Bayonne : une belle mobilisation pour le 1er mai

Près de 2 000 personnes (plus 1 700 selon Sud Ouest) ont participé ce matin à la manifestation du 1er mai, à l’appel des organisations syndicales (LAB, FSU, CGT, Solidaires, FO, UNSA) et de Bizi (avec Alda). Promenade en quelques photos

tête de cortège
CGT Av. Alsace Lorraine
Bizi et Alda av. Alsace Lorraine

Une belle mobilisation qui est aussi une riposte aux tentatives du gouvernement et des partis (du centre à l’extrême droite) de remettre en cause le caractère obligatoirement chômé pour toustes les travailleurs-euses de ce jour.

Les cortèges les plus nombreux étaient ceux de LAB, de Bizi, de la CGT et de Solidaires – même les mélanges étaient fluides entre les différentes parties de la manifestation.

Cette année, le cortège a abandonné les traditionnels zig-zags dans le centre ville au profit d’une montée de Saint-Esprit vers les quartiers populaires des Hauts de Bayonne. L’arrivée s’est faite place des Gascons, avec les prises de paroles et des stands associatifs et syndicaux.

CGT sur la montée vers la place des Gascons
Bizi en montée vers les Gascons
Arrivée place des Gascons
Vue d’ensemble de la place
Tribune place des Gascons
Un des stands associatifs place des Gascons

Antifascisme, internationalisme, féminisme

L’antifascisme était aussi partout dans les cortèges. Lutter contre l’extrême-droite était une motivation essentielle des manifestant.e.s.

banderole antifa places des Gascons, derrière la tribune avecune autre banderole antifa

Le 1er mai est une journée traditionnellement internationaliste, ce qui n’a pas manqué d’être souligné dans les différentes interventions dans le contexte des guerres en cours. A noter aussi la présence d’un petit groupe de Kurdes demandant la libération d’Ocalan.

Internationalisme
Le collectif transféministe

Patrick Petitjean, 1er mai 2026

Bayonne, chronique municipale n°2 : développement durable sans transitions

Deuxième chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.

A posteriori, cette 2e séance du conseil, le 9 avril, apparaît comme un peu surréaliste. Les enjeux immédiats étaient absents, et les interventions dans le registre attendu. Les adjointes intérimaires en attente de leur délégation officielle, Laurence Hardouin-Torre, Deborah Loupien-Suares et Sylvie Durruty, ont présenté les 3 principales délibérations, montrant avec autorité qu’elles étaient plus que jamais candidates à se succéder. La 3e, notamment, a délivré une longue introduction pour le débat sur les orientations budgétaires, et a pris en main de la discussion, le maire restant plus discret que d’habitude.

Surréaliste, parce que deux jours après, le 11 avril, Jean-René Etchegarray, candidat à sa succession, échouait à conserver la présidence de la CAPB, à la surprise générale. Un scénario non prévu, qui remet en cause les rapports de pouvoir entre Bayonne et la CAPB. Il va falloir ajuster ses projets de métropolisation de Bayonne face à une présidence favorable à de nouveaux équilibres entre le développement de la côte versus celui de l’intérieur du Pays basque.

Plus encore, cela va provoquer une redistribution du pouvoir au sein de la majorité bayonnaise et en remettre sans doute en cause les équilibres politiques. A ce jour (samedi 25 avril) l’arrêté définissant les délégations des adjoint-e-s n’a toujours pas été publié, contrairement aux délais habituels dans les autres communes.

Jean-René Etchegarray s’est fait désigner comme référent du pôle territorial « Côte Basque Adour ». A ce titre, il reste membre du conseil permanent de la CAPB. Un peu riquiqui pour les ambitions du maire de Bayonne, mais un positionnement qui peut lui permettre de mettre des grains de sable dans la présidence d’Alain Iriart.

Les délibérations adoptées et la vidéo du conseil sont accessibles sur le site de la ville. Il y a eu 4 séquences dans un conseil qui a duré près de 4h. La plus formelle, à savoir la nomination de représentants de la ville dans différents organismes extérieurs a néanmoins pris près d’une heure. Puis ont été présentés le rapport annuel sur le développement durable et celui sur l’égalité femmes/hommes, encore près d’une heure. C’est une obligation légale, et cela doit précéder le débat sur les orientations budgétaires, lequel a occupé la dernière moitié du conseil.

Pour ce billet, on se concentre sur le rapport « développement durable », … mais je commence avec l’annonce surprise du tout début du Conseil

Le maire choisit son chef de l’opposition

La séance débute avec l’annonce par le maire de la constitution d’un groupe « Bayonne tout simplement » par Henri Etcheto. Ce n’est pas vraiment une surprise. Mais il s’agit d’une décision unilatérale dont il a informé le maire en premier. Ce n’est pas une décision commune des deux composantes de la gauche. Cela interroge sur leur alliance entre les deux tours et semble valider les dénonciations entendues sur le caractère factice de la fusion.

Jean René Etchegaray lors de son installation

La suite de la mandature dira quel sera le degré de coopération entre les deux groupes de gauche. Cet « unilatéralisme » n’a pas empêché leur concertation pour préparer le Conseil. Lors de cette séance, ils ont présenté une liste commune de candidat.e.s (en général un binôme titulaire / suppléant) pour les organismes extérieurs où la loi leur garantissait une place : commission « appel d’offres », avec Juliette Brocard (Carole Ternois) ; CCAS, aveec Iker Etchepare (Jean-Claude Iriart) ; « territoire énergie du 64 », avec Carole Ternois (Joe Mendes Monteiro) et Cathy Liousse (Iker Etchepare) ; Musée Basque, avec David Ospital (Henri Etcheto) ; régie de stationnement, avec Cathy Liousse (Jean Claude Iriart) ; comité pour les dérogations scolaires, avec Joe Mendes Monteiro ; office du commerce et de l’artisanat, avec Colette Capdevielle (Iker Etchepare).

Pendant la campagne électorale, Henri Etcheto était souvent présenté dans la presse comme le « chef de file de la gauche » au conseil municipal. Une posture qui n’était pas pour déplaire au maire, cen continuité avec les mandatures précédentes. Jean-Claude Iriart, abertzale, était un adversaire plus déstabilisant pour le maire sortant, qui l’avait ciblé en priorité au cours de la campagne.

Jean-Claude Iriart lors de son intervention sur les orientations budgétaires

Arrivé en tête de la gauche au 1er tour, Jean-Claude Iriart a hérité du qualificatif de « chef de file ». Mais pas aux yeux du maire semble-t-il. Outre la mise en lumière, au début du conseil, de la constitution du groupe par Henri Etcheto, le débat sur les questions budgétaires a fait apparaître que le le maire avait un interlocuteur privilégié, le sujet facilitant sans doute la reproduction des mêmes échanges que les années précédentes, entre les mêmes. Un petit jeu politicien habituel du maire.

Rapport sur le développement durable

Laurence Hardouin présentant la délibération sur le développement durable

La présentation annuelle d’un rapport sur le développement durable est une obligation depuis plusieurs années. Il prend maintenant la forme, à Bayonne, d’un bilan de l’exécution du « Projet de Transition Ecologique et Sociale » (PTES). Ce bilan figure en annexe de la délibération.

C’est le 2e bilan du PTES, adopté en décembre 2023 pour 5 ans. Il comporte 30 actions, selon 3 axes : « Une ville sobre pour la transition énergétique, une ville nature pour la transition environnementale, et une ville solidaire pour accompagner les transitions sociétales ».

Avec la tentative de donner sens politique et cohérence, on y recycle sous le vocable « transition » beaucoup d’anciennes actions sur l’environnement, on les complète significativement par la lutte contre le réchauffement climatique et son cortège de mesures énergétiques. Et puis, selon l’esprit du développement durable (cela date de 1992 à Rio), on y ajoute des actions dans le domaine de la culture (la médiathèque), le social, la démocratie participative…

Cela fait quand même très fourre-tout, et ce 2e bilan mériterait une revue de détail, comme cela avait été fait au début 2025 après le 1er bilan dans le cadre de la préparation de la liste bayonne en Mouvement.

La nouveauté cette année est d’avoir croisé ces actions avec les 17 objectifs de l’ONU en matière de développement durable (datant de 2015…), pour montrer en quoi cela fait de Bayonne un bon élève onusien. Un registre d’autosatisfaction encore plus présent dans la deuxième partie du rapport est l’état d’avancement de chacune des 30 actions, et de leur globalité, selon une échelle à 5 niveaux, de « non engagée » à « aboutie » Ouf, on a avancé. Tout est engagé, et cela progresse dans toutes les catégories.

capture d’écran

Mais… Que mesure exactement ces tableaux ? Les 30 actions traduisent des politiques municipales, l’état d’avancement mesure la réalisation de ces politiques, pas plus. Il ne dit rien de rien sur la pertinence de ces politiques au regard des enjeux du réchauffement climatiques, de la biodiversité ou de la justice sociale.

Ainsi, l’action n°21 porte sur le logement « rendre l’habitat accessible pour la population locale », et la présente comme « au stade avancé » de sa mise en oeuvre. Ce dont il est question, c’est de la « mixité sociale » (c’est écrit) : moins de HLM et une priorité pour les classes moyennes. Le nombre de demandes de HLM ne figure pas dans les indicateurs retenus dans ce bilan…

6 actions (de la n°14 à la n°19) rentrend dans la « transition écologique » pour une Ville nature. Aucune n’est à un stade avancé, et iln’y a eu que très peu de progression entre 2024 et 2025. Les micro-opérations de re-végétalisation (comme dans le quartier Saint-Esprit) sont mises envant comme « structurantes ». La biodiversité est présente dans la n°17 « fonctionnalité écologique des différents milieux ». Il y est question de la plaine d’Ansot, des Barthes d’Ilbarritz, d’un inventaire de la biodiversité et d’actions de sensibilisation. Très bien, mais la poursuite de l’artificialisation et la protection des zones humides, dont la portée est autrement plus conséquente pour la biodiversité, sont aux abonnés absents.

Ce travail d’auto-analyse des politiques suivies est évidemment indispensable et utile, mais ne peut déboucher que sur de l’auto-satisfaction, de la communication, sans rien dire sur leur pertinence.

Une telle discussion globale est difficile lors d’un conseil municipal : mode de présentation du document avec des bilans très éclatés, sans explicitation du pourquoi des indicateurs. Peu d’élu.e.s ont le temps et les moyens d’aller au-delà de la délibération synthétique.

Du côté de l’opposition, Carole Ternois (Bayonne en Mouvement) a rappelé des dispositions réglementaires nationales, pas toujours respectées, ou qui vont s’appliquer prochainement, notamment sur l’évaluation des politiques publiques ou la rénovation énergétique des bâtiments communaux. Elle a rappelé les engagements pris par la majorité lors de ces élections en signant la charte de Bizi, l’obligation de réduction de la consommation d’espaces naturels fixée par le SCoT en vigueur depuis le début de l’année. Elle a demandé une cartographie des friches et l’inventaire des bâtiments vacants.

Carole Ternois (Bayonne en mouvement) pendant son intervention

Cathy Liousse (Bayonne tout Simplement) a demandé davantage d’ambition quant à la lutte contre les inondations et la réduction de l’émission des gaz à effet de serre. Elle trouve les résultats insuffisants dans la réduction nécessaire du trafic automobile, malgré l’appui sur le stationnement. Enfin, elle a plaidé pour la poursuite de la commission extramunicipale sur les mobilités qui avait existé les deux dernières années.

Cathy Liousse (Bayonne tout simplement) pendant son intervention

En réponse, le maire s’est emparé de la question des mobilités pour mettre en avant bayonne et taper sur les villes voisines, avec son discours bien rodé : on a fait des progrès considérables pour les transports publics au niveau de l’agglomération, la fréquentation a fait un bond surtout à l’intérieur du Pays basque, on est sur la bonne voie, il y a des progrès à faire, on est en retard sur les agglomérations semblables, et tout cela, c’est la faute de Biarritz qui ne veut pas de transports en site propre, et de la politique de stationnement pas assez restrictive dans les villes voisines.

Répondant à une demande de David Ospital (Bayonne en Mouvement) sur la rupture en cours avec RATP dev (annoncée dans la presse) gestionnaire du réseau sur la CAPB, le maire a confirmé que ce dernier voulait rompre la convention avec le syndicat des mobilités. Le gestionnaire n’arrivait pas à remplir toutes les missions sur lesquelles il s’était engagé, ayant des problèmes de rentabilité. Il a demandé un financement supplémentaire pour ces missions, ce qui n’est ni légal ni possible. Il y a donc rupture, et il y aura un nouvel appel à Délégation de Service Public.

Patrick Petitjean, 26 avril 2026

Bayonne, chronique municipale n°1 : une installation sans relief

Première chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.

Le nouveau conseil municipal de Bayonne a été installé ce samedi 28 mars, avec l’élection du maire et de ses adjoints. Ces premières séances sont souvent formelles, administratives. Elle l’a été à Bayonne. Mais ce déroulement froid n’est pas une obligation légale comme le maire l’a laissé entendre. Dans nombre d’autres villes, et pas seulement à Biarritz où la municipalité a changé, les nouveaux maires ont tenu des discours politiques mobilisateurs : ce fut le cas à Marseille, Lyon ou Paris, comme on a pu le lire dans les journaux. Faire le choix d’un formalisme fastidieux, apolitique en surface, est un choix politique du maire, et cela engage mal la suite de cette mandature.

Dès cette séance inaugurale, on a l’impression d’être dans un non-évènement. Les foules ne sont pas précipitées pour acclamer les nouveaux élus et le maire. Les séances du conseil sont publiques, mais le petit nombre de sièges à l’intérieur de la salle officielle est réservé aux journalistes et à de rares invités. La population est reléguée à regarder la séance dans un petit salon, avec quelques dizaines de places, à peine occupées ce matin-là. Plus de monde quand même que d’habitude : familles de nouveaux élus, rares militant.es, membres de clubs de séniors…

Le salon pour les habitants voulant assister à la séance publique du conseil

Mais la séance étant publique, une porte reste ouverte entre la salle du conseil et ce salon, pour pouvoir admirer nos représentants.

le Conseil, vu de la porte entre le salon pour habitants et la salle officielle

Le conseil est ici : https://www.youtube.com/watch?v=_alVLYokcJ0

L’impression d’étouffoir est renforcée par le fait que le président de la séance est le maire sortant lui-même, en tant que doyen de l’assemblée. Le discours introductif du nouveau maire est lénifiant : il se félicite des conditions de la campagne, qu’il a jugée sereine, respectueuse, sans dérapages, et souligne l’importance du rôle de l’opposition.

Capture d’écran. Le maire. Une partie du spectacle est donnée par le directeur de cabinet, derrière le maire, qui s’agite en permanence

On verra à l’usage : le respect de l’opposition n’était pas le mode de fonctionnement pendant la mandature précédente.

Ce minimum syndical du maire n’incitait guère à chercher à lui répondre sur un autre ton. Pour l’opposition, Jean-Claude Iriart, tradition républicaine oblige, a salué l’élection du nouveau maire et a affirmé que l’opposition jouera tout son rôle dans la « primauté du pacte démocratique », terminant par quelques mots en Euskara.

Capture d’écran. Jean-Claude Iriart

Après l’élection du maire, ce fut l’élection des adjoints. Pour une ville de la taille de Bayonne, le nombre maximum est de 13. Mais, lorsqu’il y a des conseils de quartiers, on peut en élire 4 supplémentaires (au maximum pour une ville cette taille), baptisés adjoints de quartier : il y en a donc 17.

Contrairement à la séance inaugurale de 2020, il n’y a pas eu de discussion sur ce point. Il y a 6 ans, une autre délibération créait 4 conseils de quartier, alors qu’il était jusqu’alors admis que Bayonne comportait une douzaine de quartiers historiques. La réduction à 4 conseils fut donc contestée par l’opposition.

Comme à l’époque, le choix de 4 adjoints supplémentaires n’est qu’une gratification (symbolique, financière, relationnelle) pour 4 élu.e.s. Il n’y a aucune nécessité pour que la responsabilité des différents quartiers (même en plus grand nombre) ne soit pas assumée par des déjà-adjoints ou des conseillers délégués.

Cette année, la réduction des quartiers à 4 étant considérée comme acquise, il n’y a pas eu de contestation, on a juste pu deviner quelques mimiques désabusées dans l’opposition, compte tenu du caractère factice de l’argumentation du maire.

Capture d’écran. Le Conseil

La liste des adjoints ne révèle pas de surprise : 14 des 17 adjoints l’étaient déjà entre 2020 et 2026, pour le renouvellement, on passera. Pire, il y a eu peu de promotions ou de déclassements dans l’ordre protocolaire. Les 3 disparus sont Christian Millet-Barbé, ex-2e adjoint délégué à la sécurité, et Xabier Parillon-Etchart, qui ne figuraient pas parmi les candidats sur la liste du maire en 2026 ; et Agnès Duhart qui était déjà reléguée en fin de liste des candidats. Deux des nouveaux adjoints font partie des 4 supplémentaires : Serge Arcouet et Jennifer Mothes.

La seule nouveauté est Joseba Erremundeguy, bascophone, qui était conseiller délégué aux conseils de quartier entre 2020 et 2026, qui figurait déjà en 5e position sur la liste en 2026, omniprésent dans la campagne électorale. Il fait non seulement son entrée comme adjoint, mais il est promu directement comme 2e adjoint, grillant tous ses collègues. En marche pour 2032 ?

Comme il se doit, l’opposition n’a pas participé à l’élection du maire et de ses adjoints, et elle a approuvé la charte de l’élu municipal. Un seul point a suscité un débat, et un vote contre par les élu.e.s d’opposition.

Il s’agit de la délibération traditionnelle pour déléguer directement au maire certaines décisions qui relèvent légalement du conseil municipal. Il s’agit en général de décisions mineures, dont le conseil municipal se dessaisit au profit du maire pour alléger ses réunions, ce qui se justifie. Mais figure dans ces délégations aussi la possibilité pour le maire de signer des marchés publics jusqu’à un montant de 5 M€. C’était un point important de la liste Bayonne en Mouvement dans son chapitre « gouverner autrement » de mieux contrôler ce pouvoir discrétionnaire du maire, notamment en partageant ce pouvoir avec un petit groupe d’adjoints.

Capture d’écran David Ospital

Au nom de l’opposition, David Ospital est intervenu pour remettre en cause ce pouvoir exorbitant du maire, trouvant excessive élevée la limite des 5 M€ : « ce n’est pas raisonnable ». En réponse, le maire n’a pas justifié cette limite, et a évacué la question, en disant que cela existait pour le précédent mandat, et que toutes les villes, de gauche, de droite, écologiste, faisaient pareil. Evacuer une question plutôt que d’y répondre est une tradition bien ancrée chez le maire.

A noter, pour l’anecdote, qu’à Lyon, sur ce même sujet, la même remarque a été faite par les élus LFI, pourtant alliés du maire écolo.

Ce premier conseil a été expédié en 1h12. Le prochain aura lieu le 09/04 pour voter, notamment, sur les nombreuses délégations dans les organismes extérieurs et pour débattre des orientations budgétaires. Le suivant, principalement consacré au vote du budget, aura lieu le 30/04.

Un premier conseil pesant, sans vie, soporifique même. On respire toujours mal à Bayonne.

A suivre

Patrick Petitjean, 31 mars 2026

Voici les élus nommés adjoints au maire de Bayonne: Sylvie Durruty, Joseba Erremundeguy, Laurence Hardouin, Yves Ugalde, Christine Lauqué, Cyrille Laiguillon, Déborah Loupien-Suarès, Nicolas Alquie, Christine Martin-Dolhagaray, Loic Corrégé, Sophie Castel, AlainLacassagne, Françoise Brau-Boirie, Serge Arcouet, Sylvie Meyzenc, Jérôme Aguerre, JenniferMothes.

Bayonne : Encore raté pour la gauche au 2e tour des municipales

La gauche a pris une claque retentissante lors du 2e tour de l’élection municipale de Bayonne. La réélection du maire sortant a douché les espoirs de la gauche, mais n’est pas une surprise. Lors du 1er tour, les deux listes de gauche étaient en recul global sur les élections de 2020 (où LFI n’était pas présente). Mais leur regroupement pour le 2e tour (au contraire de 2014 et 2020) avait fait naître l’espoir que cette année, c’était la bonne : la gauche allait enfin mettre un terme à des décennies de pouvoir de la droite à Bayonne. Et bien non, la défaite fut amère.

Dans ce billet, je propose quelques premières pistes de réflexions sur ce 2e tour, encore à chaud. Le bilan est encore à faire par tous les protagonistes. Le résultat, qui n’était pas à la hauteur des ambitions, au 1er tour de la liste Bayonne en Mouvement – que j’ai soutenue – fera l’objet d’un autre billet, une fois la discussion lancée sur ce bilan spécifique dans l’association qui portait cette liste.

Les résultats

Au 1er tour. Il y a eu 19 060 suffrages exprimés.

La liste Etcheto recueille 4 074 voix, soit 21.37 % des suffrages exprimés. En 2020, Elle avait fait 29.77 %. Donc, un recul de 8.6 % entre 2020 et 2026.

La liste Iriart recueille 4 191 voix, soit 21.99 % des suffrages exprimés. En 2020, la somme des deux listes regroupées cette année dans Bayonne en Mouvement, avait fait 24.33 %. Donc un recul 2.33 % entre 2020 et 2026

Si l’on ajoute les 726 voix de LFI en 2026, soit 3.8 %, cela monte le total des voix de gauche à 8 951. Le cumul des pourcentages de 2026 reste inférieur à celui de 2020. La gauche était en recul et non dans une dynamique positive en 2026.

De son côté, la liste Etchegaray a recueilli 8 026 voix au 1er tour, soit 42.11 %. En 2020, elle avait fait 40.33 %. Donc une progression de 1.78 %, malgré la présence cette année d’un candidat d’extrême-droite recueillant 2 043 voix, soit 11.35 %. La dynamique était plutôt du côté de la droite après le 1er tour.

Au 2e tour, il y a eu 19 481 suffrages exprimés, une progression limitée de 421 voix. Une analyse plus détaillée des registres de votes permettra de prendre en compte les votants devenus abstentionnistes, et l’inverse, bureau par bureau.

Etchegaray, avec 50.7 % et 9 876 voix, en gagne 1 850. Iriart, avec 41.01 % et 7 990 voix, en perd 961 sur le total des 3 listes de gauche. L’extrême droite, avec 8.29 % et 1 615 voix, en perd 428. Les dynamiques, positive et négative du 1er tour sont donc amplifiées. En première analyse, on peut supposer une forte mobilisation des abstentionnistes à droite face au risque d’une victoire de la gauche, et, inversement, un abstentionnisme accru d’électeurs de gauche, peu convaincus par la fusion opérée.

Rêver l’impossible…

Malgré ses résultats médiocres du 1er tour, le peuple bayonnais de gauche s’est pris à rêver d’une possible victoire au 2e tour, mettant fin au règne d’un maire qu’on supposé usé. Il s’agissait aussi de s’inscrire dans une dynamique d’alliance entre les Abertzale d’EH Bai et le PS qui avait permis l’élection de Colette Capdevielle comme députée lors de la législative de juillet 2024.

Certes, il n’avait pas été possible de concrétiser un tel rassemblement dès le 1er tour. Une partie du PS, avec ses anciens alliés de BVO en 2020, avait voulu tenter sa chance en solitaire, arguant de sa plus grande représentativité potentielle dans les élections précédentes. Certes, LFI avait ajouté, in extremis, une 3e liste de gauche.

Mais la concurrence entre « Bayonne en mouvement » et « Bayonne tout simplement » s’était faite dans un respect mutuel apparent. Elle avait même sans doute entraîné une forte mobilisation militante des deux côtés. Mis le dos au mur par l’identité des résultats, les deux listes avaient du, et su négocier leur fusion pour le 2e tour. Repartir séparément était le choix de la réélection facile d’Etchegaray. Une telle fusion n’avait pas eu lieu en 2014 ou 2020, le désir d’hégémonie l’emportant. Personne ne pouvait penser à l’hégémonie cette année.

Comme toujours, dans une fusion négociée en quelques heures, la composition de la liste est plus cruciale que le projet commun. Les scores du 1er tour obligeaient, derrière 1ère place pour la liste arrivée devant, à un répartition paritaire des places. Postuler la proximité globale des projets était aussi crédible, à quelques « détails » devant être clarifiés par la suite.

La fusion, jugée improbable par le maire sortant, s’est faite dans de bonnes conditions, l’engagement des deux listes de gauche dans la campagne pour le 2e tour a été sincère, même LFI avait aussi appelé à faire obstacle à la réélection d’Etchegaray, l’espoir était là. Il a été vain.

… et tomber de haut

Nul doute le contexte national n’était pas favorable à la gauche, cela s’est vu dans les résultats nationaux de ces élections. Le choix de se mettre sans le sillage du succès du NFP avait été fait dès l’été 2014 : mais un an après, le NFP avait crashé et la gauche était embourbée dans des polémiques, cela n’avait plus rien de porteur.

Sans doute, les alliances tardives sont rarement des gages de dynamique victorieuse. Rassembler toute la gauche était la base du projet de « Bayonne en mouvement ». Le groupe d’Etcheto au PS avait joué les faux fuyants pendant plus d’un an avant de lancer sa propre liste, et de proclamer qu’il était le plus en mesure de rassembler. Cette impossibilité de partir ensemble, dont chaque liste renvoyait la responsabilité à l’autre, a fini par pesé sur les dynamiques de chacune, et un renvoi dos-à-dos par une partie des électeurs. Les résultats du 1er tour ont montré que la dynamique était du côté du maire sortant, pas des 3 listes de gauche.

Sans dynamiques antérieures, la crédibilité d’une alliance tardive reste faible. L’équilibre entre les deux listes de gauche a été vécue comme un échec tant par chacune des listes. La fusion était une obligation, elle s’est faite, mais elle n’est pas née sous une bonne étoile. La question « pourquoi en 2026 et pas en 2014 et 2020 » a pesé.

Pour faire face à la gauche, Etchegaray a su porter ses coups là où cela faisait mal, là où il y avait des zones d’ombres, et parfois avec une totale mauvaise foi.

Il n’a pas hésité, dans le débat entre candidats organisé par Sud Ouest, à brandir le spectre de l’extrémisme (le nationalisme basque) envers EH Bai, comme nationalement la droite brandissait le spectre de LFI. Même en se distinguant de Brisson qui renvoyait EH Bai à l’extrême gauche comme LFI.

Il a mis en doute la crédibilité d’un accord entre les Abtertzale et l’aile « jacobine » de la gauche, incapables de s’entendre en 2014 et 2020, mais subitement réconciliés en 2024. Il a aussi sur le refus initial de la CAPB par cette partie de la gauche, n’hésitant pas à mettre en cause nominalement Etcheto pour son absence dans les séances du conseil de la CAPB : une belle élégance.

On peut supposer que les tacles du maire sortant ont eu un certain impact : la peur du rouge mobilise toujours les électeurs de droite. Il y a pu y avoir une perte d’électeurs abertzale, soit dans la partie centriste du mouvement, soit dans le secteur le plus anti-jacobin, comme en 2020 : Etcheto ne passe toujours pas, malgré son acceptation d’une évolution de la CAPB vers davantage de pouvoir. Mais inversement, la fusion a pu entraîner la perte d’électeurs de la gauche jacobine, dite républicaine, aussi peu de gauche en fait que le « Printemps républicain » au niveau national

Enfin, vu le peu de mixité sociale des deux listes de premier tour, l’absence du terrain en dehors de la période électorale, et certaines lacunes du programme (sur les discriminations par exemple), on peut douter que la liste fusionnée ait été en mesure d’entraîner un recul de l’abstention dans les quartiers populaires de Bayonne. La liste LFI s’est heurtée aux mêmes obstacles.

Sans parler de la liste des logos, du plus mauvais effet pour une liste qui se présentait comme citoyenne.

L’abstention n’est pas naturelle dans les milieux populaires

Sans surprise, les bureaux où l’abstention est supérieure à 50 % au 2e tour sont situés dans les quartiers populaires, sans que ces bureaux soient obligatoirement socialement homogènes :

* Maison des associations (Prissé, Belharra) : 52.3 % avec Etchegaray en tête.

* Maternelle Arènes, bureau 17 (Balichon) : 50.7 % avec Etchegaray en tête.

* Citadelle : 59 %, avec Iriart en tête.

* Aristide Briand (Habas) : 50.8 % avec Etchegaray en tête.

* CCAS (Gascons) : 57.1 % avec Etchegaray en tête.

* Malegarie (Breuer) : 64.4 % avec Iriart en tête.

Cette indifférence des quartier populaires est le reflet d’une distance sociale et politique. Distance sociale : où étaient les jeunes et les personnes racisées sur nos listes ? Le meilleur programme ne rend pas une liste attractive pour les électeurs des quartiers populaires si les candidats ne leur ressemblent pas. Distance politique aussi, qui se traduit par dans un vocabulaire géographique : « je vais à Bayonne » dit-on dans les quartiers périphériques, et même à Saint-Esprit, pour aller au centre ville…

L’abstention n’est pas une donnée intangible, abstraite. Elle ne se combat pas avec seulement du porte-à-porte lors des échéances électorales. Il y a 6 ou 7 ans pour changer de cap.

Bayonne ville de droite ?

Comme dans beaucoup de villes, Bayonne a connu une mobilisation des électeurs de droite contre la gauche compte tenu de la menace risque d’une victoire de cette dernière. Le score d’Etchegaray est sans bavure, même avec un faible report de l’extrême-droite. Cela suffit-il à en faire une ville de droite ?

La politique de logement menée à Bayonne, avec la diminution de la part de HLM, commence-t-elle à avoir une traduction électorale, comme à Anglet ? Les nouveaux arrivants viennent davantage des couches moyennes et supérieures, avec peut-être plus d’embourgeoisement que de gentrification. Bayonne n’est d’ailleurs pas vraiment une ville universitaire. Certains nouveaux arrivants peuvent être aussi moins sensible à la dimension basque de Bayonne. Ce sont des hypothèses à travailler.

Mais fondamentalement, se poser la question de savoir si Bayonne est une ville de droite, c’est se poser surtout la question de la faiblesse intrinsèque, localo-locales, de la gauche bayonnaise, qui semblent s’aggraver : faible présence sur le terrain, faible enracinement dans un tissu associatif par ailleurs confronté au clientélisme, chaos local d’un PS fortement marqué par le « républicanisme » ou le « hollandisme », l’absence politique des écologistes (alors que l’écologie est un facteur de mobilisation de la jeunesse), un certain entre-soi (non voulu) du mouvement abertzale bayonnais (dans son eco-système, ses quartiers).

Les prochaines élections municipales sont en 2032 ou 2033. Bayonne sera de droite si une autre gauche ne se reconstruit pas. Même en échec électoral, Bayonne en mouvement peut en constituer les prémisses.

Patrick Petitjean, 29 mars 2026

Bayonne : un carnaval libre et sauvage

Ce samedi 28 octobre, les rues de Bayonne ont été animées par un carnaval libre et sauvage, renouant avec les traditions d’un carnaval fantaisiste, politiquement incorrect, loin d’un spectacle pour touriste. Un poteo joyeux pour se faire plaisir, se déguiser, danser, chanter. Pour porter toutes les colères et revendications. Pour fêter le printemps. Pour faire une fête d’adieu à Zanpantzar, fauteur de tous nos maux.

En quelques photos

La LGV, c’est non
On se regroupe place de la République
On part en défilé derrière une batucada
Danse au confluent de la Nive et de l’Adour
Foule place du Réduit
Vive la commune
Libres et sauvages en plusieurs langues
Sainte Soline, c’est aussi notre présent
Les Papy’s Teknos au carré des Halles
On danse sur le carré des Halles
Dans le défilé
Trump enfariné
Onn’oublie pas la crise du logement et les résidences secondaires
Le maître spéculateur, ami du maire, sera achevé à coups de bâton

Patrick Petitjean 29 mars 2026

Les droits, c’est aussi pour les enfants

Les droits de l’enfant font partie des 6 mesures phares mises en avant dans le projet municipal de la liste « Bayonne en mouvement », à travers du slogan « faire de l’enfance une grande cause municipale ». Ce choix est une réponse à l’appel « pour la création d’une délégation municipale aux droits de l’enfant » et au manifeste « faire de l’enfance une priorité des politiques publiques locales ». Quand l’Unicef propose de « penser la ville à hauteur d’enfant », il s’agit d’englober des mesures éclatées, en même temps que favoriser la parole des enfants. Créer une délégation spécifique en est la traduction institutionnelle.

Poser l’enjeu de la politique municipale concernant l’enfance comme un droit, dans la ligne des conventions internationales, c’est se dégager des approches traditionnelles la ramenant à de l’action sociale (avec un renvoi vers le Conseil départemental), aux questions scolaires, à la protection de l’enfance, et plus rarement à des aménagements de l’espace public.

C’est donner de la cohérence d’ensemble à des mesures dispersées et les mettre en perspective. C’est s’adresser aux enfants comme à des personnes à part entière.

C’est lui donner un substrat politique.

Comme pour dans d’autres domaines, les droits des femmes pour lesquels nous manifestions le 8 mars, le droit des minorités : l’égalité des droits

La mesure phare : Faire de l’enfance une grande cause municipale

https://www.facebook.com/reel/1594110985145489

Faire de notre ville une ville à hauteur d’enfants, c’est choisir de voir le monde à travers leurs yeux, d’écouter leurs besoins et de préparer leur avenir avec ambition et bienveillance.

Cela commence par :

🏫 Un plan de rénovation des écoles

Mettre fin à la vétusté de notre bâti scolaire trop longtemps insuffisamment entretenu pour offrir à chaque enfant un cadre d’apprentissage sûr et stimulant.

👨‍👩‍👧 Renforcer l’accompagnement à la parentalité

Avec des actions concrètes, des espaces d’écoute, des ressources et des temps d’échange pour ne laisser aucun parent seul face aux défis du quotidien.

🎨 Renforcer nos centres de loisirs et nos modes d’accueil

En proposant des solutions accessibles, de qualité, adaptées aux besoins des familles.

🌿 Éveiller dès le plus jeune âge à la biodiversité et au respect du vivant

🗣 Placer l’enfant au centre de nos décisions

En prenant en compte sa parole et son intérêt supérieur dans chaque décision municipale.

📱 Protéger nos enfants des risques liés aux usages numériques

Et les accompagner vers des pratiques responsables et éclairées.

⚖️ Créer une délégation municipale dédiée aux droits de l’enfant

Garante de la prise en compte et du respect de leurs droits dans l’ensemble de nos politiques publiques

L’appel pour la création d’une délégation municipale aux droits de l’enfant

Une tribune pour la création d’une délégation municipale aux droits de l’enfant a été publiée dans le journal Le Monde du13 janvier, signée par des intellectuels et des responsables d’associations impliquées sur le sujet, dont Unicef-France et les parents d’élèves de la FCPE. Elle reprend un appel plus complet, signé par plus d’une cinquantaine d’associations :

https://droits-des-enfants.org/#manifeste-complet

L’appel propose 5 chantiers structurants : rompre les inégalités de naissance ; faire reculer les violences sexuelles ; donner la priorité à la parole des enfants ; mettre la santé globale au coeur des villes ; penser les villes à hauteur d’enfant.

Une délégation dédiée aux droits de l’enfant permet que chaque politique publique locale soit examinée à l’aune d’une question simple : Est-ce favorable au développement et au bien-être des enfants ? Il s’agit d’un pilotage structuré et durable, loin du simple affichage habituel.

La tribune se termine donc par cet appel :

« En 2026, chaque liste candidate pourra promettre plus de sécurité, de nature, de sport, de culture. Nous proposons qu’elle réponde d’abord à une question simple : qui, dans votre futur exécutif municipal, portera explicitement la responsabilité politique des droits des enfants ?

Créer une délégation aux droits des enfants, c’est reconnaître que la commune se donne pour mandat de protéger, d’écouter et d’émanciper celles et ceux qui en sont le coeur le plus vulnérable et le plus décisif : les enfants. Créer une délégation aux droits des enfants dans chaque mairie, c’est faire un choix clair : celui de regarder les villes et les villages avec leurs yeux, d’orienter nos investissements, nos arbitrages, nos renoncements et nos priorités à leur hauteur ».

Faire de l’enfance une priorité des politiques locales

Dans le sillage de cet appel, bâtir des villes à hauteur d’enfant est aussi l’ambition d’un manifeste publié le 18 février en vue des élections municipales : « Faire de l’enfance une priorité des politiques locales ».

(photo) pleine page manifeste

Le manifeste est impulsé par un collectif d’associations « Dynamique pour les droits des enfants », autour d’Unicef-France, et co-signé par de nombreuses associations. Ce collectif a pour objectif de porter en direction des décideurs publics des messages de plaidoyer pour une meilleure effectivité des droits de l’enfant en France et à l’international  mais aussi sensibiliser le grand public à ces enjeux.

Le manifeste se veut une mise en œuvre de la Convention internationale pour les droits de l’enfant. Il invite les candidats et candidates à faire de l’enfance une priorité structurante de leur futur mandat, plutôt qu’un simple thème additionnel et propose un ensemble de recommandations concrètes, notamment : :

  1. Renforcer la gouvernance locale : Le collectif demande l’élaboration d’une stratégie locale dotée de budgets dédiés et la désignation d’un·e élu·e référent·e spécifique pour coordonner les politiques de l’enfance (une délégation)
  2. Promouvoir la participation citoyenne des enfants : Il est essentiel de renforcer les Conseils Municipaux d’Enfants et de Jeunes (CME-CMJ) en leur donnant un rôle réel et des moyens propres et développer les dispositifs participatifs pour les enfants à l’échelon local.
  3. Garantir une ville inclusive : La Dynamique pour les Droits des Enfants appelle à prévenir et lutter contre les espaces “No Kids” et à favoriser des espaces publics accueillants, sûrs et accessibles à toutes et tous, y compris aux enfants en situation de handicap.
  4. Favoriser des échanges qui ouvrent les enfants sur le monde: la Dynamique appelle les communes à placer les droits de l’enfant également dans leur action de coopération internationale et à développer des jumelages éducatifs. Des échanges entre jeunes qui renforcent l’ouverture au monde, la solidarité et l’engagement citoyen.

L’Unicef s’appuie aussi sur les réseaux « Ville amie des enfants » et « Territoires d’enfance » pour accompagner les collectivités dans la traduction concrète de ces priorités en politiques publiques locales.

“Devenir Ville amie des enfants, c’est faire le choix de transformer durablement son territoire en plaçant les droits de l’enfant au coeur de l’action publique”, plaide l’Unicef, animé par deux principes directeurs : la prise en compte de l’opinion de l’enfant et la lutte contre l’exclusion.

La question du logement est partie intégrante des droits de l’enfant.

Signature du manifeste à Caradoc

Ce manifeste a été signé par Jean-Claude Iriart le 4 mars au parc Caradoc au nom de la liste Bayonne en Mouvement.

Ce parc municipal a été choisi en tant qu’espace populaire et accessible, fréquenté par toutes les générations. Un poumon vert essentiel pour la santé et le bien-être. Il y a 20 ou 30 ans, cet espace naturel était beaucoup plus vaste. L’urbanisation, notamment celle de l’ancienne clinique Saint Etienne sous la coupe d’Alday, est passée par là.

Le parc accueille des anniversaires, des pique-niques, des rencontres scolaires, des moments familiaux. Signer ici un engagement fort pour les enfants et les familles, c’est donner à cet engagement une portée concrète et incarnée.

Patrick Petitjean, 13 mars 2026


Un défi démocratique : renforcer le mouvement associatif

« Ca ne tient plus » pouvait-on lire sur les banderoles les 25 et 28 février à Bayonne lors des manifestations du collectif 64-40 constitué par diverses associations. Les coupes budgétaires, faites en 2025 ou à venir en 2026, menacent l’existence même de nombre d’entre elles. C’est du lien social qui se défait, ce sont des services publics menacés. C’est aussi une partie de la société civile, au fondement de la vie démocratique. L’étau financier n’est qu’une des menaces pesant sur le mouvement associatif, comme analysé par l’Observatoire des libertés associatives. Garantir la pérennité de la vie associative est un défi pour les prochaines municipalités.

Un collectif d’associations locales s’est constituée à Bayonne et Boucau à l’automne dernier pour se défendre contre l’asphyxie financière qui se profilait. A l’origine, surtout des centres sociaux. Loin de se cantonner au « social », le collectif s’est rapidement élargi à plusieurs secteurs, qu’ils subissent aussi des baisses de subventions, ou par prise de conscience des enjeux existentiels du mouvement associatif.

Comme il l’indique dans une tribune publiée dans Mediabask : « Pratiques sportives et culturelles, crèches, centres de loisirs, actions vers les aînés et vers les jeunes, prévention, insertion, etc. tous les secteurs sont en sursis. Déjà, des fermetures de secteurs sont réelles dans notre département : ici un centre de loisirs, là une ludothèque, ici les activités du bien-vieillir, là le cours d’aquarelle… Va-t-on laisser tous ces domaines au secteur commercial ? Seuls ceux qui ont les moyens y accéderont alors et des services aux publics seront abandonnés. On a vu les dérives de la recherche de rentabilité dans certains établissements d’accueil des tout petits ou des aînés dépendants… »

Deux manifestations ont eu lieu à Bayonne. Avec 250 personnes le 25 février. Le 28 février, il s’agissait de porter le deuil de nos pertes associatives. Aux côtés des centres sociaux, on pouvait rencontrer les cyclistes de Txirrind’Ola et la Clavette, le Planning familial, Etorkinekin, Saint Esprit sur le Pont (association de quartier), etc.

L’observatoire des libertés associatives

L’Observatoire des Libertés Associatives est un projet initié par l’Institut Alinsky et qui rassemble autour de lui plusieurs associations et fédérations d’associations parmi lesquelles la Ligue des Droits de l’Homme, France Nature Environnement, la Coordination Pas Sans Nous, le Collectif des Associations Citoyennes, etc.

Son rapport récent, « Une citoyenneté réprimée », présente 100 cas de restrictions associatives et 12 pistes pour protéger les libertés associatives. Il analyse le changement de relation au monde associatif qui est à l’oeuvre avec ces « restrictions ».

« Dans la continuité du « contrat d’engagement républicain » qui fonctionne comme contrôle idéologique, les associations sont de plus en plus confrontées à des exigences de « neutralité » : des injonctions à la dépolitisation et à l’autocensure de la part des pouvoirs publics, notamment municipaux ».

« Il y a quelques années, les relations entre l’État et le monde associatif relevait du partenariat. Les associations étaient reconnues pour leur capacité critique et leur rôle démocratique. Puis il y a eu un infléchissement dans la vision des pouvoirs publics. Une relation plus verticale s’est mise en place, avec l’idée que les associations seraient des auxiliaires de l’État. »

Le rapport conclut en détaillant une série de quatre propositions pour faire face à ces dérives : « former juridiquement les acteurs institutionnels et associatifs », « consacrer le rôle critique des associations dans les chartes d’engagement réciproque et les conventions », « recourir au contentieux stratégique pour renforcer le droit à ne pas être neutre » et « réduire le recours à la commande publique au profit de subventions pluriannuelles ».

Quelles propositions pour Bayonne ?

La solidarité et la démocratie ont leur base dans  la vitalité du tissu associatif local. Défendre les libertés associatives et développer tout ce qui favorise « l’en-commun » des associations au-delà de son éclatement. Sortir du du tête-à-tête entre une association (ou un secteur associatif thématique) et un.e élu.e référent.e, source de clientélisme et de concurrence entre associations. Le mouvement associatif a une valeur intrinsèque, au-delà du partenariat avec une municipalité.

Comme indiqué dans le programme (sur le site) de « Bayonne en mouvement », « les associations, outre les emplois qu’elles portent, jouent un rôle essentiel pour « faire société », produire du lien social dans tous les domaines. En cela, elles constituent un rempart contre la montée des idées d’extrême-droite ».

Renforcer le soutien apporté par la ville de Bayonne à la vie associative pourrait passer, entre autres, par :

  • La création un « conseil de la vie associative » pour co-élaborer la politique associative, notamment des critères de financement.
  • L’établissement d’une « charte des engagements réciproques » entre la municipalité et les associations pour garantir les libertés associatives et l’autonomie des associations.
  • Le renforcement du rôle de la Maison des associations et sa cogestion sous l’égide du conseil de la vie associative
  • La contractualisation pluriannuelle, avec des « conventions d’objectifs et de moyens ».

L’utilité d’un tel Conseil, articulé sur une Charte, ressort de l’expérience de nombreuses villes, dont Paris.

https://www.paris.fr/pages/le-conseil-parisien-des-associations-19853

https://www.paris.fr/pages/associations-engageons-nous-ensemble-6387

Ici, « Bayonne en Mouvement » a fait du soutien aux associations une de ses 6 mesures phares pour les municipales, que l’on retrouve dans la plaquette programmatique sous le chapeau « Etre une ville à l’écoute de ses associations grâce à un interlocuteur unique : le guichet’Asso », il est complété par un partenariat appuyé par une « charte des engagements réciproques », et des « conventions d’objectifs et de moyens pluriannuelles ».

Mais il y a eu la crainte qu’un Conseil des associations ne devienne un lieu de contre-pouvoir, et ne soit qu’une usine à gaz compte tenu de la grande hétérogénéité du monde associatif. La dimension participative a été renvoyée à une simple commission extra-municipale. Ces commissions sont en général des structures qui vivent mal et restent sous l’hégémonie de la municipalité.

Avoir un guichet unique, c’est une demande de clarification des relations avec la municipalité, et c’est utile. Mais c’est insuffisant, et surtout risque de maintenir le clientélisme et une logique de guichet financier, loin de l’« en-commun » de toutes les associations. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux actuels (financements, libertés), c’est dommage.

Patrick Petitjean, 10 mars 2026

Logement social public : le grand bluff du maire de Bayonne

Lors du débat entre les candidats organisé le 26 février par le journal Sud Ouest, 20 minutes ont été consacrées au logement. Le maire de Bayonne y est apparu particulièrement vindicatif en interrompant systématiquement ses adversaires. Il se posait en donneur de leçons : « vous savez que… ». Il a renvoyé la balle vers les communes voisines à plusieurs reprises. Les chiffres qu’il a donnés sur le logement social étaient partiels et mystificateurs. Il n’a jamais répondu à la question : veut-il développer le logement public. Passage en revue de ce débat.

Il se situe entre le 11e et la 30e minute de la vidéo.

https://www.sudouest.fr/lachainetv7/elections-municipales/les-debats/videos/2026/02/27/3lm8mk5

Les photos de candidat.e.s sont des captures d’écran du débat

Petit rappel des sigles ou de leur signification : Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) ; Logement Locatif social (LLS – dit aussi HLM) ; AS (Accession Sociale – principalement les BRS – Bail Réel Solidaire) ; Logement Social (LS : LLS + AS) ; PLAI (location très sociale) ; PLUS (location standard) ; PLS (location sociale pour classes moyennes et résidences étudiantes) ; PLI (location sociale pour cadres)

Pantxika Delobel, la journaliste de Sud-Ouest, lance la discussion sur le terrain favori du maire : les respect de l’indice SRU, 25 %, en soulignant que Bayonne est au-delà, et lui passe en premier la parole.

Le maire embraye pour expliquer qu’il veut faire davantage, en donnant pour exemples les programmes du Prissé (en voie de livraison), de Sequé 3 (en construction) et Sequé 4 (en attente des Permis de Construire) : avec 45 % de logements sociaux. Le chiffre est exact, en ce qu’il ajoute LLS et BRS. Il y a 30 % de LLS. Et on ne peut faire l’impasse sur les 55 % de libres. Mais cela ne concerne que les gros projets en cours.

Complément : Voici les chiffres officiels figurant dans les fiches « territoires engagés pour le logement » :

Chala Lana : 335 logements, avec 185 libres (55%), 100 LLS (y compris PLS) et 50 BRS. La règle de 45 % de LS et de 2 LLS pour 1 BRS est respectée.

Séqué 3 : 190 logements, avec 104 libres 55%), 58 LLS (y compris PLS) et 28 BRS. La règle de 45 % de LS et de 2 LLS pour 1 BRS est respectée.

Sequé 4 : 269 logements, avec 148 libres (55%), 81 LLS et 40 BRS. La règle de 45 % de LS et de 2 LLS pour 1 BRS est respectée.

Mystification : Les chiffres des trois dernières années, selon l’observatoire du logement au Pays basque permettent de voir, déjà, que le maintien du taux « SRU » au-dessus de 25 % se fait uniquement grâce à l’arrivée massive des BRS. La location sociale, en particulier très sociale, reste déficitaire au regard des besoins.

2021 : 30 PLAI, 10 PLUS, 19 PLS familiaux, 71 PLS étudiants et 46 BRS

2022 : 20 PLAI, 39 PLUS, 6 PLS et 116 BRS

2023 : 30 PLAI, 66 PLUS, 2 PLS et 59 BRS

La veille du débat, Sud Ouest avait publié les courbes sur l’évolution du parc de logements locatifs sociaux ces 5 dernières années au Pays basque. Le moins que l’on puisse dire, concernant Bayonne, c’est que la croissance de ce parc est très modérée.

Complément : En complément du tableau de Sud Ouest (ci-dessous), la même source (le Répertoire national du parc de locations sociales) permet d’accéder au nombre de locations mises en service (sans BRS donc) par année :

192 (2014), 120 (2015), 184 (2016), 48 (2017), 55 (2018) – 2019, 38 (2019), 65 (2020), 97 (2021), 53 (2022), 42 (2023), 58 (2024)

Cela conforte la stabilité du nombre total de LLS (voir le tableau de Sud-Ouest), et la diminution tendancielle de la mise en location de nouveaux logements, entre le début des années 2010 et aujourd’hui, à savoir sous les deux mandats de ce maire.

Pire encore : Les 58 logements locatifs pour 2024 comprennent 31 PLI pour cadres (rappel : les BRS seraient à ajouter), contre seulement 27 locations sociales classiques… La municipalité ne saurait mieux manifester son abandon du logement des classes populaires.

La faute aux riverains

Et déjà un premier avertissement du maire : on fera cela malgré les recours des riverains dans des pavillons. Il y revient spécifiquement (à 16’34) en ciblant les opposants à l’urbanisation du domaine de Lana, accusés d’être des NIMBY (Not In My BackYard – pas près de chez moi). Et justifie ainsi le projet « là où passe le bus avec une cadence extrêmement importante, ne pas imaginer qu’on puisse construire des logements le long, c’est une aberration ». Merci pour les embouteillages déjà existants avenue Duvergier de Hauranne. Il a bien conscience que cela gêne les propriétaires de pavillons, mais il assume de faire des mécontents.

Remarque : sans nier l’existence du phénomène Nimby, c’est une défausse facile, permanente y compris chez les bailleurs, pour limiter le logement social et faire oublier des dossiers mal ficelés.

La faute aux communes voisines

Deuxième développement du maire : c’est aux communes voisines de faire davantage d’efforts. Il y revient à plusieurs reprises dans le débat : en interrompant Jean-Claude Iriart pour l’inviter à aller parler aux communes voisines de la nécessité de faire du logement social ; en se plaignant un peu plus tard, d’être seul contre tous à l’agglo : il dit craindre un « appel d’air » (25’15) s’il fait plus de logements sociaux, on vient chercher des logements sociaux à Bayonne, car il n’y en a plus qu’à Bayonne. Pour lui, c’est de la mixité sociale que se limiter.

Appel d’air ? : la référence à l’appel d’air, ce ne sont pas des mots innocents. Cela permet au candidat d’extrême droite, qui prend la parole ensuite, d’embrayer sur l’excès de population à Bayonne.

Un maire pro-communiste ?

Pour conclure son intervention, le maire rend hommage à la loi SRU, votée en 2000 sous l’égide d’un ministre communiste, Jean-Claude Gayssot

Mystification : la loi SRU ne concernait que les locations HLM. Dès le Début, Bayonne était très au-delà de l’indice SRU (période Henri Grenet). Depuis, la loi SRU a été modifiée à plusieurs reprises, notamment pour inclure l’accession sociale, dont les BRS. Elle est encore promise à modification en incluant les locations « intermédiaires », LLI. L’indice SRU a de moins en moins de sens pour mesurer l’effort en faveur du logement des classes populaires. Il est artificiellement gonflé pour éviter de construire suffisamment de LLS.

L’indice le plus fidèle à la vocation initiale de la loi SRU est le rapport entre les LLS et les résidences principales. Pour Bayonne, il tourne depuis des années autour de 21 %. C’est cet indice que Bayonne en Mouvement propose de remonter à 30 %.

Voir mes billets :

Henri Grenet ? Connais pas : Le maire s’abstient aussi de répondre à Henri Etcheto (14’22) qui rappelle que l’indice SRU de Bayonne est un legs d’Henri Grenet, et non le fruit d’une politique favorable au logement social. Le maire s’abstient aussi de commenter le tableau publié la veille par Sud Ouest, qui retrace l’évolution du nombre de locations HLM à Bayonne, et montre la stagnation ces dernières années.

Il y a 6 472 locations sociales à Bayonne en 2024 d’après le tableau de Sud-Ouest (voir la photo plus haut). Quand Jean-Claude Iriart (18’08) propose de renforcer l’offre de logements sociaux, le maire l’interrompt en lui demandant « combien de logements sociaux à Bayonne », il répond de lui-même « 7 000 », avec comme sous-texte, c’est bien assez. En incluant les BRS ? Même idée plus tard dans le débat à propos de « l’appel d’air » : le logement social, çà commence à bien faire.

Silence : Le maire ne lui répondra pas sur la stagnation de l’indice SRU (sauf pour revendiquer 27%). Il ne relèvera pas davantage que les 3/4 des demandeurs de HLM sont éligibles aux logements très sociaux

C’est au tour de Sandra Perreira-Ostanel d’être interrompue par le maire à un moment où elle défend la proposition d’augmenter le nombre de logements sociaux. Il lui assène (22’45) le projet Citadelle : 637 logements, dont 67 % de logements sociaux. Chiffres qu’il répètera quelques minutes plus tard en interrompant Henri Etcheto cette fois

Mystification et scandale : Les chiffres exacts pour le projet Citadelle sont extraits du dossier soumis à enquête publique pour la modif 18 du PLU – ils sont repris à l’identique dans la fiche des « territoires engagés pour le logement » de juillet 2024, hormis la décomposition des PLS entre « familiaux » et « étudiants » : 81 PLAI, 107 PLUS (soit 188 HLM), 23 PLS familiaux (soit 211 LLS anciens, versus 241 détruits), 110 PLS « étudiants » (soit 391 LS au titre SRU), 184 libres, donc un total de l’opération 575 logements.

Le nouveau chiffre (637) avancé par le maire n’apparaît dans aucun document public. Pour atteindre 67 % de logements sociaux « à la SRU », il faut prendre en compte les logements étudiants. L’effort pour des locations traditionnelles, reste important, autour de 49 % de l’opération si l’on inclut les PLS familiaux. Mais ce qui rend cette opération scandaleuse, c’est la diminution du nombre de HLM entre l’avant et l’après.

Le projet de PLUi proposé par la municipalité actuelle

Dernière passe d’armes, concernant le futur PLUi. Jean-Claude Iriart regrette que le maire ne parle que des grands projets au-delà de 50 logements, et non des projets plus modestes, et nombreux, où le PLU n’oblige pas à inclure des logements sociaux. Il propose d’une part de remonter l’obligation de logements sociaux à 60 % (au lieu de 40%) dès 20 logements, et d’inclure une obligation de logements sociaux dès 3 logements. Le maire lui répond que son projet de PLUi prévoit le seuil de 8 logements pour les petits projets.

Silence sur la régression du PLUi  : Dans le projet de PLUi, il y a une modification essentielle au regard de la situation actuelle : si la proportion de logement SRU reste à 45 % dans les opérations de plus de 50 logements, la répartition entre LLS et BRS, qui était de 2 pour 1, passe à 45 % de LLS (au final, ce sera donc 45 % de 45 %, soit 20 % de LLS dans une opération) contre 55 % de BRS (auxquels les PLS seraient assimilés). 20 % de LLS et 55 % de libres : le choix du maire sont clairs : changer la population en diminuant le part de HLM et pousser les demandeurs populaires actuels dehors. Pour des opérations entre 20 et 50 logements, le PLUi réduit la part sociale à 30 % (40 % dans les quartiers périphériques). Voir plus loin la photo du projet de PLUi.

Recherche logement social désespérément dans le programme du maire

Pour préciser les propositions « logement » du maire, on peut compléter les interventions lors du débat de Sud Ouest par la page 10 (« faciliter le logement à Bayonne ») de son programme et par sa réponse écrite sur le sujet, publiée le 3 mars dans Sud-Ouest en même que les réponses des autres candidat.e.s sur ce thème.

Dans la contribution pour Sud Ouest, après la critique contre les communes voisines qui ne respectent pas la loi SRU, le maire affirme vouloir maintenir « au minimum » l’indice SRU à son niveau actuel de 27 %. Il définit 3 leviers : rénovation de l’habitat privé dans le centre ancien, ;réhabilitation du parc social privé (note : si le LS entre dans cette action, il n’est pas question de logement public) ; opérations innovantes autour de l’habitat participatif ou intergénérationnel (note : c’est bien, mais ne répond que très très partiellement aux besoins en logements). Et pour conclure, l’objectif de mixité sociale est réaffirmé, avec cet outil : des BRS por permettre à nos jeunes d’accéder à la propriété.

Dans le programme, les mots « logement social » ont même disparu. On parle de poursuite de la réhabilitation du centre ancien, de protection du patrimoine, d’encadrement de l’urbanisation dans les quartiers pavillonnaires, de « poursuite du programme de réhabilitation des logements à Cam de Prats, au Polo Beyris, à la Citadelle » : ce sont des logements locatifs sociaux, mais ces mots semblent être devenus tabous. A noter de plus que la réhabilitation de Cam de Prats est en cours, et que pour Citadelle (voir plus haut), en fait de réhabilitation, il s’agit d’une destruction des logements locatifs actuels.

Au final, la construction de HLM (LLS) est devenu une question secondaire du nouveau programme du maire. Tout au plus met-il en avant leur rénovation. Plus que jamais, la référence à la mixité sociale, la confusion entre les locations et les accessions sociales, l’utilisation en trompe l’oeil de l’indice SRU pour minorer les location sociales, traduisent une politique consciente de peuplement à Bayonne : le « tout classes moyennes et supérieures » pour diminuer la part de HLM et pousser les demandeurs populaires actuels dehors.

Plus que jamais, comme le rappelle la campagne de communication dans plusieurs journaux de la Fédération des Offices Publics de l’Habitat, « c’est du logement social public qu’il nous faut ». C’est la seule forme de logement accessible aux classes populaires, et totalement hors spéculation. Les BRS, quant à eux, sont du logement privé, même si le foncier reste public pour les sortir aussi de la spéculation immobilière, et ils sont peu accessibles aux classes populaires.

Patrick Petitjean, 6 mars 2026

Instaurer le droit d’interpellation citoyenne à Bayonne

Le droit d’interpellation : c’est une notion qui commence à se frayer un chemin dans le débat public à l’occasion de ces municipales. Il permet aux habitant·es, associations et collectifs d’interpeller directement les élu·es et les services, par pétition, avec l’engagement d’une réponse institutionnelle concrète. Il ne s’agit pas d’un outil consultatif supplémentaire, mais d’un dispositif qui redonne du pouvoir d’agir et rompt avec la logique de la consultation “impuissante”. Il vise à sortir d’une invocation abstraite du RIC en proposant des modalités concrètes, déclinées localement.

La revue Mouvements a publié fin 2025 un recueil d’articles pour en détailler les enjeux, sous le titre : « Démocratie d’interpellation, les contre-pouvoirs au service de la République ». Les articles insistent sur cette notion de « contre-pouvoir », qui fait toujours peur aux élu.e.s. Le mouvement associatif, les syndicats, et plus largement la société civile, sont des contre-pouvoirs indispensables à la vie démocratique.

Le 10 février, le journal Le Monde a publié un article sur les pétitions « angle mort de la vie politique française » pour réhabiliter cette forme de prise de parole et analyser ses développements récents : de la pétition contre la oi Duplomb à la mise en place du « droit d’interpellation » dans différentes communes, en passant par la revendication du RIC

Pendant la mandature actuelle, les villes de Grenoble et de Poitiers, notamment, ont commencé à l’expérimenter, en liaison avec les Maisons d’habitant.e.s.

https://www.poitiers.fr/le-droit-dinterpellation

Ce dispositif peut permettre de redonner du pouvoir d’agir aux habitant.e.s, bien davantage que les dispositifs plus traditionnels de consultation, ou de conseils de quartier. Comment dépasser les formes décevantes de participation citoyenne, peu efficaces, et s’adressant toujours aux mêmes petites minorités ?

L’appui sur un réseau de Maisons d’Habitant.e.s, ou maisons de la citoyenneté, au plus près des habitant.e.s, est essentiel : cela permet d’accueillir les pétitionnaires, de les accompagner pour rechercher des signataires, d’assurer le suivi de la réponse institutionnelle à laquelle les élu.e.s s’engagent. Plus largement, ces Maisons ont la fonction et d’accompagner toutes les initiatives citoyennes, venant s’associations et de groupes informels. Ce nouveau droit ne peut être mis en œuvre sans ces Maisons d’habitant.e.s.

S’inspirant de ces expériences, Bayonne en Mouvement a retenu l’instauration du droit d’interpellation comme un élément de sa mesure phare sur les Maisons d’Habitant.e.s.

Elle est présentée dans le programme détaillé sur le site de la liste :

Le droit d’interpellation permet à toute citoyenne ou tout citoyen d’interpeller les élues et élus pour mettre un sujet à leur agenda de manière directe. C’est une possibilité supplémentaire de s’investir dans la démocratie locale et dans la décision municipale. Les Maisons de quartier serviront de point d’appui pour mettre en œuvre ce droit.

Pour saisir la mairie sur un sujet qu’il juge prioritaire, un.e habitant.e peut prendre l’initiative d’adresser une pétition à la municipalité. Le droit d’interpellation garantit une réponse formalisée à la demande par la municipalité. Selon le nombre de signatures de la pétition, il y a plusieurs niveaux de demandes, et de réponses, possibles, en ordre croissant :

  • 1- Rencontre sur le quartier entre les habitants (au-delà des pétitionnaires) et les élu.e.s concerné.e.s
  • 2- Constitution d’un atelier de travail sur le sujet
  • 3- Débat au conseil de quartier, pour porter une question orale au conseil municipal
  • 4- Inscription à l’ordre du jour du conseil municipal
  • 5- Tenue d’une assemblée citoyenne (ville entière ou agglomération)
  • 6- Organisation d’une votation citoyenne

(sous titre) L’appel : POUR LES MUNICIPALES 2026 : INTÉGRER LA DÉMOCRATIE D’INTERPELLATION

L’appel complet reproduit en entier ci-dessous, et est aussi ici :

L’institut Alinsky, qui en est l’initiateur, a été lancé par des chercheurs, des professionnels de la participation citoyenne et des community organizers praticiens de cette méthode en France depuis 2010. Il organise de nombreuses formations et débats sur ces sujets. Voir : https://alinsky.fr/

Il a été rejoint, pour cet appel, par le réseau « Pas Sans Nous », constitué après les révoltes de 2005 après le rapport Mehmache / Bacqué. Aujourd’hui, il joue le rôle de syndicat des quartiers populaires. https://passansnous.org/

Ont rejoint également l’appel le Collectif des Associations Citoyennes (CAC), partie « gauche » du mouvement associatif, et l’observatoire des libertés associatives.

https://www.associations-citoyennes.net/

La crise démocratique actuelle n’est pas le fruit d’un manque d’expression citoyenne, mais d’une surdité sélective des institutions qui refusent d’accueillir le conflit social. Face à la montée d’un néolibéralisme autoritaire qui marginalise les voix discordantes et répond aux contestations par la répression plutôt que par le débat, il devient urgent d’organiser politiquement la conflictualité sociale produite par les inégalités. La démocratie participative classique, pensée comme une offre institutionnelle descendante, n’est pas parvenue à résorber cette faille démocratique. 

PROTECTION ET PROMOTION DES LIBERTES ASSOCIATIVES

L’hypothèse stratégique de la démocratie d’interpellation est claire : le changement social se construit à l’articulation entre le renforcement des contre-pouvoirs citoyens et la capacité des institutions à accueillir ces dynamiques. Associations, collectifs et syndicats d’habitants y jouent un rôle aussi essentiel que les partis dans la démocratie représentative. 

En intégrant concrètement ces dispositifs à votre politique publique locale, vous faites de votre commune un espace de protection et de promotion des libertés associatives, un lieu où le conflit devient une force démocratique plutôt qu’un problème à neutraliser.  

1. Reconnaître et garantir les droits d’interpellation citoyenne 

Mettre fin à la résignation démocratique 

Les mobilisations citoyennes s’essoufflent et s’éteignent faute de débouchés institutionnels formels. Le droit d’interpellation permet aux habitant·es, associations et collectifs d’interpeller directement les élu·es et les services, par pétition, avec l’engagement d’une réponse institutionnelle concrète. 

Il ne s’agit pas d’un outil consultatif supplémentaire, mais d’un dispositif qui redonne du pouvoir d’agir et rompt avec la logique de la consultation “impuissante”. 

Des paliers qui forcent le dialogue et la décision 

Les droits d’interpellation doivent être organisé en paliers progressifs. L’atteinte de seuils de signatures ouvre automatiquement des droits spécifiques : 

  • Dialogue structuré et reconnaissance institutionnelle 

L’ouverture d’une médiation garantit un espace formel de dialogue entre le collectif porteur, l’administration et les élu·es. Des expériences locales ont montré que ces médiations peuvent déboucher sur des transformations concrètes, y compris sur des sujets conflictuels comme l’aménagement du territoire ou l’usage des pesticides. 

  • Accès à la contre-expertise citoyenne

Le franchissement de ce seuil permet l’accès à un financement pour réaliser une contre-expertise juridique, environnementale ou sociale. 

  • Mise à l’agenda d’un sujet en conseil municipal et débat public  

L’atteinte d’un seuil supérieur garantit l’inscription automatique du sujet à l’ordre du jour du conseil municipal, permettant un débat public. Ce format permet d’enrichir les espaces de discussion politique déjà existants plutôt que de créer des espaces de consultation parallèles. 

  • Initiative décisionnelle (RIC local) 

Pour les sujets majeurs, le Droit d’Interpellation doit pouvoir déboucher sur un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) local, avec un seuil accessible. La simple existence de cette possibilité oblige les élu·es à anticiper les référendums et à mieux prendre en compte l’avis des citoyen·nes dans leurs décisions. 

Reconnaître formellement le droit d’interpellation implique également de garantir le droit de réunion et l’accès effectif aux salles municipales pour les collectifs, y compris contestataires. C’est un choix politique clair : démocratiser les lieux où se prennent réellement les décisions, plutôt que multiplier les dispositifs sans transfert de pouvoir. 

Cette logique de paliers n’a de sens que si les seuils de pétition sont maintenus à un niveau bas. C’est une condition essentielle pour garantir l’accessibilité effective du droit d’interpellation, en particulier pour les petits collectifs et pour les personnes dont les conditions de vie sont déjà fortement contraintes et qui disposent de peu de ressources pour organiser des mobilisations de masse. Des seuils trop élevés rendent les procédures les plus ambitieuses, notamment le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) local, peu crédibles et, in fine, peu utilisées. Surtout, des seuils hauts favorisent mécaniquement les groupes les plus puissants et les mieux structurés, renforçant les inégalités politiques au lieu de les réduire. Abaisser ces seuils est donc une condition démocratique, permettant l’organisation régulière de référendums locaux et affirmant que la légitimité des revendications ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes mobilisées. 

Quant au quorum de participation ou d’approbation lors du vote référendaire, nous proposons de se limiter à la majorité simple des suffrages exprimés. C’est le cas en Suisse, où une votation est  acceptée si la majorité simple des votants est atteinte, alors qu’en France par exemple le résultat du référendum local n’est mis en œuvre que si plus de 50 % des électeurs ont voté.

2. Créer un Fonds d’Interpellation Citoyenne 

Sécuriser l’indépendance financière des contre-pouvoirs locaux. 

Le financement associatif actuel, principalement orienté vers l’allocation de services, s’inscrit dans une conception délégataire de l’action publique qui cantonne la vie associative à l’exécution de politiques publiques. Cette logique encourage la dépendance financière et l’autocensure des associations critiques, qui craignent la suppression arbitraire de leurs subventions. Elle affaiblit ainsi structurellement les contre-pouvoirs citoyens. 

La création d’un Fonds d’Interpellation Citoyenne est un outil budgétaire et politique indispensable pour garantir l’indépendance financière des acteurs qui jouent un rôle démocratique fondamental. Ce fonds représente une part marginale du budget municipal, mais un levier majeur de légitimité démocratique et de prévention des conflits. 

On peut distinguer 3 fonctions indissociables :

Soutenir l’organisation collective de terrain 

Donner les moyens d’aller à la rencontre des habitant·es les plus éloigné·es des institutions, de faire émerger les colères, de structurer des revendications collectives. 

Financer les campagnes d’interpellation

Rembourser les dépenses liées aux mobilisations citoyennes (matériel, communication), sur la base de critères transparents et objectifs, par exemple en fonction du nombre de signatures recueillies, sur le modèle du financement public des partis politiques. 

Financer la contre-expertise citoyenne

Le financement d’expertises indépendantes permet aux collectifs d’étayer leurs propositions, de contester efficacement les projets officiels et de produire leurs propres savoirs sur la santé, l’environnement, l’aménagement ou la justice sociale. 

Pour garantir l’indépendance et la transparence de cet outil, le fonds peut être géré par une instance pluraliste, associant élu·es, technicien·nes et citoyen·nes, afin de limiter le clientélisme et l’autocensure. 

Patrick Petitjean, 1er mars 2026

Pas d’argent public pour les corridas à Bayonne !

Les corridas sont une tradition archaïque et cruelle. En finir avec, cela ne fait sans doute pas partie des préoccupations et besoins immédiats des habitant.e.s. Il est incontestable que le sujet divise profondément la population bayonnaise, mais jusqu’à quel point ? Les partis de gauche sont notamment divisés en leur sein. Les corridas apparaissent presque comme un non sujet pour la campagne électorale en cours.

La droite et l’extrême droite sont en faveur des corridas, sans trop l’afficher, on ne sait jamais quelles réactions cela provoquerait. Le sujet est absent du document programmatique du maire sortant. Dans la majorité actuelle, seule Laurence Hardouin (ex-EH-Bai passée dans la majorité) manifeste régulièrement son hostilité aux corridas lors des votes en conseil municipal.

Pour les prochaines municipales, la liste Bayonne en Mouvement (BeM) s’est constituée en rassemblant diverses formations et militant.e.s de gauche, autour de 3 principaux partis politiques (DB-BB, EH-Bai, et la moitié du PS avec Colette Capdevielle), lesquels comportent toutes les nuances sur les corridas. Comme pour les listes de 2020, dont est largement isssue BeM, la prise de position sur le sujet reste discrète, een annexe du document programmatique qui va figurer sur le site dans les prochains jours. Elle reprend globalement celles de 2020 : pas d’argent public pour les corridas. J’y reviens juste après.

Henri Etcheto ne s’est pas encore exprimé sur le sujet. REV (le parti d’Aymeric Caron, Révolution Ecologique pour le Vivant) participe à la liste LFI. Les corridas y occupent donc une place plus visible, avec un chapitre « une ville engagée pour le bien-être animal » où figure « mettre fin aux subventions et à l’accueil de la corrida » : le premier point ne diffère pas de la position de BeM, mais le deuxième se prononce en plus contre la location des Arènes (propriété de la ville) pour des corridas.

De son côté, la Fondation Brigitte Bardot 64, dans une lettre aux candidat.e.s, semble se montrer conciliante sur le sujet, et converge avec LFI et BeM : « Pas de soutien aux spectacles et activités incompatibles avec le bien-être animal ! »

La position de Bayonne en Mouvement

Un groupe de travail, avec des pro et anti, a travaillé le sujet des corridas. La proposition complète sera mis en ligne comme annexe au projet global d’ici quelques jours. Les récits étaient évidemment contradictoires sur ce qu’était cette tradition.

Au final, « BeM ne proposera pas l’abolition des corridas à Bayonne lors de la prochaine mandature. Les différentes propositions ci-après visent à respecter la pluralité d’opinion et de sensibilité des citoyennes et citoyens bayonnais, à apporter plus de transparence sur l’organisation des corridas, à favoriser le débat parmi les habitant.e.s. »

Les motifs

« La question de la corrida apparaît comme un sujet extrêmement clivant. Interdite au sein de l’État français par l’article 521-1 du Code pénal réprimant le délit de sévices graves et d’actes de cruauté envers les animaux domestiques, elle n’est pas considérée comme une infraction là où existe une “tradition locale ininterrompue”, sans que soient précisés les périmètres géographiques concernés. La ville de Bayonne se réclame de cette tradition. Les arènes sont l’un des édifices emblématiques de la ville, et les corridas y réunissent à chaque représentation des milliers de personnes.

Le mouvement / liste BeM est fondé sur des valeurs de gauche. Les clivages sur l’abolition totale de la corrida sont les mêmes que dans la population bayonnaise. BeM considère que le sujet ne se résume pas à des considérations politiques, mais qu’il concerne aussi des questions de traditions, de respect du vivant, de rapports à la souffrance animale, d’éthique et de sensibilité individuelle et collective.

À Bayonne, les corridas sont organisées et entièrement financées par la municipalité, qui est propriétaire des arènes. Ce financement se fait au dépens d’autres spectacles artistiques : musiques actuelles, danse, théâtre… Leur financement n’est pas clairement lisible. En effet, il est fondu dans le budget “fêtes traditionnelles” débattu et voté en conseil municipal, aux côtés de la Foire au Jambon et des Fêtes de Bayonne. D’autre part, plusieurs lignes de ce budget ne sont pas clairement explicitées et il est de la responsabilité de la mairie de rendre compte à ses administré.es des dépenses réalisées pour sa ville. Il existe également plusieurs dépenses annexes contribuant en partie aux corridas : communication, travail des services, subventions aux associations taurines, investissement et entretien des arènes, … »

Les propositions de BeM : ni interdiction, ni promotion

Comme mesures simples et immédiates :

* Analyse détaillée du financement et de l’organisation des corridas à Bayonne, des dépenses connexes. Dissociation du budget des fêtes.

* Enquête participative sur l’opinion des habitant.e.s

* Développement de spectacles non-taurins aux Arènes, dont la Ville restera propriétaire, et responsable des travaux

Comme mesures structurelles :

1- « Arrêt du financement public de l’organisation des corridas. L’organisation de corridas apparaissant comme fortement clivante, la municipalité arrêtera de financer avec l’argent des habitants les prestations et nécessités matérielles qui y sont inhérentes »

2- « L’organisation des corridas sera externalisée en étant transmise à un opérateur privé ».

3- « Désengagement de la publicité liée aux corridas ».

    Les mesures 1 et 2 vont de pair. Les modalités de privatisation vont être difficiles à inventer. En particulier, il ne pourra s’agir d’une « délégation de service public », parce que justement les corridas ne sont pas un service public, ne sont pas d’intérêt général.

    La mesure 3 découle en principe de la 1re. Mais jusqu’à quelle communication peut considérer qu’il s’agit de publicité ? Les corridas devront disparaître de la communication sur les Fêtes de Bayonne, de celle du journal municipal, des panneaux municipaux, de l’offfice de tourisme, etc.

    De même il s’agira de cesser d’adhérer aux associations taurines, locales ou nationales et de cesser de les subventionner.

    Affaires courantes toromachiques

    Le sparadrap Tomefra est toujours là

    Dans un billet précédent, j’avais parlé du débat lors du conseil municipal de décembre à propos de la confusion entre le budget des fêtes et celui des corridas. Yves Ugalde, l’adjoint tauromachique, avait dit être partisan de la clarification, et hautement affirmé que la Ville est libre de ses choix car elle n’est mariée avec personne dans le « système taurin », sans que soit clair ce qu’il voulait dire.

    Ce système, était-ce la Tomefra et Jean Lartigue, dont la ville avait depuis plusieurs années des velléités de s’émanciper, comme je le racontai dans ce billet.

    La Tomefra est une société de droit espagnol, basée à Bilbo, constituée en juin 2011. Elle possède aussi une adresse à Anglet. Son président est Jean Lartigue. La Tomefra est intervenue, et intervient encore, comme mandataire pour l’organisation de corridas dans de nombreuses villes du Sud-Ouest, directement ou par son président. Ce fut le cas de Soustons, Mont-de-Marsan ou Orthez. En 2025, en partenariat avec une 2ème société, la Tomefra a repris des mains de la ville d’Eauz (Gers) l’organisation des corridas de cette ville.

    La ville avait lancé à l’automne 2025 un appel d’offres pour l’organisation des corridas en 2026, avec un cahier des charges très détaillé sur les compétences réciproques de la Ville et du mandataire, sans doute pour le cadrer davantage. Par une décision du 22 janvier 2026, la ville a procédé à l’attribution de ce marché. Surprise, seule entreprise candidate, la Tomefra a de nouveau remporté le marché, pour la même somme (26 000 €) qu’en 2025. Vous avez dit « mariée avec personne dans le système taurin » ?

    Les toros comme « fournitures »

    J’ai obtenu en janvier de cette année les factures des achats de toros décidés lors du conseil municipal du 5 juin 2025. Elles sont présentées comme de simples « fournitures », ce qui en dit long sur la considération « administrative » d’êtres vivants. Autour de 200 000 € : voilà une économie à faire.

    L’Esprit taurin

    Le même conseil municipal avait décidé de la mise à disposition d’une entreprise de spectacles toromachiques, l’Esprit taurin, des Arènes pendant les Fêtes de Bayonne, moyennant redevance quand même.

    A gauche, lors de ce vote, Henri Etcheto et son groupe (dont Colette Capdevielle) s’étaient alignés sur la majorité sortante. Les 3 élu.e.s de Demain Bayonne (DB-BB) n’avaient pas participé au vote, tout comme Laurence Hardouin et Mixel Esteban (ex-EELV).

    Ce complément aux corridas des Fêtes rappelle l’importance de l’écosystème toromachique pris globalement. Pour faire accepter les mises à mort, nombreuses sont les activités destinées à « blanchir » les corridas, comme Toromagie pour les enfants à Noël, ou ce spectacle « Esprit taurin ». Il serait temps de s’interroger sur l’esprit taurin des corridas comme source de l’atmosphère de virilisme et de violence lors des Fêtes

    UVTF

    L’Union des villes taurines de France est une des principales machines à propagande des corridas. Le maire sortant de Mont de Marsan en est le président. Il avait bataillé durement contre la suppression des spectacles taurins dans Intervilles il y a deux ans, ou contre le maire de Vieux Boucan qui avait renoncer à organiser des corridas il y a un an.

    J’ai obtenu aussi début février la facture payée en octobre dernier par la Ville à l’UVTF pour 2025. J’avais déjà publié sur le billet cité plus haut la facture pour 2024.

    Il y a une part fixe (5 000 €) faisant l’objet d’une facture à part, et une part dépendant du montant (1%) des contrats passés avec les élevages, et une part variable, en fonction du nombre de spectateurs déclarés par la Ville pour les corridas (0.50 € par billet). En 2024, il y avait eu 20 336 billets vendus, et 20 867 en 2025, soit une augmentation de 2,5 %, loin des discours triomphalistes des torophiles. En 2024, la somme venant du pourcentage sur les contrats se montait à 2 576 €, elle était de 3 764 € en 2025, une augmentation de 50 %.

    Au total, 12 745 € en 2024 et 14 198 € en 2025 pour la part variable

    Ce n’est pas la seule officine de propagande taurine qui reçoit des aides financières de la ville. De l’argent public à économiser, dans la foulée des propositions de BeM.

    Patrrick Petitjean, 26 février 2026