Bayonne. Fuck la Corrida

Dimanche 26 juillet, aux Arènes de Bayonne, c’était l’avant-dernier concert de la tournée 2026 des 9 chanteurs et chanteuses de la Star Academy (TF1). Cela ne s’est pas passé comme attendu. La ville utilise le lieu, les Arènes, pour de nombreuses activités culturelles ou associatives. C’est une manière d’en neutraliser et banaliser la dimension toromachique. Juste retour des choses. 3 artistes ont boycotté le spectacles, et 2 autres s’en sont désolidarisés. Ambre Jadah, la gagnante de l’édition 2026 a fait retentir les Arènes d’un « Fuck la Corrida » sacrilège en ce lieu.

Ambre Jadah

Selon public.fr, Ambre Jadah est engagée pour le bien-être animal, et a tenu à prendre la parole entre deux prestations. Selon public.fr, « Organiser des corridas, mettre à mort des animaux, il y en a qui trouvent normal ça ici ?« , a-t-elle demandé à son public visiblement acquis à sa cause. « C’est la dernière fois que je viendrais chanter dans une salle pareille. Aussi, j’espère qu’un jour on pourra faire résonner autrement ce genre d’arènes et que surtout on arrêtera de maltraiter, de massacrer les animaux pour divertir l’humain et pour l’amuser« , a-t-elle ajouté avant de hurler dans son micro un « FUCK LA CORRIDA« .

Logo repris d’un site anarchiste

On peut voir un reportage sur cette soirée ici :

Melissa, Victor et Sarah sont les 3 artistes qui se sont désistés. Une 4e, Jeanne, a chanté, tout en dénonçant les corridas. La dernière séance de la Star Ac se déroule ce soir le 28 juillet dans le théâtre antique à Orange. Une autre culture.

Sud Ouest, du 28 juillet, fait raconter à une spectatrice, la prestation finale d’Ambre :

« C’était un très bon show qui a duré jusqu’à 23 h 30, témoigne Aline, 26 ans, venue assister au spectacle avec une amie qui ne rate pas une émission de la Star Ac. Le concert s’est déroulé normalement. Il y a simplement eu un moment où Ambre, la gagnante de cette saison, a rappelé qu’elle avait choisi de chanter ‘‘La Corrida’’ de Francis Cabrel lors d’un prime pour ses convictions anti-corrida. »

 » La jeune chanteuse a ensuite réalisé un sondage à l’applaudimètre pour mesurer les pros et antis. La foule était plutôt jeune, composée de pas mal d’enfants et parents, ou de jeunes adultes de 18 à 25 ans « Le public était plutôt contre mais il y avait aussi des défenseurs, souligne la spectatrice, elle même pas emballée par les spectacles taurins auxquels elle ne se rendra jamais. Ambre a fini par crier un « Fuck la corrida ! »« 

La rage d’Ugalde

Selon le même journal, Yves Ugalde, adjoint en charge des corridas, a réagi ainsi à cet épisode dans un post facebook : « Deux chanteurs membres de la Star Ac, colonie de vacances post-pubère qui terminait sa tournée ce dimanche soir aux arènes de Bayonne, ont exprimé hier soir sur scène leurs positions antitaurines. Et je passe sous silence les trois autres qui ont refusé les planches en apprenant – oh stupeur ! – qu’il y avait des corridas dans les arènes. Je pense vraiment qu’à ce stade d’ignorance de la destination des lieux publics, le mois d’août ne serait pas de trop pour les soumettre à quelques devoirs de vacances, ne serait-ce que pour qu’ils sachent qu’on fait du sport dans les stades ou que des chevaux courent dans les hippodromes. » « Le public a eu droit à une leçon de morale animaliste avec des phrases aussi fortes que ‘‘les animaux font partie de ma vie’’ – comme s’ils n’appartenaient pas à la nôtre ! – ou encore ce ‘‘Fuck la corrida !’’ dont la force de la licence poétique n’aura échappé à personne, regrette l’élu. J’avais à mes côtés une mamie qui avait toutes les difficultés du monde à traduire ‘‘Fuck’’ à sa petite-fille. Elles sont d’ailleurs parties sur le champ ces deux-là. »

Conseil municipal du 23 juillet. Yves Ugalde consulte son smartphone pendant que sa voisine Sylvie Durruty parle des finances municipales

Jeunes fans de corridas

Sans surprise, les insultes d’Ugalde ont été démultipliées en commentaires de sa page facebook, notamment de la part des « jeunes » de l’Union de l’Aficion bayonnaise (l’Union des Villes Taurines Françaises).

« Au-delà du ridicule de la mise en scène, c’est bien le fond qui pose problème. Ce que ces jeunes gens, propulsés par un télé-crochet, ont exprimé hier soir, ce n’est pas une « conviction éthique » : c’est un mépris de classe pour une culture qui ne demande rien d’autre que d’être vécue en paix, dans le respect de ses habitants. Venir donner des leçons de morale à une ville entière, sur sa propre terre, dans ses propres arènes, sans jamais avoir pris la peine de se renseigner avant de signer un contrat, ce n’est pas du courage. C’est de l’ignorance drapée dans la posture. Les sifflets du public ne trompent personne. Les Bayonnais n’ont pas à rougir de leur histoire ni de leur identité. Ils n’ont certainement pas de leçons à recevoir d’artistes de passage, biberonnés au buzz, qui découvrent une tradition multiséculaire à quelques minutes d’un concert. La culture taurine ne se négocie pas. Elle se respecte, ou l’on reste chez soi. »

Le 26 juillet ne restera peu-être pas dans la mémoire bayonnaise. Mais il est impossible de résister au plaisir procuté par cette interjection « Fuck la Corrida » dans ce lieu. Merci à Ambre et ses collègues.

D’autant plus que le même jour, un rassemblement anti-corrida s’est déroulé à Orthez.

Orthez, dimanche 26 juillet

Et, ce qui n’a rien à voir, le 26 juillet 1953, Fidel Castro et ses compagnons se lançaient à l’assaut de la caserne de la Moncada à La Havane. On s’en souvient encore. Fuck Batista (et Trump)

Patrick Petitjean, 28 juillet 2026

Droit d’asile : pas de justice dégradée et déshumanisante

Depuis le 1er juillet, les audiences de justice pour les personnes enfermées au Centre de rétention administratif (CRA) d’Hendaye droit d’asile se déroulent en visio, dans une nouvelle salle annexe du commissariat, à côté du CRA. Avocats, associations de défense des droits de l’homme et antiracistes se mobilisent contre cette réforme de Darmanin. Une centaine a manifesté devant cette salle de justice le 4 juillet. Cette réforme, qui est concomitante avec le « pacte sur l’asile » et la « directive retour » au niveau européen, marque une nouvelle détérioration du droit d’asile.

Une réforme déshumanisante

Le CRA est déjà une sorte d’annexe du commissariat, non loin de la gare d’Hendaye. Le bâtiment « annexe de justice », qui vient d’être construit, complète le complexe policier. Ce dispositif aggrave la confusion entre le ministère de la justice et le ministère de l’intérieur.

Chaque année, dans ce CRA, près de 300 personnes y sont « retenues » plus ou moins longtemps, 90 jours maximum, en attente d’une éventuelle expulsion, ou d’être relâchées. C’est un lieu de privation de liberté, une prison qui ne dit pas son nom. Au cours de ce séjour forcé, une personne est présentée devant différents juges, chargés de vérifier la régularité de leur rétention ainsi que de leur expulsion.

le bâtiment du CRA annexé au commissariat

Pour les promoteurs de la nouvelle loi, ces procédures sont trop lourdes et coûteuses : amener la personne d’Hendaye à Bayonne avec les policiers nécessaires, entretien avec un avocat, audience, attente de la décision. Une audience en visio à côté du CRA est supposée permettre de libérer du temps (oh combien précieux) policier, de simplifier l’exercice de la justice et de faire des économies.

Les personnes retenues seront donc face à un écran, loin des magistrats, interprètes et représentants de l’État. Aux avocats de choisir d’être d’un côté ou de l’autre de l’écran.

Cette nouvelle procédure déshumanise un peu plus les procédures liées à l’asile, alors que ces audiences peuvent bouleverser la vie des personnes retenues.

Le Syndicat des Avocats de France (SAF), la Cimade, le syndicat LAB et plusieurs associations de solidarité avec les personnes exilées se sont mobilisés contre la création d’une justice dégradée avec la systématisation des procédures en visioconférence. Les personnes exilées sont toujours un peu plus stigmatisées. Est-ce un terrain d’essai avant l’extension d’une visio-justice ?

Lors du rassemblement organisé contre cette pseudo justice, une avocate du SAF a témoigné de la manière dont s’étaient déroulés les premières visio-audiences.

Témoignage d’une avocate du SAF

Nous sommes réunis aujourd’hui face au centre de rétention administrative d’Hendaye, face à la nouvelle annexe de justice, qui sert à la mise en place des visios audiences, de manière systématique, pour toutes les personnes retenues au CRA d’Hendaye depuis le 1er juillet 2026.

Cette annexe de justice construite dans le seul but de mettre en place des visio-audiences est illégale, illégitime et ne devrait pas être utilisée.

Les vidéo audiences systématisées ne peuvent qu’aboutir à une rupture des droits des personnes retenues, à renforcer leur isolement et leur enfermement, à rendre plus difficile leur défense et le respect de leurs droits fondamentaux. (…)

Les premières audiences mises en place de cette semaine ont démontré qu’il existe une réelle rupture dans les droits de la défense des personnes retenues.

En effet, cette annexe de justice est gérée par le Ministère de l’intérieur, par des fonctionnaires de police. Eux décident seul, du droit d’entrée et de sortie des personnes à l’audience. Ce sont eux qui mettent en marche la visio, qui aident la personne retenue en cas de difficultés.

Encore eux qui donnent accès au scanner pour transmettre des documents au juge.

Aucun membre du Ministère de la justice n’est présent. L’interprète n’est pas aux côtés de la personne retenue. Ce n’est pas tolérable.

Certains avocats de barreau de Bayonne ont entamé une grève de défense massive afin de faire entendre la voix des personnes retenues.

Lors de l’audience de mercredi dernier, les fonctionnaires de police ont voulu empêcher certains avocats d’entrer à l’audience sous prétexte que la jauge de sécurité de l’annexe avait été dépassée. Ils ont également voulu fouiller leurs sacs. C’est illégal et inadmissible.

Lors de l’audience du vendredi 3 juillet, le juge a entravé la parole des avocats, en les coupant et leur précisant qu’ils n’avaient que 5 minutes pour plaider, pour défendre la personne retenue. L’audience n’a pas pu être publique. Certains ont été empêchés d’entrer.

En résumé : la personne retenue est en présence unique de policiers qui décident du fonctionnement de l’audience, de la publicité de l’audience, de l’assistance ou de l’absence d’assistance à la personne retenue.

L’audience est expéditive. L’avocat est entravé dans l’exercice de ses fonctions (…).

(extrait du témoignage lu le 4 juillet lors du rassemblement)

Disons non aux CRA.

Non à l’enfermement des personnes exilées.

Pour le respect des droits de tous les justiciables, y compris les personnes « sans-papiers ».

Non aux vidéo audiences systématisées !

Patrick Petitjean, 8 juillet 2026

Bayonne. Lapix en procès le 23 juin pour la mort de Mohamed Kichouhi en 2022


Pour joindre le Piment Bayonnais, proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net

La société Lapix va être jugée le 23 juin en tant que personne morale comme responsable de la l’effondrement d’une grue à Saint-Esprit, sur un chantier entre le quai Bergeret et le boulevard Alsace-Lorraine. La chute de la grue le 9 mars 2022 avait provoqué la mort du grutier, Mohamed Kichouhi. Les syndicats et le Collectif 22-Bergeret (riverains) ont organisé tous les ans un hommage au grutier décédé. Dès décembre 2022, l’expertise avait établi les responsabilités. Il a fallu 4 ans pour que le procès se tienne. Syndicats et collectif appellent à un rassemblement le 23 juin à 13h devant le tribunal de Bayonne.

la chute de la grue et les hommages à Mohamed Kichouhi

Le Collectif 22-Bergeret a été créé juste après la chute de la grue par des riverains, face à l’ampleur du drame pour la famille de Mohamed Kichouhi et à l’impact pour les habitant-e-s touché-e-s par l’effondrement ou témoins de l’accident. Un premier hommage a été organisé le 17 mars, une semaine après l’accident

Hommage le 17 mars 2022, 8 jours après l’accident

Ce chantier avait déjà attiré l’attention des riverains depuis le début des travaux, inquiétudes remontées à la mairie et aux deux opérateurs, Domofrance et le COL : irruption d’eau lors des travaux de terrassement, avec un ouvrier désemparé, seul sur le chantier ; persistance de la présence d’eau et pompage systématique, continu ; conditions et rythme de travail difficiles pour des ouvriers pataugeant dans un sol boueux ; changement de grue au dernier moment.

Le 8 mars, la grue était encore en train d’être montée.

photo prise la veille de l’accident depuis un immeuble voisin

Au matin du 9 mars, une grue achève d’être installée. Plusieurs personnes, témoins de proximité, la voyaient bouger, l’entendaient craquer. Mohamed Kichouhi, appelé en urgence pour remplacer le grutier normalement en poste, découvre un chantier très peu rassurant, vide de ses ouvriers.

Des riverains l’ont vu arriver sur la plateforme et monter dans la tour.

Quelques instants après, la grue tombe dans un grand fracas entrainant Mohamed dans une chute mortelle. La tour et la flèche de la grue s’écrasent sur l’appartement du 5ième étage du Carré Saint Esprit et en travers du Boulevard Alsace Lorraine, désert par chance à ce moment. Deux voitures sont endommagées et la façade de la charcuterie Aubard touchée.

Les propriétaires de l’appartement qui se trouvaient dans des pièces de part et d’autre de l’impact de la grue, sont miraculeusement saufs.

Chaque année, le Collectif et les syndicats (CGT construction, LAB, Solidaires, FSU) organisent un rassemblement en mémoire de Mohamed Kichouhi et en soutien à sa compagne, leurs deux enfants et l’ensemble de sa famille.

Après la chute le chantier a continué d’être envahi par l’eau de l’Adour. On voit dans la mare le reste du support qui a fait basculer la grue (photo de juin 2022). En mars 2023, des canards avaient squatté la mare

En 2023, entre 200 et 300 personnes se sont rassemblées et ont formé une chaîne humaine au travers du boulevard Alsace-Lorraine, pour matérialiser l’impact de la grue

Je me suis fait l’écho des rassemblements de 2024 et 2025 sur ce blog :

plaque pour l’hommagge de mars 2025

La responsabilité de Lapix, jugé pour homicide involontaire

Dès décembre 2022, le rapport d’expertise avait été communiqué aux victimes de l’accident. Sud Ouest, qui avait pu consulter ce rapport, en avait longuement présenté les conclusions le 5/12/22. Sans rentrer dans les détails techniques du rapport, ses conclusions étaient claires. Elles révélaient un défaut dans la réalisation des fondations : son basculement a pour origine une défaillance du béton dans une partie des fondations. L’expert souligne que la qualité du béton n’est pas en cause, et que le problème est à chercher dans un défaut d’exécution de certaines opérations.

Il avance deux hypothèses : « Soit le béton a été coulé dans l’eau, soit le béton frais a été envahi en partie basse avec les montées et descentes successives des niveaux d’eau des marées, l’empêchant de faire sa prise ». Est ici désignée l’influence de l’Adour voisin, soumis aux marées. L’expertise privilégie la seconde probabilité.

Le béton n’était pas au sec au moment où les fondations ont été posées. Il était imbibé d’eau en raison de la proximité de l’Adour, et le système de pompage s’est avéré inefficace (Sud Ouest, 16/06/26)

En ce qui concerne les responsabilités, l’expert avait souligné que Lapix était titulaire du marché des fondations et du gros œuvre du chantier. Si elle avait sous-traité à une autre entreprise, les factures ne faisaient pas apparaître l’opération défectueuse, qui n’entrait alors pas dans le marché de sous-traitance. Ses conclusions pointaient donc la responsabilité de Lapix.

L’enquête judiciaire a permis de confirmer cette expertise, y compris sa conclusion. Il a fallu pour cela plus de 4 années. Lapix, comme personne morale, et deux employés seront jugés le 23 juin pour homicide involontaire.

Une quinzaine de parties civiles seront présentes, parmi lesquelles la compagne de Mohamed Kichouhi, sa famille, et les syndicats.

Pour Robert Dannus, responsable de la fédération CGT du bâtiment 64, interrogé par Sud Ouest, « le scénario de cet accident est digne d’un mauvais film : il y a eu une accumulation d’erreurs et de manquements à tous les niveaux ». « En tant que professionnels du bâtiment, on a du mal à comprendre comment des gens aussi expérimentés ont pu faire autant d’erreurs. Ce type d’accident est rare en France, il fait penser à ceux qu’on peut voir plutôt sur des chantiers à l’étranger, quand il y a des problèmes de communication. Sur ce chantier, on a l’impression que les gens ne se parlaient pas et que les procédures n’ont pas été respectées », souligne-t-il.

Les syndicats et les accidents du travail

Ce n’était pas, loin de là, le seul accident de travail au Pays basque.

Lors du rassemblement le 9 mars 2024, dans la prise de parole commune des syndicats et du collectif 22-Bergeret, il avait été rappelé que chaque jour en France deux personnes meurent au travail. Une hausse de 14% en un an. C’est l’Etat d’Europe qui a le plus mauvais bilan avec 3,53 accidents mortels pour 100 000 travailleur·euses, d’après le service européen de statistiques Eurostat.

Depuis le début de l’année 2024, 17 personnes sont mortes au travail au Pays Basque Sud. Rappelons aussi qu’en 2023 au Pays Basque, 59 personnes ne sont pas rentrées vivantes du travail, dont 5 en Iparralde. Bien plus encore se blessent quotidiennement ou développent des maladies longues voire incurables. Les accident et morts au travail sont massifs mais invisibilisés. Les plus touché·es sont les ouvriers et ouvrières, les emplois peu qualifiés, de plus en plus les jeunes et les femmes.

Les syndicats se sont appuyés sur la date du 28 avril, la journée internationale pour la santé et la sécurité au travail, et sur le cas de Mohamed Kichouhi, pour faire prendre conscience de l’invisibilsation des accidents du travail.

Les syndicats et l’électrochoc du décès de Mohamed Kichouhi

Dès le 28 avril 2022, un rassemblement était organisé devant Lapix à Bayonne. Les syndicats ont entrepris la rédaction d’un guide, un « protocole » applicable à chaque accident grave ou mortel. Selon eux, la sensibilisation reste le meilleur moyen pour améliorer durablement la prévention en santé au travail dans les entreprises..

Publié à l’occasion du 28 avril 2025, il est devenu une référence. Le journal Le Monde s’en est fait l’écho, mettant en lumière l’accident de Mohamed Kichouhi

Selon le journal, le « protocole basque » a pour vocation à être distribué dans les entreprises et à essaimer dans d’autres régions. Il se donne pour mission de faire de la pédagogie sur le sujet en rendant visible les accidents. « Au Pays basque espagnol, les syndicats sont en avance sur ce sujet. Côté français, l’idée de faire du syndicalisme sur des morts, même à cause du travail, était vue comme problématique » (Enaut Aramendy, LAB). Le décès de Mohamed Kichoui a été un électrochoc qui a convaincu les 4 syndicats de discuter d’un mode d’action en commun

Le 28 avril 2026 encore, un rassemblement a eu lieu devant la mairie de Beyrie sur Joyeuse (Basse Navarre) après un accident mortel survenu le 30 mars.

Il n’est pas fréquent que la responsabilité d’une société soit mise en cause en tant que telle devant un tribunal, sans se limiter à des mises en cause individuelles d’employés.

C’est pour cela que le procès de Lapix, ce 23 juin, est important. Et c’est le sens du rassemblement appelé à 13h par les syndicats et le collectif 22-Bergeret.

Patrick Petitjean, 21 juin 2026

Les brebis rebelles occupent Marienia

Le 14 juin, un pas important a été effectué vers le retour des terres de Marienia à Cambo à leur vocation de terres agricoles. Un troupeau de « brebis rebelles » est arrivé sur le site il y a quelques jours. Et ce dimanche, en présence de 200 ou 300 manifestants, une bergerie démontable en bois a été installée pour accueillir le paysan et son troupeau. Les changements politiques survenus aux élections municipales en mars dernier peuvent conduire à l’abandon du projet Bouygues

Une longue histoire

Les mobilisations ont commencé dès 2009 contre la modification du PLU de Cambo qui rendait constructible ces terres agricoles. Bouygues, en coopération avec Office 64 pour la partie « sociale », y prévoyait 94 logements sur 3,5 ha – un chiffre actualisé en fonction de différents recours contre le PLU et contre les variantes du Permis de Construire accordé par la municipalité.

Tous ces recours ont été rejetés. Un seul et dernier appel est pendant devant le Conseil d’État.

5 associations portent aujourd’hui ces mobilisations pour pérenniser la fonction nourricière de ces terres : Lurzaindia, le syndicat ELB, le Cade, le collectif Ostia et Nahi Dugun Herria (élu.e.s abertzale à la mairie de Cambo). La défense de Marienia est devenue une lutte emblématique à l’échelle du Pays Basque, bien au-delà des organisations agricoles.

cortège le 22 octobre 2022

Le Piment bayonnais a régulièrement chroniqué les principales mobilisations

Samedi 25 mai 2024 à Cambo, un rassemblement pour la défense des terres agricoles a été organisé pour réaffirmer un engagement : s’opposer à l’artificialisation du plateau de Marienia. Ces 10h pour la défense des terres nourricières avaient débuté par des ateliers le matin et en début d’après-midi. Elles ont continué avec une déambulation de 300 personnes jusqu’au site. La journée s’est achevée par un concert.

En mai 2025, les manifestants ont prêté le « serment des makilas » en plantant des bâtons, en référence à ce qui s’était fait au Larzac en 1972 et à Notre-Dame des Landes en 2018. Un serment de revenir si Bouygues veut engager des travaux. Puis elles ont planté des pommes de terre, piments doux et courges pour concrétiser le mantien du catactère agricole du site.

La recolte des pommes de terre s’est faite en septembre 2025

Entre temps, une partie des légumes avaient été coupés ou arrachés. La riposte s’est faite par cla fabrication d’épouvantails.

Puis du blé avait été semé la mi-octobre, dans l’optique de la fabrication de pain. Mais le vandalisme des partisans de la bétonisation a alors augmenté d’un cran : « le champ de blé a été irrémédiablement ravagé par l’utilisation de produits toxiques et potentiellement rémanents, sans aucun respect ni pour la terre ni pour le travail des paysans. En tous les cas, cet acte malveillant est symboliquement proche de la politique de la terre brûlée utilisée par les vaincus qui préfèrent laisser derrière eux un champ de désolation. Il s’en est fallu de peu pour que les brebis présentes sur ce champ ne soient intoxiquées car le paysan avait prévu de leur ouvrir la parcelle de blé, conformément à une tradition ancestrale consistant à faire paître les brebis dans le blé à ce stade de maturité (tallage). » (Enbata, 27.04.26).

Tout change avec le résultat des municipales

En mars dernier, le projet a perdu son principal soutien politiques : le maire sortant de Cambo a été battu. Peio Etxeleku, le nouveau maire, est un des opposants de longue date à cette urbanisation. De même, Jean-René Etchegaray, qui cultivait l’ambiguïté (voir le billet référencé ci-dessus) a du laisser sa place de Président de la CAPB à Alain Iriart, opposant de longue date à ce projet. L’heure est donc aux négociations entre les parties prenantes : les prpriétaires, Bouygues, bénéficiaire de la promesse de vente, le maire de Cambo et le Président de la CAPB, en attendant que le futur PLUi concernant Cambo ne remettent ces terres en espace agricole.

La journée du 14 juin

En résonance, mais en décalage de quelques semaines avec les initiatives « fissurer le béton » (les Soulèvements de la Terre) et le Printemps des luttes fin mai, les 5 mouvements qui pilotent cette lutte ont organisé une journée symbolique de « retour des terres de Marienia à leur fonction nourricière » le dimanche 14 juin. L’objectif : installer une bergerie, démontable, en bois pour accueillir des brebis et un paysan.

Les jours précédents, des éléments de la structure avaient été préparés. Dès le 10 juin, une cinquantaine de brebis étaient arrivées sur le terrain.

Le 14 juin, le chantier a débuté dès 6h, et la structure, arrivée à 7h30, a rapidement pris forme.

Des éléments de la structure sont préparés sur place

A 11h, un débat est organisé sur l’avancement des luttes pour les terres et contre les différentes formes de bétonisation, avec l’association HELP (Bayonne, Lana et Piquessary), les collectifs contre la LGV et le projet e-cho, le syndicat ELB et le collectif Euskal Herria Bizkirik (Hegoalde).

A 13h, au moment des prises de parole des organisateurs, la bergerie avait pris forme, et on pouvait profiter de son ombre pour la pause repas.

La journée s’achève par un après-midi de musique, danse et chants.

Quant à elles, les brebis rebelles poursuivent l’occupation

Patrick Petitjean, 15 juin 2026

Bayonne : un carnaval libre et sauvage

Ce samedi 28 octobre, les rues de Bayonne ont été animées par un carnaval libre et sauvage, renouant avec les traditions d’un carnaval fantaisiste, politiquement incorrect, loin d’un spectacle pour touriste. Un poteo joyeux pour se faire plaisir, se déguiser, danser, chanter. Pour porter toutes les colères et revendications. Pour fêter le printemps. Pour faire une fête d’adieu à Zanpantzar, fauteur de tous nos maux.

En quelques photos

La LGV, c’est non
On se regroupe place de la République
On part en défilé derrière une batucada
Danse au confluent de la Nive et de l’Adour
Foule place du Réduit
Vive la commune
Libres et sauvages en plusieurs langues
Sainte Soline, c’est aussi notre présent
Les Papy’s Teknos au carré des Halles
On danse sur le carré des Halles
Dans le défilé
Trump enfariné
Onn’oublie pas la crise du logement et les résidences secondaires
Le maître spéculateur, ami du maire, sera achevé à coups de bâton

Patrick Petitjean 29 mars 2026

Terres agricoles de Marienia. Le double discours d’Etchegaray

La défense des terres agricoles de Marienia à Cambo reste d’une actualité brulante. Samedi 6, une bonne centaine de personnes sont venues récolter les pommes de terre semées au printemps dernier. Mardi 9, 3 personnes comparaissaient devant le tribunal de Bayonne à la suite d’une bousculade lors d’un conseil municipal à Cambo. Le rassemblement du 6 a fait apparaître au grand jour la trahison d’Etchegaray.

Comme à chaque fois qu’un rassemblement a lieu sur ces terres, le 6 octobre, l’ambiance était celle d’une fête populaire, avec de nombreux enfants, même temps que militante, pour faire vivre cette terre nourricière de 3,5 hectares que Bouygues, le maire de Cambo et leurs alliés veulent urbaniser.

Plus de 2 tonnes de pommes de terre ont été récoltées ce 6 septembre. Elles avaient été plantées le 17 mai, en même temps que des piments doux et des courges. Mais, pendant l’été, les plntations de piments et de courges avaint été vandalisées, sans doute par des amis de Bouygues.

Le 17 mai, le serment des Makila avait été partagé par des centaines de participants.

Les associations qui portent ces mobilisations : Lurzaindia, le syndicat ELB, le Cade, Ostia et Nahi Dugun Herria

Le double jeu d’Etchegaray

Pendant longtemps, le président de la CAPB a laissé entendre qu’il était ouvert à remettre sur le tapis le projet d’urbanisation de Marienia, qu’il allait organiser un débat au conseil communautaire.

Dans le même temps, la CAPB se rangeait systématiquement aux côtés du maire de Cambo et de Bouygues dans les procédures contre le PLU et le permis de construire, avec l’argument que la CAPB ne pouvait s’opposer à une commune qui en fait partie. Tous les recours ont été perdus jusqu’à maintenant par les défenseurs des terres agricoles, et une procédure n’est pas totalement achevée.

Le masque d’Etchegaray est tombé quand, pendant l’été, les organisations agricoles ont appris par la Safer qu’une nouvelle « déclaration d’intention d’aliéner » (redéfinition des termes de la vente) avait été déposée, ouvrant une possibilité de préemption par la CAPB, avec un délai de 2 mois pour y recourir. Cette nouvelle DIA a été reçue le 16 juillet par la Safer… mais la CAPB l’avait entre les mains le 13 janvier. Et avait refusé de préempter. De là un sentiment total de trahison de la part d’Etchegaray, de son double discours.

La CAPB avait portant pris un engagement : préserver l’espace agricole comme un bien commun ». On en est loin. Quant au débat promis, selon Sud Ouest du 8 septembre, il n’aurait pas lieu au conseil de la CAP, mais lors d’une conférence des maires. Et Marienia serait noyé au milieu d’une discussion générale sur le foncier agricole.

Le nouveau compromis de vente comprenait une baisse du prix de vente, d’un peu plus de 3 millions à 2,62 millions d’euros, ce qui rendait obligatoire cette nouvelle DIA. Comme d’usage, ce nouveau compromis de vente comporte des clauses suspensives : levée de tous les recours, lieux libérés de toute occupation. Or, un recours n’est pas totalement levé. Les lieux sont-ils libres de toute occupation ? Pas clair ! Les plantations peuvent-elles être considérées comme une occupation ? Et selon quel régime juridique sont-elles encore utilisées par un éleveur ?

Le début des travaux reste encore heureusement problématique, et dépend du rapport de forces politiques, de la mobilisation citoyenne. Du blé d’hiver va être semé cet automne

Le procès du 9 septembre.

Lors d’une manifestation pendant un conseil municipal, le maire de Cambon était tombé lors d’une bousculade, et s’était cogné la tête par terre. Il avait reconnu qu’aucun coup n’avait été porté, mais avait porté plainte, en pleine d’une campagne politique et médiatique sur les « violences contre les élu.es ».

Il y avait une centaine de manifestants lors de cette séance, il y a eu deux heures de vacarme avant l’arrêt du conseil municipal. D’une manière qui a semblé un peu arbitraire, 3 manifestants avaient été déférés devant le tribunal de Bayonne pour entrave au déroulement du conseil municipal et « violence », accusés d’être à l’origine de la bousculade.

Une petite centaine de personnes se sont rassemblées ce 9 septembre devant le tribunal de Bayonne.

Le procureur a requis 5000 euros d’amendes, dont 4000 avec sursis. Jugement le 16 octobre

Patrick Petitjean, 11 septembre 2025

Toro : un artiste qui veut mourir

Le conseil municipal municipal de Vieux Boucau vient de décider d’arrêter les corridas, qui avaient été relancées en 20233 et 2024. Succédant au renoncement d’Eauze (Gers), cette décision a provoqué une certaine fébrilité dans les milieux tauromachiques, craignant une extension des vents contraires. En guise de contre-offensive, la propagande pro-corrida a battu son plein, notamment dans le journal Sud-Ouest ces dernières semaines

Vieux Boucau

La municipalité avait autorisé la pena locale (La Mariposa) à organiser, de manière exceptionnelle, des corridas deux années de suite. Pour 2025, ce sont des raisons éthiques qui l’ont poussée à arrêter la série, le refus de la mise à mort comme spectacle.

« La majorité des élus jugent que cela n’est plus digne d’un spectacle du monde de maintenant. Cette mise à mort n’est pas justifiée par une tradition, puisqu’il y a eu de longues années d’interruption depuis la création des arènes », a expliqué le maire Pierre Froustey à France3Régions

Il a précisé : « Cela ne remet pas en cause les courses landaises ni les spectacles de recorte. Nous souhaitons seulement qu’il n’y ait plus de spectacles avec mise à mort dans les arènes de Vieux-Boucau, comme cela a déjà été le cas durant vingt ans » (Sud Ouest, 3.2.25).

Il insiste sur ce point : « Je suis toujours un fervent défenseur des traditions locales, et notamment landaises. Mais peut-être que la corrida n’est pas forcément une tradition landaise ? ».

Les défenseurs de la corrida sont rendus furieux par la mise à l’écart de la corrida d’avec les traditions taurines landaises. Dans une pétition, les organisations taurines soulignent ainsi le danger de l’argumentaire de Pierre Froustey, opposé aux corridas et novilladas, mais farouche partisan de la course landaise : « Effacer la corrida dans des arènes comme celles de Vieux-Boucau revient à différencier les tauromachies, alors même qu’elles sont intimement liées entre elles et complémentaires ; chacune s’étant implantée grâce à l’autre sur les différents territoires français ».

La Fédération française des courses landaises a pris le même angle d’attaque contre la décision de Vieux-Boucau : la tauromachie est unique. Après avoir tenté une « médiation » pour faire revenir Pierre Froustey sur sa décision, l’UVTF a menacé d’expulser Vieux-Boucau.

A l’inverse, certaines associations favorables à l’abrogation des corridas ont félicité Pierre Froustey… bien que la plupart (mais pas toutes) partagent avec les pro-corridas cette idée qu’on ne peut séparer les corridas des autres formes de tauromachie, course landaise comprise.

Magescq

devant l’église de Magescq, non loin de Vieux Boucau dans les Landes, le 9 mars

Dimanche justement, 3 associations anti-corridas organisaient un rassemblement à Magescq, dans les Landes, contre la reprise de la saison des corridas. Une trentaine de personnes ont participé à ce rassemblement, parmi lesquelles, les avis étaient partagés sur la position de Pierre Froustey. Il y avait là des adhérent.es du CRAC (comité radicalement anti-corrida), de REV (Révolution écologiste pour le vivant), de One Voice et d’EELV. Voir aussi la photo en une de ce billet.

On reste loin des mobilisations d’avant le Covid, malgré un timide frémissement dans l’optique des élections municipales de 2026

Eauze

17/06/17 TYROSSE corrida des fetes de Tyrosse toros de Valdellan Alain Lartigue – Louvier Isabelle ( arènes )

Ce sont des raisons économiques, et non éthiques, qui ont poussé le maire d’Eauze (Gers) à renoncer à l’organisation d’une corrida en 2025. Mais deux chevaliers blancs sont arrivés pour organiser la corrida à sa place.

L’un d’entre eux est la société Tomefra avec son directeur, Alain Lartigue., bien connu sur Bayonne, où il est mandataire des corridas, comme pour plusieur villes landaises. J’aurai l’occasion de reparler de ce personnage.

François Zumbiehl : Vive la mort

Depuis quelque temps, la propagande tauromachique s’étend, et s’appuie sur une page régulière dans l’édition dominicale de Sud Ouest.

Le 8 mars dernier, cette page reproduisait un entretien avec François Zumbiehl en réponse à l’arrêt des corridas à Vieux-Boucau. La page était titrée : « Sans mise à mort, la corrida se réduirait à une exhibition insignifiante ». C’est bien l’esprit de l’entretien, comme le montrent les quelques citations ci-après.

François Zumbiehl est présenté comme anthropologue et écrivain. Il a effectivement soutenu en 2006, à l’Université Bordeaux 2, une thèse en anthropologie culturelle intiulée « Les mots qui torréent : la représentation de la tauromachie dans la parole des professionnels et des aficionados espagnols ». Les membres du jury sont, pour la plupart, taurophiles et âgés. Mais ce sont des scientifiques reconnus avec une fiche wikipedia et des publications (ce n’est pas le cas de François Zumbiehl), en dehors du journaliste Francis Marmande. Le président du Jury, Pierre Bidart, était un anthropologue particulièrement connu.

Dans un précédent entretien avec Sud Ouest (29.8.24), Zumbiehl parlait de son enfance à Anglet et de sa « coup de foudre » lorsque qu’il avait assisté à sa première corrida à Bayonne à l’âge de 11 ans. Depuis, il est aficionado. Dans cet entretien, il partait en guerre contre l’animalisme, cet anti-humanisme, au nom des traditions judéo-chrétiennes et gréco-latines.

Selon son dernier entretien, il vit entre le Pays basque et Madrid, a été conseiller culturel à l’ambassade de France en Espagne et est actuellement membre du Cicult (Conseil international des cultures taurines).

François Zumbiehl est un anthropolgue au service des corridas. Et cela ne peut qu’accentuer l’abîme de son discours, hymne à la mort et au sang, glorification de l’estocade finale, présentée comme le choix de sa mort par le toro, de préférence à une mise à mort dans les coulisses.

Extraits de l’entretien avec Sud Ouest

La tauromachie s’enracine dans le mythe millénaire de Thésée et du Minotaure, rien que ça.

Sans mise à mort, la corrida se réduirait alors à une exhibition insignifiante, où il ne resterait plus qu’à apprécier l’habileté, l’élégance et les qualités physiques du torero. Cela deviendrait un pur simulacre (…) On éliminerait toute la dimension symbolique liée au rituel de la tauromachie, fixé dans sa version moderne vers la fin du XVIIIe siècle, qui rétablit le lien avec le mythe millénaire du combat de Thésée et du Minotaure, pour réaffirmer la victoire, certes temporaire, de l’esprit et du courage sur la nature indomptable et sur la mort.

La magie de l’estocade

C’est pour cela que le taureau doit mourir dans l’arène, que nous-mêmes, qui nous trouvons sur les gradins, nous devons nous confronter à cette mort qui annonce et représente la nôtre, et que le matador doit risquer sa vie, sans métaphore, dans cette phase suprême qui est « le moment de la vérité ».

La mort du taureau doit être digne jusqu’à la fin. Mais celle-ci est essentielle encore une fois. Elle répond surtout à une exigence éthique : elle est le moment où le risque assumé par l’homme est à son plus haut degré. (…) (un ancien torero) : «  L’estocade est la dernière retouche d’une œuvre d’art qui vient d’être achevée. C’est une fusion où l’un engage sa vie au prix de la vie de l’autre, un agrégat d’émotions qui se conjuguent, durant une seconde, dans l’espace ».

Et comme final de l’entretien, le toro qui demande lui-même l’estocade pour faire de sa vie une œuvre d’art. Zumbiehl ne nous épargne rien.

Zumbiehl cite le maestro Andrés Vazquez : « Je me suis trouvé là, quand on a tué un taureau brave dans un abattoir. Il mugissait, comme s’il voulait dire : ‘‘Non ! Je veux mourir dans une arène ; je ne veux pas mourir ici, dans cet endroit qui pue le sang !’’ C’était un animal humilié, maltraité, qui pensait qu’il n’était pas né pour ça. Il était né pour la lutte, et pour faire de sa vie une œuvre d’art. »

C’est aussi avec un argument semblable que les maires justifient les dérogations au code des marchés publics en raison d’une « prestation artistique unique ». Voir un billet précédent sur ce sujet : https://lepimentbayonnais.fr/2024/08/17/a-bayonne-on-a-lhumour-tauromachique-sanglant/

Patrick Petitjean, 11 mars 2025

Traverser la Bidassoa jusqu’au tribunal de Bayonne

Le 14 janvier 2024, la Korrika, course pour la promotion de la langue basque, traversait la Bidassoa apr le pont Santiago, entre Irun et Hendaye. 36 migrants s’y joignirent, entrant ainsi en territoire basque français, protégés par la foule. 7 personnes ont été accusées de les avoir aider et passeront en procès au tribunal de Bayonne le 28 janvier. Pour les soutenir, une manifestation est organisée le dimanche 26 janvier à 11h30 d’Irun à Hendaye, et un rassemblement le 28 à 13h devant le tribunal.

photo Mediabask – Guy Chauveau

Ce fut un événement joyeux, gai, fraternel, comme il se doit dans une Korrika

Les migrants qui ont traversé le pont Santiago le 14 mars 2024 n’avaient besoin de personnes pour passer la frontière. Ils auraient fait comme les autres, comme tous les jours, à pied. La police en aurait arrêté bon nombre, sur leur couleur, les aurait ramenés directement de l’autre côté de la frontière, sans se soucier des mineurs à protéger, de leurs droits, d’eux. Elle sait bien qu’ils ne rentreront pas chez eux et qu’ils finiront par passer ! Mais plusieurs arrestations d’un même migrant sont comptabilisées comme plusieurs migrants empêchés d’entrer, et il faut gonfler les chiffres.

7 personnes, sans doute repérées arbitrairement sur différentes vidéos, ont été placées en garde à vue le 2 octobre 2024, puis convoquées devant le tribunal le 28 janvier pour avoir aidé des migrants à passer la frontière.

Une campagne de solidarité « J’accuse » a été lancée le 20 novembre par des représentants d’organisations syndicales et politiques ainsi que des citoyens.

Il s’agit d’une campagne d’auto-accusation, pour avoir aider au passage de la frontière, en même temps que d’accusation des pouvoirs publics pour leur politique migratoire. Cette déclaration a été signée par plus d’un millier de personnes au 16 janvier.

20 novembre. Lancement de la campagne

« Il est bien connu qu’autour d’Irun et d’Hendaye, des centaines de bénévoles engagés organisent la solidarité et s’opposent aux politiques migratoires inhumaines. Ce sont des militants et des personnes engagées qui défendent et concentrent leurs efforts à sécuriser les parcours migratoires face au harcèlement des autorités politiques, de leurs lois et de la police », s’indignent les initiateurs de la campagne.

En parallèle, une pétition de solidarité est en cours de signature :

« J’accuse l’Europe forteresse et les pouvoirs politiques qui imposent une politique d’immigration répressive et meurtrière.

Les guerres, les famines, la surexploitation des ressources et de la force de travail, les dérèglements climatiques, tous ces maux causés par le système capitaliste, impérialiste et raciste poussent des milliers de personnes à fuir leur pays à la recherche d’une vie meilleure.

Au Pays Basque, les migrant.es sont confronté.es à des obstacles et des dangers des deux côtés de la Bidassoa : accès contrôlés par la police, arrestations, refoulements illégaux.

J’accuse les autorités et les lois responsables de cette politique raciste et injuste d’être la cause d’au moins 9 morts au Pays basque.

Euskal Herria veut continuer à être une terre d’accueil et pouvoir mener à bien des processus migratoires libres et sûrs .

Leur délit ? La SOLIDARITE.

Le 14 mars, jour où Korrika passait d’Irun à Hendaye, ils.elles ont couru aux côtés de 36 migrant.es qui ont pu franchir la frontière en toute sécurité ».

De même, 30 associations, syndicats, partis politiques ont en réponse lancé une campagne J’accuse les politiques migratoires. Elles ont déclaré avoir accompagné le passage de 36 migrant·es pour leur garantir une arrivée sécurisée jusqu’au centre d’accueil Pausa de Bayonne lors du passage de la frontière par la Korrika.

Patrick Petitjean, 24 janvier 2025

Procès en appel contre l’usage du nom « La Négresse » à Biarritz

Jeudi 16 janvier 2025, quatre ans après le dépôt du recours contre le nom de « La Négresse » donné à un quartier et une voie communale de la ville de Biarritz, s’ouvre le procès en appel devant la cour administrative d’appel à Bordeaux. Mémoires & Partages avait déposé un recours en décembre 2020 devant le tribunal administratif de Pau pour faire annuler les décisions de la mairie de Biarritz attribuant ces dénominations, mais il fut rejeté en décembre 2023. Il arrive devant la cour d’appel.

L’annonce du procès en appel a été faite par l’association Mémoires & Partages dans un communiqué du 19 décembre dernier.

Basée à Bordeaux, à Dakar, La Rochelle, Le Havre, Bayonne et Paris, l’Association Internationale Mémoires & Partages a pour objectifs de promouvoir un travail de mémoire autour des mémoires et héritages de la colonisation, de la traite des noirs, de l’esclavage et du racisme.

Mémoires & Partages devant le Didam à Bayonne le 27 avril 2021 pour un hommage « Black Lives Matter » avec Karfa Diallo

A l’initiative de Karfa Diallo, elle a été fondée en 2015. Elle est issue de l’action menée par les associations DiversCités et de préfiguration de la fondation du mémorial de la traite des noirs qui ont œuvré de 1998 à 2015 à la défense et la réhabilitation de la mémoire de la traite des noirs et de l’esclavage à Bordeaux (France).

A Bayonne, Mémoires & Partages a organisé depuis 5 ans différentes visites de lieux (bâtiments, noms de rue,…) qui sont associés à la traite négrière. Un passé sur lequel l’histoire officielle de la ville restait muette. Une redécouverte pour beaucoup d’habitants de la ville, à défaut d’être surprenant.

Dans son communiqué, l’association Mémoires & Partages note que cette cour administrative est celle qui juge aussi en appel, depuis le 19e siècle, de toutes les affaires de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Elle fait également remarquer, autre particularité, que cette cour siège dans l’ancien Hôtel particulier de la Famille Nairac (https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Nairac). Elle détaille ur on site l’histoire très significative de ce lieu :

La suite du billet est reproduite du communiqué de Mémoires & Partages

« La NÉGRESSE »

C’est le surnom donné à un quartier de Biarritz depuis le XIXe siècle, en raison de la présence d’une ancienne esclave noire qui travaillait dans une auberge du quartier, qui s’appelait auparavant Harausta (« endroit poussiéreux » en basque). Ce sobriquet lui a été donné par les soldats napoléoniens et sert à désigner le quartier. Elle ne pouvait qu’être déportée par ses « maîtres » puisque la police des noirs (instituée en 1776) obligeait à la déclaration et à la surveillance tous les esclaves qui rentraient sur le sol de France.

Les termes de « Nègre » ou « Négresse » ne sont pourtant pas anodins, et certainement pas de simples synonymes de « noir/noire ».

Ils servaient à désigner une personne noire, quand celle-ci est vidée de son humanité, seule manière pour les sociétés européennes de rendre moralement acceptable leur mise en esclavage, alors même que cette pratique était vigoureusement combattue quand il s’agissait de « blancs ».

Ces termes portent donc en eux la marque d’un crime contre l’humanité, qui a vu déporter des millions d’Africains, afin de travailler comme esclaves dans les plantations coloniales.

Plusieurs fois objets de critiques, la persistance de cette dénomination raciste pour le quartier de Biarritz est une injure au vivre-ensemble et à la reconnaissance de la composante noire de l’histoire de France (richesse apportée à la métropole par le travail des esclaves, participations des « tirailleurs » et troupes coloniales dans plusieurs guerres françaises, enrichissement culturel, sportif, etc.).

Pour l’écrivain martiniquais, Patrick Chamoiseau, 

« LES CHARGES DU MOT NÈGRE
– Charge d’insulte et de négation humaine surgie de la Traite, de l’esclavage, du système des plantations. 
– Charge positive insufflée par la Négritude et les grandes résistances qui firent du crachat un combustible.
LES EMPLOIS DU MOT :
 – Quand Césaire et Fanon l’emploient, c’est un étendard d’affirmation de soi et d’inscription dans une résistance historique. 
– Quand Zemmour ou son engeance l’utilisent, c’est la charge négative et la vaste insulte qui se voient signifiées. ». 

Une histoire de la contestation de cette dénomination

SOMMET DU G7 – 22 AOUT 2019

Lors du sommet du G7, le 22 août 2019 devant la gare de Biarritz, des adhérents de M et P distribuèrent une information au public à ce sujet. La ville était alors quadrillée par les forces de l’ordre qui interpellèrent Karfa Diallo coupable de ne pas vouloir cesser sa distribution d’informations.

Nos avocats William Bourdon et Colette Capdevielle démonteront avec brio dans leur plaidoirie que ce dossier était monté de toutes pièces par les policiers. Le délibéré du tribunal du 14 janvier 2021 ne souffre d’aucune ambiguïté puisque non seulement il relaxera Karfa Diallo du chef d’accusation « de rébellion » mais en plus il déboutera les parties civiles (les deux policiers) de leur action.

REFUS RÉPÉTÉ DE LA MUNICIPALITÉ

Devant le refus répété, depuis 2013, des différentes municipalités de tous bords à la tête de la ville de Biarritz d’entamer une démarche apaisée de changement de nom du quartier, l’association Mémoires & Partages a été contrainte de déposer le 2 décembre 2020 un recours au Tribunal administratif de Pau, afin de faire annuler les délibérations « illégales », de 1861 et 1986, ayant octroyé le nom de « La Négresse » à un quartier et une rue de la commune.

DÉCISION DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PAU

Le 22 décembre 2023, le juge administratif a avancé un argument incompréhensible selon lequel cette appellation était bien « péjorative » mais que ce n’était pas « une atteinte à la dignité de la personne »

COUR D’APPEL 16 JANVIER 2025

En soutenant que cette appellation était bien « péjorative » mais qu’elle n’était pas attentatoire à la « dignité de la personne », le juge administratif s’enferme dans la contradiction et ignore les représentations caricaturales, racistes et existes, qu’entraine une telle dénomination sur l’espace public et les violences symboliques qu’elle inflige à nos concitoyens, noirs ou blancs.

L’audience du 16 janvier 2025, au sein d’un lieu marqué par l’histoire du crime contre l’humanité qui a donné naissance à cette appellation, est une occasion pédagogique exceptionnelle que nous comptons bien saisir.

Nous remercions le Cabinet Bourdon & Associés de son constant et convaincant travail de défense des libertés publiques.

Nous sollicitons votre aide pour poursuivre poursuivre la pédagogie antiraciste et antisexiste que nous avons commencé. Nous savons d’expérience que déraciner le racisme est une entreprise de longue haleine et que dans le combat pour les droits civiques la justice occidentale a aussi ses propres biais.

La lutte continue !

Communiqué du Réseau Mémoires & Partages, Bordeaux, 19 décembre 2024

No corrida : Aupa Claudia eta Gustavo

Corridas interdites en Colombie et bientôt au Mexique

Les corridas sont en voie d’interdiction au Mexique, et sont officiellement interdites depuis août en Colombie. Les deux présidents, Claudia Sheinbaum et Gustavo Petro, sont sous le feu des partisans des corridas. Ces derniers dénoncent dans un même mouvement les opinions de gauche des présidents et leur hostilité aux corridas.

Au Mexique

Claudia Sheinbaum s’est prononcée pour l’introduction dans la constitution de l’interdiction de la maltraitance animale, et donc des corridas, le 23 octobre 2024. Un processus commencé sous le président précédent, AMLO. . Elle a déclaré son opposition aux corridas avec mise à mort. Elle avait pris ses fonctions le 1er octobre. Les corridas avaient été interdites une première fois à Mexico de juin 2022 à décembre 2023, interdiction levée par la Cour suprême.

On peut lire ceci sous la plume de Vidal sur le site www.corridasi.com le 25.10 :

« Pauvre, pauvre Mexique! qui confie son sort  à une antispéciste style Caron, style Petro ( ex Farc Colombien désormais président de la Colombie,style Podemos… »

En Colombie

Gustavo Petro a proclamé l’interdiction officielle de la corrida en Colombie, après votes et multiples recours, en juillet 2024

proclamation de l’interdiction

L’information s’était frayée un passage dans les pages « toros » de Sud Ouest le 22.9.2024, à l’occasion du passage dans les Landes d’un torero colombien retraité, César Rincon, « une légende colombienne » selon le chroniqueur taurin Zocato, célèbre pour son lyrisme et son fanatisme pro-corrida.

(Q) « Quel est votre sentiment depuis que le congrès de Colombie, votre pays, a voté l’interdiction des corridas dans un délai de deux ans ? Avez-vous encore l’espoir d’un renversement de situation ? »

« C’est triste et déplorable que notre liberté soit en danger. Et je ne parle pas seulement de la liberté dans la tauromachie. C’est une atteinte contre toutes les libertés. (…) »

(Q) « L’élection présidentielle programmée en mai 2026 peut-elle changer la donne ? »

« D’abord, nous ne savons pas ce qu’il va se passer en 2026. Malheureusement, nous voyons où va le Venezuela avec la bénédiction de la présidence colombienne… Et puis, il sera trop tard. Je ne vois pas comment les taurins pourraient poursuivre leur activité dans ce contexte politique gagné par l’animalisme. (…) L’animalisme est entré dans les salles de classe, racontant aux enfants les histoires de Walt Disney et qu’il fallait traiter les animaux au même niveau que les êtres humains. Nous arrivons un peu tard, là encore. Pour moi, c’est un cauchemar ».

La COP 16

Le président colombien est d’autant plus ciblé par les taurinophiles qu’il présidait la COP16 sur la biodiversité qui vient de s’achever à Cali en Colombie. Il faut dire que les fans de corridas se voient comme de grands défenseurs de la biodiversité. A l’occasion de la Feria de l’Atlantique, Sud Ouest avait donné la parole à Zacarias Moreno. Il présente les ganaderias comme un espace de biodiversité, de vastes étendues où les toros sont en liberté. Le toro de combat peut même être considéré comme une espèce menacée, à protéger.

Cet argument est développé en long et large par le blogueur de corridasi. Son plaidoyer pour la biodiversité grâce aux corridas fait bon ménage avec sa détestation du président colombien, auprès duquel il convoque même Mélenchon… Sans oublier la litanie de préjugés et poncifs post-coloniaux sur le Colombie.

Dans le texte, et la longueur de la citation vaut la peine, cela donne :

« La COP 16 vient de s’ouvrir en Colombie, à Cali. Tout un symbole pour Gustavo Petro le président de ce magnifique pays d’Amérique du Sud qui s’enorgueillit de cette consécration. L’émule de Chavez et de Castro, soutien ultime de Maduro, fut longtemps un des chefs de la guérilla la plus sanglante du monde, le M19 une armée clandestine qui a multiplié les attentats et les enlèvements et qui a lié des liens étroits avec les grands groupes mafieux colombiens liés au trafic de la drogue parmi lesquels le cartel de Cali ».

« Cali est devenue l’emblème de cette planète dépouillée de ses pollueurs que Petro et l’ineffable Antonio Guterres -venu sur place pour lui donner un brevet de bonne conduite-, appuyés par une myriade d’ONG préoccupées de récolter des subsides pour leurs besoins propres, veulent faire apparaître d’un coup de baguette magique. Magie du verbe, mirage du caudillisme latino-américain si bien décrit par les grands écrivains du continent. (Marquez, Vargas Llosa, Carpentier) … L’ami de Mélenchon -qui a trouvé en lui un modèle-, n’est pas une blanche colombe. Président autoritaire bien qu’ayant été élu de justesse, il veut faire de l’écologie un des piliers de sa politique. Et la rencontre de Cali vise aussi à blanchir un passé peu recommandable ».

« Nous ne contesterons pas les objectifs de cette réunion, au contraire, la lutte pour la biodiversité et notamment pour la biodiversité animale est un de nos chevaux de bataille. Car la corrida dans son essence participe activement à cette biodiversité en protégeant une espèce, le toro de combat qui, sans elle, aurait disparue. Son élevage préserve une nature sauvage dans de grands espaces et par conséquent participe à la protection de nombreux autres animaux -oiseaux, mammifères ou insectes- et de plantes qui auraient péri sans cette pratique d’une éthologie raisonnée ».

« Or Petro a fait de l’interdiction de la corrida une obsession. Il est revenu à la charge à plusieurs reprises avec une ténacité remarquable et beaucoup de violence sur un sujet qui apparaît secondaire dans un pays miné par la pauvreté, l’inégalité, l’insécurité, la corruption. Cette interdiction désormais actée dans un délai de deux ans aura pour effet à très court terme la disparition d’une espèce et de celles qu’elle côtoie dans les espaces qui lui sont dédiés. Sans doute les terres où le toro est élevé seront consacrées à la monoculture industrielle du café ».

« Quel sens a tout cela ? Quelle crédibilité apporter aux prétendus défenseurs des animaux qui agissent concrètement pour la disparition d’une des espèces les plus remarquables de la planète ? »

Comment un défenseur de la biodiversité pourrait ne pas être convaincu par de telles envolées lyriques ?

Patrick Petitjean, 9 novembre 2024