Fin de l’occupation de la ferme Olha

Les associations et collectifs (ELB, Ostia, Lurzaindia et habitants de Senpere) qui occupaient le domaine Olha à Saint-Pée ont d’un commun accord mis fin à cette action le 29 août. Le rapport de force n’était pas suffisant pour faire reculer vendeur et acheteur, qui avaient finalisé l’acte début août. Il faut dire que la famille Teillaria (l’acheteur) est propriétaire de la Maison Adam (« les macarons de la spéculation ») une institution luzienne puissamment soutenue.

Sur ce dossier, voir mes billets précédents des 29 juin et 14 août sur lepimentbayonnais.fr.

Pour finir l’action en beauté, 2 actions de blocage ont été organisées le matin du mardi 29 août à Bayonne (accès Nord) et Saint Jean de Luz (devant la gare). Une quarantaine de tracteurs et 200 personnes ont participé à ces actions.

L’occupation a certes échoué au regard de son objectif d’empêcher la vente, mais a a marqué une étape dans la prise de conscience de l’impact de la spéculation sur les terres agricoles et de la nécessité de préserver à tout prix la terre nourricière.

Lutte de classes en terre paysanne

Un peu comme post-scriptum à cette action, le journal Mediabask a publié un long entretien de William Roux avec la fille des anciens locataires sous le titre « La ferme Olha, une histoire, deux familles », où elle raconte l’expulsion du domicile que sa famille occupait depuis plus de 30 ans. Un récent éclairant sur les conflits de classe dans la campagne.

L’article entier est réservé aux abonnés de Mediabask. En voici des extraits.

« Le chant des oiseaux, le lac, la forêt touffue. Dans une impasse perdue de Saint-Pée, la ferme Olha était pour les époux Moleres et leur fille, leur “petit coin de paradis”. En 1989, lorsque un couple d’agriculteurs retraités prennent la direction de Biarritz, Mayi et Daniel Moleres emménagent dans la ferme Olha et ses 800 m² de jardin entourés de plus de 50 hectares boisés. L’endroit leur est familier. Mayi Moleres est née à Chuasti, la ferme voisine quelques mètres en contrebas.

“Chuasti était la ferme familiale. Mon oncle et ma tante, agriculteurs, ont exploité cette ferme à la suite de leurs parents. Mes aïeux métayers travaillaient déjà sur ces terres. La famille d’Elbée a acquis ce domaine au début des années 1960”, se souvient Maritxu Moleres, la fille unique des anciens locataires de la ferme Olha.

Entre les Moleres et les d’Elbée, les liens sont excellents durant plusieurs décennies. “Il y avait une relation de confiance et de services. Le Comte Elie d’Elbée avait du respect pour les agriculteurs et c’était un passionné d’ornithologie”. Si en 2015, Elisabeth D’Elbée, l’héritière de la ferme, émet l’idée de vendre son bien, ce n’est qu’en avril 2021, qu’elle prend sa décision. Lors d’une visite à ses locataires, elle annonce qu’une lettre de congé pour vente arrivera en juillet, soit six mois avant la fin du bail qui doit intervenir fin janvier 2022. Les époux Moleres ont alors 68 ans. Ils louent la ferme Olha pour 320 euros par mois depuis plus de 30 ans.

“Cette annonce fait l’effet d’une douche froide car ma mère est affaiblie par le traitement de son cancer du poumon, elle est alitée”, confie l’œil humide Maritxu Moleres. C’est dans ce contexte a débuté la valse des visites avec une agence immobilière de luxe : Côte Ouest immobilier Christie’s. “Je ne voulais pas exposer ma mère aux visites par pudeur ou par dignité. Mon père continuait à travailler comme jardinier, cela engendrait des contraintes d’organisation peu compatibles avec le fonctionnement d’une agence aux clients exigeants”. Une dizaine d’années auparavant, la ferme Chuasti avait été vendue par Elisabeth d’Elbée pour près d’un million d’euros. Olha, ses 330 m² habitables, ses cinq chambres et ses 28 hectares, est d’abord mise en vente pour la somme astronomique de 2,45 millions d’euros.« 

Mais les conditions légales du « congé pour vente » ne sont pas remplies, et les propriétaires sont dans l’obligation de reloger les locataires à l’identique. “Sauf que l’identique n’existe pas dans le secteur à cause de la tension du marché de l’immobilier. Même une maison de 90 m² avec un garage et un jardinet dans un rayon de cinq kilomètres entre Ahetze, Saint-Jean-de-Luz et Guéthary, reste introuvable”, constate celle qui voulait que ses parents restent près de l’endroit où ils ont passé leur vie. Sa mère meurt en juin 2021, ce qui n’empêche agence et notaire de poursuivre les procédures de mise en vente et de négociation de compensations pour un départ de la ferme. La première mise à prix pour la vente de la ferme avait été de 2,45 millions d’euros. Mai vendre un logement occupé fait diminuer la valeur spéculative d’un bien… et la procédure de vente est à l’arrêt.

C’est seulement un an plus tard que le notaire prend en main la négociation pour un départ indemnisé de la ferme, qui se termine à l’automne 2022. « Début 2023, Daniel Moleres rend les clés. Il est hébergé provisoirement sur Ahetze dans sa famille ». Et la vente se conclut finalement au printemps pour 1,3 millions d’euros

Patrick Petitjean, 10 septembre 2023

Olha : l’occupation se poursuit

Engagée le 27 juin, l’occupation du domaine Olha, à Saint-Pée-sur-Nivelle se poursuit. Il s’agit de refuser une vente spéculative à des non-agriculteurs. L’occupation est à l’initiative d’un collectif d’habitants de Saint-Pée et d’Ostia avec le soutien du syndicat paysan ELB et de Lurzaindia, auxquels la FDSEA vient de se joindre. Voir le premier article publié le 29 juin sur ce blog pour le début de l’occupation.

Pour mémoire, il s’agit d’un domaine d’une cinquantaine d’hectares, principalement boisée, avec 6 ha de prairie, exploités par un agriculteur voisin, 2 ha d’un étang, et une ancienne ferme inhabitée. Le domaine est classé en zone naturelle au PLU de Saint-Pée, et n’est plus considéré comme une exploitation agricole, ce qui facilite sa vente. La LPO y a géré une réserve ornithologique.

La vente se fait au prix de 1,3 millions d’euros. La SAFER a estimé la partie agricole à 220 000 euros. Elle a proposé de préempter cette partie seulement, mais la vendeuse (basque) a refusé, de même que de baisser son prix de vente. La SAFER était légalement fondée à intervenir, s’agissant d’un prix spéculatif et d’une vente à des non-agriculteurs : la famille Teillaria, propriétaire de la Maison Adam, célèbre pour ses macarons.

Plusieurs manifestations ont eu lieu devant la Maison Adam à Saint-Jean-de-Luz ou devant l’office notarial chargé de la vente. L’acheteur se défend en faisant état d’un projet « agricole » : culture de noisetiers, figuiers et cerisiers, ruches : produits nécessaires à leur entreprise de « gastronomie basque ». Il s’affiche aussi écolo (permaculture et rotation des cultures) et social (des potagers pour les employés de l’entreprise). Sans rire.

Cette belle déclaration d’intention n’a évidemment convaincu personne, vu les éléments du domaine et sa proximité avec Saint-Jean-de-Luz. Ce qui n’a pas empêché la vente d’être officiellement actée le 2 août. Ostia appelle au boycott de cet acteur de la gastronomie basque.

Depuis, la mobilisation continue pour préserver la totalité du domaine, ses terres agricoles et sa biodiversité. Un pique nique et un concert ont eu lieu le samedi 12 août sur le site.

Surtout, 70 maires ont rendu public leur refus de cette vente, leur volonté de préserver cette terre agricole. Parmi eux, les maires de Saint-Pée et Ahetze, villes les plus proches, mais pas Saint-Jean-de-Luz. Sur le littoral, seules Hendaye, Urrugne et Ciboure ont signé. Faut-il s’en étonner ? https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20230811/saint-pee-l-occupation-de-la-ferme-olha-continue

L’occupation continue, d’autres actions sont programmées. Notre soutien est indispensable. Le domaine est situé au nord-ouest de Saint-Pée-sur-Nivelle (Senpere), 1420 chemin Zukaizti, non loin d’Ahetze et de Saint-Jean-de-Luz

Patrick Petitjean, 14 août 2023

Les Résistantes sur le Larzac

Du 3 au 6 août, plusieurs milliers de militant.e.s écologistes se sont retrouvé.e.s sur le Larzac.

Ces rencontres écologistes étaient coorganisées par la Confédération paysanne, les Faucheurs et Faucheuses volontaires d’OGM et Terres de lutte. 4 jours pour réfléchir ensemble, pour mettre en valeur les résistances et les victoires.

L’appel Résistantes 2023

L’appel pour ces « rencontres des luttes locales et globales »était résolument offensif. Face à un gouvernement « qui impose son agenda destructeur et libéral ». « Réforme des retraites, mégabassines, lois sécuritaires, soutien à l’agro-industrie, greenwashing permanent et toutes sortes d’attaques sur nos froits et sur le Vivant s’enchainent à une vitesse effarante ». Le tout s’appuyant sur une répression toujours plus importante, en particulier contre les mouvements écologistes.

Les rencontres sont organisées pour mettre à l’honneur les résistances vivaces : des millions de marcheurs contre la réforme des retraites, des dizaines de milliers de manifestants sont les projets inutiles, imposés et polluants, en un mot, destructeurs. « Chaque jour, de nouveaux collectifs naissent, de nouvelles personnes se mettent à agir pour l’intérêt général, l’agriculture paysanne, le Vivant et la justice sociale

(Ouverture des rencontres)

Elles étaient placées sous une double égide : la référence du Larzac (dont la victoire finale) et les Soulèvements de la terre.

Larzac 1973-2003-2023

Les rencontres marquaient aussi tant le 50ème anniversaire du rassemblement de 1973 (100 000 personnes) contre l’extension du camp militaire, que le 20ème de celui de 2003 (200 000 personnes) pour la solidarité altermondialiste.

1973 a été le point culminant d’une mobilisation qui s’est étendue sur plusieurs années, marquée par la floraison de centaines de « comités Larzac » dans toute la France. Le projet d’extension a été abandonné en 1981 après l’élection de Mitterrand. Depuis, le Larzac est resté symbolique : un territoire de rébellion, de résistance, d’unité, de désobéissance civile. On parle encore d’un « esprit Larzac ».

2003 était de nature différente, à l’apogée du mouvement altermondialiste et des forums sociaux mondiaux : contre la marchandisation du monde, on mettant en avant les bases de la solidarité internationale

2023 était là pour acter les nouvelles formes du mouvement écologiste, son développement, son nouveau contenu (le Vivant, l’inscription dans des territoires, les multiples facettes, la coexistence de stratégies diverses, …), après l’impasse des grandes manifestations des dernières années et le succès de la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes. En ce sens, les Soulèvements de la Terre, par leur problématique (la terre qui se soulève) et leur organisation en réseau, sont l’expression de cette nouvelle étape. Sans surprise, ils ont été une référence permanente des débats ; la soirée de soutien qui leur a été consacrée, et l’assemblée des comités SLT locaux ont été les plus suivis.

Les rencontres se déroulaient à la veille de l’étude du recours suspensif contre leur dissolution par le Conseil d’État, et une certaine discrétion était de rigueur. Quelques jours plus tard, le recours a été gagnant, permettant à SLT de reprendre toute sa place dans les manifestations de rentrée.

https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/suspension-du-decret-de-dissolution-par-le-conseil

(photo Guillaume Parveau pour Mediabask)

Réfléchir

Ce n’était pas un rassemblement, mais 4 jours de rencontres pour réfléchir ensemble sur ce qui rassemblaient toutes ces luttes locales en même temps que globales, et pour préparer les nombreuses initiatives prévues pour la rentrée.

La participation était donc auto-limitée (inscription préalable dissuasive en pratique), même si avec 7500 participants, les chiffres prévus ont été fortement dépassés

Plus de 150 forums, tables rondes, formations, assemblées de mouvements; plus un village associatif; plus encore des spectacles, films, concerts. Selon le journal Reporterre, 200 collectifs avaient répondu à l’appel. Par ailleurs, Reporterre tient à jour une carte des luttes locales : 600 sont répertoriées et localisées (https://reporterre.net/Carte-des-luttes-des-contestations-locales-toujours-plus-vives), dont 100 victorieuses.

Des moments importants pour développer des passerelles et structurer davantage les réseaux ont été la tenue d’assemblées, regroupant chacune les collectifs intervenant sur des thèmes voisins : jardins populaires en lutte, luttes contre les fermes usines, luttes contre les entrepôts et les flux logistiques, déroute des routes, luttes pour l’eau, comités locaux SLT et luttes locales, pour des forêts vivantes, coalitions de luttes régionales (pour créer des alliances multilocales), luttes antinucléaires, luttes contre les méthaniseurs, scientifiques en rébellion.

Tous ces collectifs se retrouvent dans une même lutte pour les biens communs essentiels (l’eau, l’air, les sols et les sous-sols, les terres agricoles et l’alimentation locale, les forêts), dans un contexte de crise écologique et de pollution systémique. Un débat particulièrement important a porté sur les imaginaires : se projeter vers un avenir souhaitable. On peut retrouver ce débat sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=PpJY9IISIZo&t=19s

Une ambition très politique donc, renforcée par la référence récurrente aux Soulèvements de la terre, même si elle diffère de celle des partis politiques, sans obligatoirement s’y opposer. Des députées EELV et LFI étaient présentes aux rencontres (Marie Toussaint, Marie Pochon, Aurélie Trouvé …), d’autres aussi peut-être. EELV et LFI sont particulièrement actifs également dans le soutien à SLT contre la dissolution.

Des regrets cependant : qu’il n’est pas été possible de donner une place plus visible à des thématiques comme le mouvement social sur les retraites, les personnes migrantes, la solidarité internationale, la révolte des quartiers populaires, les menaces de l’extrême-droite. Toutes thématiques qui peuvent se croiser avec « la terre et ses habitant.e.s qui se soulèvent », et d’ailleurs évoquées dans l’appel aux rencontres. A ce propos, on peut se référer à l’entretien avec Fatima Ouassak (Front des mères) sur l’écologie dans les quartiers populaires publié dans Reporterre au moment de la révolte des banlieues fin juin. https://reporterre.net/Fatima-Ouassak-On-etouffe-les-personnes-qui-vivent-dans-les-quartiers-populaires?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_hebdo

Quelques unes des initiatives de la rentrée

Convoi de l’eau de Sainte Soline à Paris du 18 au 27 août (https://bassinesnonmerci.fr/index.php/2023/06/01/18-27-aout-le-convoi-de-leau-sainte-soline-orleans-paris/)

23 septembre, pour l’abolition des bombes nucléaires (ICAN)

(http://icanfrance.org/)

7 octobre, actions contre les projets routiers partout (https://www.laderoutedesroutes.com/)

BAB luxe tour

Contre la spéculation, pour la défense de la terre

Le samedi 15 juillet, le Collectif Ostia a organisé plusieurs mobilisations pour dénoncer la spéculation au Pays basque, et notamment sur les trois villes du BAB. Des opérations péculatives ont donné lieu à des rassemblements à Sare, Ahetze, Ayherre (bords de l’Arbéroue) et Isturitz. Les mobilisations les plus fortes ont eu lieu à Cambo, contre le projet Marienia (objet déjà de nombreuses manifestations) et sur le BAN, pour un « luxe tour » sous la pluie.

Ces mobilisations viennent en appui à l’occupation de la maison Olha à Senpere, engagée le 27 juin, et qui a fait l’objet d’un article précédent. Elles font converger la défense des terres horticoles et des terres (foncier) urbaines. Le droit à l’alimentation et le droit au logement

https://lepimentbayonnais.fr/2023/06/29/pays-basque-non-a-la-speculation-sur-les-terres-agricoles/

Partant de Biarritz, avec plusieurs arrêts à Anglet et Bayonne, ce tour avait pour objectifs de dénoncer quelques uns des projets les plus spéculatifs sur le BAB, loin d’être exhaustifs. La pluie battante a aussi contribué à supprimer certaines étapes.

Les projets « visités » avaient pour caractéristiques de contourner les règles des PLU pour éviter d’inclure des logements sociaux, d’avoir des coûts de sortie au-delà de 8000 euros le m², des pubs qui insistent sur le « haut de gamme », « le produit d’exception » et « rare ».

Et de poser la question : pour qui construisez-vous ? Soulignant l’entre soi recherché des riches

Le Tour a été accueilli par Lysiann Brao, élue à Biarritz, qui a donné leur sens aux mobilisations du jour en se référant à l’esprit des « soulèvements de la terre », dont Ostia est le correspondant local :

(ouverture par Lysiann Brao)

« Nous nous tenons là debout, les pieds ancrés dans la terre, la terre qui nous nourrit, qui nous porte, sans qui aucun projet humain ne verrait le jour. Ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est une question de choix, de réflexion commune : que devons faire de la terre ?

Après des années, voire des décennies de choix politiques qui ont mis de côté le fait que la terre n’est pas limitée, qu’elle n’est pas infinie, l’heure est venue de la penser autrement, car elle devient rare.

La rareté implique de faire des choix. Des choix cruciaux pour notre avenir. La terre doit être gérée comme un bien unique et précieux et chaque nouveau projet doit dorénavant apporter des preuves de son concours à l’intérêt général. Les collectivités publiques doivent donc investir massivement leur rôle d’arbitre et de faire valoir des intérêts généraux. Il ne s’agit plus d’essayer, de tenter, mais bien d’agir » (…) « en coupant avec les modèles obsolètes, et en choisissant l’intérêt général, l’intérêt de la terre pour tous ».

Biarritz

Le projet « Aguilera », près du stade du BO, consiste en la construction de 300 logements, environ, sur l’un des derniers fonciers publics de la ville de Biarritz. Loin de faire valoir les intérêts généraux de la population, la maire a décidé d’y limiter la construction de logements sociaux à 56 %, en location et accession sociale. Les élus du groupe « Euskal Herian Vert et Solidaire », Lysiann Brao et Brice Morin ont défendu l’idée de 100 % de logements accessibles, sans aucun soumis au marché libre et à ses 8000 euros du m².

A Anglet et à Bayonne aussi, d’importants fonciers publics ne sont que partiellement réservés aux intérêts généraux, le reste étant confié au privé.

Après Aguilera, le cortège d’une dizaines de vélos et de plusieurs covoiturages a parcouru des rues d’Anglet et de Bayonne, en clamant « « tout le monde déteste les spéculateurs » et « promoteurs, spéculateurs, association de malfaiteurs ».

Anglet

1er arrêt à la Villa Joia

(panneau avant démontage)

C’est un projet de de 12 logements à plus de 8000 euros le m² de Bouygues sur une surface de 799 m² au sol (à partir de 800, le PLU d’Anglet impose quelques logements sociaux). Le panneau a été démonté, et on le retrouvera devant le siège de la CAPB. Le chantier a été décoré.

(Villa Joia après le tour)

2e arrêt sur l’ex-centre technique municipal.

C’est une friche de 2ha de foncier public, que la ville va concéder à un promoteur (Eden) pour y construire 120 logements, dont seulement 50 sociaux. Là aussi, la minorité de gauche et écologiste a demandé 100 % de logements sociaux lors d’un conseil municipal en avril. Ce projet est présenté comme écoquartier, avec 50 % de renaturation. Peu convaincus, des habitants ont constitué un collectif pour contester le projet.

(photo devant friche ex-centre technique)

3e arrêt rue du Bois Belin

Il y a 2 projets annoncés au 31 et au 33 : la résidence Angelu (10 logements), qui en est au stade de l’espace de vente, et surtout la villa Anaya de Bouygues, où la maison reste à démolir : 10 logements aussi pour une surface au sol déclarée de 799 m², contournant une nouvelle fois le PLU. Bien joué, Bouygues

(photo maison décorée, future anaya après démolition)

Deux autres projets semblables ont été ignorés, pour cause de pluie, Le Clos des 5 cantons (Alday) et Waldorf (Rey). Aladay et Rey sont deux promoteurs, très actifs sur le BAB, que nous retrouverons donc à Bayonne

Bayonne

1er arrêt Villa Paulmy

C’est une opération d’Alday, qui vient juste d’être livrée sur les allées Paulmy : les panneaux étaient encore par terre dans la cour d’entrée. Les propriétaires, nouveaux occupants, se sont montrés particulièrement agressifs vis à vis des manifestants qui empiétaient de quelques mètres sur leur cour (privée)…

(banderole sur la clôture de la Villa Paulmy)

Au même endroit, c’est le « 14 allées Paulmy », le centre d’oncologie qui va déménager à la fin de l’été pour les Hauts de Bayonne. Cette parcelle, et des limitrophes, sont déjà l’objet de spéculation immobilière. Il y a 2 ans, lorsque le déménagement du centre avait ét décidé, un collectif s’est constitué pour demander 100 % de HLM pour la quarantaine de logements envisagés : les HLM sont absents du centre ville de Bayonne. La question est d’une actualité brûlante.

(des HLM à Paulmy)

2ème arrêt, Zagato, 5 avenue Raymond de Martres

Il s’agit d’un immeuble de 14 logements du promoteur Rey, associé pour l’occasion à l’architecte Hébrard, omniprésent à Bayonne dans ces opérations « haut de gamme ». La pub indique « logements luxueux à proximité de l’offre de soins ». Les prix avoisinent les 9000 euros du m2.

Situé entre le stade rénové de l’AB et l’hôpital de la Côte basque, le quartier Montalibet est en pleine restructuration à l’occasion de l’implantation du passage du tran-bus n°2. C’est un secteur d’intervention de l’EPFL, pour achats à l’amiable ou préemptions. A côté de Zagato, un nouveau permis de démolir vient d’être déposé pour une maison : projet immobilier à venir.

(Zagato)

Dans ce quartier aussi, figure le projet Xoko Ferdea de Bouygues, une étape supprimée du tour pour cause de pluie. Avec 17 logements, pour rester en dessous du seuil du PLU obligeant à quelques logements sociaux. Avec des prix au-delà de 7000 euros le m2

(Xoko Ferdea)

La partie Nord (rue Maubec) du tram-bus n°2 a vu les mêmes opérations de démolition / reconstruction pour des logements, sans doute moins « haut de gamme » qu’à Montalibet, mais en accession libre, avec peu d’aidés, et sans logements sociaux : de la gentrification à l’état pur, avec notamment Bouygues et Pichet à la manœuvre.

Un dernier arrêt bayonnais était prévu dans le centre ville, mais non réalisé: la Villa des Arènes, avec 13 logements (sous le seuil du PLU toujours), par Alday, avec le m² entre 8000 et 9000 euros.

CAPB

Le tour s’est terminé devant le siège de la CAPB à Bayonne, pour y déposer les panneaux récoltés pendant le tour,

(devant la CAPB)

et appeler les élus  à passer aux actes.

(Aux actes)

Car si la lutte contre les spéculations et pour le logement social dépend pour beaucoup dela législation et de la politique nationale du logement, les élus locaux ne sont pas sans moyens d’action. Et Ostia de rappeler en conclusion quelques propositions en matière de logement social et de lutte antispéculative :

– Utiliser tous les outils pour protéger la terre et le logement des lois du marché.

– Réviser les PLU et en appliquer les règles dès 3 logements.

– Au moins 70 % de logements sociaux dans les opérations privées, avec 45 % en location et 25 % en accession sociale.

– Utiliser tous les outils (ZAD, OAP,…) pour des programmes publics à 100 % de logements sociaux.

– Faire preuve de volonté politique et de fermeté envers les acteurs du marché, au lieu de simplement les « inviter » à se discipliner à la mode Macron. La pression plus que la compromission.

– Rejeter l’artificialisation des sols, notamment en modifiant radicalement le projet Arkinova sur les Landes de Juzan à Anglet.

Ce n’est qu’un début…

Patrick Petitjean, 18 juillet 2023

Pays basque : non à la spéculation sur les terres agricoles

(photo Patxi Beltzaiz)

La ferme Olha occupée à Senpere depuis le mardi 27 juin

La ferme comporte une maison et 50 ha, partie en prairie et partie boisée, avec 6 ha de terres agricoles. La vente se fait au prix de 1,3 millions d’euros. La SAFER a proposé une préemption partielle pour 220 000 euros de la partie agricole. Vendeur et acheteur sont près à l’accepter, à condition que le prix soit maintenu pour la seule maison et les terrains non-agricoles. Condition qui, selon la SAFER contribuerait à la hausse exponentielle des terres agricoles au Pays basque

(photo Ostia)

L’occupation est soutenu par le collectif Lurzaindia et le syndicat paysan ELB (relai de la Confédération paysanne).

Le collectif Ostia, à l’origine de l’occupation, s’est constitué lors de l’occupation d’une ferme à Arbonne, chemin de Berrueta, l’été 2021, qui avait abouti à ce que la vente spéculative soit cassée, au bout de près de 3 mois d’occupation. Lurzaindia et ELB en étaient acteurs aussi.

En octobre 2022, 800 personnes et 600 tracteurs avaient manifesté contre un projet immobilier de Bouygues sur des terres agricoles.

Ostia est aussi présent en zone urbaine : occupation pendant une semaine d’une villa construite par le promoteur Alday à Anglet en juillet 2022. Il avait apporté récemment son soutien à l’occupation d’un immeuble vide rue Sainte Ursule à Bayonne par les jeunes de Mauritzia

De fait, il est le correspondant local des Soulèvements de la Terre. Il est à l’origine de toutes les rassemblements de solidarité devant la sous-préfecture de Bayonne, avant et après la dissolution.

(photo Patxi Beltzaiz)

Le rassemblement du 28 juin, initialement prévu devant la sous-préfecture, comme les 150 autres mobilisations de ce jour dans l’hexagone, avait été déplacé sur le lieu de l’occupation.

(photo Ostia)

Le 29, un rassemblement a eu lieu à Donibarne, devant la Maison Adam (célèbre pour ses macarons), qui avait baissé le rideau dès 18h pour ne pas voir les manifestants. Les propriétaires en sont la famille Teilleria, acheteur dans cette opération. Des notables basques pris la main dans la spéculation. Ostia appelle au boycott de la Maison Adam.

(photo rassemblement Donibarne)

L’occupation continue, notre soutien est indispensable. La ferme est près du lac de Saint Pée sur Nivelle (Senpere), 1420 chemin Zukaizti.

Patrick Petitjean, 29 juin 2023

Concertation « Rive Droite de l’Adour », Acte II

Les CRS en appui pédagogique

Le président-maire, Jean-René Etchegaray, a donné son feu vert jeudi soir, 8 juin, à l’expulsion de la dizaine de jeunes qui occupaient un immeuble vide rue Sainte Ursule au coeur du périmètre du projet Rive droite de l’Adour dans une triple problématique : logement des jeunes, social, culture, occupation parfaitement compatible avec l’urbanisme transitoire revendiqué dans ce projet.

Exactement au même moment, il signait devant la presse un pacte avec les promoteurs qui facilitera leurs activités spéculatives sans beaucoup de contreparties. J’ai analysé ce pacte à l’occasion de son vote au conseil municipal : (https://lepimentbayonnais.fr/2023/05/28/baionan-bizi-se-loger-a-bayonne-3/ )

(signature du pacte avec les promoteurs)

Le projet Maurizia a été présenté par les occupants dans une vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=QhGq-puh13s. Il avait le soutien de tout ce qui compte dans les associations de solidarité de la ville (l’appel des associations est dans ce billet : https://lepimentbayonnais.fr/2023/06/03/aupa-maurizia/ )

Ce matin vers 6h30, la police nationale, appuyée par plusieurs camionnettes de CRS, est venue expulser la dizaine d’occupants. Plusieurs dizaines de « forces de l’ordre » pour quelques jeunes qui avaient annoncé à l’avance qu’ils/elles ne résisteraient pas.

Tout c’est donc passé tranquillement. Ils/elles ont pu regrouper leurs affaires sur le trottoir, et à 8h30, les CRS ont commencé à partir, puis la police.

En fin d’après midi, près de 300 personnes se sont réunies devant la mairie de Bayonne pour dénoncer l’intervention policière et apporter leur soutien au collectif « Maurizia ». Lequel n’a pas l’intention d’en rester là, avec leurs nombreux soutiens

(3 photos du rassemblement)

Mais, place avait été faite pour que la concertation RDA se déroule selon les plans établis, sans être perturbée par quelques jeunes se battant pour le droit au logement.

Patrick Petitjean, 10 juin 2023

Aupa Maurizia

photo : affichette « Bienvenue / Ongi Etori » à l’entrée du bâtiment

Le maire de Bayonne sur la défensive ?

La semaine qui se termine a vu les soutiens aux occupants du projet Maurizia s’étendre, jusqu’au sein du Conseil municipal (1er juin). Une première rencontre le 31 mai a permis d’ouvrir un dialogue, une seconde est prévue la semaine qui vient, mais toujours sans interruption de la procédure d’expulsion. L’audience en appel (non suspensif) contre la décision d‘expulsion a été repoussée au 6 juillet.

Le soutien le plus important est arrivé le matin de la rencontre avec le maire. Il est apporté par la quasi-totalité des associations dans le champ de la solidarité à Bayonne sous le titre « manifeste pour un urbanisme transitoire au Pays Basque ». Ces 12 associations affirment leur intérêt pour la démarche innovante du collectif Maurizia qui « ouvre un modèle sérieux pour répondre à la crise aiguë du logement et de l’hébergement au Pays basque et promouvoir la dimension socioculturelle au Pays Basque ». Et de conclure que les outils existent pour que Maurizia rentre dans le cadre de l’utilisation temporaire de foncier disponible.

photos : Recto et verso de l’appel des associations

Au conseil municipal de Bayonne le 1er juin

Le 1er juin, se tenait le conseil municipal de Bayonne. Vers la fin, était prévue une délibération pour renouveler la convention d’occupation temporaire de l’association Zizpa, qui gère le Gaztetxe, centre autogéré de jeunes. Il se situe sur le quai de Lesseps, à la hauteur du 13 rue Sainte Ursule à l’arrière. Donc à côté de l’immeuble occupé par Maurizia au 16 rue Sainte Ursule.

Il était impossible pour des élus solidaires de Maurizia de ne pas se saisir de l’opportunité de ce voisinage pour intervenir. Les interventions et la réponse du maire se trouvent sur la vidéo de ce conseil, entre 4h15 et 4h41.

https://www.bayonne.fr/ma-mairie/vie-municipale/conseils-municipaux/conseil-municipal-du-1er-juin-2023-31315

Photo : Salle du conseil (capture d’écran)

Jean-Marc Abadie (Bihar Baiona) a resitué le projet Maurizia dans la lutte contre les logements vacants, et a lu des passages de la déclaration des 12 associations. Puis, Mixel Esteban (EELV) a rappelé que, déjà, plusieurs occupations temporaires existaient dans cet ensemble de bâtiments (Gaztetxe, Pausa, Point Accueil Jour), et que les réserves foncières constituées quai de Lesseps par la ville pourraient être davantage utilisées, de manière temporaire aussi. Il a fait remarqué que le groupe était composé de jeunes qui avaient grandi à Bayonne, où leur famille habitait souvent encore, et que leur impossibilité de se loger était partagée par des dizaines et des dizaines d’autres du même âge.

Photo : Mixel Esteban (capture d’écran)

Dans sa réponse, le maire a confirmé avoir rencontré 3 porteurs du projet Maurizia, et compris qu’il combinait logement, culture et social. Avec un brin de paternalisme, il a trouvé ses interlocuteurs « bon enfant », sans violence verbale. Plus tard, il a fait état de sa compassion à leur égard. Il leur a reproché de « faire les choses à l’envers », en étant entrer sans autorisation dans l’immeuble, et a opposé leur attitude à celle de Zizpa, qui avant passé un accord avec la Ville pour avoir leur local.

Il a défendu l’état de droit – on en attendait pas moins d’un maire. Et réaffirmé que les règles étaient les règles.

Il avait été contacté par l’EPFL (propriétaire au nom de la CAPB), et n’est pas sans influence sur lui. Il va demander de ne pas envoyer pour l’instant la force publique, au moins jusqu’à la prochaine rencontre avec les occupants dans la semaine du 5 au 9 juin. Il a enfin reproché aux occupants d’organiser un concert le 2 juin, avec tous les risques de sécurité.

Mixel Esteban, a repris la parole pour rappeler que cette occupation ressemblait à celles qui avaient eu lieu au Pays Basque, de Bilbao à Bayonne, dans les années 1980 et que, déjà, à l’époque, on ne les écoutait pas assez. Certains des squatteurs de cette époque font partie aujourd’hui des animateurs des associations de solidarité à Bayonne, même conseillers municipaux…

Le soutien de Zizpa à Maurizia

La maire avait cherché à opposer l’attitude « responsable » de Zizpa à celle de Maurizia occupant un immeuble sans autorisation. Le lendemain du conseil, Zizpa publiait un texte de soutien à Maurizia, rappelant par là-même qu’ils avaient commencé par une occupation illégale, de l’ancien Palais de Justice.

Photo : communiqué de Zizpa

Le maire a-t-il les moyens de faire évacuer Maurizia ? Il en a certainement les moyens juridiques et policiers. Mais les moyens politiques ? Parmi les 12 associations, certaines sont très proches de lui. Aucune ne peut être qualifiée de radicale. Le soutien est aussi fort dans le quartier.

Surtout, cette occupation vient au moment où il relance le projet « Rive droite de l’Adour », en invoquant lui-même l’urbanisme transitoire. Quelque part Maurizia met en œuvre ce qu’il affiche vouloir faire, mais de manière plus jeune, plus sociale, moins contrôlée. Mais l’occupation bouscule le déroulement prévu de son projet et sa communication. S’il a de grandes capacités d’adaptation, on le voit mal se contenter de dire « OK, allez-y, vous aurez votre bail intercalaire ». On peut faire confiance à sa plasticité et à son imagination pour trouver un moyen de sortir de son impasse actuelle sans en appeler à la force publique.

A part cela, contrairement aux craintes du maire, la soirée du 2 juin s’est bien passée.

Photo : Aupa Maurizia (merci à Sophie B pour la photo de une et cette dernière)

Prochain RV : le 6 juin, après la manifestation syndicale contre la retraite à 64 ans. La maison des syndicats d’où partent les manifestations est justement au début de la rue Saint Ursule.

Toutes nouvelles sur leur page facebook :

https://www.facebook.com/profile.php?id=100092660680086

Patrick Petitjean 3 juin 2023

Soutenir le projet Maurizia

Photo de G. Fauveau, reprise de Mediabask du 17.5.23

Le squat rue Sainte Ursule à Bayonne a besoin d’un soutien urgent

Semaine décisive pour le projet Maurizia, 16 rue Saint Ursule à Bayonne, un immeuble vide « réquisitionné » par une dizaine de jeunes squatteurs, pour se loger et développer un projet social sur le quartier.

Des discussions sont programmées avec le maire et des élus, alors même que la procédure d’expulsion reste en cours, selon la volonté du maire-président.

Il est donc très important et urgent de signer la pétition de soutien, le nombre de signataires pèsera dans ces discussions : https://chng.it/9BS2rcRQsY

En même temps, le squat s’installe dans la durée, avec un programme copieux. Le lieu avait été investi le 4 mai, puis rendu public le 16 mai. L’EPFL, propriétaire au nom de l’Agglo, avait immédiatement engagé la procédure d’expulsion.

Photo : le programme de la semaine

Le contexte de cette occupation est pour le moins original. Tout le secteur est l’objet d’un grand projet d’aménagement, annoncé fin avril lors d’une conférence de presse de Jean-René Etchegaray, Maire de Bayonne et Président de l’Agglo. Avant de présenter le projet Maurizia, il faut faire un retour sur ce contexte.

Dans sa présentation du projet « Rive droite de l’Adour », le maire-président avait laissé officiellement ouverte la possibilité de ne pas détruire l’ensemble des bâtiments (une bonne dizaine) actuels situés entre le quai de Lesseps et la rue Sainte-Ursule.

En dehors des bâtiments militaires où est installé le centre Pausa pour l’accueil des personnes migrantes, les autres ont été achetés entre 2010 et 2014 par l’EPFL (établissement public foncier local) pour le compte de l’Agglo. Ils ont été progressivement vidés de leurs habitants et activités, à l’exception de salles encore utilisées par une association pour du yoga et de la gymnastique.

Quelques rares occupations transitoires, avec des baux précaires ont été consenties par la Ville : un Gaztetxe (maison autogérée par des jeunes) et un « point d’accueil jour » pour les sans-abris (avec Atherbea). Deux types d’activités que le maire-président dit vouloir pérenniser dans le futur projet, sans dire comment ni à quel endroit à ce stade.

Les projets du maire précédent, Grenet, il y a une vingtaine d’années, prévoyait de tout raser. Ce n’est, officiellement, plus la perspective actuelle. De toute façon, il y a au moins deux bâtiments patrimoniaux dont la destruction serait difficile à justifier, dont l’un date du 18e siècle (le dernier vestige des entrepôts du Port de Bayonne de cette époque) et un immeuble de type hollandais.

Plusieurs bâtiments semblent en bon état, dont celui occupé. Que de tels immeubles restent vides alors que que la crise du logement redouble à Bayonne comme ailleurs, est un scandale récurrent.

Photo de l’immeuble occupé, façade côté quai de Lesseps

Dans sa conférence de presse, le maire-président avait avancé l’idée d’un « urbanisme transitoire » pour les bâtiment existants, et signé un marché public avec une agence « Plateau urbain » pour le conseiller en ce sens.

On peut dire que le groupe de squatteurs l’a pris au mot, ou même l’a devancé, sans qu’il y ait besoin de faire appel à une agence spécialisée. Le Projet Maurizia coche toutes les cases de ce que dit vouloir faire le maire-président.

Leur projet est présenté dans une vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=QhGq-puh13s

Ils et elles le résume en 5 points :

– loger l’ensemble des participants au Projet Maurizia ;

– mettre à disposition des services de la vie commune ;

– développer l’aspect social et solidaire ainsi que le vivre ensemble ;

– promouvoir la culture au coeur du développement urbain et mettre à disposition des espaces et ressources autour de cette volonté ;

– proposer des espaces pour se réunir, s’organiser pour les associations bayonnaises.

La remise en état de l’immeuble va déjà bon train. Un premier repas populaire a été organisé la semaine dernière

photo : le repas, dans le hall côté Sainte Ursule.

Pourtant, l’occupation est en danger.

L’EPFL, établissement public qui porte le foncier local au nom des mairies et de l’Agglo, est propriétaire, mais sans autonomie réelle vis-à-vis du maire-président. Il a envoyé les huissiers à plusieurs reprises. Aucune effraction n’a été constatée. En l’absence des squatteurs (ni avertis ni conviés à l’audience), le tribunal de Bayonne a ordonné leur expulsion le 23 mai. Le 25, un huissier est venu faire une première tentative d’expulsion, à l’amiable, sans succès.

Les squatteurs ont toujours affiché leur volonté de conclure avec la Ville un « bail intercalaire » pour permettre à l’expérimentation de se déployer sur au moins 6 mois. Après avoir fait la sourde oreille pendant plusieurs jours, le maire-président a du accepter la présence des squatteurs lors d’une réunion publique (mais sur inscription seulement) de présentation officielle du projet d’aménagement, puis de les rencontrer cette semaine. A suivre donc…

Dee nouvelles sur leur page facebook :

https://www.facebook.com/profile.php?id=100092660680086

En attendant, la solidarité s’organise dans le quartier Saint-Esprit, et elle promet d’être forte, compte tenu des traditions militantes, mais aussi de ce que cette occupation dessine en creux de perspectives alternatives pour l’aménagement « Rive Droite de l’Adour ».

Patrick Petitjean, 30 mai 2023

photo sur la dalle du 1er étage entre les deux parties du bâtiment