Le Piment bayonnais, 3 ans déjà. Stop ou encore ? Augmenté ?

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Nouveau : On peut joindre le piment bayonnais pour proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net

Ce blog, Le Piment bayonnais a été lancé en mars 2023, déjà plus de 3 ans. Alors que la ville de Bayonne est repartie pour 7 ans de pouvoir des mêmes notables conservateurs, c’est l’occasion de faire un bilan de ce que ce blog a pu apporter, et de réfléchir à sa nécessaire transformation pour l’adapter aux nouveaux contextes, locaux et nationaux. Comment le faire évoluer pour améliorer et augmenter son impact. Comment élargir son équipe de rédaction, et les sujets abordés ? On y reviendra sous peu.

A propos

Sous ce titre, le premier article publié (encore accessible sur la page du blog) présentait ainsi le projet :

« Il y a une absence à Bayonne, celle d’un media d’opinion clairement engagé du côté de l’écologie, de la démocratie et de la solidarité, un media qui prend parti sans être partisan, un media qui anime modestement la vie politique locale en rupture avec le conformisme ambiant » (…)

« Un blog pour contribuer modestement à l’information et aux débats sur la vie locale, à l’analyse et au décryptage de la politique municipale, au repérage des stratégies et dynamiques à l’oeuvre où se dessine déjà le futur préparé par notre caste dirigeante ».

« Un blog pour pimenter – c’est son titre – la « soupe politique » locale qui nous est servi par un milieu politique conservateur. « étouffe-citoyen.ne » même, où les connivences sont anciennes et nombreuses entre les différents milieux politiques, économiques, sportifs ou professionnels ».

Tous les articles publiés sont archivés sur la page globale du blog, dans l’ordre inverse de leur publication.

Statistiques

Depuis l’origine, 130 billets ont été publiés, soit une moyenne de 3,4 par mois. 10 957 personnes sont venues sur le blog, et ont consulté 15 109 articles.

On peut remonter au détail de ces chiffres pour différentes périodes : les billets les plus consultés, les modes d’accès au blog, la localisation des villes, et des pays, où s’est faite la connexion au blog.

Il y a deux modalités d’accès aux billets : soit directement avec leur adresse sur wordpress, soit par la page du blog où sont conservés tous les articles dans l’ordre inverse de leur parution. C’est pour cela que le site « lepimentbayonnais » figure au milieu des billets les plus consultés.

A chaque parution de billet, la pub en était faite en mettant l’adresse sur X et sur Facebook. Avec le boycott de X, il n’est resté que Facebook ; la consultation est donc très dépendante de l’effet amplificateur des partages. L’évolution se voit dans les modes d’accès selon les périodes. Au fil du temps, les moteurs de recherche ont pris une place de plus en plus importante (même si ma stratégie de référencement est « primaire »).

J’ai fait des saisies d’écran sur 3 périodes, dépendant de la manière dont WordPress construit les statistiques : la première année, 2023 ; les années suivantes, de janvier 2024 au 26 mai 2026 ; le dernier mois, du 27 avril au 26 mai 2026. Cela concerne un tableau avec les visites et leurs origines, et un tableau avec les villes de connexion (sauf pour 2023).

L’année 2023

1 521 visiteurs, soit un peu plus de 30 par mois en moyenne et 2 169 vues. Le lancement est poussif, avec une faible communication (Facebook et Twitter)

L’essentiel des accès au blog se fait à partir de Facebook. Les billets les plus consultés sont très divers – mais sans doute est-ce le reflet de la diversité des sujets abordés. Sur les 10 premiers, 4 concernent l’urbanisme à Bayonne, 3 les Fêtes et 2 une occupation pour la sauvegarde de terres agricoles.

Les trois dernières années, du 1.1.24 au 26.5.26

En 2024, 1 901 visiteurs et 2 622 vues, mieux qu’en 2023, mais pas tant que cela. En 2025, 4 927 visiteurs et 6 726 vues, cela décolle, on se rapproche des élections municipales. En 2026 (au 26 mai), 2 608 visiteurs et 2 119 vues.

Une dominante renforcée pour l’urbanisme (logement et aménagement), pour son traitement politique par la ville (conseils municipaux, enquêtes publiques) ou les projets eux-mêmes : au total 7 billets sur 10. L’accès au blog et aux billets se fait de manière équivalente entre les moteurs de recherche (Google) et le « guidage » via ma page Facebook (j’ai quitté Twitter).

En dehors de la page globale du blog, deux articles arrivent largement en tête : l’extension de la clinique Belharra pour un institut du sport, qui camouflait un hôtel de tourisme, avec 884 vues – une dénonciation d’Alday comme requin immobilier, avec 787 vues (billet qui continue régulièrement à être vu, au contraire du « camouflage »). Puis l’artificialisation du domaine de Lana, les « cachotteries » (augmentation de la taxe d’aménagement à Citadelle / Laharie), la mort de la cité populaire Citadelle, l’enquête publique du Sequé 4, le projet Rive Droite de l’Adour, l’occupation de l’ancienne Atalante.

Au fin fond de la liste des 130 articles, les bides, le record étant deux billets au cours de la campagne électorale, avec 4 vues chacun seulement (les droits de l’enfant et le droit d’interpellation)

Difficile de savoir où les Bayonnais.e.s voyagent ou s’exilent. Derrière Bayonne, il y a Paris, puis les principales villes de Nouvelle Aquitaine. Mais la fonction « localisation » est-elle toujours bien activée au bon endroit ?

A noter que les deux premières villes étrangères identifiées pour les connexions sont Dublin (98) et Ashburn (61) en Virginie (USA), hauts lieux des entreprises de la Tech. Ashburn est considérée comme la capitale des datas centers : cela ressemble à de l’aspiration de données pour l’IA.

Les 30 derniers jours, du 27 avril au 26 mai 2026 : la popularité persistante d’Alday

Google et facebook continuent à être les voies privilégiées d’accès aux articles.

585 visiteurs et 720 vues pour ces 30 jours, où se détachent un seul article : la chronique municipale partiale n°3, avec 270 vues (en 20 jours), la n°2 ayant moins percuté : présentation différente ? Avec toujours Alday parmi les plus vus…

Parmi les 10 premiers articles consultés, il y a 6 articles anciens, datant de 2025, voir de 2024. En premier lieu, l’article sur Alday, requin de l’immobilier, publié en août 2025. Faut-il y voir le produit d’une recherche google sur les avis concernant Alday par des personnes cherchant à acheter un logement ? Parmi les autres articles anciens consultés, on trouve Stérin et ses plus belles fêtes (août 2025), Bouygues et Nexity (octobre 2025), la forêt humide du Habas (mai 2025), la mort de la citadelle (février 2025), l’avis défavorable de l’enquête publique sur le Sequé 4 (janvier 2024). Et dans les suivants, l’enquête publique sur l’extension de Belharra (juin 2025), l’ancienne Atalante (octobre 2025) ou le débat sur le Sequé 4 au conseil municipal (février 2024).

Pas de différences notables avec le tableau « 3 ans ». Ashburn apparaît encore 7 fois

Et aussi

Pour les pays étrangers, on voit le bruit de fond du système internet mondialisé. Mais pour les USA qui émergent significativement, quelle interprétation ?

Contribuer aux débats politiques bayonnais : l’ambition initiale a été partiellement remplie, mais avec une concentration de fait sur des thèmes plus concentrés (critiques de la politique municipale concernant aménagement, logement,…). Cela semble avoir induit un socle « spécialisé » de lectorat, tout en limitant sans doute l’intérêt du blog. Pour durer, le blog va se transformer, en premier lieu en construisant un véritable comité de rédaction doté d’une charte éditoriale. Un Piment « augmenté » avec l’intelligence (collective, cela s’entend). Cela vous intéresse ?

Patrick Petitjean, 31 mai 2026

Rappel : Tous vos commentaires, toutes vos remarques et critiques sont bienvenues : lepimentbayonnais(at)riseup.net

Pentecôte : l’esprit de Stérin/Bolloré plane sur Bayonne

Screenshot

Nouveau : On peut joindre le piment bayonnais pour proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net

Depuis quelques jours le festival Luminiscence a pris ses quartiers dans la cathédrale de Bayonne. Pour un coût plus ou moins elévé, on peut voir un spectale « immersif » plus ou moins complet : projections lumineuses sur les parois internes et les voûtes de la cathédrale, récit édifiant de l’histoire de la cathédrale et du catholicisme, choeurs (ou pas), prestation de notre chanteuse nationale Anne Etchegoyen (au prix fort les WE). Ce type de spectacle se déroule dans plusieurs villes de l’hexagone, et fait l’objet de vives critiques, tant sur son contenu que sur son financement.

Pour en savoir plus sur les spectacles Luminiscence, on peut aller sur Mediapart (accès libre)

https://blogs.mediapart.fr/bettinazourli/blog/180526/pas-un-centime-pour-les-milliardaires-reactionnaires

En 2023, Romain Sarfati lance LOTCHI grâce à un apport financier massif, et pas de la part de n’importe qui : c’est Pierre-Edouard Stérin qui met la main à la poche, avec un investissement de près d’un million d’euros.

Lotchi se cache derrière l’intention de « valoriser et préserver les sites emblématiques du patrimoine mondial » Un discours déjà entendu dans la galaxie de Stérin où le catholicisme le plus conservateur imprègne les narrations « historiques »

Les Nuits du bien commun (qui soutiennent Luminescence), les Plus belles fêtes de France, ou encore les soirées du Canon Français : tout ça, c’est bel et bien Stérin. On a déjà parlé des Plus belles fêtes, et on reparlera du Canon, programmé à Biarritz en novembre prochain

Concernant Luminiscence, l’histoire ne s’arrête pas là non plus : car si Stérin a revendu ses parts (il détenait 18% du capital de l’entreprise LOTCHI) à la société Banijay Live. Ca aurait pu être une bonne nouvelle … mais un autre milliardaire réactionnaire vient s’en mêler. Vincent Bolloré, entre autres propriétaire de Canal Plus et du groupe d’édition Hachette, est actionnaire de Banijay Live.

A Rennes, un collectif de choristes a refusé de travaillé pour le même spectacle, à la fois pour les conditions d’embauche et l’ombre de Stérin.

https://splann.org/luminiscence-rennes-chanteurs

capture d’écran du site

Les soutiens bayonnais

Le journal Sud Ouest du 11 mai s’inspire largement de la communication officielle pour présenter le spectacle : « La cathédrale incarne depuis plus de 700 ans l’histoire et l’identité du territoire basque ». Laïques des 7 provinces, réveillez-vous !

Sud Ouest donne la parole à Anne Etchegoyen : « une cathédrale fière qui veille sur la ville et ses habitants ». Entre la cathédrale ainsi perçue, la citadelle de la rive droite et, entre les deux, la mairie d’Etchegaray, nous somme bien (sur) « veillés »…

Parmi les logos figurant sur cette pub officielle, Sud Oesy, les monuments nationaux, Ici, et CôteBasque.

Interdit de rire : Extraits de la présentation du festival sur le site.

La présentation du festival est sur https://luminiscence.com/bayonne/

Plongez dans la légende de monuments sacrés à travers une expérience immersive spectaculaire

Plongez dans la légende du Pays Basque ! Cathédrale Sainte-Marie Après 1 000 000 de spectateurs conquis à travers le monde, le spectacle immersif 360° s’installe enfin au cœur de Bayonne !

LUMINISCENCE À BAYONNE : Quand la lumière révèle la mémoire de la pierre

Après avoir émerveillé plus d’un million de spectateurs, LUMINISCENCE poursuit sa tournée et investit la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne.

Édifiée au cœur du centre historique et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, ses voûtes majestueuses et ses flèches gothiques offrent un écrin exceptionnel pour une expérience immersive spectaculaire.

Les projections monumentales transforment la pierre en une fresque vivante et la musique résonne sous les voûtes. Un hommage vibrant à ce joyau du patrimoine bayonnais, qui se dévoile sous un jour totalement nouveau.

La narration est au cœur du spectacle. Plongez dans la légende de Bayonne et laissez-vous emporter à travers plusieurs siècles d’histoire, guidé par la voix de la chanteuse Anne Etchegoyen, figure bien connue du Pays Basque qui incarne l’esprit gardien des lieux.

Découvrez toute la puissance de la musique live. Les voix célestes du Chœur Bayonne Pays Basque interprètent les plus grands chef d’œuvre de la musique classique avec une intensité rare. Une expérience musicale authentique, portée par l’émotion du moment présent.

Chaque weekend, avant que le spectacle commence, le Chœur Bayonne Pays Basque vous accueille avec Agur Jaunak, le chant basque par excellence, un moment intimiste qui inscrit le spectacle dans la mémoire vivante du territoire.

Leurs voix subliment ensuite la bande originale de LUMINISCENCE, portées par l’acoustique naturelle de la cathédrale. Le public ne se contente pas d’écouter : il ressent chaque vibration avec une intensité rare, dans une rencontre unique entre musique live et architecture.

LUMINISCENCE est proposé en deux formules : les soirées Musique Digitale (en semaine) et les soirées Chœur Live (vendredi et samedi).

La voix du Pays Basque : Pour cette édition bayonnaise, LUMINISCENCE a confié sa narration à la chanteuse Anne Etchegoyen. Figure familière et chère aux habitants du Pays Basque, elle prête sa voix à l’esprit gardien de la cathédrale et fait de ce spectacle une expérience profondément ancrée dans l’identité du territoire.

capture d’écran du site

Mots de l’organisateur

« Notre mission est de préserver, transmettre et promouvoir notre histoire et notre patrimoine, en valorisant des lieux emblématiques qui font partie de notre héritage commun. Nous sommes fiers de proposer une expérience artistique, immersive et inclusive qui permet au plus grand nombre de découvrir la richesse de notre patrimoine, quel que soit son âge, sa culture, sa nationalité ou sa religion. Nous espérons que LUMINISCENCE permettra aux spectateurs de poser un nouveau regard sur les monuments sacrés en créant un lien émotionnel, mémoriel et sensoriel unique. »

Romain Sarfati, Co-fondateur et Directeur général de LOTCHI.

1.000.000€ Reversés pour la conservation et la valorisation du patrimoine.

Fin des citations

Son et lumière chez l’évêque

On ne sait ce que le « récit » glorieux de l’histoire de la cathédrale doit à son premier occupant, le célèbre évêque Marc Aillet. Dans les autres villes, les gestionnaires des lieux ont été consultés, tout en se défendant être eux-mêmes les auteurs des récits. On ne sait pas non plus le montant payé à l’évêché pour la location de la cathédrale.

Wikipedia est une référence pour qui s’intéresse aux prises de positions ultraconservatrices d’Aillet, qui lui valent d’être une des cibles favorites des mouvements féministes.

Aller voir le spectacle Luminiscence, c’est donc participer à l’enrichissement d’une poignée

d’hommes anti-féministes, lgbtphobes, racistes, xénophobes, de Stérin t Bolloré à Aillet, dont l’un, au passage ne paie pas ses impôts en France et qui souhaite mettre fin à la diversité culturelle, à la liberté d’expression.

Patrick Petitjean, 25 mai 2026

Batera. Le chemin fragile vers une CTSP basque

La plate forme Batera était entrée en sommeil après la création de la CAPB en 2017. Elle en avait, en grande partie, porté le projet. Elle a été relancée, il y a un an, dans l’objectif de la faire évoluer vers une Collectivité Territoriale à Statut Particulier (CTSP) dotée de compétences plus larges, notamment dans le domaine social. Elle a tenu son assemblée générale le 9 mai. Malgré les incertitudes politiques hexagonales pour 2027, et en dépit (ou paradoxalement en raison) de l’élection d’Alain Iriart à la présidence de la CAPB, cette perspective s’est compliquée depuis un an.

Retour sur l’avant CAPB

Batera est une plate forme lancée en 2002 autour de 4 objectifs : co-officialisation de la langue basque, création d’un département Pays basque, d’une chambre d’agriculture et d’une université de plein exercice. Sa charte a été signée par 110 associations, syndicats et mouvements représentant ainsi une large partie de la société civile du Pays basque. Malgré une campagne très active, seule la chambre d’agriculture verra une avancée importante, avec EHLG.

En 2010, les départements étant en perte de vitesse, Batera fait évoluer la demande d’un département basque vers celle d’une Collectivité Territoriale à Statut Particulier, CTSP. En 2015, profitant de l’opportunité de la loi NOTRe (qui revoit les compétences des Régions et des Intercommunalités notamment), le Gouvernement contre-propose encore autre chose : la création d’une « super-intercommunalité », regroupant toutes les intercommunalités du Pays basque. Les oppositions et les réserves ont été nombreuses, à droite de l’échiquier politique, mais aussi dans la partie le plus jacobine de la gauche. Batera s’est engagée dans le processus qui a mené à la création de la CAPB en 2017.

A l’approche de son 10e anniversaire, la CAPB n’est plus remise en cause, du moins ouvertement. Mais quant à la faire évoluer avec davantage de compétences, c’est une autre affaire.

Batera en recherche d’une nouvelle dynamique

Espelette 2025 Photo de groupe

Pour la refondation de Batera le 10 mai 2025, tous les « historiques » étaient de nouveau présents. Une nouvelle démarche définie : ne pas relancer un projet de département basque, mais s’inscrire dans la continuité de la CAPB, pour aller vers une CTSP en agrégeant de nouvelles compétences. La référence majeure était la métropole de Lyon, constituée en ajoutant les compétences départementales à celles de l’intercommunalité. Une équipe pilote a été reconstituée, rassemblant toutes les sensibilités politiques.

Devant la CAPB

L’assemblée du 9 mai 2026 à Itsasu a été l’occasion de dresser le bilan d’une année intense de réactivation et de renouvellement, rythmée notamment par un forum le 22 novembre pour imaginer une future CTSP basque, et par un travail de sensibilisation auprès des candidat.e.s aux élections municipales et communautaires. Plus que jamais, cette perspective apparaît comme pertinente.

L’objectif est d’aller vers une majorité sociale et une majorité politique, en s’appuyant sur le 10e anniversaire de la CAPB

Les diapos de l’AG sont ici : https://plateformebatera.org/une-annee-de-refondation-reussie-qui-confirme-la-pertinence-du-projet/

110 personnes étaient présentes à Itsasu, presque autant qu’à Espelette l’année précédente. Le nouveau président de la CAPB, Alain Iriart était là, ainsi que les 3 députés. Mais pas son prédécesseur. Certains de ses proches, comme Martine Bisauta et Joseba Erremundeguy, pourtant membres du groupe pilote étaient aussi absents.

Itsasu 2026 Photo de groupe

Autre problème, pouvant interroger sur la dynamique : aux côtés de l’animatrice, la dizaine d’intervenants qui ont défilé à la tribune étaient tous des hommes.

Les débats ont fait apparaître une forte demande de membres de la société civile quant à la place à accorder aux structures non institutionnelles dans la dynamique pour une CTSP basque, et surtout, leur place dans la nouvelle institution, à l’instar de celle occupée par le Conseil de Développement dans l’actuelle CAPB. Il a été remarqué que la métropole de Lyon tenait la société civile à l’écart. Batera devra composer avec une certaine méfiance envers les institutions officielles.

Ce qui peut favoriser l’évolution vers une CTSP basque

L’heure était à l’optimisme, avec plusieurs éléments favorables dans la conjoncture actuelle.

En premier lieu, la question du « social » est au coeur des attentes des habitants, à tous les niveaux institutionnels. Cela s’est vu lors des élections municipales. La CAPB a peu de compétences en la matière. Les élargir, en transférant celles du conseil départemental, semble donc particulièrement pertinent : pour être plus près des habitants et plus en cohérence avec d’autres politiques publiques. Egalement, une CTSP pourra accroître ses compétences en matière de santé, d’enseignement supérieur, des enjeux climatiques et énergétiques. Enfin, elle pourra gérer les fonds européens, essentiels en matière d’agriculture et de développement rural.

Autre élément favorable, l’expérience de la Métropole de Lyon depuis 2020, construite sur le regroupement des compétences départementale et communales. Pour mémoire, la CABP était limitée, comme toute interco, au bloc de compétences communales dont elle avait pris le maximum possible.

Troisième éléments favorable, le contexte hexagonal semble propice avec ses nombreux chantiers législatifs en cours, concernant la Corse, Mayotte, le Grand Paris, et l’Alsace notamment, sans oublier la Kanaky. Des transferts sont envisagés, ou en cours entre les différents niveaux institutionnels, comme le montre le tableau ci-dessous.

Les différentes compositions de compétences selon les CTSP

Le chantier de la décentralisation et de l’organisation des collectivités est relancé au niveau parlementaire. La fenêtre politique s’ouvre pour des évolutions institutionnelles.

L’exemple alsacien en est la démonstration : discutée à l’Assemblée nationale, l’évolution du statut de la Collectivité Européenne d’Alsace montre qu’une voie parlementaire est atteignable malgré l’absence de majorité gouvernementale. Dans ce contexte, le Pays Basque Nord apparaît en retard. Il y a urgence à organiser un débat territorial impliquant l’ensemble des acteurs du Pays Basque Nord.

… Mais des oppositions qui risquent d’être plus fortes qu’en 2015

Dans un contexte où les départements semblent institutionnellement (mais pas financièrement) plus en forme qu’il y a 10 ans, l’hostilité de Jean-Claude Lasserre (MODEM), président du conseil départemental ne surprend : moins que jamais, il accepte d’abandonner des prérogatives au profit de la CAPB. D’autant plus que le « social » est un domaine propice au clientélisme. D’autant plus encore que le nouveau président de la CAPB est un abertzale.

Itsasu 2026

Nicolas Patriarche, le maire LR de Lons, s’est expliqué dans une entretien récent avec Sud Ouest sur ses multiples raisons pour rejeter la perspective d’une CTSP :

« Le basculement abertzale de l’Agglomération basque vous inquiète-t-il ? »

« Ce n’est pas un très bon signal mais ce vote est-il seulement un vote d’adhésion aux thèses abertzale ? En posant la question, j’y réponds à moitié. Il y a des ressorts qui sont peut-être plus compliqués que cela. Cette énorme intercommunalité connaît des tiraillements entre le littoral, les villes dites riches et le Pays basque intérieur. Nous verrons le fonctionnement au quotidien. J’ai vu que les équilibres étaient respectés dans la répartition des vice-présidences. Mais les revendications de certains font peser de lourdes questions sur l’avenir et l’unité des Pyrénées-Atlantiques. On a l’impression qu’au Pays basque, on franchit chaque fois un petit palier supplémentaire. Cela m’inquiète parce que je suis attaché à l’unité de notre département ».

Autre élément défavorable qui peut faire converger réticences et oppositions, la question de l’élection des membres du conseil de la CTSP au suffrage universel, obligatoire. Sous couvert de défense des petites communes, ces réticences avaient déjà été exprimées par plusieurs élus, dont Jean-René Etchegaray, attachés aux relations directes (et fortement clientélistes) entre le président et les maires. La question des relations entre les grosses et les petites communes se pose dans toutes les intercos, mais le suffrage direct (vieille revendication de la gauche) la rend plus sensible. Elle a été prise en considération dans la structuration de la Métropole de Lyon.

Il faudra suivre de près l’implication, ou non, des amis de l’ancien président de la CAPB dans le processus Batera. Leur absence le 9 mai était-elle seulement conjoncturelle ?

Enfin, si le contexte hexagonal est fait de réformes institutionnelles, jusqu’où est-ce propice pour une CTSP basque ? Le départ de l’Alsace de la région Grand Est a provoqué retour de flamme des jacobins de toute obédience. Blanquer, en particulier, qui avait sans doute oublié que l’Alsace formait une région à part entière jusqu’à la création des « grandes régions » supposées concurrencer les länder allemands, y a vu une « dérive différentialiste qui menace l’unité de la République ». Alors, pour le Pays basque, on imagine les discours enflammés pour s’opposer à une CTSP…

Avec le nouveau président de la CAPB

Quelles vont être les conséquences de l’élection d’Alain Iriart comme président de la CAPB ? Le raidissement de la droite était prévisible, comme celui de l’ancien président. Mais c’est l’agenda avancé par l’abertzale lors de sa candidature, qui va marquer, à court et moyen terme l’évolution de la CAPB dans un sens très consensuel. Très loin de l’autoritarisme vertical de son prédécesseur. Cela ressort aussi de la mise en place des instances de la CAPB, avec un équilibrisme compliqué qui a pu en décevoir certain.e.s..

Pendant la campagne électorale, les demandes de Batera envers les candidat.e.s étaient pressantes : lancer la réflexion sur l’évolution institutionnelle dès le début du mandat ; nomination d’un.e élu.e en charge de cette question ; mise en place d’une commission de travail ; des moyens pour cette politique ; et lancement d’une étude juridique et technique.

Mais pour le nouveau président, le chantier prioritaire à lancer est celui de la décentralisation du pouvoir politique et des services de la CAPB vers les 10 pôles territoriaux. Pas sûr que l’évolution institutionnelle de la CAPB relève de l’urgence pour Alain Iriart, même si, tôt ou tard, ce sera un sujet de son mandat.

Et si finalement, cela laissait un temps bienvenu pour approfondir le projet de CTSP basque et l’enraciner dans la population ?

Patrick Petitjean, 19 mai 2026

Bayonne, chronique municipale n°3 : Le petit théâtre du maire

capture d’écran, 30 avril 2026

Plus que jamais partial, subjectif et arbitraire

Plus de 4h pour ce 3e conseil municipal, le 30 avril. Encore beaucoup de temps consacré à l’installation des nouvelles instances. Le budget, tel qu’attendu, a été voté après des débats donnant l’impression du déjà vu. Au fil des interventions, ce sont des postures, autant personnelles que politiques, qui se mettent en place pour la mandature qui commence. Le maire a fait son petit théâtre, accusant même Colette Capdevielle de vouloir importer à Bayonne le « bordel » (sic) de l’Assemblée nationale.

La séance du conseil est visible ici :

Le détail des délégations et la composition des commissions municipales et extra-municipales figurent sur le site de la ville, rubrique ma mairie, ou parmi les délibérations du conseil (pas encore publiées le 6 mai).

Les délégations. Le maire a-t-il choisi son héritier ?

Elles se faisaient attendre. Elles ont été dévoilées sur le site de la ville quelques minutes avant le début du conseil, ce qui a bien sûr été relevé. Elles sont d’une grande continuité, ce qui rend particulièrement hypocrite la justification du maire pour ce caractère tardif : il aurait fallu ajuster le contenu des délégations et la composition des commissions avannt d’en finaliser la liste.

Joseba Erremundeguy, annuaire officiel des élus

Principale nouveauté : la promotion éclair de Joseba Erremundeguy comme 2e adjoint. Sans surprise, car il apparaissait déjà fréquemment dans le sillage du maire pendant la campagne électorale, voire avant pour les relations transfrontalières. Il est déjà conseiller départemental et vice-président de la CAPB. Une belle carrière bien entamée. Mais on ne l’a pas entendu de tout ce conseil

A Bayonne, sa délégation est large : aménagement urbain et des espaces publics, citoyenneté, relation à l’usager, Conseils de Quartiers. Au vu du champ couvert par Le Piment bayonnais, il ferait presque office de « correspondant » au sein de la municipalité…

Autre innovation notable, la désignation de Lionel Sevilla comme conseiller auprès du maire en charge de la biodiversité, de la « terre nourricière » et de la plaine d’Ansot.

Voeu pour l’Euskara au bac. Le maire dresse un costume à Blanquer

Le conseil commence par la présentation et le vote d’une déclaration sur le droit de passer certaines épreuves du bac en Euskara. Une déclaration déjà reprise par de nombreuses personnalités et d’autres villes. Elle est présentée d’abord en Euskara, puis en Français, le sujet faisant nécessité, par le nouveau délégué à la politique linguistique, Pantxo Etchegaray.

Commencer un conseil municipal par un sujet populaire et unanimiste, de plus non inscrit préalablement à l’ordre du jour, est un choix tactique pour instaurer autour du maire une atmosphère consensuelle, rendant plus délicates les contestations à venir.

La délibération a été l’opportunité de moult auto-félicitations sur les actions municipales pour les langues basque et gasconne. Elle a, en plus, été l’occasion pour le maire de manifester sa singularité vis-à-vis du gouvernement qu’il soutient, en désignant à plusieurs reprises Jean-Michel Blanquer comme responsable du blocage de l’Euskara au bac, l’accusant même d’influencer encore l’actuel ministre de l’éducation et le rectorat de Bordeaux. Pour charger la barque, le maire a aussi rappelé Parcoursup, une grande œuvre de Blanquer : on a été heureux d’apprendre que le maire partageait avec les étudiants et les enseignants le rejet de Parcoursup.

Le vote en faveur de la déclaration a été unanime.

Diverses délibérations. Le maire paternaliste

Avant d’en venir au plat de résistance, le budget, il a fallu égrener (29 délibérations) les nominations d’élu.e.s dans les commissions municipales et extra-municipales – j’y reviendrai dans une autre billet. Et surtout dans de multiples organismes extérieurs. Fastidieux mais incontournable, en 3/4 d’heure.

Puis, 13 autres délibérations, plus ou moins techniques, d’où on peut extraire :

– l’expo « mythologies » au Musée Bonnat, avec auto-félicitation sur la fréquentation, et convocation du Louvre de du musée du Quai Branly pour légitimer la qualité exceptionnelle de cette exposition

capture d’écran

– un protocole devant marquer la fin du contentieux avec une entreprise concernant des travaux du Musée Bonnat. A Joe Mendes Monteiro, qui a fait remarquer qu’il y avait des ambigüités dans l’écriture de ce protocole, et que cela risquait de ne pas clore le contentieux, le maire a commencé par la jouer paternaliste : lui avait une longue expérience professionnelle, et Joe Mendes Monteiro n’était qu’un jeune avocat. Pour finalement conclure en demandant quand même à son directeur de cabinet de regarder de plus près le protocole.

– l’augmentation des tarifs des spectacles à Lauga, en raison a-t-til été dit de l’amélioration de la qualité de la salle

– la prolongation des conventions de portage foncier avec l’EPFL (qui achète des biens immobiliers pour le compte de la ville), concernant des immeubles aux 3 et 5 rue Sainte Catherine, ainsi qu’au 34 place de la République. Ce portage avait été conclu en 2017 pour 8 ans, mais la ville n’ayant pas encore défini un usage pour ces biens, il a fallu rajouter quelques années à la mission de l’EPFL.

– Une délibération ramasse-tout sur les Fêtes de Bayonne, dont le pass payant d’entrée. Au nom de Bayonne en Mouvement, Joe Mendes Monteiro a regretté que, une nouvelle fois, la délibération contienne des choses très différentes, qui auraient pu être disjointes, permettant d’en voter certaines et pas d’autres. Rappelant leur hostilité au pass, il a aussi demandé de s’engager réellement vers une baisse de la fréquentation, et regretté que le débat de fond soit esquivé dans le délibération. En réponse, l’adjoint évènementiel, Yves Ugalde s’est voulu rassurant et a renvoyé vers la commission extra-municipale sur les Fêtes, sans répondre sur le caractère fourre-tout. Bayonne en Mouvement et Bayonne tout simplement se sont abstenus sur la délibération

Le budget arrive au bout de 2h. Le maire fait l’énervé et défend le gouvernement.

L’essentiel de la très longue présentation du budget par Sylvie Durruty, adjointe aux finances, se retrouve déjà dans son entretien avec le journal municipal distribué dans nos boîtes le WE dernier. On y trouve les principaux projets d’investissements, la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la bonne gestion. Oralement, il y eu aussi l’auto-congratulation sur le succès du Musée Bonnat, de la Médiathèque. Plus les critiques récurrentes d’Henri Etcheto concernant la réalité future des engagements en dehors du centre ville, la disparition de certains projets figurant dans le programme électoral (école du Sequé notamment), et la vente du patrimoine communal.

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David Ospital a émis des doutes sur la fragilité de la structure de la dette, au-delà de son montant total, raisonnable : il a une part importante d’emprunts à un taux variable, ce qui est un risque dans une période instable où les taux d’emprunts sont à la hausse. A quoi il fut répondu que les banques faisaient confiance à la ville, qu’elles se précipitaient toutes à chaque levée de fonds. Soyons donc rassurés, ayons confiance dans les banques.

Un enjeu nouveau est venu à la discussion : la baisse importante des recettes provenant de la Taxe Foncière sur les Résidences Secondaires (TFRS). Sylvie Durruty a annoncé une baisse de 1,3 millions d’euros, à la suite de la sortie de 600 logements de la base des résidences secondaires, transformées en résidences principales. Avec suspicion de fraude. Un travail d’enquête est nécessaire pour comprendre le phénomène, rendu compliqué par l’accès aux données et l’implication obligatoire des services de l’État. C’est un effet pervers de l’exigence d’une compensation nécessaire pour permettre la transformation d’un logement à l’année en un meublé de tourisme. Les villes qui ont le plus fort taux de résidences secondaires (Anglet, Biarritz…) sont beaucoup plus touchées.

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David Ospital a insisté sur l’importance de l’enquête lancée par la CAPB sur ce sujet, et appelé à la vigilance. Colette Capdevielle a rappelé la proposition de loi déposée par elle-même, Peio Dufau et Inaki Echaniz, proposition bloquée par Renaissance. Elle a également critiqué le gouvernement de s’attaquer davantage à la fraude sociale qu’à la fraude fiscale, comme celle des fausses résidences principales. Elle a déploré que les services fiscaux manquent de moyens.

Une provocation insupportable, si l’on en juge par le degré d’énervement et d’agressivité manifesté par le maire à son encontre, l’accusant de faire de la politique nationale et l’interrompant sans cesse. « Vous n’êtes pas à l’Assemblée nationale », qui serait « devenue un véritable bordel », accusant Colette Capdevielle de vouloir l’importer « dans une petite ville du fond de l’hexagone » : « restez à Bayonne » ! (entre 2h 56’ et 3h 1’ dans la retransmission).

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Elle a rappelé que les taux de logement social calculés pour la loi SRU se faisaient sur les résidences principales et non sur la totalité des logements : la transformation de résidences secondaires en fausses résidences principales entrainait une sorte de double peine, avec la baisse des taux SRU et la baisse des recettes fiscales. En réponse, elle est accusée par le maire d’être « à côté de la plaque »

A noter que, cette année et contrairement aux années précédentes, il n’y a pas eu d’élu.e pour demander la dissociation entre les corridas et les fêtes traditionnelles, regroupées dans un même budget annexe.

Les élu-e-s d’opposition ont voté contre les différentes délibérations budgétaires.

Les indemnités pour les élu.e.s. Le maire auto-sacrificiel, mais muet

A la fin du budget, on en était à 3h35 de conseil. Les 17 dernières délibérations ont été expédiées en 1/2 heure. La question des indemnités pour le maire, les adjoints et les conseillers a occupé 25 minutes.

Le maire a commencé par quelques (brèves) explications techniques sur les textes qui régissent le calcul des indemnités. Ce qui n’a pas satisfait l’opposition. Juliette Brocard a demandé des explications sur la hiérarchisation de ces primes. Joe Mendes Monteiro, tout en reconnaissant la légitimité de l’indemnisation des élu.e.s, s’est enquis également sur l’augmentation des indemnités, qui est, de plus, hiérarchisée selon les différentes catégories (maire, adjoint.e.s, délégué.e.s, élu.e.s de base), beaucoup plus importante en pourcentage pour le maire (+ 45%) que pour la base. Globalement, l’augmentation est de 34 %.

La réponse du maire est alors un modèle du genre. Sous prétexte de pédagogie, il livre une avalanche de détails techniques sur le maxi auquel le maire et les différentes catégories peuvent prétendre avec le nombre d’habitants de Bayonne, sur les majorations possibles (comme ville touristique, ville en politique de la ville, chef lieu d’arrondissement), etc. La conclusion qu’il en tire, après avoir « noyer le poisson » pendant 1/4 d’heure, est que les indemnités sont en-dessous de ce qui était possible, et surtout (il y revient plusieurs fois) que lui-même touchera moins de la moitié de ce à quoi il aurait pu prétendre. Il compare avec Pau, Anglet et Biarritz, où les indemnités sont plus élevées, reste évasif sur la hiérarchisation, et ne dit mot des éventuels cumuls d’indemnités possibles en cas de cumul des fonctions.

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Dernier intervenant, Jean Claude Iriart souligne encore la légitimité des indemnités, admet que le maire touche plus que les adjoint.e.s, qui légitimement aussi touchent plus que les autres élu.e.s, reconnaît que la somme reste faible (0,8 % du budget de fonctionnement), mais s’interroge quand même : pourquoi 34 % d’augmentation globale du volume d’indemnités, alors que les subventions aux associations stagnent. Cette somme aurait pu être mieux employée.

Réponse du maire ? Rien. Il passe au vote (l’opposition s’est abstenue).

Conseil suivant : le 4 juin

Patrick Petitjean, 6 mai 2026

Bayonne : une belle mobilisation pour le 1er mai

Près de 2 000 personnes (plus 1 700 selon Sud Ouest) ont participé ce matin à la manifestation du 1er mai, à l’appel des organisations syndicales (LAB, FSU, CGT, Solidaires, FO, UNSA) et de Bizi (avec Alda). Promenade en quelques photos

tête de cortège
CGT Av. Alsace Lorraine
Bizi et Alda av. Alsace Lorraine

Une belle mobilisation qui est aussi une riposte aux tentatives du gouvernement et des partis (du centre à l’extrême droite) de remettre en cause le caractère obligatoirement chômé pour toustes les travailleurs-euses de ce jour.

Les cortèges les plus nombreux étaient ceux de LAB, de Bizi, de la CGT et de Solidaires – même les mélanges étaient fluides entre les différentes parties de la manifestation.

Cette année, le cortège a abandonné les traditionnels zig-zags dans le centre ville au profit d’une montée de Saint-Esprit vers les quartiers populaires des Hauts de Bayonne. L’arrivée s’est faite place des Gascons, avec les prises de paroles et des stands associatifs et syndicaux.

CGT sur la montée vers la place des Gascons
Bizi en montée vers les Gascons
Arrivée place des Gascons
Vue d’ensemble de la place
Tribune place des Gascons
Un des stands associatifs place des Gascons

Antifascisme, internationalisme, féminisme

L’antifascisme était aussi partout dans les cortèges. Lutter contre l’extrême-droite était une motivation essentielle des manifestant.e.s.

banderole antifa places des Gascons, derrière la tribune avecune autre banderole antifa

Le 1er mai est une journée traditionnellement internationaliste, ce qui n’a pas manqué d’être souligné dans les différentes interventions dans le contexte des guerres en cours. A noter aussi la présence d’un petit groupe de Kurdes demandant la libération d’Ocalan.

Internationalisme
Le collectif transféministe

Patrick Petitjean, 1er mai 2026

Bayonne, chronique municipale n°2 : développement durable sans transitions

Deuxième chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.

A posteriori, cette 2e séance du conseil, le 9 avril, apparaît comme un peu surréaliste. Les enjeux immédiats étaient absents, et les interventions dans le registre attendu. Les adjointes intérimaires en attente de leur délégation officielle, Laurence Hardouin-Torre, Deborah Loupien-Suares et Sylvie Durruty, ont présenté les 3 principales délibérations, montrant avec autorité qu’elles étaient plus que jamais candidates à se succéder. La 3e, notamment, a délivré une longue introduction pour le débat sur les orientations budgétaires, et a pris en main de la discussion, le maire restant plus discret que d’habitude.

Surréaliste, parce que deux jours après, le 11 avril, Jean-René Etchegarray, candidat à sa succession, échouait à conserver la présidence de la CAPB, à la surprise générale. Un scénario non prévu, qui remet en cause les rapports de pouvoir entre Bayonne et la CAPB. Il va falloir ajuster ses projets de métropolisation de Bayonne face à une présidence favorable à de nouveaux équilibres entre le développement de la côte versus celui de l’intérieur du Pays basque.

Plus encore, cela va provoquer une redistribution du pouvoir au sein de la majorité bayonnaise et en remettre sans doute en cause les équilibres politiques. A ce jour (samedi 25 avril) l’arrêté définissant les délégations des adjoint-e-s n’a toujours pas été publié, contrairement aux délais habituels dans les autres communes.

Jean-René Etchegarray s’est fait désigner comme référent du pôle territorial « Côte Basque Adour ». A ce titre, il reste membre du conseil permanent de la CAPB. Un peu riquiqui pour les ambitions du maire de Bayonne, mais un positionnement qui peut lui permettre de mettre des grains de sable dans la présidence d’Alain Iriart.

Les délibérations adoptées et la vidéo du conseil sont accessibles sur le site de la ville. Il y a eu 4 séquences dans un conseil qui a duré près de 4h. La plus formelle, à savoir la nomination de représentants de la ville dans différents organismes extérieurs a néanmoins pris près d’une heure. Puis ont été présentés le rapport annuel sur le développement durable et celui sur l’égalité femmes/hommes, encore près d’une heure. C’est une obligation légale, et cela doit précéder le débat sur les orientations budgétaires, lequel a occupé la dernière moitié du conseil.

Pour ce billet, on se concentre sur le rapport « développement durable », … mais je commence avec l’annonce surprise du tout début du Conseil

Le maire choisit son chef de l’opposition

La séance débute avec l’annonce par le maire de la constitution d’un groupe « Bayonne tout simplement » par Henri Etcheto. Ce n’est pas vraiment une surprise. Mais il s’agit d’une décision unilatérale dont il a informé le maire en premier. Ce n’est pas une décision commune des deux composantes de la gauche. Cela interroge sur leur alliance entre les deux tours et semble valider les dénonciations entendues sur le caractère factice de la fusion.

Jean René Etchegaray lors de son installation

La suite de la mandature dira quel sera le degré de coopération entre les deux groupes de gauche. Cet « unilatéralisme » n’a pas empêché leur concertation pour préparer le Conseil. Lors de cette séance, ils ont présenté une liste commune de candidat.e.s (en général un binôme titulaire / suppléant) pour les organismes extérieurs où la loi leur garantissait une place : commission « appel d’offres », avec Juliette Brocard (Carole Ternois) ; CCAS, aveec Iker Etchepare (Jean-Claude Iriart) ; « territoire énergie du 64 », avec Carole Ternois (Joe Mendes Monteiro) et Cathy Liousse (Iker Etchepare) ; Musée Basque, avec David Ospital (Henri Etcheto) ; régie de stationnement, avec Cathy Liousse (Jean Claude Iriart) ; comité pour les dérogations scolaires, avec Joe Mendes Monteiro ; office du commerce et de l’artisanat, avec Colette Capdevielle (Iker Etchepare).

Pendant la campagne électorale, Henri Etcheto était souvent présenté dans la presse comme le « chef de file de la gauche » au conseil municipal. Une posture qui n’était pas pour déplaire au maire, cen continuité avec les mandatures précédentes. Jean-Claude Iriart, abertzale, était un adversaire plus déstabilisant pour le maire sortant, qui l’avait ciblé en priorité au cours de la campagne.

Jean-Claude Iriart lors de son intervention sur les orientations budgétaires

Arrivé en tête de la gauche au 1er tour, Jean-Claude Iriart a hérité du qualificatif de « chef de file ». Mais pas aux yeux du maire semble-t-il. Outre la mise en lumière, au début du conseil, de la constitution du groupe par Henri Etcheto, le débat sur les questions budgétaires a fait apparaître que le le maire avait un interlocuteur privilégié, le sujet facilitant sans doute la reproduction des mêmes échanges que les années précédentes, entre les mêmes. Un petit jeu politicien habituel du maire.

Rapport sur le développement durable

Laurence Hardouin présentant la délibération sur le développement durable

La présentation annuelle d’un rapport sur le développement durable est une obligation depuis plusieurs années. Il prend maintenant la forme, à Bayonne, d’un bilan de l’exécution du « Projet de Transition Ecologique et Sociale » (PTES). Ce bilan figure en annexe de la délibération.

C’est le 2e bilan du PTES, adopté en décembre 2023 pour 5 ans. Il comporte 30 actions, selon 3 axes : « Une ville sobre pour la transition énergétique, une ville nature pour la transition environnementale, et une ville solidaire pour accompagner les transitions sociétales ».

Avec la tentative de donner sens politique et cohérence, on y recycle sous le vocable « transition » beaucoup d’anciennes actions sur l’environnement, on les complète significativement par la lutte contre le réchauffement climatique et son cortège de mesures énergétiques. Et puis, selon l’esprit du développement durable (cela date de 1992 à Rio), on y ajoute des actions dans le domaine de la culture (la médiathèque), le social, la démocratie participative…

Cela fait quand même très fourre-tout, et ce 2e bilan mériterait une revue de détail, comme cela avait été fait au début 2025 après le 1er bilan dans le cadre de la préparation de la liste bayonne en Mouvement.

La nouveauté cette année est d’avoir croisé ces actions avec les 17 objectifs de l’ONU en matière de développement durable (datant de 2015…), pour montrer en quoi cela fait de Bayonne un bon élève onusien. Un registre d’autosatisfaction encore plus présent dans la deuxième partie du rapport est l’état d’avancement de chacune des 30 actions, et de leur globalité, selon une échelle à 5 niveaux, de « non engagée » à « aboutie » Ouf, on a avancé. Tout est engagé, et cela progresse dans toutes les catégories.

capture d’écran

Mais… Que mesure exactement ces tableaux ? Les 30 actions traduisent des politiques municipales, l’état d’avancement mesure la réalisation de ces politiques, pas plus. Il ne dit rien de rien sur la pertinence de ces politiques au regard des enjeux du réchauffement climatiques, de la biodiversité ou de la justice sociale.

Ainsi, l’action n°21 porte sur le logement « rendre l’habitat accessible pour la population locale », et la présente comme « au stade avancé » de sa mise en oeuvre. Ce dont il est question, c’est de la « mixité sociale » (c’est écrit) : moins de HLM et une priorité pour les classes moyennes. Le nombre de demandes de HLM ne figure pas dans les indicateurs retenus dans ce bilan…

6 actions (de la n°14 à la n°19) rentrend dans la « transition écologique » pour une Ville nature. Aucune n’est à un stade avancé, et iln’y a eu que très peu de progression entre 2024 et 2025. Les micro-opérations de re-végétalisation (comme dans le quartier Saint-Esprit) sont mises envant comme « structurantes ». La biodiversité est présente dans la n°17 « fonctionnalité écologique des différents milieux ». Il y est question de la plaine d’Ansot, des Barthes d’Ilbarritz, d’un inventaire de la biodiversité et d’actions de sensibilisation. Très bien, mais la poursuite de l’artificialisation et la protection des zones humides, dont la portée est autrement plus conséquente pour la biodiversité, sont aux abonnés absents.

Ce travail d’auto-analyse des politiques suivies est évidemment indispensable et utile, mais ne peut déboucher que sur de l’auto-satisfaction, de la communication, sans rien dire sur leur pertinence.

Une telle discussion globale est difficile lors d’un conseil municipal : mode de présentation du document avec des bilans très éclatés, sans explicitation du pourquoi des indicateurs. Peu d’élu.e.s ont le temps et les moyens d’aller au-delà de la délibération synthétique.

Du côté de l’opposition, Carole Ternois (Bayonne en Mouvement) a rappelé des dispositions réglementaires nationales, pas toujours respectées, ou qui vont s’appliquer prochainement, notamment sur l’évaluation des politiques publiques ou la rénovation énergétique des bâtiments communaux. Elle a rappelé les engagements pris par la majorité lors de ces élections en signant la charte de Bizi, l’obligation de réduction de la consommation d’espaces naturels fixée par le SCoT en vigueur depuis le début de l’année. Elle a demandé une cartographie des friches et l’inventaire des bâtiments vacants.

Carole Ternois (Bayonne en mouvement) pendant son intervention

Cathy Liousse (Bayonne tout Simplement) a demandé davantage d’ambition quant à la lutte contre les inondations et la réduction de l’émission des gaz à effet de serre. Elle trouve les résultats insuffisants dans la réduction nécessaire du trafic automobile, malgré l’appui sur le stationnement. Enfin, elle a plaidé pour la poursuite de la commission extramunicipale sur les mobilités qui avait existé les deux dernières années.

Cathy Liousse (Bayonne tout simplement) pendant son intervention

En réponse, le maire s’est emparé de la question des mobilités pour mettre en avant bayonne et taper sur les villes voisines, avec son discours bien rodé : on a fait des progrès considérables pour les transports publics au niveau de l’agglomération, la fréquentation a fait un bond surtout à l’intérieur du Pays basque, on est sur la bonne voie, il y a des progrès à faire, on est en retard sur les agglomérations semblables, et tout cela, c’est la faute de Biarritz qui ne veut pas de transports en site propre, et de la politique de stationnement pas assez restrictive dans les villes voisines.

Répondant à une demande de David Ospital (Bayonne en Mouvement) sur la rupture en cours avec RATP dev (annoncée dans la presse) gestionnaire du réseau sur la CAPB, le maire a confirmé que ce dernier voulait rompre la convention avec le syndicat des mobilités. Le gestionnaire n’arrivait pas à remplir toutes les missions sur lesquelles il s’était engagé, ayant des problèmes de rentabilité. Il a demandé un financement supplémentaire pour ces missions, ce qui n’est ni légal ni possible. Il y a donc rupture, et il y aura un nouvel appel à Délégation de Service Public.

Patrick Petitjean, 26 avril 2026

Verts populaires. L’écologie politique se recompose

Fin janvier dernier, un appel avait été lancé « pour une écologie de rupture », dont je m’étais fait l’écho dans un précédent billet.

Cet appel avait recueilli plus de 300 signatures, pour partie membres encore des Ecologistes, et pour beaucoup déjà non-encartés (parfois après un passage à LFI). Il reflétait le rejet de l’alliance prioritaire des Ecologistes avec le PS, au détriment tant du fond politique que d’une stratégie réellement unitaire.

Les animateurs-trices de l’appe ont participé à des listes citoyenne unitaires larges, ou en alliance avec LFI. Les élections municipales passées (il y a eu une dizaine de signataires élus), le défi est de faire naître de cet appel un regroupement structuré de l’écologie politique radicale. Un mouvement qui défende une écologie de rupture, enracinée dans les quartiers populaires, et réclame haut et fort l’union de toute la gauche pour 2027.

Le processus a été lancé lors d’une conférence presse, sous le nom « Verts populaires ». Ce lundi, Julia Mignacca, présidente démissionnaire du Conseil fédéral des Écologistes, a officiellement pris la tête de la Coordination nationale des Verts populaires. À ses côtés, Richard Marion, élu de Vaulx-en-Velin, et Jérôme Gleizes, conseiller de Paris sortant, qui avait dès fin janvier rejoint la liste insoumise de Sophia Chikirou pour la mairie de Paris.

Le mouvement est modeste pour l’instant, avec quelques centaines de membres selon ses fondateurs. Mais le signal politique, lui, est fort. L’enjeu est aussi de travailler avec les différents autres mouvements qui se réclament d’une écologie populaire et de faire exister un pôle politique entre les Ecologistes et LFI. Des « assises du communalisme et de l’écologie populaire » sont organisées fin juin à Bagnolet par plusieurs de ces mouvements.

Un programme pour 2027, et une ligne claire.

(d’après divers comptes rendus dans la presse)

Les Verts populaires défendent le programme du Nouveau Front Populaire, tel qu’il avait été construit dans l’élan des législatives anticipées de 2024.

Pour eux, la primaire lancée à l’automne 2025 par Marine Tondelier avec le Parti socialiste, François Ruffin, Clémentine Autain et Lucie Castets, et prévue pour le 11 octobre 2026, n’est qu’une coalition d’appareils sans contenu programmatique réel (personnellement, bien qu’en accord global avec les Verts populaires, je serai moins sévère. avec ce processus de primaire, même s’il paraît sans avenir)

Une critique d’autant plus lourde que Jean-Luc Mélenchon a d’emblée refusé d’y participer, rendant l’exercice orphelin de la principale force électorale de la gauche radicale.

Pour Richard Marion, la position est sans ambiguïté : le pays a besoin d’une union de la gauche, et l’écologie se doit de dire clairement qu’elle veut travailler avec toutes les forces progressistes, sans exclusive.

Les propositions prioritaires que veulent porter les Verts populaires pour 2027 sont explicitement sociales et territoriales : rénovation énergétique des logements dans les quartiers populaires, accès à une alimentation saine, création de boucliers tarifaires sur les billets de train.

Les Verts populaires maintiennent donc une distance formelle avec la France insoumise. La ligne de démarcation tient, selon leurs représentants, à l’ancrage écologiste et décroissant de leur démarche, là où la gauche radicale défend prioritairement les droits sociaux.

Les Verts populaires ne sont pas une fin en soi, ils sont une brique dans la refondation de l’écologie politique.

Patrick Petitjean 20 avril 2026

Bayonne, chronique municipale n°1 : une installation sans relief

Première chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.

Le nouveau conseil municipal de Bayonne a été installé ce samedi 28 mars, avec l’élection du maire et de ses adjoints. Ces premières séances sont souvent formelles, administratives. Elle l’a été à Bayonne. Mais ce déroulement froid n’est pas une obligation légale comme le maire l’a laissé entendre. Dans nombre d’autres villes, et pas seulement à Biarritz où la municipalité a changé, les nouveaux maires ont tenu des discours politiques mobilisateurs : ce fut le cas à Marseille, Lyon ou Paris, comme on a pu le lire dans les journaux. Faire le choix d’un formalisme fastidieux, apolitique en surface, est un choix politique du maire, et cela engage mal la suite de cette mandature.

Dès cette séance inaugurale, on a l’impression d’être dans un non-évènement. Les foules ne sont pas précipitées pour acclamer les nouveaux élus et le maire. Les séances du conseil sont publiques, mais le petit nombre de sièges à l’intérieur de la salle officielle est réservé aux journalistes et à de rares invités. La population est reléguée à regarder la séance dans un petit salon, avec quelques dizaines de places, à peine occupées ce matin-là. Plus de monde quand même que d’habitude : familles de nouveaux élus, rares militant.es, membres de clubs de séniors…

Le salon pour les habitants voulant assister à la séance publique du conseil

Mais la séance étant publique, une porte reste ouverte entre la salle du conseil et ce salon, pour pouvoir admirer nos représentants.

le Conseil, vu de la porte entre le salon pour habitants et la salle officielle

Le conseil est ici : https://www.youtube.com/watch?v=_alVLYokcJ0

L’impression d’étouffoir est renforcée par le fait que le président de la séance est le maire sortant lui-même, en tant que doyen de l’assemblée. Le discours introductif du nouveau maire est lénifiant : il se félicite des conditions de la campagne, qu’il a jugée sereine, respectueuse, sans dérapages, et souligne l’importance du rôle de l’opposition.

Capture d’écran. Le maire. Une partie du spectacle est donnée par le directeur de cabinet, derrière le maire, qui s’agite en permanence

On verra à l’usage : le respect de l’opposition n’était pas le mode de fonctionnement pendant la mandature précédente.

Ce minimum syndical du maire n’incitait guère à chercher à lui répondre sur un autre ton. Pour l’opposition, Jean-Claude Iriart, tradition républicaine oblige, a salué l’élection du nouveau maire et a affirmé que l’opposition jouera tout son rôle dans la « primauté du pacte démocratique », terminant par quelques mots en Euskara.

Capture d’écran. Jean-Claude Iriart

Après l’élection du maire, ce fut l’élection des adjoints. Pour une ville de la taille de Bayonne, le nombre maximum est de 13. Mais, lorsqu’il y a des conseils de quartiers, on peut en élire 4 supplémentaires (au maximum pour une ville cette taille), baptisés adjoints de quartier : il y en a donc 17.

Contrairement à la séance inaugurale de 2020, il n’y a pas eu de discussion sur ce point. Il y a 6 ans, une autre délibération créait 4 conseils de quartier, alors qu’il était jusqu’alors admis que Bayonne comportait une douzaine de quartiers historiques. La réduction à 4 conseils fut donc contestée par l’opposition.

Comme à l’époque, le choix de 4 adjoints supplémentaires n’est qu’une gratification (symbolique, financière, relationnelle) pour 4 élu.e.s. Il n’y a aucune nécessité pour que la responsabilité des différents quartiers (même en plus grand nombre) ne soit pas assumée par des déjà-adjoints ou des conseillers délégués.

Cette année, la réduction des quartiers à 4 étant considérée comme acquise, il n’y a pas eu de contestation, on a juste pu deviner quelques mimiques désabusées dans l’opposition, compte tenu du caractère factice de l’argumentation du maire.

Capture d’écran. Le Conseil

La liste des adjoints ne révèle pas de surprise : 14 des 17 adjoints l’étaient déjà entre 2020 et 2026, pour le renouvellement, on passera. Pire, il y a eu peu de promotions ou de déclassements dans l’ordre protocolaire. Les 3 disparus sont Christian Millet-Barbé, ex-2e adjoint délégué à la sécurité, et Xabier Parillon-Etchart, qui ne figuraient pas parmi les candidats sur la liste du maire en 2026 ; et Agnès Duhart qui était déjà reléguée en fin de liste des candidats. Deux des nouveaux adjoints font partie des 4 supplémentaires : Serge Arcouet et Jennifer Mothes.

La seule nouveauté est Joseba Erremundeguy, bascophone, qui était conseiller délégué aux conseils de quartier entre 2020 et 2026, qui figurait déjà en 5e position sur la liste en 2026, omniprésent dans la campagne électorale. Il fait non seulement son entrée comme adjoint, mais il est promu directement comme 2e adjoint, grillant tous ses collègues. En marche pour 2032 ?

Comme il se doit, l’opposition n’a pas participé à l’élection du maire et de ses adjoints, et elle a approuvé la charte de l’élu municipal. Un seul point a suscité un débat, et un vote contre par les élu.e.s d’opposition.

Il s’agit de la délibération traditionnelle pour déléguer directement au maire certaines décisions qui relèvent légalement du conseil municipal. Il s’agit en général de décisions mineures, dont le conseil municipal se dessaisit au profit du maire pour alléger ses réunions, ce qui se justifie. Mais figure dans ces délégations aussi la possibilité pour le maire de signer des marchés publics jusqu’à un montant de 5 M€. C’était un point important de la liste Bayonne en Mouvement dans son chapitre « gouverner autrement » de mieux contrôler ce pouvoir discrétionnaire du maire, notamment en partageant ce pouvoir avec un petit groupe d’adjoints.

Capture d’écran David Ospital

Au nom de l’opposition, David Ospital est intervenu pour remettre en cause ce pouvoir exorbitant du maire, trouvant excessive élevée la limite des 5 M€ : « ce n’est pas raisonnable ». En réponse, le maire n’a pas justifié cette limite, et a évacué la question, en disant que cela existait pour le précédent mandat, et que toutes les villes, de gauche, de droite, écologiste, faisaient pareil. Evacuer une question plutôt que d’y répondre est une tradition bien ancrée chez le maire.

A noter, pour l’anecdote, qu’à Lyon, sur ce même sujet, la même remarque a été faite par les élus LFI, pourtant alliés du maire écolo.

Ce premier conseil a été expédié en 1h12. Le prochain aura lieu le 09/04 pour voter, notamment, sur les nombreuses délégations dans les organismes extérieurs et pour débattre des orientations budgétaires. Le suivant, principalement consacré au vote du budget, aura lieu le 30/04.

Un premier conseil pesant, sans vie, soporifique même. On respire toujours mal à Bayonne.

A suivre

Patrick Petitjean, 31 mars 2026

Voici les élus nommés adjoints au maire de Bayonne: Sylvie Durruty, Joseba Erremundeguy, Laurence Hardouin, Yves Ugalde, Christine Lauqué, Cyrille Laiguillon, Déborah Loupien-Suarès, Nicolas Alquie, Christine Martin-Dolhagaray, Loic Corrégé, Sophie Castel, AlainLacassagne, Françoise Brau-Boirie, Serge Arcouet, Sylvie Meyzenc, Jérôme Aguerre, JenniferMothes.

Bayonne : Encore raté pour la gauche au 2e tour des municipales

La gauche a pris une claque retentissante lors du 2e tour de l’élection municipale de Bayonne. La réélection du maire sortant a douché les espoirs de la gauche, mais n’est pas une surprise. Lors du 1er tour, les deux listes de gauche étaient en recul global sur les élections de 2020 (où LFI n’était pas présente). Mais leur regroupement pour le 2e tour (au contraire de 2014 et 2020) avait fait naître l’espoir que cette année, c’était la bonne : la gauche allait enfin mettre un terme à des décennies de pouvoir de la droite à Bayonne. Et bien non, la défaite fut amère.

Dans ce billet, je propose quelques premières pistes de réflexions sur ce 2e tour, encore à chaud. Le bilan est encore à faire par tous les protagonistes. Le résultat, qui n’était pas à la hauteur des ambitions, au 1er tour de la liste Bayonne en Mouvement – que j’ai soutenue – fera l’objet d’un autre billet, une fois la discussion lancée sur ce bilan spécifique dans l’association qui portait cette liste.

Les résultats

Au 1er tour. Il y a eu 19 060 suffrages exprimés.

La liste Etcheto recueille 4 074 voix, soit 21.37 % des suffrages exprimés. En 2020, Elle avait fait 29.77 %. Donc, un recul de 8.6 % entre 2020 et 2026.

La liste Iriart recueille 4 191 voix, soit 21.99 % des suffrages exprimés. En 2020, la somme des deux listes regroupées cette année dans Bayonne en Mouvement, avait fait 24.33 %. Donc un recul 2.33 % entre 2020 et 2026

Si l’on ajoute les 726 voix de LFI en 2026, soit 3.8 %, cela monte le total des voix de gauche à 8 951. Le cumul des pourcentages de 2026 reste inférieur à celui de 2020. La gauche était en recul et non dans une dynamique positive en 2026.

De son côté, la liste Etchegaray a recueilli 8 026 voix au 1er tour, soit 42.11 %. En 2020, elle avait fait 40.33 %. Donc une progression de 1.78 %, malgré la présence cette année d’un candidat d’extrême-droite recueillant 2 043 voix, soit 11.35 %. La dynamique était plutôt du côté de la droite après le 1er tour.

Au 2e tour, il y a eu 19 481 suffrages exprimés, une progression limitée de 421 voix. Une analyse plus détaillée des registres de votes permettra de prendre en compte les votants devenus abstentionnistes, et l’inverse, bureau par bureau.

Etchegaray, avec 50.7 % et 9 876 voix, en gagne 1 850. Iriart, avec 41.01 % et 7 990 voix, en perd 961 sur le total des 3 listes de gauche. L’extrême droite, avec 8.29 % et 1 615 voix, en perd 428. Les dynamiques, positive et négative du 1er tour sont donc amplifiées. En première analyse, on peut supposer une forte mobilisation des abstentionnistes à droite face au risque d’une victoire de la gauche, et, inversement, un abstentionnisme accru d’électeurs de gauche, peu convaincus par la fusion opérée.

Rêver l’impossible…

Malgré ses résultats médiocres du 1er tour, le peuple bayonnais de gauche s’est pris à rêver d’une possible victoire au 2e tour, mettant fin au règne d’un maire qu’on supposé usé. Il s’agissait aussi de s’inscrire dans une dynamique d’alliance entre les Abertzale d’EH Bai et le PS qui avait permis l’élection de Colette Capdevielle comme députée lors de la législative de juillet 2024.

Certes, il n’avait pas été possible de concrétiser un tel rassemblement dès le 1er tour. Une partie du PS, avec ses anciens alliés de BVO en 2020, avait voulu tenter sa chance en solitaire, arguant de sa plus grande représentativité potentielle dans les élections précédentes. Certes, LFI avait ajouté, in extremis, une 3e liste de gauche.

Mais la concurrence entre « Bayonne en mouvement » et « Bayonne tout simplement » s’était faite dans un respect mutuel apparent. Elle avait même sans doute entraîné une forte mobilisation militante des deux côtés. Mis le dos au mur par l’identité des résultats, les deux listes avaient du, et su négocier leur fusion pour le 2e tour. Repartir séparément était le choix de la réélection facile d’Etchegaray. Une telle fusion n’avait pas eu lieu en 2014 ou 2020, le désir d’hégémonie l’emportant. Personne ne pouvait penser à l’hégémonie cette année.

Comme toujours, dans une fusion négociée en quelques heures, la composition de la liste est plus cruciale que le projet commun. Les scores du 1er tour obligeaient, derrière 1ère place pour la liste arrivée devant, à un répartition paritaire des places. Postuler la proximité globale des projets était aussi crédible, à quelques « détails » devant être clarifiés par la suite.

La fusion, jugée improbable par le maire sortant, s’est faite dans de bonnes conditions, l’engagement des deux listes de gauche dans la campagne pour le 2e tour a été sincère, même LFI avait aussi appelé à faire obstacle à la réélection d’Etchegaray, l’espoir était là. Il a été vain.

… et tomber de haut

Nul doute le contexte national n’était pas favorable à la gauche, cela s’est vu dans les résultats nationaux de ces élections. Le choix de se mettre sans le sillage du succès du NFP avait été fait dès l’été 2014 : mais un an après, le NFP avait crashé et la gauche était embourbée dans des polémiques, cela n’avait plus rien de porteur.

Sans doute, les alliances tardives sont rarement des gages de dynamique victorieuse. Rassembler toute la gauche était la base du projet de « Bayonne en mouvement ». Le groupe d’Etcheto au PS avait joué les faux fuyants pendant plus d’un an avant de lancer sa propre liste, et de proclamer qu’il était le plus en mesure de rassembler. Cette impossibilité de partir ensemble, dont chaque liste renvoyait la responsabilité à l’autre, a fini par pesé sur les dynamiques de chacune, et un renvoi dos-à-dos par une partie des électeurs. Les résultats du 1er tour ont montré que la dynamique était du côté du maire sortant, pas des 3 listes de gauche.

Sans dynamiques antérieures, la crédibilité d’une alliance tardive reste faible. L’équilibre entre les deux listes de gauche a été vécue comme un échec tant par chacune des listes. La fusion était une obligation, elle s’est faite, mais elle n’est pas née sous une bonne étoile. La question « pourquoi en 2026 et pas en 2014 et 2020 » a pesé.

Pour faire face à la gauche, Etchegaray a su porter ses coups là où cela faisait mal, là où il y avait des zones d’ombres, et parfois avec une totale mauvaise foi.

Il n’a pas hésité, dans le débat entre candidats organisé par Sud Ouest, à brandir le spectre de l’extrémisme (le nationalisme basque) envers EH Bai, comme nationalement la droite brandissait le spectre de LFI. Même en se distinguant de Brisson qui renvoyait EH Bai à l’extrême gauche comme LFI.

Il a mis en doute la crédibilité d’un accord entre les Abtertzale et l’aile « jacobine » de la gauche, incapables de s’entendre en 2014 et 2020, mais subitement réconciliés en 2024. Il a aussi sur le refus initial de la CAPB par cette partie de la gauche, n’hésitant pas à mettre en cause nominalement Etcheto pour son absence dans les séances du conseil de la CAPB : une belle élégance.

On peut supposer que les tacles du maire sortant ont eu un certain impact : la peur du rouge mobilise toujours les électeurs de droite. Il y a pu y avoir une perte d’électeurs abertzale, soit dans la partie centriste du mouvement, soit dans le secteur le plus anti-jacobin, comme en 2020 : Etcheto ne passe toujours pas, malgré son acceptation d’une évolution de la CAPB vers davantage de pouvoir. Mais inversement, la fusion a pu entraîner la perte d’électeurs de la gauche jacobine, dite républicaine, aussi peu de gauche en fait que le « Printemps républicain » au niveau national

Enfin, vu le peu de mixité sociale des deux listes de premier tour, l’absence du terrain en dehors de la période électorale, et certaines lacunes du programme (sur les discriminations par exemple), on peut douter que la liste fusionnée ait été en mesure d’entraîner un recul de l’abstention dans les quartiers populaires de Bayonne. La liste LFI s’est heurtée aux mêmes obstacles.

Sans parler de la liste des logos, du plus mauvais effet pour une liste qui se présentait comme citoyenne.

L’abstention n’est pas naturelle dans les milieux populaires

Sans surprise, les bureaux où l’abstention est supérieure à 50 % au 2e tour sont situés dans les quartiers populaires, sans que ces bureaux soient obligatoirement socialement homogènes :

* Maison des associations (Prissé, Belharra) : 52.3 % avec Etchegaray en tête.

* Maternelle Arènes, bureau 17 (Balichon) : 50.7 % avec Etchegaray en tête.

* Citadelle : 59 %, avec Iriart en tête.

* Aristide Briand (Habas) : 50.8 % avec Etchegaray en tête.

* CCAS (Gascons) : 57.1 % avec Etchegaray en tête.

* Malegarie (Breuer) : 64.4 % avec Iriart en tête.

Cette indifférence des quartier populaires est le reflet d’une distance sociale et politique. Distance sociale : où étaient les jeunes et les personnes racisées sur nos listes ? Le meilleur programme ne rend pas une liste attractive pour les électeurs des quartiers populaires si les candidats ne leur ressemblent pas. Distance politique aussi, qui se traduit par dans un vocabulaire géographique : « je vais à Bayonne » dit-on dans les quartiers périphériques, et même à Saint-Esprit, pour aller au centre ville…

L’abstention n’est pas une donnée intangible, abstraite. Elle ne se combat pas avec seulement du porte-à-porte lors des échéances électorales. Il y a 6 ou 7 ans pour changer de cap.

Bayonne ville de droite ?

Comme dans beaucoup de villes, Bayonne a connu une mobilisation des électeurs de droite contre la gauche compte tenu de la menace risque d’une victoire de cette dernière. Le score d’Etchegaray est sans bavure, même avec un faible report de l’extrême-droite. Cela suffit-il à en faire une ville de droite ?

La politique de logement menée à Bayonne, avec la diminution de la part de HLM, commence-t-elle à avoir une traduction électorale, comme à Anglet ? Les nouveaux arrivants viennent davantage des couches moyennes et supérieures, avec peut-être plus d’embourgeoisement que de gentrification. Bayonne n’est d’ailleurs pas vraiment une ville universitaire. Certains nouveaux arrivants peuvent être aussi moins sensible à la dimension basque de Bayonne. Ce sont des hypothèses à travailler.

Mais fondamentalement, se poser la question de savoir si Bayonne est une ville de droite, c’est se poser surtout la question de la faiblesse intrinsèque, localo-locales, de la gauche bayonnaise, qui semblent s’aggraver : faible présence sur le terrain, faible enracinement dans un tissu associatif par ailleurs confronté au clientélisme, chaos local d’un PS fortement marqué par le « républicanisme » ou le « hollandisme », l’absence politique des écologistes (alors que l’écologie est un facteur de mobilisation de la jeunesse), un certain entre-soi (non voulu) du mouvement abertzale bayonnais (dans son eco-système, ses quartiers).

Les prochaines élections municipales sont en 2032 ou 2033. Bayonne sera de droite si une autre gauche ne se reconstruit pas. Même en échec électoral, Bayonne en mouvement peut en constituer les prémisses.

Patrick Petitjean, 29 mars 2026

Bayonne : un carnaval libre et sauvage

Ce samedi 28 octobre, les rues de Bayonne ont été animées par un carnaval libre et sauvage, renouant avec les traditions d’un carnaval fantaisiste, politiquement incorrect, loin d’un spectacle pour touriste. Un poteo joyeux pour se faire plaisir, se déguiser, danser, chanter. Pour porter toutes les colères et revendications. Pour fêter le printemps. Pour faire une fête d’adieu à Zanpantzar, fauteur de tous nos maux.

En quelques photos

La LGV, c’est non
On se regroupe place de la République
On part en défilé derrière une batucada
Danse au confluent de la Nive et de l’Adour
Foule place du Réduit
Vive la commune
Libres et sauvages en plusieurs langues
Sainte Soline, c’est aussi notre présent
Les Papy’s Teknos au carré des Halles
On danse sur le carré des Halles
Dans le défilé
Trump enfariné
Onn’oublie pas la crise du logement et les résidences secondaires
Le maître spéculateur, ami du maire, sera achevé à coups de bâton

Patrick Petitjean 29 mars 2026