En 2025/26, l’école Jules Ferry a eu les honneurs de la communication municipale pour la végétalisation de sa cour. Pour sa réélection en mars dernier le maire avait mis en avant l’exemplarité de cette opération. En cette période caniculaire, la triste réalité a contre-attaqué et, surprise, cette école figure parmi les 11 que le maire a du fermer, en tant que passoires thermiques. Venant quelques jours après la destruction du jardin pédagogique de l’Ecole Brana, cette dissonance éclaire la conception « écologique » du maire : tout est affaire de com’.
Et si l’école Jules Ferry s’affiche comme centenaire, parmi les 11 écoles fermées, il y en des récentes, comme l’école Simone Veil.
Exemplaire, la cour de Jules Ferry l’est sans doute : verdissement et recherche d’égalité dans les usages par les élèves. Mais… Si l’on compare avec le jardin pédagogique de Brana avent sa destruction, il y avait en arrière plan des visions différentes de la nature : une nature mise en ordre, disciplinée à Jules Ferry, et une part de nature sauvage plus à même d’accueillir la biodiversité à Brana.
La vétusté des bâtiments scolaires à Bayonne, est bien documentée. La question revient souvent lors des conseils municipaux, soulevée par les élu.e.s d’opposition. Des sommes sont inscrites dans les plans d’investissements, pour le futur, et pas vraiment à la hauteur. La priorité absolue était le musée Bonnat. Pour les écoles, en dehors de la nouvelle école du Prissé (évidemment indispensable), la priorité était la végétalisation de quelques (rares) cours d’école : cela donne lieu à de meilleures photos.
De ce point de vue, le jardin pédagogique de l’école Brana a connu le même traitement que la cour de l’école Jules Ferry. De nombreuses opérations de communication pour un excellent projet. Mais derrière : les réactions municipales à sa destruction témoignent d’une superficialité sidérante, d’une absence de vision sur les enjeux environnementaux. Et ne parlons pas de la question de l’adaptation.
Alors, la ville a un « merveilleux » plan de transition écologique et sociale, qui est évalué tous les ans dans un rapport sur le développement durable. Plus largement, les engagements financiers de la ville sont examinés annuellement dans un « budget vert ». Dans ces deux cas, c’est l’autosatisfaction : de nombreuses actions sont en cours ou déjà réalisées.
Mais la réalité, comme à Jules Ferry, est là pour renvoyer cette autosatisfaction à de l’enfumage.
Le retour à la réalité, ce sont aussi les arbres sur le boulevard Alsace-Lorraine. La ville a une magnifique (communication oblige) « Charte de l’arbre ». Mais sur ce boulevard, en particulier devant l’école Jules Ferry, il y a une douzaine d’emplacements vides, où les arbres ont été rasés sans être remplacés depuis des mois voire des années. Mais de l’autre côté des murs de l’école, on a une cour végétalisée exemplaire.
Que ce soit sur le versant biodiversité de la décarbonation ou sur l’adaptation au réchauffement climatique, les évènements de ces derniers jours à Bayonne ont fait craquer le vernis « écologique » de la politique municipale. Il faudra suivre aussi les choix budgétaires.
Pour joindre le Piment Bayonnais, proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net
La société Lapix va être jugée le 23 juin en tant que personne morale comme responsable de la l’effondrement d’une grue à Saint-Esprit, sur un chantier entre le quai Bergeret et le boulevard Alsace-Lorraine. La chute de la grue le 9 mars 2022 avait provoqué la mort du grutier, Mohamed Kichouhi. Les syndicats et le Collectif 22-Bergeret (riverains) ont organisé tous les ans un hommage au grutier décédé. Dès décembre 2022, l’expertise avait établi les responsabilités. Il a fallu 4 ans pour que le procès se tienne. Syndicats et collectif appellent à un rassemblement le 23 juin à 13h devant le tribunal de Bayonne.
la chute de la grue et les hommages à Mohamed Kichouhi
Le Collectif 22-Bergeret a été créé juste après la chute de la grue par des riverains, face à l’ampleur du drame pour la famille de Mohamed Kichouhi et à l’impact pour les habitant-e-s touché-e-s par l’effondrement ou témoins de l’accident. Un premier hommage a été organisé le 17 mars, une semaine après l’accident
Hommage le 17 mars 2022, 8 jours après l’accident
Ce chantier avait déjà attiré l’attention des riverains depuis le début des travaux, inquiétudes remontées à la mairie et aux deux opérateurs, Domofrance et le COL : irruption d’eau lors des travaux de terrassement, avec un ouvrier désemparé, seul sur le chantier ; persistance de la présence d’eau et pompage systématique, continu ; conditions et rythme de travail difficiles pour des ouvriers pataugeant dans un sol boueux ; changement de grue au dernier moment.
Le 8 mars, la grue était encore en train d’être montée.
photo prise la veille de l’accident depuis un immeuble voisin
Au matin du 9 mars, une grue achève d’être installée. Plusieurs personnes, témoins de proximité, la voyaient bouger, l’entendaient craquer. Mohamed Kichouhi, appelé en urgence pour remplacer le grutier normalement en poste, découvre un chantier très peu rassurant, vide de ses ouvriers.
Des riverains l’ont vu arriver sur la plateforme et monter dans la tour.
Quelques instants après, la grue tombe dans un grand fracas entrainant Mohamed dans une chute mortelle. La tour et la flèche de la grue s’écrasent sur l’appartement du 5ième étage du Carré Saint Esprit et en travers du Boulevard Alsace Lorraine, désert par chance à ce moment. Deux voitures sont endommagées et la façade de la charcuterie Aubard touchée.
Les propriétaires de l’appartement qui se trouvaient dans des pièces de part et d’autre de l’impact de la grue, sont miraculeusement saufs.
Chaque année, le Collectif et les syndicats (CGT construction, LAB, Solidaires, FSU) organisent un rassemblement en mémoire de Mohamed Kichouhi et en soutien à sa compagne, leurs deux enfants et l’ensemble de sa famille.
Après la chute le chantier a continué d’être envahi par l’eau de l’Adour. On voit dans la mare le reste du support qui a fait basculer la grue (photo de juin 2022). En mars 2023, des canards avaient squatté la mare
En 2023, entre 200 et 300 personnes se sont rassemblées et ont formé une chaîne humaine au travers du boulevard Alsace-Lorraine, pour matérialiser l’impact de la grue
Je me suis fait l’écho des rassemblements de 2024 et 2025 sur ce blog :
La responsabilité de Lapix, jugé pour homicide involontaire
Dès décembre 2022, le rapport d’expertise avait été communiqué aux victimes de l’accident. Sud Ouest, qui avait pu consulter ce rapport, en avait longuement présenté les conclusions le 5/12/22. Sans rentrer dans les détails techniques du rapport, ses conclusions étaient claires. Elles révélaient un défaut dans la réalisation des fondations : son basculement a pour origine une défaillance du béton dans une partie des fondations. L’expert souligne que la qualité du béton n’est pas en cause, et que le problème est à chercher dans un défaut d’exécution de certaines opérations.
Il avance deux hypothèses : « Soit le béton a été coulé dans l’eau, soit le béton frais a été envahi en partie basse avec les montées et descentes successives des niveaux d’eau des marées, l’empêchant de faire sa prise ». Est ici désignée l’influence de l’Adour voisin, soumis aux marées. L’expertise privilégie la seconde probabilité.
Le béton n’était pas au sec au moment où les fondations ont été posées. Il était imbibé d’eau en raison de la proximité de l’Adour, et le système de pompage s’est avéré inefficace (Sud Ouest, 16/06/26)
En ce qui concerne les responsabilités, l’expert avait souligné que Lapix était titulaire du marché des fondations et du gros œuvre du chantier. Si elle avait sous-traité à une autre entreprise, les factures ne faisaient pas apparaître l’opération défectueuse, qui n’entrait alors pas dans le marché de sous-traitance. Ses conclusions pointaient donc la responsabilité de Lapix.
L’enquête judiciaire a permis de confirmer cette expertise, y compris sa conclusion. Il a fallu pour cela plus de 4 années. Lapix, comme personne morale, et deux employés seront jugés le 23 juin pour homicide involontaire.
Une quinzaine de parties civiles seront présentes, parmi lesquelles la compagne de Mohamed Kichouhi, sa famille, et les syndicats.
Pour Robert Dannus, responsable de la fédération CGT du bâtiment 64, interrogé par Sud Ouest, « le scénario de cet accident est digne d’un mauvais film : il y a eu une accumulation d’erreurs et de manquements à tous les niveaux ». « En tant que professionnels du bâtiment, on a du mal à comprendre comment des gens aussi expérimentés ont pu faire autant d’erreurs. Ce type d’accident est rare en France, il fait penser à ceux qu’on peut voir plutôt sur des chantiers à l’étranger, quand il y a des problèmes de communication. Sur ce chantier, on a l’impression que les gens ne se parlaient pas et que les procédures n’ont pas été respectées », souligne-t-il.
Les syndicats et les accidents du travail
Ce n’était pas, loin de là, le seul accident de travail au Pays basque.
Lors du rassemblement le 9 mars 2024, dans la prise de parole commune des syndicats et du collectif 22-Bergeret, il avait été rappelé que chaque jour en France deux personnes meurent au travail. Une hausse de 14% en un an. C’est l’Etat d’Europe qui a le plus mauvais bilan avec 3,53 accidents mortels pour 100 000 travailleur·euses, d’après le service européen de statistiques Eurostat.
Depuis le début de l’année 2024, 17 personnes sont mortes au travail au Pays Basque Sud. Rappelons aussi qu’en 2023 au Pays Basque, 59 personnes ne sont pas rentrées vivantes du travail, dont 5 en Iparralde. Bien plus encore se blessent quotidiennement ou développent des maladies longues voire incurables. Les accident et morts au travail sont massifs mais invisibilisés. Les plus touché·es sont les ouvriers et ouvrières, les emplois peu qualifiés, de plus en plus les jeunes et les femmes.
Les syndicats se sont appuyés sur la date du 28 avril, la journée internationale pour la santé et la sécurité au travail, et sur le cas de Mohamed Kichouhi, pour faire prendre conscience de l’invisibilsation des accidents du travail.
Les syndicats et l’électrochoc du décès de Mohamed Kichouhi
Dès le 28 avril 2022, un rassemblement était organisé devant Lapix à Bayonne. Les syndicats ont entrepris la rédaction d’un guide, un « protocole » applicable à chaque accident grave ou mortel. Selon eux, la sensibilisation reste le meilleur moyen pour améliorer durablement la prévention en santé au travail dans les entreprises..
Publié à l’occasion du 28 avril 2025, il est devenu une référence. Le journal Le Monde s’en est fait l’écho, mettant en lumière l’accident de Mohamed Kichouhi
Selon le journal, le « protocole basque » a pour vocation à être distribué dans les entreprises et à essaimer dans d’autres régions. Il se donne pour mission de faire de la pédagogie sur le sujet en rendant visible les accidents. « Au Pays basque espagnol, les syndicats sont en avance sur ce sujet. Côté français, l’idée de faire du syndicalisme sur des morts, même à cause du travail, était vue comme problématique » (Enaut Aramendy, LAB). Le décès de Mohamed Kichoui a été un électrochoc qui a convaincu les 4 syndicats de discuter d’un mode d’action en commun
Le 28 avril 2026 encore, un rassemblement a eu lieu devant la mairie de Beyrie sur Joyeuse (Basse Navarre) après un accident mortel survenu le 30 mars.
Il n’est pas fréquent que la responsabilité d’une société soit mise en cause en tant que telle devant un tribunal, sans se limiter à des mises en cause individuelles d’employés.
C’est pour cela que le procès de Lapix, ce 23 juin, est important. Et c’est le sens du rassemblement appelé à 13h par les syndicats et le collectif 22-Bergeret.
Le 14 juin, un pas important a été effectué vers le retour des terres de Marienia à Cambo à leur vocation de terres agricoles. Un troupeau de « brebis rebelles » est arrivé sur le site il y a quelques jours. Et ce dimanche, en présence de 200 ou 300 manifestants, une bergerie démontable en bois a été installée pour accueillir le paysan et son troupeau. Les changements politiques survenus aux élections municipales en mars dernier peuvent conduire à l’abandon du projet Bouygues
Une longue histoire
Les mobilisations ont commencé dès 2009 contre la modification du PLU de Cambo qui rendait constructible ces terres agricoles. Bouygues, en coopération avec Office 64 pour la partie « sociale », y prévoyait 94 logements sur 3,5 ha – un chiffre actualisé en fonction de différents recours contre le PLU et contre les variantes du Permis de Construire accordé par la municipalité.
Tous ces recours ont été rejetés. Un seul et dernier appel est pendant devant le Conseil d’État.
5 associations portent aujourd’hui ces mobilisations pour pérenniser la fonction nourricière de ces terres : Lurzaindia, le syndicat ELB, le Cade, le collectif Ostia et Nahi Dugun Herria (élu.e.s abertzale à la mairie de Cambo). La défense de Marienia est devenue une lutte emblématique à l’échelle du Pays Basque, bien au-delà des organisations agricoles.
cortège le 22 octobre 2022
Le Piment bayonnais a régulièrement chroniqué les principales mobilisations
Samedi 25 mai 2024 à Cambo, un rassemblement pour la défense des terres agricoles a été organisé pour réaffirmer un engagement : s’opposer à l’artificialisation du plateau de Marienia. Ces 10h pour la défense des terres nourricières avaient débuté par des ateliers le matin et en début d’après-midi. Elles ont continué avec une déambulation de 300 personnes jusqu’au site. La journée s’est achevée par un concert.
En mai 2025, les manifestants ont prêté le « serment des makilas » en plantant des bâtons, en référence à ce qui s’était fait au Larzac en 1972 et à Notre-Dame des Landes en 2018. Un serment de revenir si Bouygues veut engager des travaux. Puis elles ont planté des pommes de terre, piments doux et courges pour concrétiser le mantien du catactère agricole du site.
Entre temps, une partie des légumes avaient été coupés ou arrachés. La riposte s’est faite par cla fabrication d’épouvantails.
Puis du blé avait été semé la mi-octobre, dans l’optique de la fabrication de pain. Mais le vandalisme des partisans de la bétonisation a alors augmenté d’un cran : « le champ de blé a été irrémédiablement ravagé par l’utilisation de produits toxiques et potentiellement rémanents, sans aucun respect ni pour la terre ni pour le travail des paysans. En tous les cas, cet acte malveillant est symboliquement proche de la politique de la terre brûlée utilisée par les vaincus qui préfèrent laisser derrière eux un champ de désolation. Il s’en est fallu de peu pour que les brebis présentes sur ce champ ne soient intoxiquées car le paysan avait prévu de leur ouvrir la parcelle de blé, conformément à une tradition ancestrale consistant à faire paître les brebis dans le blé à ce stade de maturité (tallage). » (Enbata, 27.04.26).
Tout change avec le résultat des municipales
En mars dernier, le projet a perdu son principal soutien politiques : le maire sortant de Cambo a été battu. Peio Etxeleku, le nouveau maire, est un des opposants de longue date à cette urbanisation. De même, Jean-René Etchegaray, qui cultivait l’ambiguïté (voir le billet référencé ci-dessus) a du laisser sa place de Président de la CAPB à Alain Iriart, opposant de longue date à ce projet. L’heure est donc aux négociations entre les parties prenantes : les prpriétaires, Bouygues, bénéficiaire de la promesse de vente, le maire de Cambo et le Président de la CAPB, en attendant que le futur PLUi concernant Cambo ne remettent ces terres en espace agricole.
La journée du 14 juin
En résonance, mais en décalage de quelques semaines avec les initiatives « fissurer le béton » (les Soulèvements de la Terre) et le Printemps des luttes fin mai, les 5 mouvements qui pilotent cette lutte ont organisé une journée symbolique de « retour des terres de Marienia à leur fonction nourricière » le dimanche 14 juin. L’objectif : installer une bergerie, démontable, en bois pour accueillir des brebis et un paysan.
Les jours précédents, des éléments de la structure avaient été préparés. Dès le 10 juin, une cinquantaine de brebis étaient arrivées sur le terrain.
Le 14 juin, le chantier a débuté dès 6h, et la structure, arrivée à 7h30, a rapidement pris forme.
Des éléments de la structure sont préparés sur place
A 11h, un débat est organisé sur l’avancement des luttes pour les terres et contre les différentes formes de bétonisation, avec l’association HELP (Bayonne, Lana et Piquessary), les collectifs contre la LGV et le projet e-cho, le syndicat ELB et le collectif Euskal Herria Bizkirik (Hegoalde).
A 13h, au moment des prises de parole des organisateurs, la bergerie avait pris forme, et on pouvait profiter de son ombre pour la pause repas.
La journée s’achève par un après-midi de musique, danse et chants.
Quant à elles, les brebis rebelles poursuivent l’occupation
Nouveau : On peut joindre le piment bayonnais pour proposer des contributions, faire des critiques, etc : lepimentbayonnais(at)riseup.net
Depuis quelques jours le festival Luminiscence a pris ses quartiers dans la cathédrale de Bayonne. Pour un coût plus ou moins elévé, on peut voir un spectale « immersif » plus ou moins complet : projections lumineuses sur les parois internes et les voûtes de la cathédrale, récit édifiant de l’histoire de la cathédrale et du catholicisme, choeurs (ou pas), prestation de notre chanteuse nationale Anne Etchegoyen (au prix fort les WE). Ce type de spectacle se déroule dans plusieurs villes de l’hexagone, et fait l’objet de vives critiques, tant sur son contenu que sur son financement.
Pour en savoir plus sur les spectacles Luminiscence, on peut aller sur Mediapart (accès libre)
En 2023, Romain Sarfati lance LOTCHI grâce à un apport financier massif, et pas de la part de n’importe qui : c’est Pierre-Edouard Stérin qui met la main à la poche, avec un investissement de près d’un million d’euros.
Lotchi se cache derrière l’intention de « valoriser et préserver les sites emblématiques du patrimoine mondial » Un discours déjà entendu dans la galaxie de Stérin où le catholicisme le plus conservateur imprègne les narrations « historiques »
Les Nuits du bien commun (qui soutiennent Luminescence), les Plus belles fêtes de France, ou encore les soirées du Canon Français : tout ça, c’est bel et bien Stérin. On a déjà parlé des Plus belles fêtes, et on reparlera du Canon, programmé à Biarritz en novembre prochain
Concernant Luminiscence, l’histoire ne s’arrête pas là non plus : car si Stérin a revendu ses parts (il détenait 18% du capital de l’entreprise LOTCHI) à la société Banijay Live. Ca aurait pu être une bonne nouvelle … mais un autre milliardaire réactionnaire vient s’en mêler. Vincent Bolloré, entre autres propriétaire de Canal Plus et du groupe d’édition Hachette, est actionnaire de Banijay Live.
A Rennes, un collectif de choristes a refusé de travaillé pour le même spectacle, à la fois pour les conditions d’embauche et l’ombre de Stérin.
Le journal Sud Ouest du 11 mai s’inspire largement de la communication officielle pour présenter le spectacle : « La cathédrale incarne depuis plus de 700 ans l’histoire et l’identité du territoire basque ». Laïques des 7 provinces, réveillez-vous !
Sud Ouest donne la parole à Anne Etchegoyen : « une cathédrale fière qui veille sur la ville et ses habitants ». Entre la cathédrale ainsi perçue, la citadelle de la rive droite et, entre les deux, la mairie d’Etchegaray, nous somme bien (sur) « veillés »…
Parmi les logos figurant sur cette pub officielle, Sud Oesy, les monuments nationaux, Ici, et CôteBasque.
Interdit de rire : Extraits de la présentation du festival sur le site.
Plongez dans la légende de monuments sacrés à travers une expérience immersive spectaculaire
Plongez dans la légende du Pays Basque ! Cathédrale Sainte-Marie Après 1 000 000 de spectateurs conquis à travers le monde, le spectacle immersif 360° s’installe enfin au cœur de Bayonne !
LUMINISCENCE À BAYONNE : Quand la lumière révèle la mémoire de la pierre
Après avoir émerveillé plus d’un million de spectateurs, LUMINISCENCE poursuit sa tournée et investit la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne.
Édifiée au cœur du centre historique et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, ses voûtes majestueuses et ses flèches gothiques offrent un écrin exceptionnel pour une expérience immersive spectaculaire.
Les projections monumentales transforment la pierre en une fresque vivante et la musique résonne sous les voûtes. Un hommage vibrant à ce joyau du patrimoine bayonnais, qui se dévoile sous un jour totalement nouveau.
La narration est au cœur du spectacle. Plongez dans la légende de Bayonne et laissez-vous emporter à travers plusieurs siècles d’histoire, guidé par la voix de la chanteuse Anne Etchegoyen, figure bien connue du Pays Basque qui incarne l’esprit gardien des lieux.
Découvrez toute la puissance de la musique live. Les voix célestes du Chœur Bayonne Pays Basque interprètent les plus grands chef d’œuvre de la musique classique avec une intensité rare. Une expérience musicale authentique, portée par l’émotion du moment présent.
Chaque weekend, avant que le spectacle commence, le Chœur Bayonne Pays Basque vous accueille avec Agur Jaunak, le chant basque par excellence, un moment intimiste qui inscrit le spectacle dans la mémoire vivante du territoire.
Leurs voix subliment ensuite la bande originale de LUMINISCENCE, portées par l’acoustique naturelle de la cathédrale. Le public ne se contente pas d’écouter : il ressent chaque vibration avec une intensité rare, dans une rencontre unique entre musique live et architecture.
LUMINISCENCE est proposé en deux formules : les soirées Musique Digitale (en semaine) et les soirées Chœur Live (vendredi et samedi).
La voix du Pays Basque : Pour cette édition bayonnaise, LUMINISCENCE a confié sa narration à la chanteuse Anne Etchegoyen. Figure familière et chère aux habitants du Pays Basque, elle prête sa voix à l’esprit gardien de la cathédrale et fait de ce spectacle une expérience profondément ancrée dans l’identité du territoire.
capture d’écran du site
Mots de l’organisateur
« Notre mission est de préserver, transmettre et promouvoir notre histoire et notre patrimoine, en valorisant des lieux emblématiques qui font partie de notre héritage commun. Nous sommes fiers de proposer une expérience artistique, immersive et inclusive qui permet au plus grand nombre de découvrir la richesse de notre patrimoine, quel que soit son âge, sa culture, sa nationalité ou sa religion. Nous espérons que LUMINISCENCE permettra aux spectateurs de poser un nouveau regard sur les monuments sacrés en créant un lien émotionnel, mémoriel et sensoriel unique. »
Romain Sarfati, Co-fondateur et Directeur général de LOTCHI.
1.000.000€ Reversés pour la conservation et la valorisation du patrimoine.
Fin des citations
Son et lumière chez l’évêque
On ne sait ce que le « récit » glorieux de l’histoire de la cathédrale doit à son premier occupant, le célèbre évêque Marc Aillet. Dans les autres villes, les gestionnaires des lieux ont été consultés, tout en se défendant être eux-mêmes les auteurs des récits. On ne sait pas non plus le montant payé à l’évêché pour la location de la cathédrale.
Wikipedia est une référence pour qui s’intéresse aux prises de positions ultraconservatrices d’Aillet, qui lui valent d’être une des cibles favorites des mouvements féministes.
Aller voir le spectacle Luminiscence, c’est donc participer à l’enrichissement d’une poignée
d’hommes anti-féministes, lgbtphobes, racistes, xénophobes, de Stérin t Bolloré à Aillet, dont l’un, au passage ne paie pas ses impôts en France et qui souhaite mettre fin à la diversité culturelle, à la liberté d’expression.
Plus de 4h pour ce 3e conseil municipal, le 30 avril. Encore beaucoup de temps consacré à l’installation des nouvelles instances. Le budget, tel qu’attendu, a été voté après des débats donnant l’impression du déjà vu. Au fil des interventions, ce sont des postures, autant personnelles que politiques, qui se mettent en place pour la mandature qui commence. Le maire a fait son petit théâtre, accusant même Colette Capdevielle de vouloir importer à Bayonne le « bordel » (sic) de l’Assemblée nationale.
La séance du conseil est visible ici :
Le détail des délégations et la composition des commissions municipales et extra-municipales figurent sur le site de la ville, rubrique ma mairie, ou parmi les délibérations du conseil (pas encore publiées le 6 mai).
Les délégations. Le maire a-t-il choisi son héritier ?
Elles se faisaient attendre. Elles ont été dévoilées sur le site de la ville quelques minutes avant le début du conseil, ce qui a bien sûr été relevé. Elles sont d’une grande continuité, ce qui rend particulièrement hypocrite la justification du maire pour ce caractère tardif : il aurait fallu ajuster le contenu des délégations et la composition des commissions avannt d’en finaliser la liste.
Joseba Erremundeguy, annuaire officiel des élus
Principale nouveauté : la promotion éclair de Joseba Erremundeguy comme 2e adjoint. Sans surprise, car il apparaissait déjà fréquemment dans le sillage du maire pendant la campagne électorale, voire avant pour les relations transfrontalières. Il est déjà conseiller départemental et vice-président de la CAPB. Une belle carrière bien entamée. Mais on ne l’a pas entendu de tout ce conseil
A Bayonne, sa délégation est large : aménagement urbain et des espaces publics, citoyenneté, relation à l’usager, Conseils de Quartiers. Au vu du champ couvert par Le Piment bayonnais, il ferait presque office de « correspondant » au sein de la municipalité…
Autre innovation notable, la désignation de Lionel Sevilla comme conseiller auprès du maire en charge de la biodiversité, de la « terre nourricière » et de la plaine d’Ansot.
Voeu pour l’Euskara au bac. Le maire dresse un costume à Blanquer
Le conseil commence par la présentation et le vote d’une déclaration sur le droit de passer certaines épreuves du bac en Euskara. Une déclaration déjà reprise par de nombreuses personnalités et d’autres villes. Elle est présentée d’abord en Euskara, puis en Français, le sujet faisant nécessité, par le nouveau délégué à la politique linguistique, Pantxo Etchegaray.
Commencer un conseil municipal par un sujet populaire et unanimiste, de plus non inscrit préalablement à l’ordre du jour, est un choix tactique pour instaurer autour du maire une atmosphère consensuelle, rendant plus délicates les contestations à venir.
La délibération a été l’opportunité de moult auto-félicitations sur les actions municipales pour les langues basque et gasconne. Elle a, en plus, été l’occasion pour le maire de manifester sa singularité vis-à-vis du gouvernement qu’il soutient, en désignant à plusieurs reprises Jean-Michel Blanquer comme responsable du blocage de l’Euskara au bac, l’accusant même d’influencer encore l’actuel ministre de l’éducation et le rectorat de Bordeaux. Pour charger la barque, le maire a aussi rappelé Parcoursup, une grande œuvre de Blanquer : on a été heureux d’apprendre que le maire partageait avec les étudiants et les enseignants le rejet de Parcoursup.
Le vote en faveur de la déclaration a été unanime.
Diverses délibérations. Le maire paternaliste
Avant d’en venir au plat de résistance, le budget, il a fallu égrener (29 délibérations) les nominations d’élu.e.s dans les commissions municipales et extra-municipales – j’y reviendrai dans une autre billet. Et surtout dans de multiples organismes extérieurs. Fastidieux mais incontournable, en 3/4 d’heure.
Puis, 13 autres délibérations, plus ou moins techniques, d’où on peut extraire :
– l’expo « mythologies » au Musée Bonnat, avec auto-félicitation sur la fréquentation, et convocation du Louvre de du musée du Quai Branly pour légitimer la qualité exceptionnelle de cette exposition
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– un protocole devant marquer la fin du contentieux avec une entreprise concernant des travaux du Musée Bonnat. A Joe Mendes Monteiro, qui a fait remarquer qu’il y avait des ambigüités dans l’écriture de ce protocole, et que cela risquait de ne pas clore le contentieux, le maire a commencé par la jouer paternaliste : lui avait une longue expérience professionnelle, et Joe Mendes Monteiro n’était qu’un jeune avocat. Pour finalement conclure en demandant quand même à son directeur de cabinet de regarder de plus près le protocole.
– l’augmentation des tarifs des spectacles à Lauga, en raison a-t-til été dit de l’amélioration de la qualité de la salle
– la prolongation des conventions de portage foncier avec l’EPFL (qui achète des biens immobiliers pour le compte de la ville), concernant des immeubles aux 3 et 5 rue Sainte Catherine, ainsi qu’au 34 place de la République. Ce portage avait été conclu en 2017 pour 8 ans, mais la ville n’ayant pas encore défini un usage pour ces biens, il a fallu rajouter quelques années à la mission de l’EPFL.
– Une délibération ramasse-tout sur les Fêtes de Bayonne, dont le pass payant d’entrée. Au nom de Bayonne en Mouvement, Joe Mendes Monteiro a regretté que, une nouvelle fois, la délibération contienne des choses très différentes, qui auraient pu être disjointes, permettant d’en voter certaines et pas d’autres. Rappelant leur hostilité au pass, il a aussi demandé de s’engager réellement vers une baisse de la fréquentation, et regretté que le débat de fond soit esquivé dans le délibération. En réponse, l’adjoint évènementiel, Yves Ugalde s’est voulu rassurant et a renvoyé vers la commission extra-municipale sur les Fêtes, sans répondre sur le caractère fourre-tout. Bayonne en Mouvement et Bayonne tout simplement se sont abstenus sur la délibération
Le budget arrive au bout de 2h. Le maire fait l’énervé et défend le gouvernement.
L’essentiel de la très longue présentation du budget par Sylvie Durruty, adjointe aux finances, se retrouve déjà dans son entretien avec le journal municipal distribué dans nos boîtes le WE dernier. On y trouve les principaux projets d’investissements, la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la bonne gestion. Oralement, il y eu aussi l’auto-congratulation sur le succès du Musée Bonnat, de la Médiathèque. Plus les critiques récurrentes d’Henri Etcheto concernant la réalité future des engagements en dehors du centre ville, la disparition de certains projets figurant dans le programme électoral (école du Sequé notamment), et la vente du patrimoine communal.
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David Ospital a émis des doutes sur la fragilité de la structure de la dette, au-delà de son montant total, raisonnable : il a une part importante d’emprunts à un taux variable, ce qui est un risque dans une période instable où les taux d’emprunts sont à la hausse. A quoi il fut répondu que les banques faisaient confiance à la ville, qu’elles se précipitaient toutes à chaque levée de fonds. Soyons donc rassurés, ayons confiance dans les banques.
Un enjeu nouveau est venu à la discussion : la baisse importante des recettes provenant de la Taxe Foncière sur les Résidences Secondaires (TFRS). Sylvie Durruty a annoncé une baisse de 1,3 millions d’euros, à la suite de la sortie de 600 logements de la base des résidences secondaires, transformées en résidences principales. Avec suspicion de fraude. Un travail d’enquête est nécessaire pour comprendre le phénomène, rendu compliqué par l’accès aux données et l’implication obligatoire des services de l’État. C’est un effet pervers de l’exigence d’une compensation nécessaire pour permettre la transformation d’un logement à l’année en un meublé de tourisme. Les villes qui ont le plus fort taux de résidences secondaires (Anglet, Biarritz…) sont beaucoup plus touchées.
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David Ospital a insisté sur l’importance de l’enquête lancée par la CAPB sur ce sujet, et appelé à la vigilance. Colette Capdevielle a rappelé la proposition de loi déposée par elle-même, Peio Dufau et Inaki Echaniz, proposition bloquée par Renaissance. Elle a également critiqué le gouvernement de s’attaquer davantage à la fraude sociale qu’à la fraude fiscale, comme celle des fausses résidences principales. Elle a déploré que les services fiscaux manquent de moyens.
Une provocation insupportable, si l’on en juge par le degré d’énervement et d’agressivité manifesté par le maire à son encontre, l’accusant de faire de la politique nationale et l’interrompant sans cesse. « Vous n’êtes pas à l’Assemblée nationale », qui serait « devenue un véritable bordel », accusant Colette Capdevielle de vouloir l’importer « dans une petite ville du fond de l’hexagone » : « restez à Bayonne » ! (entre 2h 56’ et 3h 1’ dans la retransmission).
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Elle a rappelé que les taux de logement social calculés pour la loi SRU se faisaient sur les résidences principales et non sur la totalité des logements : la transformation de résidences secondaires en fausses résidences principales entrainait une sorte de double peine, avec la baisse des taux SRU et la baisse des recettes fiscales. En réponse, elle est accusée par le maire d’être « à côté de la plaque »
A noter que, cette année et contrairement aux années précédentes, il n’y a pas eu d’élu.e pour demander la dissociation entre les corridas et les fêtes traditionnelles, regroupées dans un même budget annexe.
Les élu-e-s d’opposition ont voté contre les différentes délibérations budgétaires.
Les indemnités pour les élu.e.s. Le maire auto-sacrificiel, mais muet
A la fin du budget, on en était à 3h35 de conseil. Les 17 dernières délibérations ont été expédiées en 1/2 heure. La question des indemnités pour le maire, les adjoints et les conseillers a occupé 25 minutes.
Le maire a commencé par quelques (brèves) explications techniques sur les textes qui régissent le calcul des indemnités. Ce qui n’a pas satisfait l’opposition. Juliette Brocard a demandé des explications sur la hiérarchisation de ces primes. Joe Mendes Monteiro, tout en reconnaissant la légitimité de l’indemnisation des élu.e.s, s’est enquis également sur l’augmentation des indemnités, qui est, de plus, hiérarchisée selon les différentes catégories (maire, adjoint.e.s, délégué.e.s, élu.e.s de base), beaucoup plus importante en pourcentage pour le maire (+ 45%) que pour la base. Globalement, l’augmentation est de 34 %.
La réponse du maire est alors un modèle du genre. Sous prétexte de pédagogie, il livre une avalanche de détails techniques sur le maxi auquel le maire et les différentes catégories peuvent prétendre avec le nombre d’habitants de Bayonne, sur les majorations possibles (comme ville touristique, ville en politique de la ville, chef lieu d’arrondissement), etc. La conclusion qu’il en tire, après avoir « noyer le poisson » pendant 1/4 d’heure, est que les indemnités sont en-dessous de ce qui était possible, et surtout (il y revient plusieurs fois) que lui-même touchera moins de la moitié de ce à quoi il aurait pu prétendre. Il compare avec Pau, Anglet et Biarritz, où les indemnités sont plus élevées, reste évasif sur la hiérarchisation, et ne dit mot des éventuels cumuls d’indemnités possibles en cas de cumul des fonctions.
capture d’cran
Dernier intervenant, Jean Claude Iriart souligne encore la légitimité des indemnités, admet que le maire touche plus que les adjoint.e.s, qui légitimement aussi touchent plus que les autres élu.e.s, reconnaît que la somme reste faible (0,8 % du budget de fonctionnement), mais s’interroge quand même : pourquoi 34 % d’augmentation globale du volume d’indemnités, alors que les subventions aux associations stagnent. Cette somme aurait pu être mieux employée.
Réponse du maire ? Rien. Il passe au vote (l’opposition s’est abstenue).
Près de 2 000 personnes (plus 1 700 selon Sud Ouest) ont participé ce matin à la manifestation du 1er mai, à l’appel des organisations syndicales (LAB, FSU, CGT, Solidaires, FO, UNSA) et de Bizi (avec Alda). Promenade en quelques photos
tête de cortègeCGT Av. Alsace LorraineBizi et Alda av. Alsace Lorraine
Une belle mobilisation qui est aussi une riposte aux tentatives du gouvernement et des partis (du centre à l’extrême droite) de remettre en cause le caractère obligatoirement chômé pour toustes les travailleurs-euses de ce jour.
Les cortèges les plus nombreux étaient ceux de LAB, de Bizi, de la CGT et de Solidaires – même les mélanges étaient fluides entre les différentes parties de la manifestation.
Cette année, le cortège a abandonné les traditionnels zig-zags dans le centre ville au profit d’une montée de Saint-Esprit vers les quartiers populaires des Hauts de Bayonne. L’arrivée s’est faite place des Gascons, avec les prises de paroles et des stands associatifs et syndicaux.
CGT sur la montée vers la place des GasconsBizi en montée vers les GasconsArrivée place des GasconsVue d’ensemble de la placeTribune place des GasconsUn des stands associatifs place des Gascons
Antifascisme, internationalisme, féminisme
L’antifascisme était aussi partout dans les cortèges. Lutter contre l’extrême-droite était une motivation essentielle des manifestant.e.s.
banderole antifa places des Gascons, derrière la tribune avecune autre banderole antifa
Le 1er mai est une journée traditionnellement internationaliste, ce qui n’a pas manqué d’être souligné dans les différentes interventions dans le contexte des guerres en cours. A noter aussi la présence d’un petit groupe de Kurdes demandant la libération d’Ocalan.
Deuxième chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.
A posteriori, cette 2e séance du conseil, le 9 avril, apparaît comme un peu surréaliste. Les enjeux immédiats étaient absents, et les interventions dans le registre attendu. Les adjointes intérimaires en attente de leur délégation officielle, Laurence Hardouin-Torre, Deborah Loupien-Suares et Sylvie Durruty, ont présenté les 3 principales délibérations, montrant avec autorité qu’elles étaient plus que jamais candidates à se succéder. La 3e, notamment, a délivré une longue introduction pour le débat sur les orientations budgétaires, et a pris en main de la discussion, le maire restant plus discret que d’habitude.
Surréaliste, parce que deux jours après, le 11 avril, Jean-René Etchegarray, candidat à sa succession, échouait à conserver la présidence de la CAPB, à la surprise générale. Un scénario non prévu, qui remet en cause les rapports de pouvoir entre Bayonne et la CAPB. Il va falloir ajuster ses projets de métropolisation de Bayonne face à une présidence favorable à de nouveaux équilibres entre le développement de la côte versus celui de l’intérieur du Pays basque.
Plus encore, cela va provoquer une redistribution du pouvoir au sein de la majorité bayonnaise et en remettre sans doute en cause les équilibres politiques. A ce jour (samedi 25 avril) l’arrêté définissant les délégations des adjoint-e-s n’a toujours pas été publié, contrairement aux délais habituels dans les autres communes.
Jean-René Etchegarray s’est fait désigner comme référent du pôle territorial « Côte Basque Adour ». A ce titre, il reste membre du conseil permanent de la CAPB. Un peu riquiqui pour les ambitions du maire de Bayonne, mais un positionnement qui peut lui permettre de mettre des grains de sable dans la présidence d’Alain Iriart.
Les délibérations adoptées et la vidéo du conseil sont accessibles sur le site de la ville. Il y a eu 4 séquences dans un conseil qui a duré près de 4h. La plus formelle, à savoir la nomination de représentants de la ville dans différents organismes extérieurs a néanmoins pris près d’une heure. Puis ont été présentés le rapport annuel sur le développement durable et celui sur l’égalité femmes/hommes, encore près d’une heure. C’est une obligation légale, et cela doit précéder le débat sur les orientations budgétaires, lequel a occupé la dernière moitié du conseil.
Pour ce billet, on se concentre sur le rapport « développement durable », … mais je commence avec l’annonce surprise du tout début du Conseil
Le maire choisit son chef de l’opposition
La séance débute avec l’annonce par le maire de la constitution d’un groupe « Bayonne tout simplement » par Henri Etcheto. Ce n’est pas vraiment une surprise. Mais il s’agit d’une décision unilatérale dont il a informé le maire en premier. Ce n’est pas une décision commune des deux composantes de la gauche. Cela interroge sur leur alliance entre les deux tours et semble valider les dénonciations entendues sur le caractère factice de la fusion.
Jean René Etchegaray lors de son installation
La suite de la mandature dira quel sera le degré de coopération entre les deux groupes de gauche. Cet « unilatéralisme » n’a pas empêché leur concertation pour préparer le Conseil. Lors de cette séance, ils ont présenté une liste commune de candidat.e.s (en général un binôme titulaire / suppléant) pour les organismes extérieurs où la loi leur garantissait une place : commission « appel d’offres », avec Juliette Brocard (Carole Ternois) ; CCAS, aveec Iker Etchepare (Jean-Claude Iriart) ; « territoire énergie du 64 », avec Carole Ternois (Joe Mendes Monteiro) et Cathy Liousse (Iker Etchepare) ; Musée Basque, avec David Ospital (Henri Etcheto) ; régie de stationnement, avec Cathy Liousse (Jean Claude Iriart) ; comité pour les dérogations scolaires, avec Joe Mendes Monteiro ; office du commerce et de l’artisanat, avec Colette Capdevielle (Iker Etchepare).
Pendant la campagne électorale, Henri Etcheto était souvent présenté dans la presse comme le « chef de file de la gauche » au conseil municipal. Une posture qui n’était pas pour déplaire au maire, cen continuité avec les mandatures précédentes. Jean-Claude Iriart, abertzale, était un adversaire plus déstabilisant pour le maire sortant, qui l’avait ciblé en priorité au cours de la campagne.
Jean-Claude Iriart lors de son intervention sur les orientations budgétaires
Arrivé en tête de la gauche au 1er tour, Jean-Claude Iriart a hérité du qualificatif de « chef de file ». Mais pas aux yeux du maire semble-t-il. Outre la mise en lumière, au début du conseil, de la constitution du groupe par Henri Etcheto, le débat sur les questions budgétaires a fait apparaître que le le maire avait un interlocuteur privilégié, le sujet facilitant sans doute la reproduction des mêmes échanges que les années précédentes, entre les mêmes. Un petit jeu politicien habituel du maire.
Rapport sur le développement durable
Laurence Hardouin présentant la délibération sur le développement durable
La présentation annuelle d’un rapport sur le développement durable est une obligation depuis plusieurs années. Il prend maintenant la forme, à Bayonne, d’un bilan de l’exécution du « Projet de Transition Ecologique et Sociale » (PTES). Ce bilan figure en annexe de la délibération.
C’est le 2e bilan du PTES, adopté en décembre 2023 pour 5 ans. Il comporte 30 actions, selon 3 axes : « Une ville sobre pour la transition énergétique, une ville nature pour la transition environnementale, et une ville solidaire pour accompagner les transitions sociétales ».
Avec la tentative de donner sens politique et cohérence, on y recycle sous le vocable « transition » beaucoup d’anciennes actions sur l’environnement, on les complète significativement par la lutte contre le réchauffement climatique et son cortège de mesures énergétiques. Et puis, selon l’esprit du développement durable (cela date de 1992 à Rio), on y ajoute des actions dans le domaine de la culture (la médiathèque), le social, la démocratie participative…
Cela fait quand même très fourre-tout, et ce 2e bilan mériterait une revue de détail, comme cela avait été fait au début 2025 après le 1er bilan dans le cadre de la préparation de la liste bayonne en Mouvement.
La nouveauté cette année est d’avoir croisé ces actions avec les 17 objectifs de l’ONU en matière de développement durable (datant de 2015…), pour montrer en quoi cela fait de Bayonne un bon élève onusien. Un registre d’autosatisfaction encore plus présent dans la deuxième partie du rapport est l’état d’avancement de chacune des 30 actions, et de leur globalité, selon une échelle à 5 niveaux, de « non engagée » à « aboutie » Ouf, on a avancé. Tout est engagé, et cela progresse dans toutes les catégories.
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Mais… Que mesure exactement ces tableaux ? Les 30 actions traduisent des politiques municipales, l’état d’avancement mesure la réalisation de ces politiques, pas plus. Il ne dit rien de rien sur la pertinence de ces politiques au regard des enjeux du réchauffement climatiques, de la biodiversité ou de la justice sociale.
Ainsi, l’action n°21 porte sur le logement « rendre l’habitat accessible pour la population locale », et la présente comme « au stade avancé » de sa mise en oeuvre. Ce dont il est question, c’est de la « mixité sociale » (c’est écrit) : moins de HLM et une priorité pour les classes moyennes. Le nombre de demandes de HLM ne figure pas dans les indicateurs retenus dans ce bilan…
6 actions (de la n°14 à la n°19) rentrend dans la « transition écologique » pour une Ville nature. Aucune n’est à un stade avancé, et iln’y a eu que très peu de progression entre 2024 et 2025. Les micro-opérations de re-végétalisation (comme dans le quartier Saint-Esprit) sont mises envant comme « structurantes ». La biodiversité est présente dans la n°17 « fonctionnalité écologique des différents milieux ». Il y est question de la plaine d’Ansot, des Barthes d’Ilbarritz, d’un inventaire de la biodiversité et d’actions de sensibilisation. Très bien, mais la poursuite de l’artificialisation et la protection des zones humides, dont la portée est autrement plus conséquente pour la biodiversité, sont aux abonnés absents.
Ce travail d’auto-analyse des politiques suivies est évidemment indispensable et utile, mais ne peut déboucher que sur de l’auto-satisfaction, de la communication, sans rien dire sur leur pertinence.
Une telle discussion globale est difficile lors d’un conseil municipal : mode de présentation du document avec des bilans très éclatés, sans explicitation du pourquoi des indicateurs. Peu d’élu.e.s ont le temps et les moyens d’aller au-delà de la délibération synthétique.
Du côté de l’opposition, Carole Ternois (Bayonne en Mouvement) a rappelé des dispositions réglementaires nationales, pas toujours respectées, ou qui vont s’appliquer prochainement, notamment sur l’évaluation des politiques publiques ou la rénovation énergétique des bâtiments communaux. Elle a rappelé les engagements pris par la majorité lors de ces élections en signant la charte de Bizi, l’obligation de réduction de la consommation d’espaces naturels fixée par le SCoT en vigueur depuis le début de l’année. Elle a demandé une cartographie des friches et l’inventaire des bâtiments vacants.
Carole Ternois (Bayonne en mouvement) pendant son intervention
Cathy Liousse (Bayonne tout Simplement) a demandé davantage d’ambition quant à la lutte contre les inondations et la réduction de l’émission des gaz à effet de serre. Elle trouve les résultats insuffisants dans la réduction nécessaire du trafic automobile, malgré l’appui sur le stationnement. Enfin, elle a plaidé pour la poursuite de la commission extramunicipale sur les mobilités qui avait existé les deux dernières années.
Cathy Liousse (Bayonne tout simplement) pendant son intervention
En réponse, le maire s’est emparé de la question des mobilités pour mettre en avant bayonne et taper sur les villes voisines, avec son discours bien rodé : on a fait des progrès considérables pour les transports publics au niveau de l’agglomération, la fréquentation a fait un bond surtout à l’intérieur du Pays basque, on est sur la bonne voie, il y a des progrès à faire, on est en retard sur les agglomérations semblables, et tout cela, c’est la faute de Biarritz qui ne veut pas de transports en site propre, et de la politique de stationnement pas assez restrictive dans les villes voisines.
Répondant à une demande de David Ospital (Bayonne en Mouvement) sur la rupture en cours avec RATP dev (annoncée dans la presse) gestionnaire du réseau sur la CAPB, le maire a confirmé que ce dernier voulait rompre la convention avec le syndicat des mobilités. Le gestionnaire n’arrivait pas à remplir toutes les missions sur lesquelles il s’était engagé, ayant des problèmes de rentabilité. Il a demandé un financement supplémentaire pour ces missions, ce qui n’est ni légal ni possible. Il y a donc rupture, et il y aura un nouvel appel à Délégation de Service Public.
Cet appel avait recueilli plus de 300 signatures, pour partie membres encore des Ecologistes, et pour beaucoup déjà non-encartés (parfois après un passage à LFI). Il reflétait le rejet de l’alliance prioritaire des Ecologistes avec le PS, au détriment tant du fond politique que d’une stratégie réellement unitaire.
Les animateurs-trices de l’appe ont participé à des listes citoyenne unitaires larges, ou en alliance avec LFI. Les élections municipales passées (il y a eu une dizaine de signataires élus), le défi est de faire naître de cet appel un regroupement structuré de l’écologie politique radicale. Un mouvement qui défende une écologie de rupture, enracinée dans les quartiers populaires, et réclame haut et fort l’union de toute la gauche pour 2027.
Le processus a été lancé lors d’une conférence presse, sous le nom « Verts populaires ». Ce lundi, Julia Mignacca, présidente démissionnaire du Conseil fédéral des Écologistes, a officiellement pris la tête de la Coordination nationale des Verts populaires. À ses côtés, Richard Marion, élu de Vaulx-en-Velin, et Jérôme Gleizes, conseiller de Paris sortant, qui avait dès fin janvier rejoint la liste insoumise de Sophia Chikirou pour la mairie de Paris.
Le mouvement est modeste pour l’instant, avec quelques centaines de membres selon ses fondateurs. Mais le signal politique, lui, est fort. L’enjeu est aussi de travailler avec les différents autres mouvements qui se réclament d’une écologie populaire et de faire exister un pôle politique entre les Ecologistes et LFI. Des « assises du communalisme et de l’écologie populaire » sont organisées fin juin à Bagnolet par plusieurs de ces mouvements.
Un programme pour 2027, et une ligne claire.
(d’après divers comptes rendus dans la presse)
Les Verts populaires défendent le programme du Nouveau Front Populaire, tel qu’il avait été construit dans l’élan des législatives anticipées de 2024.
Pour eux, la primaire lancée à l’automne 2025 par Marine Tondelier avec le Parti socialiste, François Ruffin, Clémentine Autain et Lucie Castets, et prévue pour le 11 octobre 2026, n’est qu’une coalition d’appareils sans contenu programmatique réel (personnellement, bien qu’en accord global avec les Verts populaires, je serai moins sévère. avec ce processus de primaire, même s’il paraît sans avenir)
Une critique d’autant plus lourde que Jean-Luc Mélenchon a d’emblée refusé d’y participer, rendant l’exercice orphelin de la principale force électorale de la gauche radicale.
Pour Richard Marion, la position est sans ambiguïté : le pays a besoin d’une union de la gauche, et l’écologie se doit de dire clairement qu’elle veut travailler avec toutes les forces progressistes, sans exclusive.
Les propositions prioritaires que veulent porter les Verts populaires pour 2027 sont explicitement sociales et territoriales : rénovation énergétique des logements dans les quartiers populaires, accès à une alimentation saine, création de boucliers tarifaires sur les billets de train.
Les Verts populaires maintiennent donc une distance formelle avec la France insoumise. La ligne de démarcation tient, selon leurs représentants, à l’ancrage écologiste et décroissant de leur démarche, là où la gauche radicale défend prioritairement les droits sociaux.
Les Verts populaires ne sont pas une fin en soi, ils sont une brique dans la refondation de l’écologie politique.
Première chronique (subjective et partielle) des séances du nouveau conseil municipal.
Le nouveau conseil municipal de Bayonne a été installé ce samedi 28 mars, avec l’élection du maire et de ses adjoints. Ces premières séances sont souvent formelles, administratives. Elle l’a été à Bayonne. Mais ce déroulement froid n’est pas une obligation légale comme le maire l’a laissé entendre. Dans nombre d’autres villes, et pas seulement à Biarritz où la municipalité a changé, les nouveaux maires ont tenu des discours politiques mobilisateurs : ce fut le cas à Marseille, Lyon ou Paris, comme on a pu le lire dans les journaux. Faire le choix d’un formalisme fastidieux, apolitique en surface, est un choix politique du maire, et cela engage mal la suite de cette mandature.
Dès cette séance inaugurale, on a l’impression d’être dans un non-évènement. Les foules ne sont pas précipitées pour acclamer les nouveaux élus et le maire. Les séances du conseil sont publiques, mais le petit nombre de sièges à l’intérieur de la salle officielle est réservé aux journalistes et à de rares invités. La population est reléguée à regarder la séance dans un petit salon, avec quelques dizaines de places, à peine occupées ce matin-là. Plus de monde quand même que d’habitude : familles de nouveaux élus, rares militant.es, membres de clubs de séniors…
Le salon pour les habitants voulant assister à la séance publique du conseil
Mais la séance étant publique, une porte reste ouverte entre la salle du conseil et ce salon, pour pouvoir admirer nos représentants.
le Conseil, vu de la porte entre le salon pour habitants et la salle officielle
L’impression d’étouffoir est renforcée par le fait que le président de la séance est le maire sortant lui-même, en tant que doyen de l’assemblée. Le discours introductif du nouveau maire est lénifiant : il se félicite des conditions de la campagne, qu’il a jugée sereine, respectueuse, sans dérapages, et souligne l’importance du rôle de l’opposition.
Capture d’écran. Le maire. Une partie du spectacle est donnée par le directeur de cabinet, derrière le maire, qui s’agite en permanence
On verra à l’usage : le respect de l’opposition n’était pas le mode de fonctionnement pendant la mandature précédente.
Ce minimum syndical du maire n’incitait guère à chercher à lui répondre sur un autre ton. Pour l’opposition, Jean-Claude Iriart, tradition républicaine oblige, a salué l’élection du nouveau maire et a affirmé que l’opposition jouera tout son rôle dans la « primauté du pacte démocratique », terminant par quelques mots en Euskara.
Capture d’écran. Jean-Claude Iriart
Après l’élection du maire, ce fut l’élection des adjoints. Pour une ville de la taille de Bayonne, le nombre maximum est de 13. Mais, lorsqu’il y a des conseils de quartiers, on peut en élire 4 supplémentaires (au maximum pour une ville cette taille), baptisés adjoints de quartier : il y en a donc 17.
Contrairement à la séance inaugurale de 2020, il n’y a pas eu de discussion sur ce point. Il y a 6 ans, une autre délibération créait 4 conseils de quartier, alors qu’il était jusqu’alors admis que Bayonne comportait une douzaine de quartiers historiques. La réduction à 4 conseils fut donc contestée par l’opposition.
Comme à l’époque, le choix de 4 adjoints supplémentaires n’est qu’une gratification (symbolique, financière, relationnelle) pour 4 élu.e.s. Il n’y a aucune nécessité pour que la responsabilité des différents quartiers (même en plus grand nombre) ne soit pas assumée par des déjà-adjoints ou des conseillers délégués.
Cette année, la réduction des quartiers à 4 étant considérée comme acquise, il n’y a pas eu de contestation, on a juste pu deviner quelques mimiques désabusées dans l’opposition, compte tenu du caractère factice de l’argumentation du maire.
Capture d’écran. Le Conseil
La liste des adjoints ne révèle pas de surprise : 14 des 17 adjoints l’étaient déjà entre 2020 et 2026, pour le renouvellement, on passera. Pire, il y a eu peu de promotions ou de déclassements dans l’ordre protocolaire. Les 3 disparus sont Christian Millet-Barbé, ex-2e adjoint délégué à la sécurité, et Xabier Parillon-Etchart, qui ne figuraient pas parmi les candidats sur la liste du maire en 2026 ; et Agnès Duhart qui était déjà reléguée en fin de liste des candidats. Deux des nouveaux adjoints font partie des 4 supplémentaires : Serge Arcouet et Jennifer Mothes.
La seule nouveauté est Joseba Erremundeguy, bascophone, qui était conseiller délégué aux conseils de quartier entre 2020 et 2026, qui figurait déjà en 5e position sur la liste en 2026, omniprésent dans la campagne électorale. Il fait non seulement son entrée comme adjoint, mais il est promu directement comme 2e adjoint, grillant tous ses collègues. En marche pour 2032 ?
Comme il se doit, l’opposition n’a pas participé à l’élection du maire et de ses adjoints, et elle a approuvé la charte de l’élu municipal. Un seul point a suscité un débat, et un vote contre par les élu.e.s d’opposition.
Il s’agit de la délibération traditionnelle pour déléguer directement au maire certaines décisions qui relèvent légalement du conseil municipal. Il s’agit en général de décisions mineures, dont le conseil municipal se dessaisit au profit du maire pour alléger ses réunions, ce qui se justifie. Mais figure dans ces délégations aussi la possibilité pour le maire de signer des marchés publics jusqu’à un montant de 5 M€. C’était un point important de la liste Bayonne en Mouvement dans son chapitre « gouverner autrement » de mieux contrôler ce pouvoir discrétionnaire du maire, notamment en partageant ce pouvoir avec un petit groupe d’adjoints.
Capture d’écran David Ospital
Au nom de l’opposition, David Ospital est intervenu pour remettre en cause ce pouvoir exorbitant du maire, trouvant excessive élevée la limite des 5 M€ : « ce n’est pas raisonnable ». En réponse, le maire n’a pas justifié cette limite, et a évacué la question, en disant que cela existait pour le précédent mandat, et que toutes les villes, de gauche, de droite, écologiste, faisaient pareil. Evacuer une question plutôt que d’y répondre est une tradition bien ancrée chez le maire.
A noter, pour l’anecdote, qu’à Lyon, sur ce même sujet, la même remarque a été faite par les élus LFI, pourtant alliés du maire écolo.
Ce premier conseil a été expédié en 1h12. Le prochain aura lieu le 09/04 pour voter, notamment, sur les nombreuses délégations dans les organismes extérieurs et pour débattre des orientations budgétaires. Le suivant, principalement consacré au vote du budget, aura lieu le 30/04.
Un premier conseil pesant, sans vie, soporifique même. On respire toujours mal à Bayonne.
A suivre
Patrick Petitjean, 31 mars 2026
Voici les élus nommés adjoints au maire de Bayonne: Sylvie Durruty, Joseba Erremundeguy,Laurence Hardouin, Yves Ugalde, Christine Lauqué, Cyrille Laiguillon, Déborah Loupien-Suarès, Nicolas Alquie, Christine Martin-Dolhagaray, Loic Corrégé, Sophie Castel, AlainLacassagne, Françoise Brau-Boirie, Serge Arcouet, Sylvie Meyzenc, Jérôme Aguerre, JenniferMothes.
La gauche a pris une claque retentissante lors du 2e tour de l’élection municipale de Bayonne. La réélection du maire sortant a douché les espoirs de la gauche, mais n’est pas une surprise. Lors du 1er tour, les deux listes de gauche étaient en recul global sur les élections de 2020 (où LFI n’était pas présente). Mais leur regroupement pour le 2e tour (au contraire de 2014 et 2020) avait fait naître l’espoir que cette année, c’était la bonne : la gauche allait enfin mettre un terme à des décennies de pouvoir de la droite à Bayonne. Et bien non, la défaite fut amère.
Dans ce billet, je propose quelques premières pistes de réflexions sur ce 2e tour, encore à chaud. Le bilan est encore à faire par tous les protagonistes. Le résultat, qui n’était pas à la hauteur des ambitions, au 1er tour de la liste Bayonne en Mouvement – que j’ai soutenue – fera l’objet d’un autre billet, une fois la discussion lancée sur ce bilan spécifique dans l’association qui portait cette liste.
Les résultats
Au 1er tour. Il y a eu 19 060 suffrages exprimés.
La liste Etcheto recueille 4 074 voix, soit 21.37 % des suffrages exprimés. En 2020, Elle avait fait 29.77 %. Donc, un recul de 8.6 % entre 2020 et 2026.
La liste Iriart recueille 4 191 voix, soit 21.99 % des suffrages exprimés. En 2020, la somme des deux listes regroupées cette année dans Bayonne en Mouvement, avait fait 24.33 %. Donc un recul 2.33 % entre 2020 et 2026
Si l’on ajoute les 726 voix de LFI en 2026, soit 3.8 %, cela monte le total des voix de gauche à 8 951. Le cumul des pourcentages de 2026 reste inférieur à celui de 2020. La gauche était en recul et non dans une dynamique positive en 2026.
De son côté, la liste Etchegaray a recueilli 8 026 voix au 1er tour, soit 42.11 %. En 2020, elle avait fait 40.33 %. Donc une progression de 1.78 %, malgré la présence cette année d’un candidat d’extrême-droite recueillant 2 043 voix, soit 11.35 %. La dynamique était plutôt du côté de la droite après le 1er tour.
Au 2e tour, il y a eu 19 481 suffrages exprimés, une progression limitée de 421 voix. Une analyse plus détaillée des registres de votes permettra de prendre en compte les votants devenus abstentionnistes, et l’inverse, bureau par bureau.
Etchegaray, avec 50.7 % et 9 876 voix, en gagne 1 850. Iriart, avec 41.01 % et 7 990 voix, en perd 961 sur le total des 3 listes de gauche. L’extrême droite, avec 8.29 % et 1 615 voix, en perd 428. Les dynamiques, positive et négative du 1er tour sont donc amplifiées. En première analyse, on peut supposer une forte mobilisation des abstentionnistes à droite face au risque d’une victoire de la gauche, et, inversement, un abstentionnisme accru d’électeurs de gauche, peu convaincus par la fusion opérée.
Rêver l’impossible…
Malgré ses résultats médiocres du 1er tour, le peuple bayonnais de gauche s’est pris à rêver d’une possible victoire au 2e tour, mettant fin au règne d’un maire qu’on supposé usé. Il s’agissait aussi de s’inscrire dans une dynamique d’alliance entre les Abertzale d’EH Bai et le PS qui avait permis l’élection de Colette Capdevielle comme députée lors de la législative de juillet 2024.
Certes, il n’avait pas été possible de concrétiser un tel rassemblement dès le 1er tour. Une partie du PS, avec ses anciens alliés de BVO en 2020, avait voulu tenter sa chance en solitaire, arguant de sa plus grande représentativité potentielle dans les élections précédentes. Certes, LFI avait ajouté, in extremis, une 3e liste de gauche.
Mais la concurrence entre « Bayonne en mouvement » et « Bayonne tout simplement » s’était faite dans un respect mutuel apparent. Elle avait même sans doute entraîné une forte mobilisation militante des deux côtés. Mis le dos au mur par l’identité des résultats, les deux listes avaient du, et su négocier leur fusion pour le 2e tour. Repartir séparément était le choix de la réélection facile d’Etchegaray. Une telle fusion n’avait pas eu lieu en 2014 ou 2020, le désir d’hégémonie l’emportant. Personne ne pouvait penser à l’hégémonie cette année.
Comme toujours, dans une fusion négociée en quelques heures, la composition de la liste est plus cruciale que le projet commun. Les scores du 1er tour obligeaient, derrière 1ère place pour la liste arrivée devant, à un répartition paritaire des places. Postuler la proximité globale des projets était aussi crédible, à quelques « détails » devant être clarifiés par la suite.
La fusion, jugée improbable par le maire sortant, s’est faite dans de bonnes conditions, l’engagement des deux listes de gauche dans la campagne pour le 2e tour a été sincère, même LFI avait aussi appelé à faire obstacle à la réélection d’Etchegaray, l’espoir était là. Il a été vain.
… et tomber de haut
Nul doute le contexte national n’était pas favorable à la gauche, cela s’est vu dans les résultats nationaux de ces élections. Le choix de se mettre sans le sillage du succès du NFP avait été fait dès l’été 2014 : mais un an après, le NFP avait crashé et la gauche était embourbée dans des polémiques, cela n’avait plus rien de porteur.
Sans doute, les alliances tardives sont rarement des gages de dynamique victorieuse. Rassembler toute la gauche était la base du projet de « Bayonne en mouvement ». Le groupe d’Etcheto au PS avait joué les faux fuyants pendant plus d’un an avant de lancer sa propre liste, et de proclamer qu’il était le plus en mesure de rassembler. Cette impossibilité de partir ensemble, dont chaque liste renvoyait la responsabilité à l’autre, a fini par pesé sur les dynamiques de chacune, et un renvoi dos-à-dos par une partie des électeurs. Les résultats du 1er tour ont montré que la dynamique était du côté du maire sortant, pas des 3 listes de gauche.
Sans dynamiques antérieures, la crédibilité d’une alliance tardive reste faible. L’équilibre entre les deux listes de gauche a été vécue comme un échec tant par chacune des listes. La fusion était une obligation, elle s’est faite, mais elle n’est pas née sous une bonne étoile. La question « pourquoi en 2026 et pas en 2014 et 2020 » a pesé.
Pour faire face à la gauche, Etchegaray a su porter ses coups là où cela faisait mal, là où il y avait des zones d’ombres, et parfois avec une totale mauvaise foi.
Il n’a pas hésité, dans le débat entre candidats organisé par Sud Ouest, à brandir le spectre de l’extrémisme (le nationalisme basque) envers EH Bai, comme nationalement la droite brandissait le spectre de LFI. Même en se distinguant de Brisson qui renvoyait EH Bai à l’extrême gauche comme LFI.
Il a mis en doute la crédibilité d’un accord entre les Abtertzale et l’aile « jacobine » de la gauche, incapables de s’entendre en 2014 et 2020, mais subitement réconciliés en 2024. Il a aussi sur le refus initial de la CAPB par cette partie de la gauche, n’hésitant pas à mettre en cause nominalement Etcheto pour son absence dans les séances du conseil de la CAPB : une belle élégance.
On peut supposer que les tacles du maire sortant ont eu un certain impact : la peur du rouge mobilise toujours les électeurs de droite. Il y a pu y avoir une perte d’électeurs abertzale, soit dans la partie centriste du mouvement, soit dans le secteur le plus anti-jacobin, comme en 2020 : Etcheto ne passe toujours pas, malgré son acceptation d’une évolution de la CAPB vers davantage de pouvoir. Mais inversement, la fusion a pu entraîner la perte d’électeurs de la gauche jacobine, dite républicaine, aussi peu de gauche en fait que le « Printemps républicain » au niveau national
Enfin, vu le peu de mixité sociale des deux listes de premier tour, l’absence du terrain en dehors de la période électorale, et certaines lacunes du programme (sur les discriminations par exemple), on peut douter que la liste fusionnée ait été en mesure d’entraîner un recul de l’abstention dans les quartiers populaires de Bayonne. La liste LFI s’est heurtée aux mêmes obstacles.
Sans parler de la liste des logos, du plus mauvais effet pour une liste qui se présentait comme citoyenne.
L’abstention n’est pas naturelle dans les milieux populaires
Sans surprise, les bureaux où l’abstention est supérieure à 50 % au 2e tour sont situés dans les quartiers populaires, sans que ces bureaux soient obligatoirement socialement homogènes :
* Maison des associations (Prissé, Belharra) : 52.3 % avec Etchegaray en tête.
* Maternelle Arènes, bureau 17 (Balichon) : 50.7 % avec Etchegaray en tête.
* Citadelle : 59 %, avec Iriart en tête.
* Aristide Briand (Habas) : 50.8 % avec Etchegaray en tête.
* CCAS (Gascons) : 57.1 % avec Etchegaray en tête.
* Malegarie (Breuer) : 64.4 % avec Iriart en tête.
Cette indifférence des quartier populaires est le reflet d’une distance sociale et politique. Distance sociale : où étaient les jeunes et les personnes racisées sur nos listes ? Le meilleur programme ne rend pas une liste attractive pour les électeurs des quartiers populaires si les candidats ne leur ressemblent pas. Distance politique aussi, qui se traduit par dans un vocabulaire géographique : « je vais à Bayonne » dit-on dans les quartiers périphériques, et même à Saint-Esprit, pour aller au centre ville…
L’abstention n’est pas une donnée intangible, abstraite. Elle ne se combat pas avec seulement du porte-à-porte lors des échéances électorales. Il y a 6 ou 7 ans pour changer de cap.
Bayonne ville de droite ?
Comme dans beaucoup de villes, Bayonne a connu une mobilisation des électeurs de droite contre la gauche compte tenu de la menace risque d’une victoire de cette dernière. Le score d’Etchegaray est sans bavure, même avec un faible report de l’extrême-droite. Cela suffit-il à en faire une ville de droite ?
La politique de logement menée à Bayonne, avec la diminution de la part de HLM, commence-t-elle à avoir une traduction électorale, comme à Anglet ? Les nouveaux arrivants viennent davantage des couches moyennes et supérieures, avec peut-être plus d’embourgeoisement que de gentrification. Bayonne n’est d’ailleurs pas vraiment une ville universitaire. Certains nouveaux arrivants peuvent être aussi moins sensible à la dimension basque de Bayonne. Ce sont des hypothèses à travailler.
Mais fondamentalement, se poser la question de savoir si Bayonne est une ville de droite, c’est se poser surtout la question de la faiblesse intrinsèque, localo-locales, de la gauche bayonnaise, qui semblent s’aggraver : faible présence sur le terrain, faible enracinement dans un tissu associatif par ailleurs confronté au clientélisme, chaos local d’un PS fortement marqué par le « républicanisme » ou le « hollandisme », l’absence politique des écologistes (alors que l’écologie est un facteur de mobilisation de la jeunesse), un certain entre-soi (non voulu) du mouvement abertzale bayonnais (dans son eco-système, ses quartiers).
Les prochaines élections municipales sont en 2032 ou 2033. Bayonne sera de droite si une autre gauche ne se reconstruit pas. Même en échec électoral, Bayonne en mouvement peut en constituer les prémisses.