Projet Rive Droite de l’Adour : au fil des posts sur facebook

Le 13 septembre doit avoir lieu une nouvelle étape du processus officiellement baptisé « de concertation » concernant le projet d’aménagement de la Rive Droite de l’Adour (RDA). Il s’agit d’un atelier dit « jeu du programmiste » pour contribuer à la préparation du plan-guide pour le futur quartier, dont le cabinet Güller-Güller a la charge.

Après des acquisitions foncières au débat des années 2010, le projet avait sommeillé plus de 10 ans avant d’être spectaculairement relancé au printemps de cette année, en s’appuyant sur le travail engagé quelques mois auparavant par plusieurs bureaux d’études.

La concertation toujours absente

La Communauté d’Agglo se revendiquait dans une démarche exemplaire de démocratie participative. Le moins que l’on puisse dire est que, pour l’instant, les habitants restent sur leur faim. Au printemps, il y a eu une enquête sur les « attentes », un atelier de présentation du projet (où les mêmes attentes ont été collectées), un atelier sur l’histoire du quartier, un atelier avec des enfants. Comptes rendus et captations sont sur le site du projet. Mais, bien que promises, les réponses à l’enquête ne sont toujours pas disponibles. Les concepteurs du projet ont travaillé sur ce « réservoir d’idées » nous dit-on, mais les habitants n’en auront (peut-être) connaissance que le 13 septembre. De même, les propositions faites lors du premier atelier pour mieux faire participer les habitants sont restées lettre morte.

Depuis le 19 juin, des informations sont régulièrement données sur le projet dans une page facebook : https://www.facebook.com/Projetrivedroitedeladour. Elles sont présentées comme les réponses à des « « FAQ », les questions que les habitants doivent se poser sur le projet. Cela ressemble aux faux courriers des lecteurs dans un magazine, rédigés par les journalistes eux-mêmes. Mais cela traduit surtout un état d’esprit très directif, « descendant ». Très loin donc d’une interaction, d’aller retour entre habitants et responsables du projet. Et le travail des bureaux d’études se fait dans l’opacité vis-à-vis des habitants.

Pour beaucoup, les informations distillées sur ce facebook sont des généralités (notamment sur les berges de l’Adour et les déplacements) qui avaient été énoncées dès la réunion d’information du 25 mai. Ou des évidences : on respectera le PLH, la réglementation thermique nationale, le plan Climat, la réglementation sur les risques d’inondation… Mais il y a quand même des indications précieuses sur le contenu du plan guide et ses échéances, et des précisions ponctuelles importantes

Le plan guide

Selon le post facebook du 30 mai, le plan guide, dont Güller-Güller a la charge,

« – définit la philosophie, les ambitions et les grands équilibres programmatiques du projet (par exemple, la part respective de logements et d’activités)

– fixe les grands principes d’organisation spatiale et urbaine : localisation des nouveaux espaces publics (les voies de circulation et les espaces verts), délimitation des futurs îlots, volumétrie de principe des futurs bâtiments

– propose un phasage de principe des différents secteurs à aménager. ».

(schéma du futur plan guide, repris du post de facebook)

Le bureau d’études doit rendre sa copie à la fin de l’année, et le conseil de la CAPB le validera au 1er trimestre 2024. A marche forcée donc.

Bien sûr, le plan guide est très loin d’épuiser le sujet, c’est un cadre, et tout devra être précisé, pièce par pièce. Mais le vote de la CAPB au printemps prochain aura pour effet de graver dans le marbre l’essentiel du projet, du moins dans l’esprit des responsables politiques actuels, le maire-président en tête.

Le plan guide, c’est maintenant

Selon ce même post, la livraison des futurs bâtiments et espaces publics est envisagée pour 2034-2040

Mais ce plan guide permet aussi d’avancer dans la mise en œuvre de différents « schémas directeurs » dont la CAPB est friande : pour les espaces publics, les équipements sportifs,… Et surtout, la réalisation d’un campus universitaire, dont une « Ecole de Management » prévue au contrat de plan Etat-Région (post du 1er septembre) : davantage donc des logements et services pour étudiants évoqués lors de l’atelier en mai. L’ombre d’Arkinova (projet d’installations universitaires dans une zone naturelle à Anglet, bloqué par les habitants) plane aussi sur RDA avec l’éventualité d’une relocalisation partielle.

Le jeu programmatique du 13 septembre

Selon les différents posts qui présentent cet atelier, des « invariants », impératifs techniques et politiques définis en préalable par la CAPB et Bayonne, seront présentés en introduction du « jeu ».

Pour reprendre en entier le post du 31 août :

« Vous vous glisserez dans la peau d’un programmiste urbain pour imaginer, avec vos coéquipiers, l’éventail des fonctions et usages du futur quartier. Ensuite, vous proposerez un plan répartissant ces programmes dans l’espace. Vous vous pencherez tout particulièrement sur 6 dimensions essentielles du projet :

➡ Le logement

➡ Les facteurs d’animation, la convivialité, les lieux de rencontre…

➡ Les déplacements

➡ Les enjeux environnementaux, le lien avec l’Adour

➡ L’activité économique

➡ La solidarité

Les contributions au projet issues du Jeu du programmiste seront partagées avec le public, avant d’être communiquées aux concepteurs du projet qui les intégreront à leur réflexions. »

Les intégreront ? Ou pas. C’est un « dialogue participatif » (dénomination officielle de ces ateliers) à sens unique.

Quel morceau de ville deviendra RDA ?

Le découpage en FAQ sectorielles a le même effet que le passage direct à la répartition thématique des ingrédients du dossier : la dépolitisation du projet. Du moins, le principal choix politique reste du domaine réservé des élu.e.s, préservé d’une mise en cause par les habitants. L’atelier du 13 septembre laisse-t-il une possibilités de discussion des « impératifs techniques et politiques » ?

Un tel débat politique général aurait du avoir lieu avant ces discussions par morceaux : qu’est-ce qui fait sens pour ce morceau de ville, avec quelle vision pour Bayonne et la CAPB en arrière-fond ? Cette discussion n’a pas eu lieu ni au conseil de la CAPB, ni avec les habitants. Il ne pourra être évité quand le plan-guide y sera présenté au printemps prochain.

Reste que le thème du logement est celui où se glisse le plus clairement les choix politiques et sociaux de la CAPB pour ce futur quartier.

La charte, rien que la charte

C’est ce qui ressort déjà des posts concernant le logement : il y aura la mise en œuvre de la dite « charte de mixité sociale » de la ville de Bayonne, qui préconise, pour toute opération de plus de 50 logements, 30 % en location sociale (public), 15 % d’accession sociale à la propriété (type BRS), 15 % d’accession « maîtrisée » et 40 % d’accession libre. Cette charte n’est pas un document juridique, ni même un engagement contractuel. On peut la comprendre comme une entente politique entre des promoteurs immobiliers et le maire-président. Pour facilité la vente de leurs appartements, la ville leur vend du foncier public (ce sera le cas de RDA) en dessous des prix du marché, contre leur engagement de quelques appartements à prix maîtrisés (et l’obligation de rester en résidence principale un certain nombre d’années).

La mixité sociale dont il est question est celle de l’accession à la propriété des classes moyennes, pas celle des milieux populaires. Cette charte est en parfaite adéquation avec la politique nationale du logement récemment redéfinie par le gouvernement Macron-Borne : marginalisation du logement locatif social, priorité à la propriété pour les classes moyennes « intermédiaires ».

De part sa situation géographique, RDA est présenté à la fois comme une extension du centre ville (auquel il fait face de l’autre côté de l’Adour) et comme un prolongement du quartier Saint Esprit sur la même rive (dont il fait partie historiquement). Ce sont des quartiers que beaucoup oppose encore.

Prolonger Saint Esprit ?

Sur la rive droite, de l’autre côté du Pont Saint Esprit, c’est un quartier qui fut très populaire, avec des immeubles anciens (et donc des logements sociaux de fait) en partie rénovés et des logements sociaux construits après guerre, jusqu’aux années 1970-80. Depuis, la politique municipale a changé, et la priorité est le logement des classes moyennes. En dehors de la rénovation des logements anciens, il n’y a plus de location sociale nouvelle depuis de nombreuses années. Les immeubles récents du quai Bergeret et du boulevard Alsace-Lorraine sont caractéristiques de cette nouvelle politique. C’est un quartier en voie de gentrification (voir la rue Sainte Catherine), même s’il reste populaire.

Prolonger le centre ville ?

En face sur la rive gauche, le centre ville (Paulmy et les Arènes) est un ghetto pour riches sans HLM, auquel il a été adjoint de grands immeubles sans âme (Marinadour et Rivadour) principalement pour classes moyennes. Le plus récent, Rivadour (Eiffage) com

porte un hôtel « standing » pour tourisme d’affaires, mais aussi (PLH oblige) 53 logements locatifs sociaux confiés à HSA sur les 155 de l’immeuble. Est-ce le modèle à étendre sur l’autre rive ?

Sobriété urbaine

En face du centre ville, ce sont les bâtiments anciens (dont des ex-entrepôts) préemptés et vides, sauf pour des activités (provisoires) de solidarité. Le devenir de ces bâtiments à long terme est laissé dans le flou : le post du 16 août, consacré à la sobriété urbaine, parle du réinvestissement des bâtiments pré-existants, « car le cycle démolition-reconstruction est extrêmement énergivore à tous les stades ». Les bâtiments du quai de Lesseps sont les seuls concernés, si l’on laisse de côté la parcelle « Duprat » (l’ancien entrepôt de vins et une maison).

Selon un autre post (26 juin), ces bâtiments relèveraient de l’étude sur l’urbanisme transitoire confiée à Plateau urbain, dont on attend toujours le rapport. Mais dont le premier geste, faut-il le rappeler, a été d’expulser le collectif Maurizia de l’immeuble occupé en avril dernier rue Sainte Ursule et qui en était la mise en pratique à l’initiative d’un groupe de jeunes.

Je reviendrai sur l’urbanisme transitoire quand sortira ce rapport de Plateau urbain.

(sous-titre) L’atelier qui manque : Rive Droite Adour 2050 ou 2060

Les livraisons des bâtiments sont prévues vers 2034-2040, mais ils sont supposés durer des dizaines d’années. Un travail d’anticipation, une réflexion prospective auraient très utile pour déterminer ce que l’on fait maintenant pour le nouveau quartier. Comment prendre en compte l’accélération de la crise climatique sous tous ses aspects ? Mais aussi, les évolutions urbaines possibles (de nouveaux terrains libérés par le port de Bayonne ) ou potentielles (la restitution de la citadelle par l’armée).

Les échelles ne temps ne sont pas les mêmes pour tous les aspects du projet. Mais au fil des posts, on ne peut qu’être inquiet devant la faiblesse du triptyque « anticipation, imagination, ambition ». Que le « déjà-là » à Bayonne soit omniprésent à travers les schémas directeurs à appliquer, le plan climat auquel se conformer, les réglementations à respecter, rien de plus normal. Mais cela ne projette guère dans le futur.

Quelques exemples

Pour la transition énergétique, le plan climat est souvent jugé insuffisant, et accélérer est déjà une nécessité. L’appliquer ne peut être la seule perspective offerte : faire mieux que les réglementations dès maintenant. Les expérimentations ne manquent pas dans d’autres villes, au Pays basque même.

Pour l’architecture, la référence est celle des frères Gomez, d’il y a près d’un siècle. Il paraît que leur architecture est « intemporelle »… Peut-être faudrait-il regarder plutôt du côté des immeubles compacts, denses, exemplaires pour l’énergie, incorporant la tradition basque, tels développés à Urrugne.

Pour les déplacements, vouloir privilégier les déplacements doux et limiter la circulation automobile, ce n’est plus contesté en paroles. En pratique… Dans un post, il est indiqué une volonté d’éviter le trafic de transit devant la gare, en se limitant à la desserte. Ce serait un progrès. Mais un quartier sans voitures, cela existe et ce serait une anticipation plus forte. Un parking à l’entrée du quartier, des vélos cargos en libre service, etc, etc.

Pour la mise en valeur de l’Adour, on pourrait faire preuve de plus d’imagination que l’amélioration de ce qui existe déjà. Si l’état de l’Adour (en amont du port) le permet, pourquoi pas une piscine fluviale, comme projeté à Paris, et comme il en existe justement une… à Zurich, ville de Güller & Güller. Pour le lien entre les deux rives, un post parle de relancer en 2024 la navette entre la mairie et Boucau, supprimée cette année faute de passagers (en réalité un problème d’intégration très insuffisante dans le schéma de déplacements collectifs de l’agglo). Pour une liaison directe entre les deux rives, on pourrait imaginer une passerelle pour piétons et vélos, ou une télécabine (comme à Toulouse), ou une simple barge avec un câble électrique…

Pour la végétalisation (et ses conséquences sur le climat et la biodiversité), dans les posts, cela reste dans le flou usuel : si on doit couper des arbres (inévitable bien sûr), on les replantera. Vu les friches, on peut supposer que la réalisation de ce quartier passera par de l’artificialisation supplémentaire. Où est une réflexion globale ? Plus profondément, cela renvoie à la conception de la nature, pour son usage social ou pour elle-même, au travail de Gilles Clément notamment.

Pour le risque d’inondation, la CAPB tiendra évidemment compte du PPRI. Et le bureau d’études Egis, partenaire de Güller & Güller va s’atteler à la modélisation. On attend donc le résultat de ce travail. Mais on ne peut qu’être dubitatif quand à la mise en pratique par la CAPB, quand on voit la situation de l’îlot Bergeret au bord de l’Adour à Saint Esprit, qui n’est même pas officiellement en zone inondable, où la construction dans la nappe phréatique n’a pas été maîtrisée.

En se présentant comme des réponses à des FAQ, les posts du facebook officiel du projet RDA n’ont pas manqué – y compris par les non dits – de provoquer d’autres interrogations. Peut-être en saura-t-on plus à l’atelier du 13 septembre ? Mais en l’absence de retour écrit des bureaux d’études, cela risque de manquer de substance.

Patrick Petitjean, 3 septembre 2023

BAB luxe tour

Contre la spéculation, pour la défense de la terre

Le samedi 15 juillet, le Collectif Ostia a organisé plusieurs mobilisations pour dénoncer la spéculation au Pays basque, et notamment sur les trois villes du BAB. Des opérations péculatives ont donné lieu à des rassemblements à Sare, Ahetze, Ayherre (bords de l’Arbéroue) et Isturitz. Les mobilisations les plus fortes ont eu lieu à Cambo, contre le projet Marienia (objet déjà de nombreuses manifestations) et sur le BAN, pour un « luxe tour » sous la pluie.

Ces mobilisations viennent en appui à l’occupation de la maison Olha à Senpere, engagée le 27 juin, et qui a fait l’objet d’un article précédent. Elles font converger la défense des terres horticoles et des terres (foncier) urbaines. Le droit à l’alimentation et le droit au logement

https://lepimentbayonnais.fr/2023/06/29/pays-basque-non-a-la-speculation-sur-les-terres-agricoles/

Partant de Biarritz, avec plusieurs arrêts à Anglet et Bayonne, ce tour avait pour objectifs de dénoncer quelques uns des projets les plus spéculatifs sur le BAB, loin d’être exhaustifs. La pluie battante a aussi contribué à supprimer certaines étapes.

Les projets « visités » avaient pour caractéristiques de contourner les règles des PLU pour éviter d’inclure des logements sociaux, d’avoir des coûts de sortie au-delà de 8000 euros le m², des pubs qui insistent sur le « haut de gamme », « le produit d’exception » et « rare ».

Et de poser la question : pour qui construisez-vous ? Soulignant l’entre soi recherché des riches

Le Tour a été accueilli par Lysiann Brao, élue à Biarritz, qui a donné leur sens aux mobilisations du jour en se référant à l’esprit des « soulèvements de la terre », dont Ostia est le correspondant local :

(ouverture par Lysiann Brao)

« Nous nous tenons là debout, les pieds ancrés dans la terre, la terre qui nous nourrit, qui nous porte, sans qui aucun projet humain ne verrait le jour. Ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est une question de choix, de réflexion commune : que devons faire de la terre ?

Après des années, voire des décennies de choix politiques qui ont mis de côté le fait que la terre n’est pas limitée, qu’elle n’est pas infinie, l’heure est venue de la penser autrement, car elle devient rare.

La rareté implique de faire des choix. Des choix cruciaux pour notre avenir. La terre doit être gérée comme un bien unique et précieux et chaque nouveau projet doit dorénavant apporter des preuves de son concours à l’intérêt général. Les collectivités publiques doivent donc investir massivement leur rôle d’arbitre et de faire valoir des intérêts généraux. Il ne s’agit plus d’essayer, de tenter, mais bien d’agir » (…) « en coupant avec les modèles obsolètes, et en choisissant l’intérêt général, l’intérêt de la terre pour tous ».

Biarritz

Le projet « Aguilera », près du stade du BO, consiste en la construction de 300 logements, environ, sur l’un des derniers fonciers publics de la ville de Biarritz. Loin de faire valoir les intérêts généraux de la population, la maire a décidé d’y limiter la construction de logements sociaux à 56 %, en location et accession sociale. Les élus du groupe « Euskal Herian Vert et Solidaire », Lysiann Brao et Brice Morin ont défendu l’idée de 100 % de logements accessibles, sans aucun soumis au marché libre et à ses 8000 euros du m².

A Anglet et à Bayonne aussi, d’importants fonciers publics ne sont que partiellement réservés aux intérêts généraux, le reste étant confié au privé.

Après Aguilera, le cortège d’une dizaines de vélos et de plusieurs covoiturages a parcouru des rues d’Anglet et de Bayonne, en clamant « « tout le monde déteste les spéculateurs » et « promoteurs, spéculateurs, association de malfaiteurs ».

Anglet

1er arrêt à la Villa Joia

(panneau avant démontage)

C’est un projet de de 12 logements à plus de 8000 euros le m² de Bouygues sur une surface de 799 m² au sol (à partir de 800, le PLU d’Anglet impose quelques logements sociaux). Le panneau a été démonté, et on le retrouvera devant le siège de la CAPB. Le chantier a été décoré.

(Villa Joia après le tour)

2e arrêt sur l’ex-centre technique municipal.

C’est une friche de 2ha de foncier public, que la ville va concéder à un promoteur (Eden) pour y construire 120 logements, dont seulement 50 sociaux. Là aussi, la minorité de gauche et écologiste a demandé 100 % de logements sociaux lors d’un conseil municipal en avril. Ce projet est présenté comme écoquartier, avec 50 % de renaturation. Peu convaincus, des habitants ont constitué un collectif pour contester le projet.

(photo devant friche ex-centre technique)

3e arrêt rue du Bois Belin

Il y a 2 projets annoncés au 31 et au 33 : la résidence Angelu (10 logements), qui en est au stade de l’espace de vente, et surtout la villa Anaya de Bouygues, où la maison reste à démolir : 10 logements aussi pour une surface au sol déclarée de 799 m², contournant une nouvelle fois le PLU. Bien joué, Bouygues

(photo maison décorée, future anaya après démolition)

Deux autres projets semblables ont été ignorés, pour cause de pluie, Le Clos des 5 cantons (Alday) et Waldorf (Rey). Aladay et Rey sont deux promoteurs, très actifs sur le BAB, que nous retrouverons donc à Bayonne

Bayonne

1er arrêt Villa Paulmy

C’est une opération d’Alday, qui vient juste d’être livrée sur les allées Paulmy : les panneaux étaient encore par terre dans la cour d’entrée. Les propriétaires, nouveaux occupants, se sont montrés particulièrement agressifs vis à vis des manifestants qui empiétaient de quelques mètres sur leur cour (privée)…

(banderole sur la clôture de la Villa Paulmy)

Au même endroit, c’est le « 14 allées Paulmy », le centre d’oncologie qui va déménager à la fin de l’été pour les Hauts de Bayonne. Cette parcelle, et des limitrophes, sont déjà l’objet de spéculation immobilière. Il y a 2 ans, lorsque le déménagement du centre avait ét décidé, un collectif s’est constitué pour demander 100 % de HLM pour la quarantaine de logements envisagés : les HLM sont absents du centre ville de Bayonne. La question est d’une actualité brûlante.

(des HLM à Paulmy)

2ème arrêt, Zagato, 5 avenue Raymond de Martres

Il s’agit d’un immeuble de 14 logements du promoteur Rey, associé pour l’occasion à l’architecte Hébrard, omniprésent à Bayonne dans ces opérations « haut de gamme ». La pub indique « logements luxueux à proximité de l’offre de soins ». Les prix avoisinent les 9000 euros du m2.

Situé entre le stade rénové de l’AB et l’hôpital de la Côte basque, le quartier Montalibet est en pleine restructuration à l’occasion de l’implantation du passage du tran-bus n°2. C’est un secteur d’intervention de l’EPFL, pour achats à l’amiable ou préemptions. A côté de Zagato, un nouveau permis de démolir vient d’être déposé pour une maison : projet immobilier à venir.

(Zagato)

Dans ce quartier aussi, figure le projet Xoko Ferdea de Bouygues, une étape supprimée du tour pour cause de pluie. Avec 17 logements, pour rester en dessous du seuil du PLU obligeant à quelques logements sociaux. Avec des prix au-delà de 7000 euros le m2

(Xoko Ferdea)

La partie Nord (rue Maubec) du tram-bus n°2 a vu les mêmes opérations de démolition / reconstruction pour des logements, sans doute moins « haut de gamme » qu’à Montalibet, mais en accession libre, avec peu d’aidés, et sans logements sociaux : de la gentrification à l’état pur, avec notamment Bouygues et Pichet à la manœuvre.

Un dernier arrêt bayonnais était prévu dans le centre ville, mais non réalisé: la Villa des Arènes, avec 13 logements (sous le seuil du PLU toujours), par Alday, avec le m² entre 8000 et 9000 euros.

CAPB

Le tour s’est terminé devant le siège de la CAPB à Bayonne, pour y déposer les panneaux récoltés pendant le tour,

(devant la CAPB)

et appeler les élus  à passer aux actes.

(Aux actes)

Car si la lutte contre les spéculations et pour le logement social dépend pour beaucoup dela législation et de la politique nationale du logement, les élus locaux ne sont pas sans moyens d’action. Et Ostia de rappeler en conclusion quelques propositions en matière de logement social et de lutte antispéculative :

– Utiliser tous les outils pour protéger la terre et le logement des lois du marché.

– Réviser les PLU et en appliquer les règles dès 3 logements.

– Au moins 70 % de logements sociaux dans les opérations privées, avec 45 % en location et 25 % en accession sociale.

– Utiliser tous les outils (ZAD, OAP,…) pour des programmes publics à 100 % de logements sociaux.

– Faire preuve de volonté politique et de fermeté envers les acteurs du marché, au lieu de simplement les « inviter » à se discipliner à la mode Macron. La pression plus que la compromission.

– Rejeter l’artificialisation des sols, notamment en modifiant radicalement le projet Arkinova sur les Landes de Juzan à Anglet.

Ce n’est qu’un début…

Patrick Petitjean, 18 juillet 2023

Zubi Mayou à Bayonne : un projet exemplaire. Vraiment ?

(grue effondrée vue d’un 8e étage)

Un projet de résidence sociale participative pour seniors en questions

Le Collectif 22-Bergeret a été formé par des riverains en mars 2022 au lendemain de la chute de la grue, moins de 24h après son installation sur le chantier, qui a provoqué la mort du grutier, Mohamed Kichouhi.

Depuis, on a l’impression que les responsables (Ville, COL, Domofrance, Association) veulent « annuler » cette mort et les traumatismes collatéraux.

Sur cette parcelle, entre le quai Bergeret et le boulevard Alsace-Lorraine, devait être construits deux immeubles de 30 et 15 appartements, en accession sociale de type BRS. Le chantier est à l’arrêt depuis l’accident du 9 mars 2022.

(grue effondrée sur le boulevard)

Conférence de presse

Le Collectif a tenu une conférence de presse le 26 juin à Bayonne pour faire le point sur ses activités et sur la situation, alors qu’on s’approche du début des réparations de l’immeuble voisin, le Carré Saint-Esprit, sur lequel était tombée la grue, détruisant intégralement le dernier étage. Un échafaudage doit être installé cet été le long de l’immeuble, pour une durée de 4 ou 5 mois. L’expertise judiciaire étant conclusive sur les responsabilités, les assurances n’ont eu d’autre choix que d’avancer le financement des travaux, sans attendre le jugement définitif. Il faudra attendre encore pour que justice soit rendue à Mohamed Kichouhi et aux victimes collatérales.

Le terrain du chantier, proche de l’Adour, a la particularité d’être inondé en permanence, avant même la tentative d’installation de la grue. Aujourd’hui, c’est une mare aux canards, et aux poissons rouges. Le Collectif demande les expertises de sols, préalables aux travaux, ainsi que celle réalisée quelques mois après l’accident, sans les obtenir.

(grue dans mare)

(mare aux canards)

Le Collectif a rencontré le maire le 5 juin pour redire son opposition à la reprise du chantier tel que, et pour demander la suspension du permis de construire afin de revoir le projet en tenant compte des attentes des habitants du quartier. C’est peu dire qu’il n’a pas été entendu

Volonté d’effacement, indifférence et absence d’empathie

La Ville et les opérateurs immobiliers (le COL et Domofrance) veulent avant tout effacer l’accident et rependre le chantier comme s’il ne s’était rien passé. Aucun n’était présent lors de l’hommage rendu à Mohamed Kichouhi le 9 mars de cette année.

(hommage 9 mars 2023)

(chaîne à l’endroit où la grue était tombée sur le boulevard)

Un an après la chute de la grue boulevard Alsace Lorraine, hommage au grutier décédé dans l’accident. Rassemblement sur le tracé de la chute de la grue. Bayonne. 9 mars 2023.

L’indifférence par rapport aux victimes se double de l’impatience réaffirmée de prendre le chantier au plus vite. Reprise d’abord annoncée pour ce printemps maintenant pour cet automne. Ils veulent profiter des travaux sur le Carré pour reprendre leur construction en parallèle, même si la coexistence d’un échafaudage et d’une grue semble techniquement problématique.

Le Collectif n’a pas perçu la moindre empathie de leur part depuis l’accident. Les victimes, ce sont d’abord le grutier et sa famille, ce sont aussi des femmes, des hommes, du Carré et du voisinage, ce n’est pas le COL, Domofrance ou Lapix qui se plaignent des coûts dus aux retards

Le Collectif refuse un tel effacement et défend la mémoire du grutier.

C’est la raison essentielle pour laquelle il refuse la reprise du chantier et défend une révision complète du projet, et donc des modifications du PC. Il est tout-à-fait possible d’allier jardin de la mémoire, espaces vers et logements (vraiment) sociaux. Cela correspond d’ailleurs aux attentes des habitants telles que recueillies par le Collectif dans un sondage en cours

Avant d’en venir au COL, deux bizarreries de Domofrance

Si l’on en croit le PC officiel, affiché depuis 3 ans, Domofrance est le titulaire principal : 45 logements, en accession, sous le titre La Psyché.

(photo PC modificatif)

Ce qui nous interroge sur la manière dont le PLU a été appliqué par la mairie. Avec ce nombre de logements, 45, il aurait eu y avoir, selon le PLU, du locatif social, pas seulement de l’accession sociale. Ce n’est pas le cas à notre connaissance. Comme il y a 2 bâtiments, un de 30 logements pour Domofrance, et un de 15 pour le COL, faut-il en déduire que l’application du PLU peut-être fractionnée sur chaque bâtiment ? Cela mériterait des explications de Domofrance et du maire.

Sur le site de Domofrance, depuis le 23/6/21, une page est consacrée à la promotion des BRS et à leur commercialisation par sa filiale ExterrA. Une première opération exemplaire était mise en exergue, avec une présentation complète : La Psyché. Curieusement, depuis quelques mois, la page BRS du site a été « purgée » de toute mention de La Psyché. Pourquoi cette disparition ?

Zubi Mayou

Confié par le maire de Bayonne à l’association « Âge et partage 64 », le partie COL du projet comporte 15 appartements en BRS pour une « résidence sociale participative seniors ». Cette résidence, Zubi Mayou, est défendue comme social et exemplaire. Mais suscite une méfiance de plus en plus grande, voire maintenant un rejet, de la part des riverains.

Le Collectif 22-Bergeret en est venu à s’interroger sur les origines et sur l’exemplarité du projet. Il a été particulièrement échaudé par un entretien donné par l’association à Sud Ouest le 5 juin, le jour même où le Collectif rencontrait le maire de Bayonne, pas un hasard.

L’Association avait disparu depuis l’accident, et n’avait jamais manifesté la moindre empathie enver les victimes. Elle avait été absente lors de la commémoration en mémoire du grutier le 9 mars 2023. Là, elle réapparaît pour annoncer la reprise prochaine du chantier de construction, en se faisant photographier devant une palissade du chantier comme pour dire : Nous sommes de retour, nous sommes chez nous, nous prenons possession du lieu. Les riverains ont été choqués par cette volonté d’effacement de ce qui s’est passé depuis 15 mois, par ce cynisme « Âge et partage 64 » n’est pas concernée a-t-elle déclaré au journaliste.

(la palissade qui a servi de toile de fond pour l’entretien de l’Association le 5 juin)

Des BRS pour propriétaires ?

A la lecture de l’entretien avec « Âge et Partage 64 » dans Sud Ouest du 5 juin 2023, le Collectif a appris que les membres de l’Association étaient déjà des propriétaires, même si leurs revenus restent sous le plafond d’accession aux BRS.

Les BRS sont en principe faits pour les primo-accédants, sans que ce soit une obligation. Ils sont considérés comme du logement social dans la loi SRU, même si ce n’est pas ce que demandent les 5000 inscrits à Bayonne pour avoir un logement locatif social. Les besoins, dans notre quartier comme ailleurs sont de la location sociale, pas de l’accession,même sociale.

Des BRS pour des déjà-propriétaires, c’est autre chose. Parler de logement social pour Zubi Mayou, avec des déjà-propriétaires, est donc assez mystificateur, voire provocateur envers les demandeurs de logement.

Dans sa communication, le COL dit que le « parcours résidentiel » typique fait que se libère un locatif social lorqu’il construit un BRS. Ce n’est pas le cas avec les déjà-propriétaires de Bizi Mayou. Que reste-t-il alors de la légitimité « logement social » du projet du COL dans ces conditions ?

Ni coopérative, ni habitat social, une copropriété

Lors de la constitution du groupe d’habitants en septembre 2017, si l’on en croit un article de Sud Ouest le 27.9.17, référence était faite à des projets similaires pour seniors comme Chamarel à Vaux-en-Velin (livré en 2017), Boboyakas à Bègles : mais ce sont des coopératives, de la propriété collective, solidaire. Les Babayagas à Montreuil étaient aussi mentionnées : mais c’est de la location sociale. A ‘époque donc, le choix d’un modèle par l’Association semble encore ouvert.

Une coopérative, c’est un choix intermédiaire entre la propriété et la location. La propriété est collective, chaque famille achète des parts sociales en fonction de ses moyens, et possède une voix dans la coopérative. Elle paie une redevance à la coopérative en fonction de ses parts sociales.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/02/22/la-maison-des-babayagas-l-anti-maison-de-retraite-a-montreuil_4869520_3224.html

Le Collectif Bergeret défend aussi ces projets participatifs pour seniors prioritairement en coopérative.

Mais Zubi Mayou, ce n’est pas cela. C’est de la copropriété individuelle.

Pourquoi ce choix final par le COL beaucoup moins social, de propriétaires individuels ? Sans mixité sociale ni mixité intergénérationnelle ? Alors qu’en 2017, l’Association semblait hésiter entre les différents modèles, et ne pas écarter un mélange.

Pourquoi un projet en copropriété ? Sans location sociale ? Pourquoi pas en coopérative ? Pourquoi pas intergénérationnel ?

Sortie du portage foncier, mais pas de l’EPFL. Le prix du m².

Le conseil municipal de Bayonne a pris le 18 juillet 2019 une délibération pour clôturer le portage du foncier par l’EPFL de l’îlot Bergeret, et en fixer les modalités de sortie. Le foncier restera rpriété de l’EPFL et sera remboursée des annuités versées depuis 2016 à l’EPFL. C’est donc Bizitegia, l’OFS de l’EPFL (et donc de la CAPB en dernier ressort), qui conclura les BRS avec les propriétaires des appartements construits par le COL et Domofrance. Le foncier ne sera pas rétrocédé au COL ou à Domofrance. Cela donne à Bizitegia le pouvoir de vérifier que les postulants répondent bien aux critères des BRS et de définir ce qui se passe en cas de décès pour maintenir la définition « résidence seniors ».

La délibération du conseil municipal a fixé le montant de la redevance (1,5 euros par mois et par m²) pour le foncier, sa durée (60 ans), qui est indexée sur l’indice de la construction. Il a surtout fixé le prix des appartements : 30 % en dessous du prix du marché.

Pour des déja-propriétaires, cela pose question. Selon l’association (Sud Ouest, 5.6.23) le prix a été fixé par le COL à 2600 euros du m². En zone tendue, nous sommes dans des prix spéculatifs : avec vue sur l’Adour, à côté du futur Zubi Mayou, le prix atteint près de 6000 euros le m². À côté, le prix proposé par le COL, c’est cadeau. D’autant plus que pour acheter avec un BRS, les déjà-propriétaires devront vendre leur résidence actuelle. A des prix du marché…

(maquette du futur Zubi Mayou)

Attribution discrétionnaire : quel mode de décision et annonce publique?

Quand d’autres villes attribuent du foncier public à des groupes d’habitants déjà constitués, c’est sur la base d’appel à projets. Ainsi, la ville de Paris, pionnière en la matière, a lancé en 2013 un appel à projets pour 3 parcelles. Il y a eu une trentaine de groupes candidats.

Pour Bayonne, un tel appel à projets pour une résidence seniors a-t-il existé pour la parcelle du 22 quai Bergeret ? Il n’y en a pas trace, ni dans les arhives de Sud Ouest, ni dans la mémoire des habitants de Saint-Esprit. S’agit-il d’une attribution discrétionnaire par le maire de Bayonne, tant Zubi Mayou était exemplaire ?

On peut le craindre. Dans le 1er article, fin septembre 2017, l’Association dit ne pas encore avoir de foncier pour son projet et annonce des rencontres avec les maires d’Anglet, Bayonne et Biarritz. Mais dans le 2e, le 3 octobre 2018, tout semble réglé. La ville de Bayonne leur a proposé le terrain du 22 quai Begeret, et le COL s’est engagé derrière l’association pour la construction. Le permis de construire pour Zubi Mayou aurait même été déposé (en fait, comme le bâtiment prévu n’était pas conforme et nécessitait une révision préalable du PLU, qui aura lieu en 2019, et le PC n’a pu être déposé qu’en décembre 2019). Dans le Sud Ouest du 3.10.18, les animatrices de l’Association se font photographier devant la maison basque du 22 quai Bergeret destinée à être démolie.

La date de livraison des appartements est pour le 1er semestre 2021…

(maison du 22 quai Bergeret avant démolition)

Parachutage à Saint Esprit

En général, pour l’habitat participatif, les bailleurs constituent eux-mêmes les groupes d’habitants, en organisant des réunions d’habitants candidats dans le quartier concerné. Ils n’aiment pas trop, en général, les groupes déjà constitués en dehors d’eux. HSA a procédé ainsi avec un appel public pour son habitat participatif au Prissé. Le COL lui-même a procédé ainsi pour son habitat participatif de l’îlot Vigilant, à Saint Esprit, à quelques rues de l’îlot Bergeret. Après ces appels publics HSA et le COL constituent les groupes.

Mais pour Zubi Mayou, les riverains n’ont pas souvenir d’un appel public dans le quartier pour ce projet, ni même d’une simple réunion d’information pour le leur présenter. « Âge et partage 64 » a été constituée à Anglet, pourquoi pas, elle est légitime à venir s’installer à Bayonne, Mais cette manière de le faire ressemble à du parachutage, au nom de l’exemplarité du projet.

Quel objectif pour le COL ?

Reste la question de la stratégie du COL et de ses relations avec l’Association. La présidente de l’Association est une ancienne présidente du COL, toujours membre de son conseil d’administration, également représentante du COL au conseil d’administration de l’union des coopératives HLM, de plus présidente de l’association des coopérateurs du COL. Le moins que l’on puisse dire est que l’Association est organiquement liée au COL. Faut-il y voir l’origine de la volonté du COL de mener coûte que coûte ce projet, de son mode parachutage qui tranche avec d’autres projets soutenus par le COL ? L’origine de l’attribution discrétionnaire du terrain par le maire de Bayonne ?

On peut s’interroger aussi sur ce qui a conduit au modèle d’une copropriété et non d’une coopérative ou d’une mixité ? C’est sans doute plus simple et plus reproductible pour le COL. Faut-il alors y voir une stratégie de développement du COL sur le créneau des résidences sociales pour seniors, en utilisant Zubi Mayou comme un produit d’appel ? Entre les EHPAD et les Senioriales (inaccessibles aux personnes modestes), il y a nécessité de modèles accessibles, plus humains, plus respectueux des personnes âgées. Et des résidences participatives en BRS, promues par le COL jusqu’à Toulouse, peuvent y contribuer.

D’autres modèles exemplaires de résidences seniors participatives

Plus haut, ont été mentionnées les coopératives Chamarel à Vaux-en-Velin et Boboyakas à Bègles (cette dernière ayant le soutien et la garantie financière du COL). Egalement la réalisation de la maison des Babayagas à Montreuil, en locatif social.

Au Pays basque même, l’association Gurekin promeut un habitat participatif pour personnes âgées, sous forme d’appartements à louer dans une maison partagée, avec des locaux communs, à l’intérieur ou dans un bâtiment annexe. Un partenariat avec le COL, avec à côté des appartements en BRS, permet une mixité intergénérationnelle. A Urt, une telle résidence vient d’être livrée. Une autre va voir le jour à Hasparren.

Un projet de coopérative d’habitants est en cours à Irissarry, avec la construction d’appartements dans une ancienne ferme, qui peine à obtenir le soutien de la CAPB : le modèle « coopérative d’habitants » n’a pas encore fait son chemin dans cette institution.

Pour conclure

On peut regretter qu’un projet de résidence seniors participative qui aurait pu être exemplaire ait pris cette direction et ait perdu sa légitimité. Comme l’ensemble du projet, elle doit être remise en cause

Le Collectif a demandé lors de la rencontre du 5 juin avec le maire, et persiste à le demander, la mise en œuvre à court terme d’un processus de concertation sur l’avenir de l’îlot Bergeret analogue à celui que la CAPB conduit pour le projet voisin « Rive droite de l’Adour », partant des attentes des habitants et débouchant sur des propositions de modification du PC. Ceci, en préalable à la reprise du chantier.

En tout état de cause, le Collectif n’accepte pas l’« annulation » de l’accident mortel et de ses conséquences par les promoteurs de cette opération.

Patrick Petitjean, 3 juillet 2023

Annexes

Synthèse de la chronologie

– Des préemptions de l’EPFL pour la ville entre 2015 et 2016

– Une association pour une « résidence sociale seniors » déclarée le 3/8/17 et constituée fin septembre 2017 à Anglet

– Avril 2018, une modification du POS est lancée pour l’adapter aux projet Bergeret (aau lieu que ces projets s’adaptent au POS. Curieuse politique municipale. C’est la 16e modification du POS de Bayonne). Elle donne lieu à une enquête publique en juin-juillet 2019. Le rapport du commissaire enquêteur mentionne le projet de résidence seniors du COL comme motif de la modification du PLU.

– Entre temps, le 18 juillet 2019, le Conseil municipal de Bayonne décide de clôturer le portage foncier et en définit les modalités : voir plus haut.

– Cette modification est adoptée le 9/11/19 par le Conseil de la CAPB, et le PC déposé conjointement par le COL et Domofrance dans la foulée le 6/12/19. L’immeuble Zubi Mayou avait été défini bien avant ce dépôt.

– Le PC a été accordé le 29/5/20, et les travaux engagés dans la foulée.

– Le 15 avril 2022, de légères modifications sont accordées au PC

– Le 9 mars 2022, la grue est tombée, Mohamed Kichoui est mort, et le chantier est arrêté.

Glossaire

BRS : Bail Réel Solidaire

CAPB : Communauté d’Agglomération du Pays basque

COL : Comité Ouvrier pour le Logement (coopérative HLM)

Domofrance (bailleur social)

EHPAD : Etablisement Hospitalier pour Personnes Âgées Dépendantes

EPFL : Etablissement Public Foncier Local

HSA : Habitat Sud Atlantique (bailleur social de la CAPB)

OFS : Office Foncier Solidaire

PC : Permis de Construire

PLU : Plan Local d’Urbanisme

SRU : Solidarité et Rénovation Urbaine (loi pour forcer la construction de logements sociaux)

Articles antérieurs sur le sujet

https://lepimentbayonnais.fr/2023/05/26/bergeret-a-saint-esprit-2/

https://lepimentbayonnais.fr/2023/05/26/bergeret-a-saint-esprit/

https://lepimentbayonnais.fr/2023/05/26/bergeret-a-saint-esprit-4/

Plateau urbain débarque à Bayonne

(entrée de l’hôpital Saint Vincent de Paul à Paris)

Une future occupation transitoire très cadrée

Parmi les 4 marchés passés pour aider la CAPB dans les débuts du projet « Rive Droite de l’Adour », l’un est intitulé « définition d’un projet d’occupation transitoire sur le site du projet RDA ».

A la demande d’avoir le cahier des charges pour un éventuel appel d’offres pour ce marché, l’administration a répondu que le marché avait juste été attribué à Plateau Urbain sur la base d’un devis, qu’elle a communiqué. Officiellement donc, pas d’appel d’offres, pas de choix alternatif. La notoriété de Plateau urbain écrasait une éventuelle concurrence.

L’intervention de Plateau urbain est facturée 22 150 euros HT. Ce marché avait été signé dès le printemps 2022.

Selon le président-maire lors de l’atelier du 25 mai, où Plateau Urbain (peut-être présent) ne s’est pas exprimé, leur intervention était déjà en cours.

Les différentes fonctions de Plateau urbain

https://www.plateau-urbain.com/

C’est une agence de création récente (2013), célèbre surtout par l’animation du site de l’hôpital Saint Vincent de Paul à Paris 14e entre 2015 et 2020. Son développement est fulgurant ces dernières années.

(Une des cours à l’entrée de l’hôpital Saint Vincent de Paul)

Il y a deux branches principales : Etudes et conseils, et gestion transitoire de lieux.

C’est cette 2e branche que Mauritzia qualifiait de R’Bnb de l’urbanisme transitoire. Plateau Urbain gère plusieurs dizaines de lieux, en attente de projets définitifs, dans de nombreuses villes. Cela va d’un petit bâtiment (un garage par exemple) à une ancienne université (ex-Censier à Paris), et peut donc concerner quelques structures à près de 200. Lesquelles sont louées, après un appel d’offres.

Les réalisations en cours sont ici : https://www.plateau-urbain.com/cesure

Pour les études, on en compte une cinquantaine, dont la majorité encore en cours. Celle pour la CAPB n’eset pas à ce jour répertoriée sur leur site : https://www.plateau-urbain.com/copieetudes

Les modalités de leurs interventions y sont décrites

(Sur le site des Grands Voisins, hôpital Saint Vincent de Paul)

Plateau urbain à Bayonne

Le devis à la base du marché consiste en une simple page, à télécharger si dessous.

(page devis)

La première phase de l’intervention (1/4 du devis) est la formation des élus et techniciens de la ville et de la CAPB aux problématiques de l’urbanisme transitoire.

La deuxième phase est « l’identification des opportunités spatiales et temporelles en vue d’une occupation temporaire à travers une analyse capacitaire du site », avec essentiellement des visites du site et des entretiens avec les gestionnaires et occupants actuels, ainsi que l’identification des « besoins et attentes programmatiques pour le site », avec des entretiens avec « les têtes de réseaux des champs de la culture, action sociale, vie économique, artisanat, évènementiel,… »avec enfin une analyse du marché locatif alternatif.

La dernière phase consistera en la définition des intentions stratégiques secteur par secteur, bâtiment par bâtiment se concluant par la présentation de plusieurs scénarios d’orientations. En plus des réunions de pilotage régulières, l’intervention se conclura avec un atelier de « définition de l’occupation temporaire avec les parties prenantes »

Au total, 8,5 de travail pour le directeur du projet, et 14 jours pour son adjoint. La durée de la mission n’est pas précisée. Même si des entretiens avec des acteurs locaux sont en principe au programme (on verra leur effectivité), cette intervention semble très fermée sur le commanditaire, et peu ouverte vers des acteurs potentiels plus éloignés de l’appareil municipal. Encore une occasion ratée.

(Grands Voisins sur le facebook de RDA))

La présentation officielle de l’intervention de Plateau urbain à Bayonne se trouve sur la page facebook « Rive droite de l’Adour » du 6 juin :

« Projet « Rive Droite de l’Adour » : urbanisme temporaire | Entre conception, études préalables, délais d’instruction des permis de construire, marchés publics de sélection des entreprises de travaux… un projet urbain comme le #projetrivedroitedeladour sera long à se concrétiser.

👉 D’ici là, la Ville de Bayonne et la Communauté d’agglomération Pays Basque ne laisseront pas les terrains vacants et inutilisés. Elles ont confié à la coopérative Plateau Urbain la tâche de développer un programme « d’urbanisme transitoire ». Il s’agit d’ouvrir au public des espaces d’expérimentation et de préfiguration du quartier à venir. Concrètement, le site sera mis à profit pour apporter temporairement de nouveaux services ou offres, culturelle par exemple. Cette programmation est encore en cours d’élaboration. Que proposeriez-vous ? »

Sans doute faut-il prendre au 1er degré la fin du post, et non comme de l’ironie. Mauritzia a proposé une occupation intercalaire en squattant le 16 rue Sainte Ursule, complètement dans l’otique « social et solidaire » affichée par Plateau urbain et la CAPB. La réponse fut l’envoi de la police pour les déloger.

On pouvait espérer un meilleur départ de l’intervention de Plateau urbain. Mais au regard des ambitions affichées il y a 10 ans, leur intégration au jeu de l’urbanisme libéral est complète.

Patrick Petitjean, 25 juin 2023

Concertation « Rive Droite de l’Adour », Acte II

Les CRS en appui pédagogique

Le président-maire, Jean-René Etchegaray, a donné son feu vert jeudi soir, 8 juin, à l’expulsion de la dizaine de jeunes qui occupaient un immeuble vide rue Sainte Ursule au coeur du périmètre du projet Rive droite de l’Adour dans une triple problématique : logement des jeunes, social, culture, occupation parfaitement compatible avec l’urbanisme transitoire revendiqué dans ce projet.

Exactement au même moment, il signait devant la presse un pacte avec les promoteurs qui facilitera leurs activités spéculatives sans beaucoup de contreparties. J’ai analysé ce pacte à l’occasion de son vote au conseil municipal : (https://lepimentbayonnais.fr/2023/05/28/baionan-bizi-se-loger-a-bayonne-3/ )

(signature du pacte avec les promoteurs)

Le projet Maurizia a été présenté par les occupants dans une vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=QhGq-puh13s. Il avait le soutien de tout ce qui compte dans les associations de solidarité de la ville (l’appel des associations est dans ce billet : https://lepimentbayonnais.fr/2023/06/03/aupa-maurizia/ )

Ce matin vers 6h30, la police nationale, appuyée par plusieurs camionnettes de CRS, est venue expulser la dizaine d’occupants. Plusieurs dizaines de « forces de l’ordre » pour quelques jeunes qui avaient annoncé à l’avance qu’ils/elles ne résisteraient pas.

Tout c’est donc passé tranquillement. Ils/elles ont pu regrouper leurs affaires sur le trottoir, et à 8h30, les CRS ont commencé à partir, puis la police.

En fin d’après midi, près de 300 personnes se sont réunies devant la mairie de Bayonne pour dénoncer l’intervention policière et apporter leur soutien au collectif « Maurizia ». Lequel n’a pas l’intention d’en rester là, avec leurs nombreux soutiens

(3 photos du rassemblement)

Mais, place avait été faite pour que la concertation RDA se déroule selon les plans établis, sans être perturbée par quelques jeunes se battant pour le droit au logement.

Patrick Petitjean, 10 juin 2023

Premiers pas du projet « Rive droite de l’Adour », à Bayonne

(la salle de concertation)

Enquête, réunion publique, et ensuite ?

Annoncé lors d’une conférence presse le 25 avril dernier par Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne et président de la CAPB, le grand projet « Rive Droite de l’Adour » (RDA) semble à la peine, du moins dans sa partie publique. Les annonces (« un vaste processus de démocratie participative », « plusieurs ateliers participatifs d’ici l’été ») sont restées au stade de la communication.

En premier lieu, on a eu droit à une enquête pleine de couacs sur les « attentes » des habitants ; puis une réunion publique, à vocation confuse le 25 mai. Sans oublier, en simultané, l’occupation du 16 rue Saint Ursule (un immeuble vide situé au coeur du périmètre du projet) par le groupe Maurizia qui a mis le président-maire devant ses contradictions (il voulait de l’urbanisme transitoire, en voilà). Dur…

(périmètre du projet RDA)

Le projet RDA était né il y a 15 ans pour aménager le quartier en vue de la future gare TGV, puis mis en sommeil (faute de perspectives pour la LGV), avec toutefois la poursuite des acquisitions foncières par l’EPFL. Mais il n’a pas été abandonné. Son retour public le 25 avril a été précédé par la passation de marchés, notamment avec une agence d’urbanisme, Güller & Güller, il y a plus d’un an. Les 4 groupes, bénéficiaires des marchés, ont commencé à travailler il y a plus de 6 mois. Mais « la page est blanche » a fanfaronné le président-maire le 25 avril.

L’enquête « attentes » initiale

Elle a été victime, au démarrage, de nombreux couacs ou bugs, c’est selon : annoncée pour 2 jours, les 26 et 27 avril, sur le site, elle a été étendue jusqu’au 11 mai, a inclus la possibilité d’une réponse papier, et a fait l’objet d’une communication par affichette dans le quartier Saint-Esprit les derniers jours.

Plus bizarre : dans la version initiale, elle portait sur les usages du lieu, sa fréquentation (combien de fois, quels jours, avec qui, pour quoi faire, etc) et sur la perception du site (quels aspects sont appréciés). Avec, à la fin, une seule question ouverte « quels éléments aimeriez-vous qu’ils soient mis en valeur dans le projet ? » Quelques jours plus tard, deux nouvelles questions ouvertes ont été ajoutées : « Que souhaiteriez vous voir évoluer sur le site dans les prochaines années ? et « Qu’est-ce que ce quartier pourrait apporter de plus à l’Agglomération ? ». Mais ce n’était qu’un sondage sous prétention à une certaine rigueur scientifique.

Il y aurait eu 700 réponses, rapidement présentées oralement le 25 mai. Un livret les a réparties sur différents thème et est depuis peu disponible sur le site de la CAPB

(vue générale avec élu-e-s et président-maire)

Le premier « atelier participatif » du 25 mai.

Cet atelier est une sorte d’objet peu identifié. Sur le site de la CAPB, son objet et la liste de ses intervenants, ont ainsi fluctué. Il a été annoncé un rendu du sondage (fait), la présentation du projet par Güller (pas vraiment convaincant), avec aussi la participation de Plateau urbain (qui n’a pas été présenté ni n’est intervenu).

Plus d’une centaine de personnes était présente. Au final, la première partie de l’atelier a été informationnelle, avec quelques questions, rien de participatif. La seconde a été la reproduction sur place du sondage, les participants étaient répartis par table de 8, et invités à formuler leurs attentes sur des fiches autour de 6 thèmes (totalement cadré donc), puis les mettre sur les murs de la salle. Une simple technique pour faciliter la prise de parole, très répandue depuis quelques années, mais la participation citoyenne ne saurait s’y réduire. On attend le retour de cette séance, même sir les « attentes » recueillies ne semblent pas très différentes de celles du sondage antérieur.

(participants à table)

Reste une question importante : quel était le statut de cette réunion ? Dans le cadre d’un projet d’aménagement, une « concertation » répond à des contraintes réglementaires précises, même sans doute dès le stade de la « pré-programmation » qui est officiellement la phase actuelle. L’atelier du 25 ne semble pas rentrer dans un tel cadre. On comprend alors ce que le maire de Bayonne a voulu dire lors du Conseil municipal du 5 juin, en qualifiant cette réunion « d’avant-concertation ». Ni concertation, ni participation ce sera pour plus tard, du moins il faut l’espérer.

Lors de cette réunion, il a quand même été révélé que Güller travaillait depuis 6 mois, et avait fait un diagnostic du site. Le rendu n’a pas été très concluant, presque tout avait été dit il y a 15 ans déjà : la piétonisation du quai de Lesseps et le report de la circulation vers la voie ferrée, la nécessité de conserver les perspectives entre la citadelle militaire et la rive gauche de l’Adour, la végétalisation, etc. Il a aussi été réaffirmé les invariants du projet : logement (mais lesquels), campus universitaire (en repli d’Arkinova refusé à Anglet?), activités, espaces verts, etc.

Autant les « contenus » potentiels pourront être choisis par les opérateurs selon leurs désirs parmi les attentes exprimées à la réunion, autant les « contenants » eux-mêmes ne sont pas (encore?) soumis à discussion.

jeudi 25 mai 2023 Rencontre entre élus et riverain pour le projet rive droite de Bayonne, à la bourse du travail de Bayonne

(Président-maire – photo Sud Ouest, Nicolas Mollo)

Perplexité

On ne comprend toujours pas ce re-démarrage sur les chapeaux de roue. Quelle est l’urgence ? Les questions foncières ne semblent pas résolues, et même au point mort depuis que le sujet « Lesseps » avait été abordé lors du projet de quartier Saint Esprit il y a 5 ou 6 ans. A 3 reprises, depuis le 25 avril, le président-maire a annoncé un RV avec la SNCF dans les jours qui suivent : 3 ha à récupérer si SNCF veut, mais il est envisagé de faire sans. Quand à Pausa (l’armée), Duprat (en partie à l’État) et à la Pièce noyée (Port de Bayonne ?), ce n’est pas clair.

Et pourquoi maintenant ? Faire pression dans les négociations foncières pendantes ? Engager un dernier grand projet d’urbanisme dans l’optique des élections de 2026, le Prissé et le Séqué étant bien sur les rails ? Ou même imposer sa marque dans l’histoire avant (peut-être) de basculer de président-maire à sénateur en septembre prochain.

Et maintenant

Le calendrier de la suite de ce « vaste processus de démocratie participative » figurant sur le site de la CAPB oscille entre le vide et le flou : quelles étapes jusqu’au rendu de Güller au début 2024 ? A ce jour, 8 juin, rien.

On attend un vrai rendu écrit du diagnostic de Güller. Lors de la réunion du 25 mai, il a même été proposé de faire un diagnostic participatif, en marchant, partagé avec les habitants. On attend la réponse.

Il a aussi été proposé la création d’un comité de pilotage avec acteurs du quartier et habitants : on attend également la réponse.

Un mois après la demande, la CAPB a accepté de communiquer les cahiers des charges des 4 marchés signés pour le projet RDA (une telle communication est une obligation légale). On va pouvoir donc comprendre quelle est la commande politique à laquelle Güller et les autres sont censés répondre. Ce travail de décryptage fera l’objet d’un article dès que possible.

Sans attendre que le programme officiel se clarifie, pourquoi ne pas prendre au mot le président-maire : aider la CAPB à remplir la « page blanche » et à mettre en œuvre la « démocratie participative », pour « aider » les officiels.

Et constituer pour ce faire une « plateforme » citoyenne en s’inspirant de la démarche d’Herrian Bizi sur le logement ?

Patrick Petitjean, 8 juin 2023

Zubi Mayou veut la reprise du chantier Bergeret

(photo : fresque par des habitants sur les palissades du chantier)

Billet d’humeur

Zubi Mayou est le nom du projet d’habitat participatif qui devait prendre place sur l’îlot Bergeret. Il est porté par l’association Âge et partage 64. Le jour où le collectif Bergeret, formé par les riverains au lendemain de l’accident de grue qui avait coûté la vie à Mohamed Kichoui en mars 2022, devait rencontrer le maire de Bayonne pour discuter de l’avenir du chantier, le journal Sud Ouest publie un article sur Zubi Mayou où l’association annonce la reprise du chantier en septembre. Difficile d’y voir un hasard.

Ce que raconte l’association est totalement indécent.

Indécent, parce que l’association est restée silencieuse depuis l’accident et la mort du grutier. pour avoir disparu depuis l’accident et la mort du grutier. Elle n’a jamais manifesté de solidarité ou de compassion, elle était absente lors de l’hommage en mars dernier.

Indécent, pour être venue, au bout de 15 mois, se faire photographier (photo de Sud Ouest) devant la palissade de l’ex-chantier devenu une friche, comme pour prendre possession du lieu et pour dire « c’est à nous ». En plus, devant la fresque réalisée par des riverains pas très favorables à la reprise du chantier (celle de la photo de Une du billet). Une provocation ?

Indécent, et plus encore si c’est possible, pour se plaindre des maigres revenus des membres de l’association (à peine2000 euros par mois), en même qu’ils/elles avouent être tous/toutes propriétaires de leurs logements. Le niveau de retraite doit être évalué à leur absence de loyer à payer… Des propriétaires qui bénéficient d’un logement social. Le logement social contre le mal-logement de propriétaires ? On rêve.

Indécence du COL (pour la fixation du prix de vente) et de l’association (pour se plaindre de l’augmentation depuis 2 ans : 2600 euros le m², alors que le jour même, le prix moyen du neuf dans le quartier était évalué dans le journal autour de 4000 euros, certainement beaucoup plus pour des appartements sans vis-à-vis, avec vue sur l’Adour et la rive gauche, donnant sur le sud.

Et toujours cette question lancinante : alors que pour des projets de logement participatif social en BRS, comme celui d’HSA au Prissé ou du COL lui-même pour l’îlot « Vigilant » à Saint Esprit, font des appels publics à candidatures, réunissent les candidat.e.s, soupèsent leurs motivations et solidité, comment le choix des adhérent.e.s d’Age et partage 64 a-t-il été fait ? S’agit-il de relations amicales entre le COL la mairie de Bayonne et la présidente de l’association, ancienne présidente du COL et toujours présidente de l’association des coopérateurs COL ? L’opacité serait à lever

On nous dit aussi que c’est un beau projet social : un habitat participatif pour personnes âgées. C’est vrai, mais qui, pour des propriétaires, ne devrait pas ressortir pas du logement social et de financement public. Les aides pour l’accession sociale sont en principe dirigées vers les primo-accédants et non des déjà-propriétaires. Argumenter du besoin en logements sociaux à Bayonne pour justifier ce projet est honteux.

Patrick Petitjean, 6 juin 2023

Aupa Maurizia

photo : affichette « Bienvenue / Ongi Etori » à l’entrée du bâtiment

Le maire de Bayonne sur la défensive ?

La semaine qui se termine a vu les soutiens aux occupants du projet Maurizia s’étendre, jusqu’au sein du Conseil municipal (1er juin). Une première rencontre le 31 mai a permis d’ouvrir un dialogue, une seconde est prévue la semaine qui vient, mais toujours sans interruption de la procédure d’expulsion. L’audience en appel (non suspensif) contre la décision d‘expulsion a été repoussée au 6 juillet.

Le soutien le plus important est arrivé le matin de la rencontre avec le maire. Il est apporté par la quasi-totalité des associations dans le champ de la solidarité à Bayonne sous le titre « manifeste pour un urbanisme transitoire au Pays Basque ». Ces 12 associations affirment leur intérêt pour la démarche innovante du collectif Maurizia qui « ouvre un modèle sérieux pour répondre à la crise aiguë du logement et de l’hébergement au Pays basque et promouvoir la dimension socioculturelle au Pays Basque ». Et de conclure que les outils existent pour que Maurizia rentre dans le cadre de l’utilisation temporaire de foncier disponible.

photos : Recto et verso de l’appel des associations

Au conseil municipal de Bayonne le 1er juin

Le 1er juin, se tenait le conseil municipal de Bayonne. Vers la fin, était prévue une délibération pour renouveler la convention d’occupation temporaire de l’association Zizpa, qui gère le Gaztetxe, centre autogéré de jeunes. Il se situe sur le quai de Lesseps, à la hauteur du 13 rue Sainte Ursule à l’arrière. Donc à côté de l’immeuble occupé par Maurizia au 16 rue Sainte Ursule.

Il était impossible pour des élus solidaires de Maurizia de ne pas se saisir de l’opportunité de ce voisinage pour intervenir. Les interventions et la réponse du maire se trouvent sur la vidéo de ce conseil, entre 4h15 et 4h41.

https://www.bayonne.fr/ma-mairie/vie-municipale/conseils-municipaux/conseil-municipal-du-1er-juin-2023-31315

Photo : Salle du conseil (capture d’écran)

Jean-Marc Abadie (Bihar Baiona) a resitué le projet Maurizia dans la lutte contre les logements vacants, et a lu des passages de la déclaration des 12 associations. Puis, Mixel Esteban (EELV) a rappelé que, déjà, plusieurs occupations temporaires existaient dans cet ensemble de bâtiments (Gaztetxe, Pausa, Point Accueil Jour), et que les réserves foncières constituées quai de Lesseps par la ville pourraient être davantage utilisées, de manière temporaire aussi. Il a fait remarqué que le groupe était composé de jeunes qui avaient grandi à Bayonne, où leur famille habitait souvent encore, et que leur impossibilité de se loger était partagée par des dizaines et des dizaines d’autres du même âge.

Photo : Mixel Esteban (capture d’écran)

Dans sa réponse, le maire a confirmé avoir rencontré 3 porteurs du projet Maurizia, et compris qu’il combinait logement, culture et social. Avec un brin de paternalisme, il a trouvé ses interlocuteurs « bon enfant », sans violence verbale. Plus tard, il a fait état de sa compassion à leur égard. Il leur a reproché de « faire les choses à l’envers », en étant entrer sans autorisation dans l’immeuble, et a opposé leur attitude à celle de Zizpa, qui avant passé un accord avec la Ville pour avoir leur local.

Il a défendu l’état de droit – on en attendait pas moins d’un maire. Et réaffirmé que les règles étaient les règles.

Il avait été contacté par l’EPFL (propriétaire au nom de la CAPB), et n’est pas sans influence sur lui. Il va demander de ne pas envoyer pour l’instant la force publique, au moins jusqu’à la prochaine rencontre avec les occupants dans la semaine du 5 au 9 juin. Il a enfin reproché aux occupants d’organiser un concert le 2 juin, avec tous les risques de sécurité.

Mixel Esteban, a repris la parole pour rappeler que cette occupation ressemblait à celles qui avaient eu lieu au Pays Basque, de Bilbao à Bayonne, dans les années 1980 et que, déjà, à l’époque, on ne les écoutait pas assez. Certains des squatteurs de cette époque font partie aujourd’hui des animateurs des associations de solidarité à Bayonne, même conseillers municipaux…

Le soutien de Zizpa à Maurizia

La maire avait cherché à opposer l’attitude « responsable » de Zizpa à celle de Maurizia occupant un immeuble sans autorisation. Le lendemain du conseil, Zizpa publiait un texte de soutien à Maurizia, rappelant par là-même qu’ils avaient commencé par une occupation illégale, de l’ancien Palais de Justice.

Photo : communiqué de Zizpa

Le maire a-t-il les moyens de faire évacuer Maurizia ? Il en a certainement les moyens juridiques et policiers. Mais les moyens politiques ? Parmi les 12 associations, certaines sont très proches de lui. Aucune ne peut être qualifiée de radicale. Le soutien est aussi fort dans le quartier.

Surtout, cette occupation vient au moment où il relance le projet « Rive droite de l’Adour », en invoquant lui-même l’urbanisme transitoire. Quelque part Maurizia met en œuvre ce qu’il affiche vouloir faire, mais de manière plus jeune, plus sociale, moins contrôlée. Mais l’occupation bouscule le déroulement prévu de son projet et sa communication. S’il a de grandes capacités d’adaptation, on le voit mal se contenter de dire « OK, allez-y, vous aurez votre bail intercalaire ». On peut faire confiance à sa plasticité et à son imagination pour trouver un moyen de sortir de son impasse actuelle sans en appeler à la force publique.

A part cela, contrairement aux craintes du maire, la soirée du 2 juin s’est bien passée.

Photo : Aupa Maurizia (merci à Sophie B pour la photo de une et cette dernière)

Prochain RV : le 6 juin, après la manifestation syndicale contre la retraite à 64 ans. La maison des syndicats d’où partent les manifestations est justement au début de la rue Saint Ursule.

Toutes nouvelles sur leur page facebook :

https://www.facebook.com/profile.php?id=100092660680086

Patrick Petitjean 3 juin 2023

Soutenir le projet Maurizia

Photo de G. Fauveau, reprise de Mediabask du 17.5.23

Le squat rue Sainte Ursule à Bayonne a besoin d’un soutien urgent

Semaine décisive pour le projet Maurizia, 16 rue Saint Ursule à Bayonne, un immeuble vide « réquisitionné » par une dizaine de jeunes squatteurs, pour se loger et développer un projet social sur le quartier.

Des discussions sont programmées avec le maire et des élus, alors même que la procédure d’expulsion reste en cours, selon la volonté du maire-président.

Il est donc très important et urgent de signer la pétition de soutien, le nombre de signataires pèsera dans ces discussions : https://chng.it/9BS2rcRQsY

En même temps, le squat s’installe dans la durée, avec un programme copieux. Le lieu avait été investi le 4 mai, puis rendu public le 16 mai. L’EPFL, propriétaire au nom de l’Agglo, avait immédiatement engagé la procédure d’expulsion.

Photo : le programme de la semaine

Le contexte de cette occupation est pour le moins original. Tout le secteur est l’objet d’un grand projet d’aménagement, annoncé fin avril lors d’une conférence de presse de Jean-René Etchegaray, Maire de Bayonne et Président de l’Agglo. Avant de présenter le projet Maurizia, il faut faire un retour sur ce contexte.

Dans sa présentation du projet « Rive droite de l’Adour », le maire-président avait laissé officiellement ouverte la possibilité de ne pas détruire l’ensemble des bâtiments (une bonne dizaine) actuels situés entre le quai de Lesseps et la rue Sainte-Ursule.

En dehors des bâtiments militaires où est installé le centre Pausa pour l’accueil des personnes migrantes, les autres ont été achetés entre 2010 et 2014 par l’EPFL (établissement public foncier local) pour le compte de l’Agglo. Ils ont été progressivement vidés de leurs habitants et activités, à l’exception de salles encore utilisées par une association pour du yoga et de la gymnastique.

Quelques rares occupations transitoires, avec des baux précaires ont été consenties par la Ville : un Gaztetxe (maison autogérée par des jeunes) et un « point d’accueil jour » pour les sans-abris (avec Atherbea). Deux types d’activités que le maire-président dit vouloir pérenniser dans le futur projet, sans dire comment ni à quel endroit à ce stade.

Les projets du maire précédent, Grenet, il y a une vingtaine d’années, prévoyait de tout raser. Ce n’est, officiellement, plus la perspective actuelle. De toute façon, il y a au moins deux bâtiments patrimoniaux dont la destruction serait difficile à justifier, dont l’un date du 18e siècle (le dernier vestige des entrepôts du Port de Bayonne de cette époque) et un immeuble de type hollandais.

Plusieurs bâtiments semblent en bon état, dont celui occupé. Que de tels immeubles restent vides alors que que la crise du logement redouble à Bayonne comme ailleurs, est un scandale récurrent.

Photo de l’immeuble occupé, façade côté quai de Lesseps

Dans sa conférence de presse, le maire-président avait avancé l’idée d’un « urbanisme transitoire » pour les bâtiment existants, et signé un marché public avec une agence « Plateau urbain » pour le conseiller en ce sens.

On peut dire que le groupe de squatteurs l’a pris au mot, ou même l’a devancé, sans qu’il y ait besoin de faire appel à une agence spécialisée. Le Projet Maurizia coche toutes les cases de ce que dit vouloir faire le maire-président.

Leur projet est présenté dans une vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=QhGq-puh13s

Ils et elles le résume en 5 points :

– loger l’ensemble des participants au Projet Maurizia ;

– mettre à disposition des services de la vie commune ;

– développer l’aspect social et solidaire ainsi que le vivre ensemble ;

– promouvoir la culture au coeur du développement urbain et mettre à disposition des espaces et ressources autour de cette volonté ;

– proposer des espaces pour se réunir, s’organiser pour les associations bayonnaises.

La remise en état de l’immeuble va déjà bon train. Un premier repas populaire a été organisé la semaine dernière

photo : le repas, dans le hall côté Sainte Ursule.

Pourtant, l’occupation est en danger.

L’EPFL, établissement public qui porte le foncier local au nom des mairies et de l’Agglo, est propriétaire, mais sans autonomie réelle vis-à-vis du maire-président. Il a envoyé les huissiers à plusieurs reprises. Aucune effraction n’a été constatée. En l’absence des squatteurs (ni avertis ni conviés à l’audience), le tribunal de Bayonne a ordonné leur expulsion le 23 mai. Le 25, un huissier est venu faire une première tentative d’expulsion, à l’amiable, sans succès.

Les squatteurs ont toujours affiché leur volonté de conclure avec la Ville un « bail intercalaire » pour permettre à l’expérimentation de se déployer sur au moins 6 mois. Après avoir fait la sourde oreille pendant plusieurs jours, le maire-président a du accepter la présence des squatteurs lors d’une réunion publique (mais sur inscription seulement) de présentation officielle du projet d’aménagement, puis de les rencontrer cette semaine. A suivre donc…

Dee nouvelles sur leur page facebook :

https://www.facebook.com/profile.php?id=100092660680086

En attendant, la solidarité s’organise dans le quartier Saint-Esprit, et elle promet d’être forte, compte tenu des traditions militantes, mais aussi de ce que cette occupation dessine en creux de perspectives alternatives pour l’aménagement « Rive Droite de l’Adour ».

Patrick Petitjean, 30 mai 2023

photo sur la dalle du 1er étage entre les deux parties du bâtiment

Baionan Bizi – Se loger à Bayonne (4)

Le Tram-bus, support d’une politique de peuplement

Les grands moyens de transport ont un rôle structurant dans l’aménagement d’une ville. D’un point de vue écolo, c’est une bonne approche de l’aménagement que de placer les moyens de transports publics et de construire / reconstruire à proximité. C’est un moyen important pour réduire la place des voitures.

Mais, comme on le voit en Région parisienne avec les métros du Grand Paris, cela attire les promoteurs, fait monter les prix du foncier, et si on est dans le « laisser faire », les couches moyennes affluent et repoussent plus loin les habitants plus modestes. C’est le cas pour le Grand Paris… et Bayonne.

On attend au contraire qu’une politique publique, de gauche et écolo, combine le droit au logement pour tous et la transition écologique. Inversement, on ne peut être surpris qu’une politique libérale, comme celle conduite par la municipalité bayonnaise débouche sur des changements de population le long de ces infrastructures de transport, en toute conscience.

A Bayonne il y a deux lignes de « bus à haut niveau de service », appelés tram-bus » pour les besoins de communication. Dans leur partie Nord, le T1 et le T2 desservent des centres commerciaux et des cités HLM anciennes (années 60 et 70), ce dont on ne peut que se réjouir Mais les nouvelles opérations immobilières qui accompagnent depuis quelques années la mise en service de ces lignes visent d’autres populations, avec des revenus plus conséquents, y compris résidences secondaires ou logements à vocation Rbnb : comme disent les publicités des promoteurs, nous sommes à quelques minutes du centre ville et de la gare.

Le T2, qui va de Marracq à Tarnos est un facteur important de spéculation depuis quelques années, surtout pour sa branche Nord, entre la gare et Tarnos, le long de la rue Maubec et de l’avenue Louis de Foix en passant par le carrefour Matras. La branche Sud est en cours d’ahèvement au-delà de Marracq.

La communauté d’agglo a défini, fin 2020, deux « périmètres de réflexion » de plusieurs hectares chacun, le long du T2, pour permettre l’intervention de l’EPFL (Etablissement Public Foncier Local, en charge du portage foncier à la place des communes ou de l’agglo). L’un, Montalibet, concerne la branche Sud, entre le stade Dauger et l’hôpital ; l’autre vers le Nord, Matras, se situe en face du cimetière israélite, sur le côté Ouest de l’Avenue Louis de Foix.

Dans les deux cas, il s’agit officiellement de rénovation urbaine pour une meilleure qualité d’insertion du T2, avec logements et activités, mixité sociale, etc. Tous les bons mots figurent dans les délibérations de l’agglo pour justifier préemptions, démolitions, constructions, etc.

Les promoteurs n’avaient pas attendu les décisions de l’agglo pour lancer des projets immobiliers. Ainsi, dans le secteur Montalibet, on rencontre déjà Alday, avec 17 logements rue Léon Moynac, et Zokato (avec Hébrard comme architecte) avec 14 logements rue Raymond de Martres. Une dizaine d’autres parcelles sont déjà dans le portefeuille de l’EPFL

Dans le secteur Matras, il y a eu trois parcelles achetées par l’EPFL, mais encore aucun permis de construire n’est encore déposé. C’est avant et après ce secteur que les opérations immobilières se multiplient.

Un travail de repérage (effectué en novembre dernier) des PC affichés à moins de 5 minutes à pied d’un arrêt du T2, comme dans le haut de la rue Maubec ou chemin de Hargous (une rue parallèle à Léon de Foix) a permis de faire l’inventaire des chantiers récents, en cours ou annoncés. On dénombre 11 chantiers, avec entre 12 et 87 logements chacun, soit un total de 392 logements.

Il faut peut-être y ajouter une résidence seniors (Nexity) avec 104 appartements, complétés par 26 logements en accession « à prix maîtrisés ». Peut être, car affiché cet automne, le PC semble avoir été annulé en janvier.

Les promoteurs sont ceux qu’on retrouve souvent, comme hier à Saint Etienne et Belharra : Pichet (pour 2 opérations, dont celle de 87 logements), Bouygues, Cogedim, Kaufmann & Broad, Aedifim, Eiffage et quelques autres. Parfois ces nouvelles constructions se font au prix de la démolition de maisons basques typiques, parfois en artificialisant des parcelles arborées et végétalisées, notamment dans le projet L’Hargousier de l’Aedifim (voir photos de villas à démolir pour l’Hargousier de l’AEDIFIM et pour Ahoya de Bouygues)

Dans toutes ces opérations, il n’y a pas de logements sociaux, au sens de la loi SRU (locations, PSLA, BRS), mais l’Hargousier affiche parfois de « l’accession sociale » dans sa communication. Tous ces projets affichent de l’accession « aidée » via le PTZ (Prêt Taux Zéro), ou « maîtrisée » (catégorie très floue). Quasiment tous sont accessibles au dispositif « Pinel », qui encourage l’achat pour location à l’année, avec des réductions fiscales.

Pour les prix, le Carré Haizean (16 logements au 44 chemin de Hargous) affiche une moyenne de 5 000 euros le m². Ailleurs, c’est rarement au-dessous de 4 000 euros le m².

Pour toutes ces opérations c’est le libre marché immobilier, le laisser faire, encouragé par un plan local d’urbanisme encore permissif, tant par le seuil élevé où se déclenche l’obligation de mixité sociale, que par l’assimilation de l’accession « aidée » ou « maîtrisée » à de l’accession sociale, sans que cela soit conforme à la loi SRU.

On peut donc parler d’une politique consciente de peuplement, d’une politique en vigueur pour attirer des couches moyennes aisées, au nom de la mixité sociale, et en s’appuyant sur la valorisation du passage du T2.

On peut d’autant plus parler de nouveau peuplement, que des logements locatifs sociaux existent depuis longtemps sur cette partie du trajet du T2. Il y a 3 cités, datant des années 1960 et 1970 : Porcelaine, avec 40 logements en face du secteur « Matras » ; Bedat, vers le milieu de la rue Maubec (côté Est), avec 146 logements, récemment rénovés.

Et surtout la Citadelle, entre le fort militaire et la rue Maubec (côté Ouest). Une opération démolition / reconstruction / rénovation / mixité sociale a été engagée récemment. Elle comporte tous les ingrédients des grosses opérations de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. Sur 241 logements, la démolition de 153 d’entre eux vient de commencer (photo des blocs vidés, murés et en désamiantage). Leur reconstruction est à venir. 88 vont être rénovés. Et pour la mixité sociale, 79 appartements supplémentaires vont être construits, en accession sociale, ciblant les classes moyennes.

De la mixité sociale dans les cités ? Sans doute. Mais aussi en mettant des HLM dans les nouvelles constructions le long du T2. Et encore mieux, avec des HLM au centre ville et à Paulmy. L’enjeu principal pour le logement à Bayonne, c’est le locatif public, les HLM.

A suivre : un 5ème et dernier volet sur les choix de développement à moyen terme.

Patrick Petitjean, le 31 mars 2023, révisé le 28 mai