville une ville à hauteur d’enfants, c’est choisir de voir le monde à travers leurs yeux, d’écouter leurs besoins et de préparer leur avenir avec ambition et bienveillance.
Cela commence par :
Un plan de rénovation des écoles
Mettre fin à la vétusté de notre bâti scolaire trop longtemps insuffisamment entretenu pour offrir à chaque enfant un cadre d’apprentissage sûr et stimulant.
Renforcer l’accompagnement à la parentalité
Avec des actions concrètes, des espaces d’écoute, des ressources et des temps d’échange pour ne laisser aucun parent seul face aux défis du quotidien.
Renforcer nos centres de loisirs et nos modes d’accueil
En proposant des solutions accessibles, de qualité, adaptées aux besoins des familles.
Éveiller dès le plus jeune âge à la biodiversité et au respect du vivant
Placer l’enfant au centre de nos décisions
En prenant en compte sa parole et son intérêt supérieur dans chaque décision municipale.
Protéger nos enfants des risques liés aux usages numériques
Et les accompagner vers des pratiques responsables et éclairées.
Créer une délégation municipale dédiée aux droits de l’enfant
Garante de la prise en compte et du respect de leurs droits dans l’ensemble de nos politiques publiques
L’appel pour la création d’une délégation municipale aux droits de l’enfant
Une tribune pour la création d’une délégation municipale aux droits de l’enfant a été publiée dans le journal Le Monde du13 janvier, signée par des intellectuels et des responsables d’associations impliquées sur le sujet, dont Unicef-France et les parents d’élèves de la FCPE. Elle reprend un appel plus complet, signé par plus d’une cinquantaine d’associations :
L’appel propose 5 chantiers structurants : rompre les inégalités de naissance ; faire reculer les violences sexuelles ; donner la priorité à la parole des enfants ; mettre la santé globale au coeur des villes ; penser les villes à hauteur d’enfant.
Une délégation dédiée aux droits de l’enfant permet que chaque politique publique locale soit examinée à l’aune d’une question simple : Est-ce favorable au développement et au bien-être des enfants ? Il s’agit d’un pilotage structuré et durable, loin du simple affichage habituel.
La tribune se termine donc par cet appel :
« En 2026, chaque liste candidate pourra promettre plus de sécurité, de nature, de sport, de culture. Nous proposons qu’elle réponde d’abord à une question simple : qui, dans votre futur exécutif municipal, portera explicitement la responsabilité politique des droits des enfants ?
Créer une délégation aux droits des enfants, c’est reconnaître que la commune se donne pour mandat de protéger, d’écouter et d’émanciper celles et ceux qui en sont le coeur le plus vulnérable et le plus décisif : les enfants. Créer une délégation aux droits des enfants dans chaque mairie, c’est faire un choix clair : celui de regarder les villes et les villages avec leurs yeux, d’orienter nos investissements, nos arbitrages, nos renoncements et nos priorités à leur hauteur ».
Faire de l’enfance une priorité des politiques locales
Dans le sillage de cet appel, bâtir des villes à hauteur d’enfant est aussi l’ambition d’un manifeste publié le 18 février en vue des élections municipales : « Faire de l’enfance une priorité des politiques locales ».
Le manifeste est impulsé par un collectif d’associations « Dynamique pour les droits des enfants », autour d’Unicef-France, et co-signé par de nombreuses associations. Ce collectif a pour objectif de porter en direction des décideurs publics des messages de plaidoyer pour une meilleure effectivité des droits de l’enfant en France et à l’international mais aussi sensibiliser le grand public à ces enjeux.
Le manifestese veut une mise en œuvre de la Convention internationale pour les droits de l’enfant. Il invite les candidats et candidates à faire de l’enfance une priorité structurante de leur futur mandat, plutôt qu’un simple thème additionnel et propose un ensemble de recommandations concrètes, notamment : :
Renforcer la gouvernance locale : Le collectif demande l’élaboration d’une stratégie locale dotée de budgets dédiés et la désignation d’un·e élu·e référent·e spécifique pour coordonner les politiques de l’enfance (une délégation)
Promouvoir la participation citoyenne des enfants : Il est essentiel de renforcer les Conseils Municipaux d’Enfants et de Jeunes (CME-CMJ) en leur donnant un rôle réel et des moyens propres et développer les dispositifs participatifs pour les enfants à l’échelon local.
Garantir une ville inclusive : La Dynamique pour les Droits des Enfants appelle à prévenir et lutter contre les espaces “No Kids” et à favoriser des espaces publics accueillants, sûrs et accessibles à toutes et tous, y compris aux enfants en situation de handicap.
Favoriser des échanges qui ouvrent les enfants sur le monde: la Dynamique appelle les communes à placer les droits de l’enfant également dans leur action de coopération internationale et à développer des jumelages éducatifs. Des échanges entre jeunes qui renforcent l’ouverture au monde, la solidarité et l’engagement citoyen.
L’Unicef s’appuie aussi sur les réseaux « Ville amie des enfants » et « Territoires d’enfance » pour accompagner les collectivités dans la traduction concrète de ces priorités en politiques publiques locales.
“Devenir Ville amie des enfants, c’est faire le choix de transformer durablement son territoire en plaçant les droits de l’enfant au coeur de l’action publique”, plaide l’Unicef, animé par deux principes directeurs : la prise en compte de l’opinion de l’enfant et la lutte contre l’exclusion.
La question du logement est partie intégrante des droits de l’enfant.
Signature du manifeste à Caradoc
Ce manifeste a été signé par Jean-Claude Iriart le 4 mars au parc Caradoc au nom de la liste Bayonne en Mouvement.
Ce parc municipal a été choisi en tant qu’espace populaire et accessible, fréquenté par toutes les générations. Un poumon vert essentiel pour la santé et le bien-être. Il y a 20 ou 30 ans, cet espace naturel était beaucoup plus vaste. L’urbanisation, notamment celle de l’ancienne clinique Saint Etienne sous la coupe d’Alday, est passée par là.
Le parc accueille des anniversaires, des pique-niques, des rencontres scolaires, des moments familiaux. Signer ici un engagement fort pour les enfants et les familles, c’est donner à cet engagement une portée concrète et incarnée.
Lors du débat entre les candidats organisé le 26 février par le journal Sud Ouest, 20 minutes ont été consacrées au logement. Le maire de Bayonne y est apparu particulièrement vindicatif en interrompant systématiquement ses adversaires. Il se posait en donneur de leçons : « vous savez que… ». Il a renvoyé la balle vers les communes voisines à plusieurs reprises. Les chiffres qu’il a donnés sur le logement social étaient partiels et mystificateurs. Il n’a jamais répondu à la question : veut-il développer le logement public. Passage en revue de ce débat.
Il se situe entre le 11e et la 30e minute de la vidéo.
Les photos de candidat.e.s sont des captures d’écran du débat
Petit rappel des sigles ou de leur signification : Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) ; Logement Locatif social (LLS – dit aussi HLM) ; AS (Accession Sociale – principalement les BRS – Bail Réel Solidaire) ; Logement Social (LS : LLS + AS) ; PLAI (location très sociale) ; PLUS (location standard) ; PLS (location sociale pour classes moyennes et résidences étudiantes) ; PLI (location sociale pour cadres)
Pantxika Delobel, la journaliste de Sud-Ouest, lance la discussion sur le terrain favori du maire : les respect de l’indice SRU, 25 %, en soulignant que Bayonne est au-delà, et lui passe en premier la parole.
Le maire embraye pour expliquer qu’il veut faire davantage, en donnant pour exemples les programmes du Prissé (en voie de livraison), de Sequé 3 (en construction) et Sequé 4 (en attente des Permis de Construire) : avec 45 % de logements sociaux. Le chiffre est exact, en ce qu’il ajoute LLS et BRS. Il y a 30 % de LLS. Et on ne peut faire l’impasse sur les 55 % de libres. Mais cela ne concerne que les gros projets en cours.
Complément : Voici les chiffres officiels figurant dans les fiches « territoires engagés pour le logement » :
Chala Lana : 335 logements, avec 185 libres (55%), 100 LLS (y compris PLS) et 50 BRS. La règle de 45 % de LS et de 2 LLS pour 1 BRS est respectée.
Séqué 3 : 190 logements, avec 104 libres 55%), 58 LLS (y compris PLS) et 28 BRS. La règle de 45 % de LS et de 2 LLS pour 1 BRS est respectée.
Sequé 4 : 269 logements, avec 148 libres (55%), 81 LLS et 40 BRS. La règle de 45 % de LS et de 2 LLS pour 1 BRS est respectée.
Mystification : Les chiffres des trois dernières années, selon l’observatoire du logement au Pays basque permettent de voir, déjà, que le maintien du taux « SRU » au-dessus de 25 % se fait uniquement grâce à l’arrivée massive des BRS. La location sociale, en particulier très sociale, reste déficitaire au regard des besoins.
La veille du débat, Sud Ouest avait publié les courbes sur l’évolution du parc de logements locatifs sociaux ces 5 dernières années au Pays basque. Le moins que l’on puisse dire, concernant Bayonne, c’est que la croissance de ce parc est très modérée.
Complément : En complément du tableau de Sud Ouest (ci-dessous), la même source (le Répertoire national du parc de locations sociales) permet d’accéder au nombre de locations mises en service (sans BRS donc) par année :
Cela conforte la stabilité du nombre total de LLS (voir le tableau de Sud-Ouest), et la diminution tendancielle de la mise en location de nouveaux logements, entre le début des années 2010 et aujourd’hui, à savoir sous les deux mandats de ce maire.
Pire encore : Les 58 logements locatifs pour 2024 comprennent 31 PLI pour cadres (rappel : les BRS seraient à ajouter), contre seulement 27 locations sociales classiques… La municipalité ne saurait mieux manifester son abandon du logement des classes populaires.
La faute aux riverains
Et déjà un premier avertissement du maire : on fera cela malgré les recours des riverains dans des pavillons. Il y revient spécifiquement (à 16’34) en ciblant les opposants à l’urbanisation du domaine de Lana, accusés d’être des NIMBY (Not In My BackYard – pas près de chez moi). Et justifie ainsi le projet « là où passe le bus avec une cadence extrêmement importante, ne pas imaginer qu’on puisse construire des logements le long, c’est une aberration ». Merci pour les embouteillages déjà existants avenue Duvergier de Hauranne. Il a bien conscience que cela gêne les propriétaires de pavillons, mais il assume de faire des mécontents.
Remarque : sans nier l’existence du phénomène Nimby, c’est une défausse facile, permanente y compris chez les bailleurs, pour limiter le logement social et faire oublier des dossiers mal ficelés.
La faute aux communes voisines
Deuxième développement du maire : c’est aux communes voisines de faire davantage d’efforts. Il y revient à plusieurs reprises dans le débat : en interrompant Jean-Claude Iriart pour l’inviter à aller parler aux communes voisines de la nécessité de faire du logement social ; en se plaignant un peu plus tard, d’être seul contre tous à l’agglo : il dit craindre un « appel d’air » (25’15) s’il fait plus de logements sociaux, on vient chercher des logements sociaux à Bayonne, car il n’y en a plus qu’à Bayonne. Pour lui, c’est de la mixité sociale que se limiter.
Appel d’air ? : la référence à l’appel d’air, ce ne sont pas des mots innocents. Cela permet au candidat d’extrême droite, qui prend la parole ensuite, d’embrayer sur l’excès de population à Bayonne.
Un maire pro-communiste ?
Pour conclure son intervention, le maire rend hommage à la loi SRU, votée en 2000 sous l’égide d’un ministre communiste, Jean-Claude Gayssot
Mystification : la loi SRU ne concernait que les locations HLM. Dès le Début, Bayonne était très au-delà de l’indice SRU (période Henri Grenet). Depuis, la loi SRU a été modifiée à plusieurs reprises, notamment pour inclure l’accession sociale, dont les BRS. Elle est encore promise à modification en incluant les locations « intermédiaires », LLI. L’indice SRU a de moins en moins de sens pour mesurer l’effort en faveur du logement des classes populaires. Il est artificiellement gonflé pour éviter de construire suffisamment de LLS.
L’indice le plus fidèle à la vocation initiale de la loi SRU est le rapport entre les LLS et les résidences principales. Pour Bayonne, il tourne depuis des années autour de 21 %. C’est cet indice que Bayonne en Mouvement propose de remonter à 30 %.
Henri Grenet ? Connais pas : Le maire s’abstient aussi de répondre à Henri Etcheto (14’22) qui rappelle que l’indice SRU de Bayonne est un legs d’Henri Grenet, et non le fruit d’une politique favorable au logement social. Le maire s’abstient aussi de commenter le tableau publié la veille par Sud Ouest, qui retrace l’évolution du nombre de locations HLM à Bayonne, et montre la stagnation ces dernières années.
Il y a 6 472 locations sociales à Bayonne en 2024 d’après le tableau de Sud-Ouest (voir la photo plus haut). Quand Jean-Claude Iriart (18’08) propose de renforcer l’offre de logements sociaux, le maire l’interrompt en lui demandant « combien de logements sociaux à Bayonne », il répond de lui-même « 7 000 », avec comme sous-texte, c’est bien assez. En incluant les BRS ? Même idée plus tard dans le débat à propos de « l’appel d’air » : le logement social, çà commence à bien faire.
Silence : Le maire ne lui répondra pas sur la stagnation de l’indice SRU (sauf pour revendiquer 27%). Il ne relèvera pas davantage que les 3/4 des demandeurs de HLM sont éligibles aux logements très sociaux
C’est au tour de Sandra Perreira-Ostanel d’être interrompue par le maire à un moment où elle défend la proposition d’augmenter le nombre de logements sociaux. Il lui assène (22’45) le projet Citadelle : 637 logements, dont 67 % de logements sociaux. Chiffres qu’il répètera quelques minutes plus tard en interrompant Henri Etcheto cette fois
Mystification et scandale : Les chiffres exacts pour le projet Citadelle sont extraits du dossier soumis à enquête publique pour la modif 18 du PLU – ils sont repris à l’identique dans la fiche des « territoires engagés pour le logement » de juillet 2024, hormis la décomposition des PLS entre « familiaux » et « étudiants » : 81 PLAI, 107 PLUS (soit 188 HLM), 23 PLS familiaux (soit 211 LLS anciens, versus 241 détruits), 110 PLS « étudiants » (soit 391 LS au titre SRU), 184 libres, donc un total de l’opération 575 logements.
Le nouveau chiffre (637) avancé par le maire n’apparaît dans aucun document public. Pour atteindre 67 % de logements sociaux « à la SRU », il faut prendre en compte les logements étudiants. L’effort pour des locations traditionnelles, reste important, autour de 49 % de l’opération si l’on inclut les PLS familiaux. Mais ce qui rend cette opération scandaleuse, c’est la diminution du nombre de HLM entre l’avant et l’après.
Le projet de PLUi proposé par la municipalité actuelle
Dernière passe d’armes, concernant le futur PLUi. Jean-Claude Iriart regrette que le maire ne parle que des grands projets au-delà de 50 logements, et non des projets plus modestes, et nombreux, où le PLU n’oblige pas à inclure des logements sociaux. Il propose d’une part de remonter l’obligation de logements sociaux à 60 % (au lieu de 40%) dès 20 logements, et d’inclure une obligation de logements sociaux dès 3 logements. Le maire lui répond que son projet de PLUi prévoit le seuil de 8 logements pour les petits projets.
Silence sur la régression du PLUi : Dans le projet de PLUi, il y a une modification essentielle au regard de la situation actuelle : si la proportion de logement SRU reste à 45 % dans les opérations de plus de 50 logements, la répartition entre LLS et BRS, qui était de 2 pour 1, passe à 45 % de LLS (au final, ce sera donc 45 % de 45 %, soit 20 % de LLS dans une opération) contre 55 % de BRS (auxquels les PLS seraient assimilés). 20 % de LLS et 55 % de libres : le choix du maire sont clairs : changer la population en diminuant le part de HLM et pousser les demandeurs populaires actuels dehors. Pour des opérations entre 20 et 50 logements, le PLUi réduit la part sociale à 30 % (40 % dans les quartiers périphériques). Voir plus loin la photo du projet de PLUi.
Recherche logement social désespérément dans le programme du maire
Pour préciser les propositions « logement » du maire, on peut compléter les interventions lors du débat de Sud Ouest par la page 10 (« faciliter le logement à Bayonne ») de son programme et par sa réponse écrite sur le sujet, publiée le 3 mars dans Sud-Ouest en même que les réponses des autres candidat.e.s sur ce thème.
Dans la contribution pour Sud Ouest, après la critique contre les communes voisines qui ne respectent pas la loi SRU, le maire affirme vouloir maintenir « au minimum » l’indice SRU à son niveau actuel de 27 %. Il définit 3 leviers : rénovation de l’habitat privé dans le centre ancien, ;réhabilitation du parc social privé (note : si le LS entre dans cette action, il n’est pas question de logement public) ; opérations innovantes autour de l’habitat participatif ou intergénérationnel (note : c’est bien, mais ne répond que très très partiellement aux besoins en logements). Et pour conclure, l’objectif de mixité sociale est réaffirmé, avec cet outil : des BRS por permettre à nos jeunes d’accéder à la propriété.
Dans le programme, les mots « logement social » ont même disparu. On parle de poursuite de la réhabilitation du centre ancien, de protection du patrimoine, d’encadrement de l’urbanisation dans les quartiers pavillonnaires, de « poursuite du programme de réhabilitation des logements à Cam de Prats, au Polo Beyris, à la Citadelle » : ce sont des logements locatifs sociaux, mais ces mots semblent être devenus tabous. A noter de plus que la réhabilitation de Cam de Prats est en cours, et que pour Citadelle (voir plus haut), en fait de réhabilitation, il s’agit d’une destruction des logements locatifs actuels.
Au final, la construction de HLM (LLS) est devenu une question secondaire du nouveau programme du maire. Tout au plus met-il en avant leur rénovation. Plus que jamais, la référence à la mixité sociale, la confusion entre les locations et les accessions sociales, l’utilisation en trompe l’oeil de l’indice SRU pour minorer les location sociales, traduisent une politique consciente de peuplement à Bayonne : le « tout classes moyennes et supérieures » pour diminuer la part de HLM et pousser les demandeurs populaires actuels dehors.
Plus que jamais, comme le rappelle la campagne de communication dans plusieurs journaux de la Fédération des Offices Publics de l’Habitat, « c’est du logement social public qu’il nous faut ». C’est la seule forme de logement accessible aux classes populaires, et totalement hors spéculation. Les BRS, quant à eux, sont du logement privé, même si le foncier reste public pour les sortir aussi de la spéculation immobilière, et ils sont peu accessibles aux classes populaires.
Le droit d’interpellation : c’est une notion qui commence à se frayer un chemin dans le débat public à l’occasion de ces municipales. Il permet aux habitant·es, associations et collectifs d’interpeller directement les élu·es et les services, par pétition, avec l’engagement d’une réponse institutionnelle concrète. Il ne s’agit pas d’un outil consultatif supplémentaire, mais d’un dispositif qui redonne du pouvoir d’agir et rompt avec la logique de la consultation “impuissante”. Il vise à sortir d’une invocation abstraite du RIC en proposant des modalités concrètes, déclinées localement.
La revue Mouvements a publié fin 2025 un recueil d’articles pour en détailler les enjeux, sous le titre : « Démocratie d’interpellation, les contre-pouvoirs au service de la République ». Les articles insistent sur cette notion de « contre-pouvoir », qui fait toujours peur aux élu.e.s. Le mouvement associatif, les syndicats, et plus largement la société civile, sont des contre-pouvoirs indispensables à la vie démocratique.
Le 10 février, le journal Le Monde a publié un article sur les pétitions « angle mort de la vie politique française » pour réhabiliter cette forme de prise de parole et analyser ses développements récents : de la pétition contre la oi Duplomb à la mise en place du « droit d’interpellation » dans différentes communes, en passant par la revendication du RIC
Pendant la mandature actuelle, les villes de Grenoble et de Poitiers, notamment, ont commencé à l’expérimenter, en liaison avec les Maisons d’habitant.e.s.
Ce dispositif peut permettre de redonner du pouvoir d’agir aux habitant.e.s, bien davantage que les dispositifs plus traditionnels de consultation, ou de conseils de quartier. Comment dépasser les formes décevantes de participation citoyenne, peu efficaces, et s’adressant toujours aux mêmes petites minorités ?
L’appui sur un réseau de Maisons d’Habitant.e.s, ou maisons de la citoyenneté, au plus près des habitant.e.s, est essentiel : cela permet d’accueillir les pétitionnaires, de les accompagner pour rechercher des signataires, d’assurer le suivi de la réponse institutionnelle à laquelle les élu.e.s s’engagent. Plus largement, ces Maisons ont la fonction et d’accompagner toutes les initiatives citoyennes, venant s’associations et de groupes informels. Ce nouveau droit ne peut être mis en œuvre sans ces Maisons d’habitant.e.s.
S’inspirant de ces expériences, Bayonne en Mouvement a retenu l’instauration du droit d’interpellation comme un élément de sa mesure phare sur les Maisons d’Habitant.e.s.
Elle est présentée dans le programme détaillé sur le site de la liste :
Le droit d’interpellation permet à toute citoyenne ou tout citoyen d’interpeller les élues et élus pour mettre un sujet à leur agenda de manière directe. C’est une possibilité supplémentaire de s’investir dans la démocratie locale et dans la décision municipale. Les Maisons de quartier serviront de point d’appui pour mettre en œuvre ce droit.
Pour saisir la mairie sur un sujet qu’il juge prioritaire, un.e habitant.e peut prendre l’initiative d’adresser une pétition à la municipalité. Le droit d’interpellation garantit une réponse formalisée à la demande par la municipalité. Selon le nombre de signatures de la pétition, il y a plusieurs niveaux de demandes, et de réponses, possibles, en ordre croissant :
1- Rencontre sur le quartier entre les habitants (au-delà des pétitionnaires) et les élu.e.s concerné.e.s
2- Constitution d’un atelier de travail sur le sujet
3- Débat au conseil de quartier, pour porter une question orale au conseil municipal
4- Inscription à l’ordre du jour du conseil municipal
5- Tenue d’une assemblée citoyenne (ville entière ou agglomération)
6- Organisation d’une votation citoyenne
(sous titre) L’appel : POUR LES MUNICIPALES 2026 : INTÉGRER LA DÉMOCRATIE D’INTERPELLATION
L’appel complet reproduit en entier ci-dessous, et est aussi ici :
L’institut Alinsky, qui en est l’initiateur, a été lancé par des chercheurs, des professionnels de la participation citoyenne et des community organizers praticiens de cette méthode en France depuis 2010. Il organise de nombreuses formations et débats sur ces sujets. Voir : https://alinsky.fr/
Il a été rejoint, pour cet appel, par le réseau « Pas Sans Nous », constitué après les révoltes de 2005 après le rapport Mehmache / Bacqué. Aujourd’hui, il joue le rôle de syndicat des quartiers populaires. https://passansnous.org/
Ont rejoint également l’appel le Collectif des Associations Citoyennes (CAC), partie « gauche » du mouvement associatif, et l’observatoire des libertés associatives.
La crise démocratique actuelle n’est pas le fruit d’un manque d’expression citoyenne, mais d’une surdité sélective des institutions qui refusent d’accueillir le conflit social. Face à la montée d’un néolibéralisme autoritaire qui marginalise les voix discordantes et répond aux contestations par la répression plutôt que par le débat, il devient urgent d’organiser politiquement la conflictualité sociale produite par les inégalités. La démocratie participative classique, pensée comme une offre institutionnelle descendante, n’est pas parvenue à résorber cette faille démocratique.
PROTECTION ET PROMOTION DES LIBERTES ASSOCIATIVES
L’hypothèse stratégique de la démocratie d’interpellation est claire : le changement social se construit à l’articulation entre le renforcement des contre-pouvoirs citoyens et la capacité des institutions à accueillir ces dynamiques. Associations, collectifs et syndicats d’habitants y jouent un rôle aussi essentiel que les partis dans la démocratie représentative.
En intégrant concrètement ces dispositifs à votre politique publique locale, vous faites de votre commune un espace de protection et de promotion des libertés associatives, un lieu où le conflit devient une force démocratique plutôt qu’un problème à neutraliser.
1. Reconnaître et garantir les droits d’interpellation citoyenne
Mettre fin à la résignation démocratique
Les mobilisations citoyennes s’essoufflent et s’éteignent faute de débouchés institutionnels formels. Le droit d’interpellation permet aux habitant·es, associations et collectifs d’interpeller directement les élu·es et les services, par pétition, avec l’engagement d’une réponse institutionnelle concrète.
Il ne s’agit pas d’un outil consultatif supplémentaire, mais d’un dispositif qui redonne du pouvoir d’agir et rompt avec la logique de la consultation “impuissante”.
Des paliers qui forcent le dialogue et la décision
Les droits d’interpellation doivent être organisé en paliers progressifs. L’atteinte de seuils de signatures ouvre automatiquement des droits spécifiques :
Dialogue structuré et reconnaissance institutionnelle
L’ouverture d’une médiation garantit un espace formel de dialogue entre le collectif porteur, l’administration et les élu·es. Des expériences locales ont montré que ces médiations peuvent déboucher sur des transformations concrètes, y compris sur des sujets conflictuels comme l’aménagement du territoire ou l’usage des pesticides.
Accès à la contre-expertise citoyenne
Le franchissement de ce seuil permet l’accès à un financement pour réaliser une contre-expertise juridique, environnementale ou sociale.
Mise à l’agenda d’un sujet en conseil municipal et débat public
L’atteinte d’un seuil supérieur garantit l’inscription automatique du sujet à l’ordre du jour du conseil municipal, permettant un débat public. Ce format permet d’enrichir les espaces de discussion politique déjà existants plutôt que de créer des espaces de consultation parallèles.
Initiative décisionnelle (RIC local)
Pour les sujets majeurs, le Droit d’Interpellation doit pouvoir déboucher sur un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) local, avec un seuil accessible. La simple existence de cette possibilité oblige les élu·es à anticiper les référendums et à mieux prendre en compte l’avis des citoyen·nes dans leurs décisions.
Reconnaître formellement le droit d’interpellation implique également de garantir le droit de réunion et l’accès effectif aux salles municipales pour les collectifs, y compris contestataires. C’est un choix politique clair : démocratiser les lieux où se prennent réellement les décisions, plutôt que multiplier les dispositifs sans transfert de pouvoir.
Cette logique de paliers n’a de sens que si les seuils de pétition sont maintenus à un niveau bas. C’est une condition essentielle pour garantir l’accessibilité effective du droit d’interpellation, en particulier pour les petits collectifs et pour les personnes dont les conditions de vie sont déjà fortement contraintes et qui disposent de peu de ressources pour organiser des mobilisations de masse. Des seuils trop élevés rendent les procédures les plus ambitieuses, notamment le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) local, peu crédibles et, in fine, peu utilisées. Surtout, des seuils hauts favorisent mécaniquement les groupes les plus puissants et les mieux structurés, renforçant les inégalités politiques au lieu de les réduire. Abaisser ces seuils est donc une condition démocratique, permettant l’organisation régulière de référendums locaux et affirmant que la légitimité des revendications ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes mobilisées.
Quant au quorum de participation ou d’approbation lors du vote référendaire, nous proposons de se limiter à la majorité simple des suffrages exprimés. C’est le cas en Suisse, où une votation est acceptée si la majorité simple des votants est atteinte, alors qu’en France par exemple le résultat du référendum local n’est mis en œuvre que si plus de 50 % des électeurs ont voté.
2. Créer un Fonds d’Interpellation Citoyenne
Sécuriser l’indépendance financière des contre-pouvoirs locaux.
Le financement associatif actuel, principalement orienté vers l’allocation de services, s’inscrit dans une conception délégataire de l’action publique qui cantonne la vie associative à l’exécution de politiques publiques. Cette logique encourage la dépendance financière et l’autocensure des associations critiques, qui craignent la suppression arbitraire de leurs subventions. Elle affaiblit ainsi structurellement les contre-pouvoirs citoyens.
La création d’un Fonds d’Interpellation Citoyenne est un outil budgétaire et politique indispensable pour garantir l’indépendance financière des acteurs qui jouent un rôle démocratique fondamental. Ce fonds représente une part marginale du budget municipal, mais un levier majeur de légitimité démocratique et de prévention des conflits.
On peut distinguer 3 fonctions indissociables :
Soutenir l’organisation collective de terrain
Donner les moyens d’aller à la rencontre des habitant·es les plus éloigné·es des institutions, de faire émerger les colères, de structurer des revendications collectives.
Financer les campagnes d’interpellation
Rembourser les dépenses liées aux mobilisations citoyennes (matériel, communication), sur la base de critères transparents et objectifs, par exemple en fonction du nombre de signatures recueillies, sur le modèle du financement public des partis politiques.
Financer la contre-expertise citoyenne
Le financement d’expertises indépendantes permet aux collectifs d’étayer leurs propositions, de contester efficacement les projets officiels et de produire leurs propres savoirs sur la santé, l’environnement, l’aménagement ou la justice sociale.
Pour garantir l’indépendance et la transparence de cet outil, le fonds peut être géré par une instance pluraliste, associant élu·es, technicien·nes et citoyen·nes, afin de limiter le clientélisme et l’autocensure.
Les corridas sont une tradition archaïque et cruelle. En finir avec, cela ne fait sans doute pas partie des préoccupations et besoins immédiats des habitant.e.s. Il est incontestable que le sujet divise profondément la population bayonnaise, mais jusqu’à quel point ? Les partis de gauche sont notamment divisés en leur sein. Les corridas apparaissent presque comme un non sujet pour la campagne électorale en cours.
La droite et l’extrême droite sont en faveur des corridas, sans trop l’afficher, on ne sait jamais quelles réactions cela provoquerait. Le sujet est absent du document programmatique du maire sortant. Dans la majorité actuelle, seule Laurence Hardouin (ex-EH-Bai passée dans la majorité) manifeste régulièrement son hostilité aux corridas lors des votes en conseil municipal.
Pour les prochaines municipales, la liste Bayonne en Mouvement (BeM) s’est constituée en rassemblant diverses formations et militant.e.s de gauche, autour de 3 principaux partis politiques (DB-BB, EH-Bai, et la moitié du PS avec Colette Capdevielle), lesquels comportent toutes les nuances sur les corridas. Comme pour les listes de 2020, dont est largement isssue BeM, la prise de position sur le sujet reste discrète, een annexe du document programmatique qui va figurer sur le site dans les prochains jours. Elle reprend globalement celles de 2020 : pas d’argent public pour les corridas. J’y reviens juste après.
Henri Etcheto ne s’est pas encore exprimé sur le sujet. REV (le parti d’Aymeric Caron, Révolution Ecologique pour le Vivant) participe à la liste LFI. Les corridas y occupent donc une place plus visible, avec un chapitre « une ville engagée pour le bien-être animal » où figure « mettre fin aux subventions et à l’accueil de la corrida » : le premier point ne diffère pas de la position de BeM, mais le deuxième se prononce en plus contre la location des Arènes (propriété de la ville) pour des corridas.
De son côté, la Fondation Brigitte Bardot 64, dans une lettre aux candidat.e.s, semble se montrer conciliante sur le sujet, et converge avec LFI et BeM : « Pas de soutien aux spectacles et activités incompatibles avec le bien-être animal ! »
La position de Bayonne en Mouvement
Un groupe de travail, avec des pro et anti, a travaillé le sujet des corridas. La proposition complète sera mis en ligne comme annexe au projet global d’ici quelques jours. Les récits étaient évidemment contradictoires sur ce qu’était cette tradition.
Au final, « BeM ne proposera pas l’abolition des corridas à Bayonne lors de la prochaine mandature. Les différentes propositions ci-après visent à respecter la pluralité d’opinion et de sensibilité des citoyennes et citoyens bayonnais, à apporter plus de transparence sur l’organisation des corridas, à favoriser le débat parmi les habitant.e.s. »
Les motifs
« La question de la corrida apparaît comme un sujet extrêmement clivant. Interdite au sein de l’État français par l’article 521-1 du Code pénal réprimant le délit de sévices graves et d’actes de cruauté envers les animaux domestiques, elle n’est pas considérée comme une infraction là où existe une “tradition locale ininterrompue”, sans que soient précisés les périmètres géographiques concernés. La ville de Bayonne se réclame de cette tradition. Les arènes sont l’un des édifices emblématiques de la ville, et les corridas y réunissent à chaque représentation des milliers de personnes.
Le mouvement / liste BeM est fondé sur des valeurs de gauche. Les clivages sur l’abolition totale de la corrida sont les mêmes que dans la population bayonnaise. BeM considère que le sujet ne se résume pas à des considérations politiques, mais qu’il concerne aussi des questions de traditions, de respect du vivant, de rapports à la souffrance animale, d’éthique et de sensibilité individuelle et collective.
À Bayonne, les corridas sont organisées et entièrement financées par la municipalité, qui est propriétaire des arènes. Ce financement se fait au dépens d’autres spectacles artistiques : musiques actuelles, danse, théâtre… Leur financement n’est pas clairement lisible. En effet, il est fondu dans le budget “fêtes traditionnelles” débattu et voté en conseil municipal, aux côtés de la Foire au Jambon et des Fêtes de Bayonne. D’autre part, plusieurs lignes de ce budget ne sont pas clairement explicitées et il est de la responsabilité de la mairie de rendre compte à ses administré.es des dépenses réalisées pour sa ville. Il existe également plusieurs dépenses annexes contribuant en partie aux corridas : communication, travail des services, subventions aux associations taurines, investissement et entretien des arènes, … »
Les propositions de BeM : ni interdiction, ni promotion
Comme mesures simples et immédiates :
* Analyse détaillée du financement et de l’organisation des corridas à Bayonne, des dépenses connexes. Dissociation du budget des fêtes.
* Enquête participative sur l’opinion des habitant.e.s
* Développement de spectacles non-taurins aux Arènes, dont la Ville restera propriétaire, et responsable des travaux
Comme mesures structurelles :
1- « Arrêt du financement public de l’organisation des corridas. L’organisation de corridas apparaissant comme fortement clivante, la municipalité arrêtera de financer avec l’argent des habitants les prestations et nécessités matérielles qui y sont inhérentes »
2- « L’organisation des corridas sera externalisée en étant transmise à un opérateur privé ».
3- « Désengagement de la publicité liée aux corridas ».
Les mesures 1 et 2 vont de pair. Les modalités de privatisation vont être difficiles à inventer. En particulier, il ne pourra s’agir d’une « délégation de service public », parce que justement les corridas ne sont pas un service public, ne sont pas d’intérêt général.
La mesure 3 découle en principe de la 1re. Mais jusqu’à quelle communication peut considérer qu’il s’agit de publicité ? Les corridas devront disparaître de la communication sur les Fêtes de Bayonne, de celle du journal municipal, des panneaux municipaux, de l’offfice de tourisme, etc.
De même il s’agira de cesser d’adhérer aux associations taurines, locales ou nationales et de cesser de les subventionner.
Affaires courantes toromachiques
Le sparadrap Tomefra est toujours là
Dans un billet précédent, j’avais parlé du débat lors du conseil municipal de décembre à propos de la confusion entre le budget des fêtes et celui des corridas. Yves Ugalde, l’adjoint tauromachique, avait dit être partisan de la clarification, et hautement affirmé que la Ville est libre de ses choix car elle n’est mariée avec personne dans le « système taurin », sans que soit clair ce qu’il voulait dire.
Ce système, était-ce la Tomefra et Jean Lartigue, dont la ville avait depuis plusieurs années des velléités de s’émanciper, comme je le racontai dans ce billet.
La Tomefra est une société de droit espagnol, basée à Bilbo, constituée en juin 2011. Elle possède aussi une adresse à Anglet. Son président est Jean Lartigue. La Tomefra est intervenue, et intervient encore, comme mandataire pour l’organisation de corridas dans de nombreuses villes du Sud-Ouest, directement ou par son président. Ce fut le cas de Soustons, Mont-de-Marsan ou Orthez. En 2025, en partenariat avec une 2ème société, la Tomefra a repris des mains de la ville d’Eauz (Gers) l’organisation des corridas de cette ville.
La ville avait lancé à l’automne 2025 un appel d’offres pour l’organisation des corridas en 2026, avec un cahier des charges très détaillé sur les compétences réciproques de la Ville et du mandataire, sans doute pour le cadrer davantage. Par une décision du 22 janvier 2026, la ville a procédé à l’attribution de ce marché. Surprise, seule entreprise candidate, la Tomefra a de nouveau remporté le marché, pour la même somme (26 000 €) qu’en 2025. Vous avez dit « mariée avec personne dans le système taurin » ?
Les toros comme « fournitures »
J’ai obtenu en janvier de cette année les factures des achats de toros décidés lors du conseil municipal du 5 juin 2025. Elles sont présentées comme de simples « fournitures », ce qui en dit long sur la considération « administrative » d’êtres vivants. Autour de 200 000 € : voilà une économie à faire.
L’Esprit taurin
Le même conseil municipal avait décidé de la mise à disposition d’une entreprise de spectacles toromachiques, l’Esprit taurin, des Arènes pendant les Fêtes de Bayonne, moyennant redevance quand même.
A gauche, lors de ce vote, Henri Etcheto et son groupe (dont Colette Capdevielle) s’étaient alignés sur la majorité sortante. Les 3 élu.e.s de Demain Bayonne (DB-BB) n’avaient pas participé au vote, tout comme Laurence Hardouin et Mixel Esteban (ex-EELV).
Ce complément aux corridas des Fêtes rappelle l’importance de l’écosystème toromachique pris globalement. Pour faire accepter les mises à mort, nombreuses sont les activités destinées à « blanchir » les corridas, comme Toromagie pour les enfants à Noël, ou ce spectacle « Esprit taurin ». Il serait temps de s’interroger sur l’esprit taurin des corridas comme source de l’atmosphère de virilisme et de violence lors des Fêtes
UVTF
L’Union des villes taurines de France est une des principales machines à propagande des corridas. Le maire sortant de Mont de Marsan en est le président. Il avait bataillé durement contre la suppression des spectacles taurins dans Intervilles il y a deux ans, ou contre le maire de Vieux Boucan qui avait renoncer à organiser des corridas il y a un an.
J’ai obtenu aussi début février la facture payée en octobre dernier par la Ville à l’UVTF pour 2025. J’avais déjà publié sur le billet cité plus haut la facture pour 2024.
Il y a une part fixe (5 000 €) faisant l’objet d’une facture à part, et une part dépendant du montant (1%) des contrats passés avec les élevages, et une part variable, en fonction du nombre de spectateurs déclarés par la Ville pour les corridas (0.50 € par billet). En 2024, il y avait eu 20 336 billets vendus, et 20 867 en 2025, soit une augmentation de 2,5 %, loin des discours triomphalistes des torophiles. En 2024, la somme venant du pourcentage sur les contrats se montait à 2 576 €, elle était de 3 764 € en 2025, une augmentation de 50 %.
Au total, 12 745 € en 2024 et 14 198 € en 2025 pour la part variable
Ce n’est pas la seule officine de propagande taurine qui reçoit des aides financières de la ville. De l’argent public à économiser, dans la foulée des propositions de BeM.
Parmi les 6 mesures phares mises en avant par la liste Bayonne en Mouvement pour les élections municipales à Bayonne, figure un double projet dont le rapprochement fait sens : préserver de l’urbanisation l’espace naturel des domaines de Lana et Picquessary par la création d’un parc municipal naturel, et repositionner les logements prévus par le maire sortant vers un site déjà artificialisé, Glain. Cela fait sens, c’est l’écologie populaire : répondre aux besoins en logements en même temps que refuser l’artificialisation. La nature n’est pas une réserve foncière.
Promenade sur Lana et Picquessary en photos
Googlemap. En bas à gauche, Lana. En haut à droite, Picquessary. Au centre, le champ
L’urbanisation programmée par la mairie se situe sur deux domaines : Lana, au 7 de la rue Chala, et Picquessary au 90 de l’avenue Duvergier de Hauranne. Entre les deux, au 88 de l’avenue, un sentier « privé », conduit d’un côté à un champ limitrophe du domaine de Lana (peut-être rattaché), et de l’autre à un pavillon épargné par l’opération. Les autres maisons, le long de l’avenue, sont aussi épargnées. Les domaines, le champ, le sentier, sont déjà propriété de HSA, le bailleur social de la CAPB, qui sera en charge de l’aménagement. L’urbanisation concerne 5,4 ha.
La rue de Chala part de l’avenue Duvergier, et descend vers la plaine d’Ansot. Elle longe le domaine sur plusieurs dizaines de mètres. Lana comporte une maison de maître avec dépendances, un parc boisé de chênes et d’hêtres, une allée de platanes (dont certains, en mauvais état ont été coupés l’été 2025), des vergers, des murs en pierre, et au fond, vers le sud, en bordure du coteau, un espace boisé classé (qui ne figure dans l’urbanisation), avec un talweg, la descente vers la plaine d’Ansot et même une vue sur les Pyrénées dit le document de présentation du projet.
Le domaine, avec son allée, vu de l’entrée au 7 rue Chala. Juillet 2024Laana, son mur en pierre, vu de la rue Chala. Juillet 2024Le domaine de Lana, vu du champ. Juillet 2024Arbres coupés à l’entrée du domaine. Décembre 2025Allée, entrée de Lana.Décembre 2025Dépendances, vues du champ. Décembre 2025
Au 88 avenue Duvergier de Hauranne, part le sentier, qui devient impraticable à partir du pavillon. On peut supposer qu’autrefois, il descendait vers la plaine d’Ansot. Il ne demande qu’à être réhabilité. Le champ est limitrophe du domaine de Lana, et laisse apercevoir l’enceinte et les dépendances de la maison
Le champ, vu du sentier (88 av. Duvergier de Hauranne). Juillet 2024
Le domaine de Picquessary se situe le long de l’avenue, au nord-est de l’espace de projet, en face des immeubles (en cours de livraison) du Prissé. La maison est au 90, et abrite aujourd’hui un tiers lieu d’Emmaus, Bidean, avec artistes et salles de réunions. Son parc comprend nombre d’arbres de hautes tiges. Propriété de HSA, le domaine a vocation à être densément urbanisé et la maison détruite.
La maison de Picquessary, qui abrite BideanL’arrière de Bidean, vu du 90 av. Duvergier de HauranneL’arrière de la maison de Picquessary, vue du sentier
Les photos ont été prises en juillet 2024 (sauf mention contraire), juste après la publication de la fiche « Lana » de la CAPB pour les « territoires engagés pour le logement ». On peut comprendre à quel point ce projet d’urbanisation est inacceptable pour quiconque a la moindre empathie envers la nature. C’est à l’origine du projet d’un « parc municipal naturel » au sein de l’association qui porte la liste « Bayonne en mouvement ». Dans le même esprit (pas d’artificialisation) et avec la volonté de conserver les logements, le projet de parc a été complété par le projet à Glain
Les étapes du dévoilement du projet « Chala Lana »
La mairie avait peu communiqué publiquement sur cette opération, restée discrète dans les documents d’urbanisme, publics, votés en conseil municipal. Elle apparaissait dès l’ancien PLU (2007) sous la rubrique « projet d’aménagement d’ensemble ». Elle figure de manière beaucoup plus précise dans une délibération du conseil municipal du 22.7.22, pour justifier la taille de la future école du Prissé en tant que zone 2AU (urbanisation future) au PLU, avec un « potentiel d’urbanisation non négligeable pour l’avenir du quartier ». Le chiffre de 335 logements est déjà indiqué dans la fiche, s’ajoutant aux 350 logements prévus de l’autre côté de l’avenue Duvergier de Hauranne.
Mais le travail des services sur les grands projets est discret par principe, et il ne faut pas compter sur les élus pour informer la population de ce qui se prépare en amont, avant qu’un projet soit finalisé. Ce n’est qu’en juillet 2024, à travers la convention signée avec l’État par la CAPB (un document public cette fois) au titre de « territoires engagés pour le logement ». L’État accorde des subventions supplémentaires à une vingtaine de projets sur la CAPB, dont celui de Chala Lana. Lequel a une fiche avec (entre autres) le montage financier, la programmation, les échéances, etc.
Le projet est davantage dévoilé lors de l’adoption du projet de PLUi par la CAPB (le 21 juin 2025), et par Bayonne (le 5 juin : il s’agissait d’une information sans vote) : il est présenté sous forme d’une OAP (Orientation d’Aménagement et de Programmation) d’une dizaine de pages que l’on peut retrouver dans le document 3.1 (livret 1, OAP sectorielles d’intérêt communal, pp.115-121) du PLUi sur le site de la CAPB..
Le double projet, mesure phare de Bayonne en mouvement
À Bayonne, nous portons une vision claire et cohérente : répondre aux besoins des habitants sans grignoter davantage d’espaces naturels. Cela passe par deux projets complémentaires.
À Glain, nous voulons transformer un site aujourd’hui dominé par les parkings et des équipements vieillissants en un quartier mixte, vivant et végétalisé. Logements pour tous (dont habitats participatifs et seniors), commerces, services, espaces de travail et lieux de vie viendront s’y développer, tout en maintenant les usages existants.
Le parking public sera conservé : le nombre de places sera a minima maintenu à l’identique, avec une organisation plus optimisée.
Les équipements de loisirs seront intégrés au projet, les berges de la Nive valorisées et les mobilités durables renforcées.
À Chala Lana, nous faisons un choix fort et responsable : préserver un espace naturel stratégique face aux dérèglement climatique et renoncer à un projet immobilier de plus de 300 logements pour créer un grand parc municipal.
Ce parc offrira des lieux de promenade, des espaces de jeux et de sports, des jardins familiaux, un parcours sport/santé, renforcera les continuités écologiques entre l’Adour et la Nive.
Deux sites, une même ambition : améliorer le cadre de vie, répondre aux besoins de logement là où la ville est déjà artificialisée, et protéger les espaces naturels qui font la richesse de Bayonne.
Et le projet sera précisé sur le site de la liste « Bayonne en mouvement »
Pour un parc naturel municipal sur les domaines de Lana et Picquessary
Sur ce vaste espace naturel en surplomb de la plaine d’Ansot, la municipalité en place porte un projet d’artificialisation pour construire plus de 300 nouveaux logements. Ce, en face des 350 logements de l’opération du Prissé et à quelques centaines de mètres des quartiers très densément peuplés de Belharra et Cam de Prats dont la conséquence est la congestion déjà quasi permanente de la rue Duvergier de Hauranne. Nous stopperons ce projet immobilier pour préserver cet espace naturel et en faire un parc municipal aux ambitions environnementales et sociales emblématiques.
La ville de Bayonne possède seulement 3 zones de jardins familiaux (Chauron, Becadine et Saint-Bernard). L’existence d’un vaste pré, où les foins se faisaient encore il y a peu, entre les deux domaines serait une localisation pertinente pour un 4e espace de tels jardins, à proximité de zones très densément peuplées.
Parmi les autres aménagements potentiels :
Un lieu de promenade, pour les habitant.e.s du quartier et tous-tes les Bayonnais.e.s.
Une continuité du chemin vers la plaine d’Ansot
Des espaces de jeux et de ballons conçus pour et avec les enfants.
Renforcer les continuités écologiques en faveur de la biodiversité entre l’Adour et la Nive.
Développer un parcours de sport/santé.
Pérenniser le tiers-lieu Emmaus Bidean comme lieu de vie du parc (domaine de Picquessary)
Une guinguette…
HELP
HELP : Habitat Environnement Limpou Prissé
L’automne dernier les riverains ont constitué une association, HELP, pour s’opposer au projet de la municipalité. Son site : https://help.e-monsite.com/
Un appel « à la social-écologie, préférons l’écologie de rupture » a été lancé fin janvier à l’occasion des élections municipales par une cinquantaine de militant.e.s du parti « Les Ecologistes » récusant l’alliance prioritaire avec le PS au niveau national mais surtout dans plusieurs villes où traditionnellement, l’autonomie des Verts était la règle, comme à Paris. L’écho de cet appel (700 signataires à ce jour), et la violente réaction de la direction du Parti, montrent l’ampleur de la crise de l’écologie politique.
Le bureau politique des Ecologistes n’a voulu voir dans cet appel qu’une manipulation de LFI et quelques brebis égarées : il s’agirait « d’une démarche externe organisée en lien avec la direction de la France insoumise et des candidats sur les listes insoumises aux municipales qui se présentent contre celles soutenues par nos groupes locaux, et articulée avec quelques opérations de débauchages éparses mais mises en scène avec une communication très organisée, relayée au plus haut de l’organigramme des insoumis ». Une tribune « signée par quelques dizaines de militant·es » dont « la majorité des signataires n’ont jamais été membres du Mouvement » (29 janvier).
Contrairement à ce qu’il semble avoir compris, ce n’est pas simplement de la cuisine électorale pour les prochaines municipales . « Celles et ceux qui imaginent un complot ourdi par La France insoumise ne sont que des tacticien·nes de petite zone : des gens pour qui la politique se réduit à une mauvaise cuisine d’appareil ».
L’alliance prioritaire avec le PS, notamment dans des villes où la tradition d’EELV était autre, et où les têtes de liste ont des positions, à rebours de l’écologie (comme à Montpellier). A un moment où, de facto, le PS est devenu un soutien du gouvernement. C’est aussi une volonté de marginaliser LFI, et est donc loin de préserver le difficile chemin d’une alternative unitaire pour 2027. Le fond de l’appel n’est pas déterminé par ces municipales.
Ces réactions officielles, comme les « suspensions » de quelques signataires, sont celles d’un appareil hors sol, qui ne comprend pas la crise de ce parti, et plus profondément la faillite de l’écologie politique.
Ouvrir un nouveau chemin pour l’écologie politique
Le nombre de signataires de l’appel témoigne de l’ampleur de la diaspora des écologistes de gauche et de leurs attentes au regard des enjeux qui sont (brièvement) rappelés au début de l’appel « pour une écologie de rupture ». Les discussions (visio et boucles whatsapp) entre signataires montrent qu’ils/elles ont eu des parcours multiples, la grande majorité est passée par les Verts à un moment ou à un autre. Nombre d’entre eux/elles sont encore membres des Ecologistes. Pour la plupart, LFI n’est pas une option d’adhésion : absence de démocratie interne, pas radicalement écolo. Des alliés sans doute, mais pas plus. Plusieurs signataires font partie de groupes déjà constitués qui se réclament d’une écologie radicale, populaire, sociale, etc : les qualificatifs sont variés. Tous/toutes sont conscient.e.s de la faillite des partis politiques écologistes, et plus largement de la crise d’identité de l’écologie politique : voir les deux contributions dont le lien figure plus loin.
L’appel a servi de révélateur, une référence commune en est issue, « les Verts populaires ». Mais tout reste à faire pour dessiner un nouveau chemin de l’écologie politique. Plusieurs moments d’échanges sont en cours d’organisation d’ici l’été. La suite dira si cet appel aura réussi à être le déclencheur d’une nouvelle « composition » dans l’espace de l’écologie politique de rupture, de transformation sociale.
Patrick Petitjean, 18 février 2026
Municipales 2026 : à la social-écologie, préférons l’écologie de rupture
Jamais l’humanité n’a marché aussi près du précipice, au risque de sa propre survie et de celle de l’ensemble du vivant. Alors même que la conscience de la crise climatique n’a jamais été aussi forte parmi nos concitoyennes et concitoyens, l’extrême droite n’a jamais été aussi puissante à l’échelle planétaire. Cette vague brune emporte avec elle les droits sociaux, les libertés publiques, les protections de l’environnement, ainsi que l’État de droit, le droit international et le multilatéralisme.
L’ordre du monde vacille et notre siècle voit se multiplier crimes de masse et génocides, exposés en direct sur nos écrans. Dans l’indifférence, et parfois la complicité, des dirigeants mondiaux. À cette violence globale s’ajoute une offensive ciblée contre celles et ceux qui défendent concrètement le vivant et les droits sociaux.
Partout dans le monde, des défenseuses et défenseurs de l’écologie sont assassiné.es parce qu’ils et elles s’opposent à des projets miniers, pétroliers, agro-industriels ou de déforestation — notamment en Amérique latine, devenue la région la plus meurtrière pour ces combats. Entre 2012 et 2022, deux mille personnes ont été assassinées dans le monde. Cette répression touche aussi syndicalistes, leaders communautaires, féministes et journalistes. C’est un même front : contre l’écologie, contre le social, contre la démocratie.
La France, puissance économique et militaire, n’échappe pas à cette vague réactionnaire, aux teintes brunes, allant du lepénisme aux courants identitaires dont le point de ralliement est l’islamophobie. Elle constitue même un risque majeur de bascule mondiale, comparable à l’Allemagne des années 1930.
Face à cette bascule, alors même que jamais la conscience de la crise climatique n’a été aussi forte parmi nos concitoyennes et concitoyens, la question de l’unité de la gauche et des écologistes est une responsabilité politique majeure : les choix d’alliances que nous faisons aujourd’hui, y compris au niveau municipal, engagent directement notre capacité collective à résister à la vague réactionnaire et à transformer concrètement le quotidien.
Aux élections municipales de mars prochain, la direction nationale du parti Les Écologistes a essentiellement privilégié l’alliance avec le Parti socialiste, faisant ainsi des Écologistes la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire. Alors que l’écolo-bashing s’intensifie, la ligne électorale des Écologistes est devenue illisible en votant, au même moment, les motions de censure au Parlement à l’opposé du Parti socialiste.
Trop souvent, l’écologie a été assimilée à des politiques néo-libérales de régulation environnementale qui ne sont pas notre projet. Les ZFE en sont un parfait exemple : le gouvernement macroniste, condamné par la justice européenne, refuse d’assumer ses responsabilités et se défausse sur les collectivités locales, tout en leur refusant les moyens d’un accompagnement social nécessaire.
Refusons de devenir comptables de politiques que nous ne portons pas et dont la logique affaiblit le projet écologiste. Nous devons nous en distinguer clairement, réaffirmer ce que nous sommes et ce que nous voulons.
La nouvelle séquence politique est marquée par l’effondrement du bloc (il)libéral et l’ouverture d’un affrontement entre l’extrême droite et la reconstruction d’un bloc populaire, social, progressiste, écologiste et unitaire. Dans ce contexte, l’écologie doit devenir l’un des piliers d’un projet majoritaire, ancré dans le réel social — travail, logement, santé, mobilités, alimentation, énergie — et indissociable de la dignité humaine. Cela implique une rupture avec le capitalisme productiviste et ses logiques de prédation : le temps des écologies dépolitisées est révolu.
Mais cette écologie de transformation ne saurait être technocratique et asociale. Elle doit être concrète et populaire, s’ancrer dans les communes, dans les quartiers, dans les bassins de vie, là où se vivent les tensions entre la fin du mois et la fin du monde, là où se construisent aussi les solidarités, les nouvelles pratiques, les résistances et les bifurcations. En démocratie, le pouvoir n’est légitime que s’il est conquis par le peuple, exercé et contrôlé par lui. C’est à cette condition que l’action publique trouve sa légitimité, et que l’écologie cesse d’être perçue comme une contrainte pour devenir une promesse partagée. L’écologie peut et doit assumer d’être une force de recomposition sociale, altermondialiste, décroissante et démocratique.
Avec l’immense majorité du pays, nous clamons que les luttes sociales et les luttes écologiques sont indissociables. Nous avons maintenant besoin de les intégrer organiquement, car toute mesure pleinement écologique est sociale, et toute mesure pleinement sociale est écologique.
Nous, signataires, n’acceptons pas que l’écologie se dissolve à nouveau dans la social-démocratie.
Le rassemblement de la gauche et des écologistes doit se construire et se renforcer sur la base unitaire issue du programme du Nouveau Front populaire et de sa dynamique, ce qui inclut évidemment de travailler avec l’ensemble de la gauche.
Compléments
Et pour compléter l’appel, voici deux contributions sur les impasses actuelles de l’écologie politique, accessibles sur les blogs de Mediapart :
L’une d’Yves Guillerault « L’écologie met pied à terre » qui revient sur la trajectoire de l’écologie politique depuis les années 1970 : « La débandade écologiste, avec ralliements à LFI ou au PS, démontre qu’une culture d’écologie politique n’existe pas encore dans ce pays. Après l’utopie des années 1970, l’écologie de parti se résume aujourd’hui à des luttes bourgeoises pour la conquête de strapontins dans l’architecture peu démocratique de la politique professionnelle et du pouvoir. Or l’écologie politique se joue sur le terrain ».
L’autre, signée K1000, « réponse d’un écologiste suspendu », qui plaide pour la réconcialiation de l’écologie politique avec quelques éléments basqiues du marxisme.
J’avais rejoint les Verts en 1988, avec des dizaines de militant.e.s venant de la gauche alternative et/ou autogestionnaire, un mouvement qui avait contribué à enraciner les Verts à gauche au début des années 1990, et qui marquait son enracinement dans l’héritage de mai 1968.
J’en suis resté membre (hormis une parenthèse de 2 ans quand j’habitais dans les Landes) malgré la droitisation sensible depuis la participation au gouvernement sous Hollande en 2012, accentuée avec la candidature Jadot en 2022. Le congrès du printemps 2025 a complété cette évolution politique par un verrouillage en règle du parti par un clan, une centralisation à rebours des traditions écolos, et une personnalisation outrancière autour de Marine Tondelier. A l’issu de ce congrès, j’ai décidé de ne pas renouveler ma cotisation en 2026. Le lancement à contretemps par Marine Tondelier de sa candidature à la Présidentielle, puis la répression contre les signataires de l’appel fin janvier n’ont pu que me conforter dans ma décision.
J’étais donc présentement « adhérent en retard de cotisation », c’est fini.
Les Soulèvements de la Terre : l’avenir de l’écologie politique ?
Une décision très récente (5 février) du Président de la CAPB met en lumière son soutien au développement des logements publics du type « LLI », des locations pour cadres. Plusieurs opérations de ce type ont été livrées en 2025 à Bayonne. L’importance de ce soutien contraste avec la faiblesse de celui apporté aux logements HLM à Bayonne. La municipalité sortante renvoie aux communes voisines la nécessité de prioriser les locations sociales, en raison de leur retard à combler. Le slogan semble être « donner moi vos classes aisées et je vous envoie mes classes populaires ».
Cette décision consiste en une garantie d’emprunt de la CAPB pour HSA (Habitat Sud Atlantique, le bailleur social de la CAPB) concernant son achat en VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement) à un promoteur (AFC-promotion) de 10 logements sous le régime « LLI » (Logement Locatif Intermédiaire). C’est la 4e opération de ce type à être livrée en 2025, une 5e sera finalisée l’an prochain. Les LLI sont des logements publics que les plafonds rendent accessibles aux cadres, et les loyers inaccessibles aux classes populaires.
Ces logements LLI sont mis dans la catégorie « logement social », même s’ils ne sont pas actuellement pris en compte dans l’indice SRU. Pour l’instant, car cette prise en compte fait partie de la prochaine loi gouvernementale sur le logement. La future loi va booster à la hausse l’indice SRU de Bayonne !
Le site de HSA comporte un onglet spécial pour les LLI, sans que soit précisé la manière dont ces logements sont intégrés au patrimoine du bailleur (voir bandeau à la une)
Il s’agit en fait d’achats en VEFA à un promoteur privé. Une pratique devenue régulière des bailleurs sociaux, pas seulement pour les LLI : voir Alday et l’opération Darrigrand (ex-maison diocésaine). L’État s’inquiète d’ailleurs de cette tendance.
On peut se poser la question : « qui aide qui ? ». Est-de vraiment du « gagnant-gagnant » comme souvent présenté ? En période de crise de l’immmobilier les promoteurs peuvent faire état auprès des banques, pour avoir des emprunts, de la vente garantie d’une partie de leurs constructions. Inversement, les bailleurs se déchargent d’une partie de leurs investissements pour des constructions. Sur le Prissé, comme plus tard à la nouvelle Citadelle, HSA est l’aménageur. Pour les autres opérations, ce sont Bouygues (deux fois), AFC Promotion et Kaufmann and Broad
Les opérations
Zelana
La garantie d’emprunt concerne la résidence Zelana, livrée en juillet dernier, construite par AFC- promotion sous couvert de la SCCV Le Bois Joli. Les LLI comportent 3 villas et 7 appartements. Elle se situe à Sainsontan, 7 chemin du Grand Hargous. L’opération se limite à ces 10 logements.
L’opération Akoya, portée par Bouygues, se situe 121 rue Maubec, à Saint-Esprit. Elle situe le long du T2. Elle comporte un total de 42 logements, 24 « libres », 8 « maîtrisés » et 10 LLI, en principe à destination des militaires de la Citadelle mili. Aucun HLM (le PLU l’impose seulement à partir de 50 logements) ni BRS… La mixité sociale ne passe pas par Bouygues. La résidence a été inaugurée en juillet 2025. Les LLI ont été acquis par HSA, et sont tous loués.
Akoya
L’opération Zura, portée par Bouygues, se situe 31 chemin de Trouillet, à Arrousets. Elle est aussi adressée comme 11-18 rue de Sélestat. Les LLI comportent 10 appartements et 6 maisons. L’opération comporte aussi 7 BRS et 57 appartements « grand standing ». Les LLI, acquis par HSA sont tous loués.
Entrée de Zura
L’opération Prissé de HSA, dont j’ai souvent parlé dans des billets précédents, comporte 182 logements sociaux (70 en location et 88 en BRS, plus 24 LLI acquis en VEFA sur Alday) et 168 logements construits par Alday, dont 124 sont « libres » et 44 « maîtrisés). Il reste des LLI à louer (voir le site de HSA ci-dessus). Cette opération est en cours de livraison.
L’opération Artzaina se situe à l’angle du Chemin de Sainsontan et de l’avenue Louis de Foix : 2 immeubles construits par Kaufmann et Broad. Ils ont été acquis en totalité par ERILIA, len VEFA, et non pas HSA comme pour les autres opérations mentionnées. C’est un bailleur social privé lié aux caisses d’Epargne, peu présent au Pays basque. Il y a 31 LLI (pour cadres donc) et 11 LLS. Ces 42 logements représentent la quasi-totalité des logements sociaux enregistrés pour 2024 au RPLS (répertoire national des logements locatifs des bailleurs sociaux) au 1/1/2025.
Artzaina
Le T2 comme instrument de peuplement
Zelana, Akoya et Artzaina ont en commun de se situer sur la partie nord du trajet du T2.
Comme la construction en cours de 46 logements (résidence Cap A Ma) par Nexity aux 114-118 rue Maubec, dont 14 en accession sociale : à moins de 50 logements, le PLU en vigueur n’oblige pas à inclure des logements locatifs sociaux. Je reviendrai bientôt sur une autre opération qui se monte à côté de Nexity, sur un terrain boisé.
Comme la construction en cours par Bouygues, 1 rue de la Porcelaine, de Zuria, avec 19 logements (sous le seuil des 20 logements où le PLU obligerait à une part de logement social…). Livraison prévue au 3e trimestre 2026.
Comme la construction à venir de la nouvelle Citadelle, où les HLM reconstruits seront « complétés » par près de 200 logements « libres » et une résidence étudiante, soit 575 logements prohrammés pour l’instant, mais les PC restent à déposer : voir mon billet
Plus largement le secteur « Matras », avenue rue Louis de Foix (au-delà du rond point où débouchent cette avenue, la rue Maubec et l’avenue du 14 avril 1814), est un secteur de veille foncière, un « périmètre de réflexion » où intervient l’Etablissement Public Foncier Local (EPFL) pour préempter. Cela laisse présager d’autres opérations semblables.
Cette politique de gentrification n’est pas nouvelle. Un travail de repérage (effectué en novembre 2022) des PC affichés à moins de 5 minutes à pied d’un arrêt du T2, comme dans le haut de la rue Maubec ou chemin de Hargous (une rue parallèle à Louis de Foix) avait permis de faire l’inventaire des chantiers récents, en cours ou annoncés. On dénombrait 11 chantiers, avec entre 12 et 87 logements chacun, soit un total de 392 logements, où figurait déjà Akoya de Bouygues.
Les promoteurs étaient ceux qu’on retrouve souvent sur la ville : Pichet (pour 2 opérations, dont celle de 87 logements), Bouygues, Cogedim, Kaufmann & Broad, Aedifim, Eiffage et quelques autres. Parfois ces nouvelles constructions se sont faites au prix de la démolition de maisons basques typiques, parfois en artificialisant des parcelles arborées et végétalisées, notamment dans le projet L’Hargousier de l’Aedifim chemin de Hargous.
Dans toutes ces opérations, il n’y avait pas de logements sociaux, au sens de la loi SRU (locations, PSLA, BRS). Tous ces projets affichaient de l’accession « aidée » via le PTZ (Prêt Taux Zéro), ou « maîtrisée » (catégorie très floue). Quasiment tous étaient accessibles au dispositif « Pinel » (« jeanbrun » aujourd’hui), qui encourage l’investissement locatif pour location à l’année, avec des réductions fiscales. Pour toutes ces opérations c’était le libre marché immobilier.
On peut donc parler d’une politique consciente de peuplement, d’une politique en vigueur pour attirer des couches moyennes aisées, au nom de la mixité sociale, et en s’appuyant sur la valorisation du passage du T2.
Le passage d’un moyen de transport rapide est partout le support d’une spéculation foncière. Les mairies peuvent chercher à la freiner, laisser faire, ou même l’encourager pour faciliter une politique de peuplement, une gentrification. C’est ce qui et le choix de la municipalité actuelle
Avec le maire sortant, c’est une logique de métropolisation qui s’impose à Bayonne, au détriment des équilibres territoriaux. Et notamment des équilibres sociaux, en faisant de la politique immobilière une machine à aspirer les cadres vers la ville centre
Le logement va être au centre de la campagne des élections municipales, à la mesure de la crise qui touche toutes les catégories de la population. D’un côté, nous aurons le maire-candidat, Jean-René Etchegaray, qui va se féliciter du respect de la loi SRU, et poursuivre sa politique de gentrification ; de l’autre, notamment, la liste « Baiona en mouvement », qui défend le droit au logement dans le sillage des propositions de la plate forme « Herrian Bizi », avec une priorité aux classes populaires.
« A Bayonne, nous sommes les seuls du Pays basque à atteindre et même dépasser la proportion de 25 % de logements sociaux au regard du nombre de résidences principales dans la ville, en conformité avec la loi SRU » : gageons que cette auto-satisfaction récurrente de Jean-René Etchegaray reviendra comme un leitmotiv dans sa campagne électorale pour « démontrer » l’attention qu’il porte aux difficultés de logement des classes populaires. Or, c’est une double mystification : il n’est pour rien dans ces 25 %, qui sont l’héritage d’Henri Grenet, maire de Bayonne de 1959 à 1995 ; et l’indice SRU est de moins en moins pertinent pour reflet l’effort fait en faveur du logement locatif social. C’est d’autant plus scandaleux que cette auto-satisfaction s’accompagne du renvoi vers les villes voisines des demandeurs de logement locatifs sociaux.
Menaces sur le logement social et la loi « Solidarité et Renouvellement Urbain » (SRU)
Dernières menaces contre cette loi, le 20 janvier, un projet de loi (à l’initiative d’une sénatrice LR) portant sur le logement a été adopté en première lecture par le Sénat. Figure dans de projet de nouvelle loi l’intégration des logements locatifs dits « intermédiaires » (LLI) dans les critères SRU pour avoir le label « logement social » : les LLI sont des logements aidés, où les plafonds de ressources pour en bénéficier sont élevés, ce qui les rend accessibles aux ménages aisés. Rien de social en réalité. HSA incorpore déjà des LLI dans ses constructions du Prissé et de Citadelle. Construire des LLI fait monter l’indice SRU.
Mais le plus stupéfiant dans ce projet de loi, c’est un amendement soutenu par le gouvernement pour définir les places de prison comme du logement social, pouvant donc être comptées dans l’indice SRU, selon Mediapart du 20 janvier. De quoi le faire exploser à la hausse, à Bayonne notamment… Heureusement, à une voix près, l’amendement a été repoussé par le Sénat. Partie remise ? On ne rappellera jamais assez que le maire re-candidat de Bayonne est un soutien de ce gouvernement…
Cette loi sénatoriale devrait ensuite passer à l’Assemblée nationale. Mais elle a toute chance d’être court-circuitée par une « grande loi sur le logement », promise par le ministre du logement, Jeanbrun, et confirmée ce vendredi par Lecornu selon Le Monde du 24 janvier. Elle devrait venir dès la première quinzaine de février devant le Conseil des ministres. Elle devait comporter principalement une relance de la construction par de nouveaux abattements fiscaux pour l’investissement locatif, plus ou moins importants selon qu’il s’agit de PLI (prêt location intermédiaire), PLUS, PLAI. Ces logements devront garder un statut locatif pendant 9 ans, avant de pouvoir retourner à la spéculation.
Si un soutien aux bailleurs sociaux devrait figurer, avec la diminution de deux ponctions existant actuellement sur leur budget, les autres annonces laissent présager une aggravation de la situation du logement social en général et des locataires en particulier : nouvelles dispositions pour faciliter les expulsions locatives, facilitation de l’intervention des maires dans les attributions locatives (davantage de clientélisme), introduction des baux de 3 ans, assouplissement des critères de la loi SRU, privation d’APL pour les étudiants étrangers non-européens (déjà la préférence nationale). Autant dire que la résistance
La loi SRU n’est déjà plus ce qu’elle était
Au fil des années, le taux SRU de logements sociaux est devenu un mauvais indicateur de l’effort en faveur du droit au logement (de la possibilité d’accéder à un logement accessible) des classes populaires.
La loi SRU date de 2000. Elle introduisait l’obligation de construire un minimum de logements sociaux dans un certain nombre de communes (20 % puis 25%). A l’origine, quand on parlait de logement social, il s’agissait de locations pour loger prioritairement les classes populaires. Les PLAI (Prêt Locatif Aidé d’Intégration), PLUS (Prêt Locatif à Usage Social) et PLS (Prêt Locatif Social) familiaux. PLUS est la catégorie standard ; PLAI est pour les revenus les plus bas ; et PLS pour les classes moyennes.
Quand on parlait de demandeurs de logement, c’était des demandes de location faites auprès des bailleurs sociaux. Dans sa défense des privilèges sociaux, la droite cherche régulièrement à remettre en cause ou à contourner cette loi.
Le virage majeur date de l’arrivée au pouvoir de Macron. Un décret pris le 27/06/2019 en application de la loi Elan du 23/11/ 018 permet l’inclusion des PSLA (prêt social location accession) et (bail réel solidaire) BRS dans les quotas de logements sociaux reconnus par la loi SRU.
C’est un premier glissement de sens : le logement social est devenu une notion plastique, floue. Dans les récits des élu.e.s (mais aussi journalistes et parfois bailleurs), on commence par relier le logement social à la longue liste des aspirants locataires. Mais quand on parle de développer le logement social, en réalité, la priorité est devenue les BRS. Ainsi, Le Plan Local de l’Habitat (PLH) de la CAPB, voté en 2020, visait la construction de 1200 logements par an avec (déjà) 2 logements locatifs pour 1 BRS. Le bilan 2024 indique que seuls 42 % des locatifs prévus ont été réalisés, comme le montre les deux tableaux ci-après extraits de la brochure d’Herrian Bizi « Logement social, construisons la solidarité en dur » (décembre 2025).
Le logement social de 2024 n’est plus celui de 2018. Le développement des BRS, très bon outil anti-spéculatif à l’origine, est devenu un moyen de diminuer la part du logement des classes populaires.
Nouveau glissement il y a 3 ans quand le plafond pour être éligible à un BRS a été relevé pour ouvrir le dispositif aux classes aisées.
Autre opportunité de la loi SRU qui commence à être exploitée pour moins construire de logement locatif social : les logements spécifiques (étudiants et personnes âgées notamment – bientôt prisonniers?) qui émargent à la rubrique PLS non-familiaux. On voit donc se multiplier les résidences étudiantes publiques qui permettent d’augmenter l’indice SRU. Ainsi , la résidence étudiante inaugurée à Bidart il y a quelques semaines a permis à la ville de se rapprocher des 25 %. Le maire s’en est outrageusement félicité, mais s’est fait épingler par ses concurrents électoraux sur ce vrai-faux logement social. Bien entendu, les résidences étudiantes sont une nécessité pour elles-mêmes.
Tout ce qui entre dans le taux SRU : Les logements sociaux pris en compte dans les quotas SRU sont plus larges que les HLM classiques. On y trouve, pêle-mêle : les logements conventionnés ANAH, les foyers conventionnés, les résidences sociales, les places en CADA, les terrains familiaux pour gens du voyage, …
L’indice SRU est donc de moins en moins pertinent pour apprécier l’effort d’une ville pour loger les classes populaires. Un bien meilleur indicateur est le taux de logements locatifs du type PLAI, PLUS et PLS familiaux, au regard des résidences principales. Comme on le verra ci-dessous dans le cas bayonnais, ce dernier indice est nettement plus bas que le premier.
Un indice de logements locatifs sociaux en baisse à Bayonne
En 2024, selon le Répertoire du Parc Locatif Social (RPLS), il y avait 6433 HLM à Bayonne, dont 4349 construits depuis plus de 40 ans, à l’époque d’Henri Grenet. Depuis qu’Etchegaray est maire, il y a eu seulement 822 constructions de HLM… Quand il se félicite de respecter la loi SRU, en réalité il rend hommage à son prédécesseur. Quand Jean Grenet remplace son père en 1995, il y a une politique massive de construction de logements privés, « libres », une politique poursuivie pas Etchegaray, qui fait baisser le rapport entre le nombre de HLM et celui des résidences principales
Je n’ai pas retrouvé l’indice SRU quand la loi entre en vigueur en 2000, mais on peu raisonnablement supposé qu’il était très au-delà des 25 %.
Depuis, la construction de logement sociaux était calculée au plus juste, pour ne pas descendre au dessous des 25 %. Cet objectif est explicite lors du conseil municipal du 9 décembre 2020, lors de la discussion sur le PLH : Bayonne revoie à la baisse pour ce qui la concerne le nombre de HLM et à la hausse celui de BRS, qui figuraient dans le projet initial de la CAPB.
Non content de se vanter pour lui de la politique mise en œuvre par Grenet père, Etchegaray renvoie la responsabilité de construire des HLM aux villes voisines sous prétexte qu’elles sont déficientes en la matière. En gros : prenez mes classes populaires, je prend vos classes moyennes
Méprisant, car il pointe négativement le locatif social comme une charge à partager avec les villes voisines, et non comme une réponse positive aux besoins sociaux.
Il s’agit d’une véritable politique de peuplement, combinant les BRS, les LLI, les 3 résidences étudiantes programmées, la notion de logement abordable…
Le PLUi à Bayonne renforce la priorité pour les classes moyennes
Le PLUi pour les 5 communes de agglomération « côte basque Adour » a été adopté par la CAPB puis validé par les conseils municipaux. Il est en attente d’enquête publique avant une adoption définitive… après les élections municipales, et donc modifiable par les nouvelles majorités.
Le tableau qui suit, extrait de ce PLUi, pour cadrer la construction de logements sociaux (de différents types), est suffisamment explicite quand aux objectifs de Bayonne au regard des villes voisines pour ne pas nécessiter beaucoup de commentaires.
Dans les opérations de 20 logements ou plus, il est retenu l’obligation de 40 % de logements sociaux dans les quartiers périphériques, mais seulement 30 % dans les Quartiers de Politique de la Ville et à Saint-Esprit esprit où il y a déjà trop de ces logements selon la ville.
Dans les opérations de 50 logements ou plus, c’est 45 % de logements sociaux, qui se décomposent eux-mêmes en 45 % de locatifs familiaux et 55 % de BRS et PLS
Pour le diffus, il y a une norme à partir de 10 logements, voir moins, mais plus faible, sauf pour la rénovation dans le centre ancien
Dans les autres villes, c’est 70 % de logements sociaux, de manière quasi uniforme, ce qui est décomposé en 70 % de locatifs et 30 % de BRS.
Faites le calcul : 20 % de HLM à Bayonne, 49 % dans les autres villes.
Si l’indice SRU pour Bayonne est officiellement de 27,8 % aujourd’hui grâce aux BRS, l’indice HLM versus résidences principales tourne autour de 22 % (un peu plus un peu moins selon les logements livrés chaque année). Ce n’est pas vraiment glorieux, c’est un héritage, et c’est à la baisse depuis 2000.
Il est temps de revenir à une politique du logement basée sur les besoins des ménages réels inscrits comme demandeurs de logement, et non sur la volonté d’attirer les classes moyennes aisées à Bayonne.