
Fin janvier dernier, un appel avait été lancé « pour une écologie de rupture », dont je m’étais fait l’écho dans un précédent billet.
Cet appel avait recueilli plus de 300 signatures, pour partie membres encore des Ecologistes, et pour beaucoup déjà non-encartés (parfois après un passage à LFI). Il reflétait le rejet de l’alliance prioritaire des Ecologistes avec le PS, au détriment tant du fond politique que d’une stratégie réellement unitaire.
Les animateurs-trices de l’appe ont participé à des listes citoyenne unitaires larges, ou en alliance avec LFI. Les élections municipales passées (il y a eu une dizaine de signataires élus), le défi est de faire naître de cet appel un regroupement structuré de l’écologie politique radicale. Un mouvement qui défende une écologie de rupture, enracinée dans les quartiers populaires, et réclame haut et fort l’union de toute la gauche pour 2027.
Le processus a été lancé lors d’une conférence presse, sous le nom « Verts populaires ». Ce lundi, Julia Mignacca, présidente démissionnaire du Conseil fédéral des Écologistes, a officiellement pris la tête de la Coordination nationale des Verts populaires. À ses côtés, Richard Marion, élu de Vaulx-en-Velin, et Jérôme Gleizes, conseiller de Paris sortant, qui avait dès fin janvier rejoint la liste insoumise de Sophia Chikirou pour la mairie de Paris.
Le mouvement est modeste pour l’instant, avec quelques centaines de membres selon ses fondateurs. Mais le signal politique, lui, est fort. L’enjeu est aussi de travailler avec les différents autres mouvements qui se réclament d’une écologie populaire et de faire exister un pôle politique entre les Ecologistes et LFI. Des « assises du communalisme et de l’écologie populaire » sont organisées fin juin à Bagnolet par plusieurs de ces mouvements.
Un programme pour 2027, et une ligne claire.
(d’après divers comptes rendus dans la presse)
Les Verts populaires défendent le programme du Nouveau Front Populaire, tel qu’il avait été construit dans l’élan des législatives anticipées de 2024.
Pour eux, la primaire lancée à l’automne 2025 par Marine Tondelier avec le Parti socialiste, François Ruffin, Clémentine Autain et Lucie Castets, et prévue pour le 11 octobre 2026, n’est qu’une coalition d’appareils sans contenu programmatique réel (personnellement, bien qu’en accord global avec les Verts populaires, je serai moins sévère. avec ce processus de primaire, même s’il paraît sans avenir)
Une critique d’autant plus lourde que Jean-Luc Mélenchon a d’emblée refusé d’y participer, rendant l’exercice orphelin de la principale force électorale de la gauche radicale.
Pour Richard Marion, la position est sans ambiguïté : le pays a besoin d’une union de la gauche, et l’écologie se doit de dire clairement qu’elle veut travailler avec toutes les forces progressistes, sans exclusive.
Les propositions prioritaires que veulent porter les Verts populaires pour 2027 sont explicitement sociales et territoriales : rénovation énergétique des logements dans les quartiers populaires, accès à une alimentation saine, création de boucliers tarifaires sur les billets de train.
Les Verts populaires maintiennent donc une distance formelle avec la France insoumise. La ligne de démarcation tient, selon leurs représentants, à l’ancrage écologiste et décroissant de leur démarche, là où la gauche radicale défend prioritairement les droits sociaux.
Les Verts populaires ne sont pas une fin en soi, ils sont une brique dans la refondation de l’écologie politique.
Patrick Petitjean 20 avril 2026