
En 2025/26, l’école Jules Ferry a eu les honneurs de la communication municipale pour la végétalisation de sa cour. Pour sa réélection en mars dernier le maire avait mis en avant l’exemplarité de cette opération. En cette période caniculaire, la triste réalité a contre-attaqué et, surprise, cette école figure parmi les 11 que le maire a du fermer, en tant que passoires thermiques. Venant quelques jours après la destruction du jardin pédagogique de l’Ecole Brana, cette dissonance éclaire la conception « écologique » du maire : tout est affaire de com’.

Exemplaire, la cour de Jules Ferry l’est sans doute : verdissement et recherche d’égalité dans les usages par les élèves. Mais… Si l’on compage avec le jardin pédagogique de Brana avent sa destruction, il y avait en arrière plan des visions différentes de la nature : une nature mise en ordre, disciplinée à Jules Ferry, et une part de nature sauvage plus à même d’accueillir la biodiversité à Brana.

La vétusté des bâtiments scolaires à Bayonne, est bien documentée. La question revient souvent lors des conseils municipaux, soulevée par les élu.e.s d’opposition. Es sommes sont inscrites dan les plans d’investissements, pour le futur, et pas vraiment à la hauteur. La priorité absolue était le musée Bonnat. Pour les écoles, en dehors de la nouvelle école du Prissé (évidemment indispensable), la priorité étaient la végétalisation de quelques (rares) cours d’école : cela donne lieu à de meilleures photos.

De ce point de vue, le jardin pédagogique de l’école Brana a connu le même traitement que la cour de l’école Jules Ferry De nombreuses opérations de communication pour un excellent projet. Mais derrière : les réactions municipales à sa destruction témoigne d’une superficialité sidérante, d’une absence de vision sur les enjeux environnementaux. Et ne parlons pas de la question de l’adaptation.
Alors, la ville a un « merveilleux » plan de transition écologique et sociale, qui est évalué tous les ans dans un rapport sur le développement durable. Plus largement, les engagements financiers de la ville sont examinés annuellement dans un « budget vert ». Dans ces deux cas, c’est l’autosatisfaction : de nombreuses actions sont en cours ou déjà réalisées.
Mais la réalité, comme à Jules Ferry, est là pour renvoyer cette autosatisfaction à de l’enfumage.
Le retour à la réalité, ce sont aussi les arbres sur le boulevard Alsace-Lorraine. La ville a une magnifique (communication oblige) « Charte de l’arbre ». Mais sur ce boulevard, en particulier devant l’école Jules Ferry, il y a une douzaine d’emplacements vides, où les arbres ont été rasés sans être remplacés depuis des mois voire des années. Mais de l’autre côté des murs de l’école, on a une cour végétalisée exemplaire.

Que ce soit sur le versant biodiversité de la décarbonation ou sur l’adaptation au réchauffement climatique, les évènements de ces derniers jours à Bayonne ont fait craquer le vernis « écologique » de la politique municipale. Il faudra suivre aussi les choix budgétaires.
Patrick Petitjean, 23 juin 2026